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Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

2
Je n’ai visiblement peu de goût pour les romans historiques, et sans ma fidélité au club de lecture, je ne finissais pas ce roman. Tout m’agaçait prodigieusement dans cette relecture de l’histoire d’Aliénor d’Aquitaine et de son mari, le très pieux roi Louis VII. J’en voulais à l’auteure qu’elle fasse d’Aliénor une féministe en révolte contre la religion, avec des traits de caractère beaucoup plus proches du 21e siècle que du 12e.

Et puis, à la fin du roman, en quelques lignes, l’auteur dit qu’on sait si peu de choses sur cette femme qui a pourtant vécu quatre vingts ans, qu’elle a inventé un personnage sans vouloir respecter la vérité historique que, de toute façon, on ne connaît pas. Elle respecte la chronologie et les faits historiques avérés, elle invente les caractères des personnages et les motivations qui les poussent à agir Cela m’a quelque peu réconciliée, avec son texte. Si on ne peut lui en vouloir d’avoir enrichi ses personnages d’une analyse psychologique digne de Freud, on peut par contre aimer se retrouver dans cette époque grâce aux confidences des deux époux et sentir, à travers leurs récits, vivre et surtout souffrir les hommes , les femmes et les enfants du 12° siècle .

Aliénor est donc campée comme une femme dégagée de toute contrainte religieuse, elle devient sous la plume de Clara Dupond-Monod, une femme libre qui veut imposer sa vision guerrière à un roi confit en dévotion. Louis VII, mal aimé de son père, amoureux transi de sa belle guerrière, ne prend les armes que pour lui plaire et aurait préféré régner par la négociation plutôt que par le glaive. Il n’empêche qu’il matera la volonté de Poitiers de s’ériger en ville libre. Il ne tuera que les hommes en laissant vivre les femmes et les enfants ce qu’il ne fera pas à Vitry-en-Perthois où il n’hésitera pas à faire brûler 1300 habitants qui s’étaient réfugiés dans l’église, surtout des femmes et des enfants. De ce massacre horrible, il en gardera une culpabilité qui l’entraînera à faire une calamiteuse croisade pour tuer à nouveau femmes et enfants mais des infidèles cette fois ! Quelle époque sympathique ! Si l’auteure a pris des libertés avec la réalité psychologique des personnages, elle a su faire revivre cette période qui, pour le moins, ne m’attire pas du tout.

Citations

le roi Louis VII

Mon père (Louis VI Le gros) ne prêtait pas attention à moi. Il préférait Philippe. Il aurait pu me comprendre à défaut de m’aimer. Mais ma vocation de prêtre lui échappait complètement. Dès lors, j’ai pu devenir monarque sans crainte puisque j’étais sans modèle. Un père que l’on déçoit, comme c’est reposant.

Aliénor d’Aquitaine

Les chemins sont nécessaires. Ils ne sont pas là par hasard. Ils ont été inventés par l’homme. Ils ont un début et une fin. Ils sont comme la guerre. les chemins et la guerre n’existent que pour leur utilité. Personne ne les entreprend par plaisir. Ils servent. Ils sont des jalons fidèles de notre histoire, et sans eux il n’y a pas de royaume.

Aliénor la guerrière

Regretter un combat est bien pire que de le perdre.

Aliénor méprisant son royal époux

Par moi, il a goûté la haine. Par lui, j’ai découvert la honte. Quel magnifique couple nous formons ! J’aurais tant donné pour marcher à côté d’un roi. Qu’un monarque porte une couronne et un manteau d’hermine, est-ce trop demander ? Maudits soient ces abbés qui effacent les êtres !

On en parle

Peu de critiques négatives sur Babelio.

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Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

2
Roman très étrange, que ce récit d’un jeune attaché d’ambassade à qui l’on confie une mission sans grand intérêt : trouver les anciennes frontières des pays Baltes. On y découvre la vie des ambassades et de son personnel et avec mon esprit mal tourné, je me dis qu’en période d’économie, il y aurait là de très bonnes idées à piocher pour réduire les dépenses de l’état. Mais vu le savoir faire avec lequel nous est décrit ces personnes de la haute fonction publique française (tailler son cigare, faire la tournée des bars, rédiger des télégrammes que personne ne lit…) cela ne ferait que des chômeurs de plus !

J’ai commencé la lecture avec un grand intérêt et, au début, ce roman sur ces contrées lointaines m’a bien intéressée, puis, peu à peu, le personnage principal se perd dans une non-vie qui rend son roman non-vivant. On s’attend sans cesse à ce qu’il se passe autre chose, mais rien ne vient sinon qu’il fait froid et que les populations y vivent difficilement. Les chapitres courts aident à tourner rapidement les pages mais sans que rien n’accroche vraiment. On peut simplement se faire une idée, par ailleurs fort peu sympathique, des pays baltes en particulier sur les difficultés d’être ou ne pas être de la nationalité du pays.

Plein de détails m’ont fortement agacée, d’abord le pays n’est pas nommé, cela empêche le pays et le roman de s’ancrer dans le réel, la langue est souvent recherchée à la limite du snobisme, les expressions étrangères ne sont jamais traduites (La voix de baryton répercutée par Lothar à tue – tête, Nun ist die Welt so trübe, der Weg gehüllt in Schnee). Le flou, peu à peu, s’installe entre le réel et l’imaginaire, et la dénonciation de ce qui s’est passé pendant la deuxième guerre mondiale est noyée dans les limbes de son cerveau embrumé. Ceci dit il y a parfois de très beaux passages et le début m’a beaucoup intéressée .

Citation

Un portrait

C’est une femme plantureuse, la peau couleur d’argile, le ventre feuilleté de plis, les cuisses maculées de taches verdâtres , le visage large et lippu, le crâne aplati ; les yeux bridés trahissent une origine asiatique ; son sexe glabre est enfoui sous la chair surnuméraire, ses fesses sont d’une déesse aurignacienne , ses énormes seins suintent de tristesse – leurs aréoles me décrochent un regard noir.

le langage diplomatique

Je devine qu’il s’agit tout bonnement de ceux que le langage commun appelle des espions – les services secrets qui affectionnent les périphrases disent « les officiers traitants ».

L’ambiance des pays baltes en automne

Les visites de Neva se font de plus en plus rares. Elle semble gagnée à son tour par la mélancolie que j’ai observé chez Lotha. Elle devient bizarre. Me parle du mauvais temps, de ses études qui l’ennuient, des maladies de sa mère, de l’indifférence de son beau-père, de la froideur de son oncle. Serait-elle sur le point de sombrer dans une de ces hystéries nordiques, fréquente à cette latitude, sous ce ciel avare de lumière. 

Belle description avec un mot que je ne connaissais pas

 

2 J’ai suivi l’enthousiasme d’Aifelle et j’ai acheté cet essai Malheureusement, je l’ai acheté sur ma liseuse et je ne peux donc l’envoyer à personne car je ne peux pas dire que j’ai été très intéressée par les mémoires de cette femme hors du commun et ce livre n’aurait certainement pas encombré les rayons de ma bibliothèque.

Oui , sa vie est extraordinaire mais la sécheresse de sa plume a bien du mal à nous en rendre compte. Elle écrit qu’elle a rédigé ses mémoires trop tard , c’est l’excuse que je lui accorde volontiers . Trop tard sans doute pour nous permettre de revivre avec elle les angoisses d’une jeune fille juive dans les années de guerre de l’Allemagne nazie. Son histoire est stupéfiante, son père belge décide en 1939 de faire vivre sa famille en Allemagne alors que sa femme est juive . Tout le monde lui dit de ne pas accomplir cette folie et sa femme de milieu très aisé et de nationalité américaine décide d ‘y aller.

Tout est incroyable dans cette histoire dont je ne doute pas de la véracité, sa mère s’est décidée ainsi à partir en Allemagne :

« En désespoir de cause , ma mère se livra à une véritable partie de poker. Elle consentirai à le suivre à une condition : qu’il (son mari) révèle à ses correspondants allemands l’origine juive de sa femme. Mon père accepta. Ma mère nourrissait le fol espoir que les Allemands mis au courant renonceraient au projet de nous faire venir en Allemagne . Ils enregistrèrent l’information , sans modifier leur proposition. ».

Une fois en Allemagne , la vie est difficile et surtout ils ont faim , les persécutions anti juives , elle ne les voit pas et même s’ils ont peur ,cela ne les empêche pas de mener une vie à peu près normale. Rien de l’ambiance étouffante que décrivent si bien les témoignages des rares juifs ayant survécu au nazisme. C’est un pays triste et où l’on a faim , soumis à des bombardements intensifs.

Ils espèrent la victoire des alliés et se retrouvent aux USA avec leur famille sauf le père qui restera à Bruxelles. Sa vie aux US est facile mais elle n’arrivera pas à se sentir américaine dans ces banlieues trop propres où elle s’ennuie. Il y a là, quelques remarques qui m’ont intéressée.

Bref un livre fade pour une vie qui ne l’a pas été.

 Citations

Le mal de mer (je connais quelqu’un qui répondrait oui à cette interrogation)

Nous courions toute la journée pour trouver les personnes et recueillir les informations, n’avions jamais le mal de mer. Se peut-il qu’une activité intense vous en protège.

Incommunicabilité des témoignages, et pour elle il ne s’agit que des privations pas des camps de la mort dont elle ne parle pas.

J’ai vite compris que je n’arriverai pas à communiquer mon expérience , qu’il fallait que j’accepte ce fossé qui me séparait d’une partie de l’humanité incapable d’imaginer les horreurs et les privations de la guerre.

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Pierre Ménard (ça m’amuse que l’on souligne de quel anglais il s’agit…)

2Je suis dans une mauvaise passe. Les livres m’ennuient, ou alors je ne trouve pas ceux qui me réveilleraient ! Ce n’est pas tout à fait vrai , je relis Bryson (Motel blues) et j’accroche tout de suite pourtant je l’ai lu et relu, en plus il me fait rire, je vous donne un exemple : l’auteur visite la ville de Bryson et même si celle-ci porte le même nom que lui , il n’y a rien à faire alors il se balade au super marché et voici la scène :

« Vous imaginez ça : il y a un gars dont le boulot est de trouver un nom accrocheur pour les alvéoles d’un protège-slip féminin ! Mais impossible de me rappeler ce nom. Et comme je n’avais rien de mieux à faire, je décidai d’aller jeter un œil au rayon des protège slip du super marché A&P . Il y en avait une sélection surprenante . Je n’aurais jamais cru que le marché fût si florissant ni que les slips de Bryson City eussent autant besoin d’être protégés. Je n’y avais jamais prêté attention auparavant et c’était assez intéressant. Je ne sais pas combien de temps j’ai bien pu passer à examiner les différentes marques et à lire leurs descriptions. Peut-être même me suis-je mis à parler tout haut , ce que je fais parfois quand je suis totalement absorbé par une tâche agréable. En tout cas , au moment précis où je saisissais un paquet de « New Freedom, Protection extra-mince avec nouveau système breveté de Nids d’Abeilles (Marque déposée) » et où je m’écriais : « Ah, vous voilà , petits coquins ! » j ai tourné la tête et j’ai vu au bout du rayon le directeur et deux vendeuses qui m’observaient. En rougissant , j ai remis tant bien que mal le paquet sur l’étagère . « Je ne fais que regarder » leur ai-je lancé d’une voix qui manquait de conviction. »

Rien à voir avec le livre dont je voulais vous parler, mais voilà je n’ai rien à dire sur « la dame à camionnette » , je l’ai lu jusqu’au bout , mais rien.
Pourtant, j’avais apprécié « la reine des lectrices » mais là rien … Le roman aurait pu être dans les dernières pages, quand on découvre que cette femme qui se clochardise avait été été une pianiste virtuose mais l’auteur n’a aucune explication à nous donner.

Alors à mon avis lisez ou relisez Bryson ou d’autres et donnez moi des bonnes idées de lecture.

kinderzimmer-1393211-616x0Auteure repérée sur les blogs.

2
J’ai un peu oublié les blogs qui m’ont conduite à acheter ce livre. Je suis très difficile sur ce sujet : les camps d’extermination nazis. Toute œuvre historique me mobilise immédiatement et parfois aussi des romans sur le nazisme , comme le roman de Rafaël Jerusalmy (Sauver Mozart). Valentin Goby a décidé de traiter un sujet particulièrement délicat : quelques enfants nés dans les camps de concentration ont survécu aux terribles conditions de leur naissance.

Nous suivons la mémoire douloureuse d’une vieille femme, Mila. Jeune, elle a été déportée à Ravensbrück , elle accepte de parler devant des élèves français. Bien sûr, nous sommes dans l’horreur absolue et on sent que l’auteur met toute ses qualités de sensibilité pour bâtir une histoire qu’elle puisse nous raconter. J’ai lu ce roman depuis au moins quatre semaines et je n’arrive pas à écrire mon billet. Étant donné l’horreur du sujet , est-ce que j’ai le droit d’écrire que je n’ai pas été touchée ? Je suis contente de voir que ce livre trouve son public, car le monde ne doit jamais oublier vers quoi mène le totalitarisme et à quel point l’humanité a en souffert. Je cherche à comprendre mes propres réactions, je pense avoir un respect absolu pour tout effort de mémoire donc pour les témoignages , mais s’il s’agit de créer une œuvre romanesque je trouve que si l’auteur joue uniquement sur notre sensibilité je trouve cela trop facile.

Désolée pour cet auteur et ce roman.

 

Traduit de l’islandais par Éric Boury

 2
Je me suis laissé tenter par un polar qui a bien plu aux blogueuses que je lis régulièrement et dont , souvent, je partage les goûts. J’en conclus que, vraiment, ce n’est pas ma tasse de thé, les romans polars , je ne trouve rien de plus énervant que de lire un roman tendu par une tension policière. Qui a tué ce malheureux jeune homme qui avait la sale manie d’enregistrer les films sur son magnétophone ? Vous pensez, bien avant les enquêteurs, qu’il a enregistré des propos qu’il n’aurait pas dû entendre. Et comme dans une histoire magique, une découverte d’un élément entraîne la mise en place d’un puzzle, sans beaucoup de surprise.

Le personnage principal est hanté par un passé douloureux marqué par le fait que son père n’a jamais voulu reconnaître cet enfant adultérin atteint , de plus, de tuberculose. Le roman permet de revivre le duel Fischer Spassky , c’est ce que j’ai préféré , je me suis précipitée sur Wikipédia pour relire ce que l’on sait aujourd’hui de ces événements.

Enfin, petit détail qui m’a énervée pendant tout le roman, il y a aucun moyen pour savoir si Marion-Briem est une femme ou un homme,et je pense (en plus) que l’ambiguïté est cultivée intentionnellement , je ne comprends vraiment pas pourquoi. (cherchez bien, à aucun moment on ne dit « elle » et aucun accord ne permet de le savoir). Déjà que ce n’est pas facile de savoir si les prénoms sont féminins ou masculin, par exemple Gudny fille ou garçon ? Il faut parfois lire quelques lignes pour se rendre compte que Gudny est mariée avec Albert. J’ai lu et relu sans jamais savoir si Marion est, en Islandais en 1972 ,un prénom féminin ou masculin.

Bref, je n’ai pas été passionnée.

 On en parle

à Sauts et à Gambades, et chez Clara

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque, thème le voyage.
Traduit de l’italien par Carole Cavellera.

2
Les hasards sont étranges, je lis ce livre et en même temps, j’entends une émission consacrée à Malaparte. 
Personnalité ambiguë , l’émission m’a donné envie de relire ses œuvres plus connues. Je ne peux pas dire que j’ai été conquise par ce court roman. Et je me demande bien pourquoi il a été choisi pour participer au club de lecture sous le thème « voyage ».

Il s’agit surtout de la guerre et de la désorganisation des troupes confrontées à la défaite. Voici l’histoire : un soldat ramène le cercueil de son capitaine à sa famille à travers une Italie en déroute. La quatrième de couverture parle « d’un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses mais aussi plein de courage et de générosité. ».

Le roman ne fait qu’une centaine de pages donc très court et sans grand intérêt et il faut tout la bienveillance d’un éditeur pour dire que c’est « un de ces inédits dignes de figurer aux côtés des plus grandes œuvres de leur auteur ». Le soldat a promis à son capitaine de ramener son corps à Naples , il va le faire , on se demande bien pourquoi. Au lieu de se rendre , puisque le combat était perdu d’avance, ce capitaine a fait tuer dans des combats pour l’honneur la moitié de ses hommes.

On a du mal à comprendre que ce brave soldat soit si attaché à son officier. Mais, avec ce que j’ai entendu de Malaparte , j’ai pensé que cela correspondait à son idéologie : un brave paysan rustre mais honnête, qui se charge du corps de son capitaine appartenant à la vieille noblesse italienne. Sur son chemin, il rencontre d’abord une jeune orpheline éprise de liberté, mais qu’il sera incapable d’aider, puis une femme dont il va tomber amoureux.

On retrouve dans les descriptions des personnages , l’ambiance des films néoréalistes de l’après guerre en Italie. Ce sont souvent des femmes courageuses qui s’opposent aux truands mais elles doivent avant tout trouver du travail pour nourrir leur famille. Il y a un passage très cinématographique , où Mariagiulia administre une claque superbe à une mère maquerelle , et où les macs ne peuvent pas s’opposer à la fuite des jeunes femmes qu’ils avaient déjà recrutées pour leur sale trafic.

Je me demande bien ce qu’en penseront mes amis du club… (vous avez remarquez le masculin , et oui avec la nouvelle médiathèque , un homme a rejoint le club !).

Citations

Au début

Ce sont des hommes simples, honnêtes, et bien qu’ils pressentent que tout est perdu, inutile, qu’il n’y a plus rien à faire , ils ne renoncent pas à leur devoir .

À la fin

 Invoquant la Madonne et tous les Saints, avec cette forme de piété collective qui à Naples est le signe le plus noble, le plus spontané , de la solidarité chrétienne et sociale des pauvres.

On en parle

lecture addict où j’ai lu une remarque très intéressante, c’est une ébauche de roman, je pourrai rajouter ou un script de film.

Traduit de l’anglais par Alice DELABRE

2
Quel sujet ! Mais…. quel livre ! Quel sujet : l’histoire de ces lépreux qui étaient isolés dans une colonie, sur une île ,au large de la Crête et qui n’a fermé ses portes qu’en 1957. Victoria Hislop raconte la souffrance des séparations : les enfants arrachés à leurs parents, les époux , puis la lutte contre cette maladie qui défigurait et faisait tant souffrir avant de tuer le malade. Je ne connaissais pas cette colonie de lépreux et j’étais bien loin de m’imaginer que le sort de ces malades a été aussi terrible et cela jusqu’à la moitié du 20° siècle. C’est pour cela que je commence en disant « quel sujet ! » (et pour cela , j’aurais dû mettre 3 coquillages).

Mais quel livre ! Dans un style linéaire où rien ne ressort vraiment , l’auteur mêle à cette histoire celle d’une rivalité amoureuse entre deux sœurs , la gentille parfaite et la méchante perverse. Ne soyez pas trop inquiet le bien finit par triompher , il faut dire que la gentille parfaite a dû pour cela subir un nombre de coups du sort assez incroyables. Mais digne, elle ne s’est souciée que du bien-être de son vieux père et quand elle rejoindra la colonie de lépreux, des autres malades. Pendant que sa sœur mariée au plus gros propriétaire terrien de la région , s’envoie en l’air avec le cousin de son ami, l’ex-fiancé de sa jeune sœur. Je vous l’avais dit la méchante et la gentille.

J avais acheté ce roman dans une gare avant de partir et je l’avais oublié pourtant il est parfait pour un voyage en train … un peu long peut-être.

Une seule citation

Te porter malchance ? Je crois que tu as épuisé toutes tes réserves dans ce domaine, Maria. Pour tout te dire, j’ai l’impression que le destin en avait après toi, mis là je suis sûre qu’il est à court de munitions.

 On en parle

Les opinions beaucoup plus positives sur Babelio et celui de Clara qui est plus proche de ce que je pense.

 Traduit de l’anglais par Christian BESSE

2
Je suis déçue par cette lecture, mais cet été peu de livres ont réussi à me toucher , je me dis que ça vient donc peut-être de moi ! J’avais bien aimé « la vie aux aguets » du même auteur et on retrouve un peu les mêmes thèmes. La vie des espions britanniques, cette fois pendant la première guerre mondiale.

J ai bien aimé le début du roman qui se passe à Vienne en 1913 , l auteur fait bien ressentir l’atmosphère étouffante de cette capitale, du temps où elle dominait un quart de l’Europe et tant de nationalités différentes. Mais la vie de de Lysander m’a franchement peu intéressée. Ces difficultés sexuelles nous valent un passage par la psychanalyse et une rencontre assez brève avec Freud en personne !

Ensuite nous partons avec le héros dans une Angleterre bouleversée par la guerre et une sombre histoire d’espionnage à la Agatha Christie. Toujours avec un petit côté détaché , Lysander finit par être totalement inconsistant et l’histoire peu crédible.

J ai fermé ce roman soulagé de l’avoir fini !

 Citations

 Ambiance à Vienne en 1913 un officier Slovène est accusé de vol il revient de son procès

– Alors, c’est fini, dit Lysander. Qu’est-ce qui leur a fait entendre raison ?

– Un embarrassant manque de preuves. Mais je leur ai donné à réfléchir. Ça les a détournés du rusé Slovène.

– Ah, oui ? Quoi donc ?

– Il y a ce capitaine dans le régiment, Frankenthal. Il ne m’aime pas. Un type arrogant. J’ai trouvé le moyen de rappeler à mes officiers supérieurs que Frankenthal était un nom juif. » Wolfram haussa les épaules.»Et comme moi,Frankenthal a eu la clé pendant une semaine.

– Quel rapport avec le fait qu’il soit juif ?

– Il n’est pas juif, sa famille s’est convertie au catholicisme il y a une génération. Mais quand même .. » Wolfram eut un sourire malicieux . « Ils auraient dû changer de nom. »

– Je ne vous suis pas.

– Mon cher Lysander, si on ne peut pas attribuer le crime à un Slovène , un juif c’est encore mieux. Ça lui apprendra à vivre , à ce type déplaisant !

On en parle

Des critiques positives chez Babelio et cet avis glané sur internet avec lequel je suis plutôt d’accord : ça sent le brûlé.

 Traduit de l’afrikaans par Pierre-Marie FINKELSTEIN

2
La suite de l’autobiographie de Brink, plusieurs d’entre vous m’ont conseille de lire Karel Shoeman, et j’ai fait confiance à Dominique pour choisir celui-ci. Je compte sur vous pour me dire si je dois continuer dans la lecture de cet auteur, parce que , je suis désolée Dominique, mais j’ai eu beaucoup de mal à comprendre pourquoi tu as aimé ce livre.

Il a le grand mérite de nous faire comprendre d’où viennent les Afrikaners qui seront dans un autre siècle les tenants de l’apartheid , mais le procédé littéraire est à peu près insupportable. Cette femme qui va mourir ne veut pas se souvenir d’une vie pétrie d’ennuis et de rancœurs, mais les souvenirs lui viennent à la mémoire malgré elle. Cela donne toutes deux ou trois pages .. je crois … je ne sais plus… est ce bien ainsi que cela s’est passé… est-ce elle ?

On s’attend à quelque chose d’énorme et finalement à force d’attendre on trouve qu’un crime passionnel et le fuite d’une femme avec le frère de son mari, sont peu de chose même si c’est bien le lourd secret qu’on vos promet au début du roman, ce n’est évidemment pas le plus important… Le plus important , c’est le silence et l’absence de réaction d’une fille qui a accepté la tyrannie de sa mère. Et n’a fait aucun choix personnel, le dur labeur de la ferme la toute puissance d’une femme acariâtre et mesquine qui a fait le malheur de toute sa famille.

Et ce pays où tout est difficile

En toile de fond , loin , très loin de leur vie , des noirs qu’on spolie ou qu’on frappe le plus fort possible. Religion, rigueur, absence de plaisir, médisance des petites communautés rurales tout cela dans le cerveau d’une pauvre vieille fille en train de mourir et qui mélange les années et n’a rien connu de la vie….

Dominique ! Help ! Si les autres romans de cet auteur sont du même bois, j’arrête !

 Citations

Les spoliations de noirs

Papa se tenait sur le seuil de la porte , en silence, et je revois encore Maman , juste derrière lui, lui donner une tape dans le dos et lui murmurer à l’oreille :  » dis à cette espèce de Hottentot de décamper ! » Je m’en souviens comme hier :Maman vêtue de sa robe noire , ses paroles, et ce petit geste d’impatience . Un beau jour , quelqu’un avait découvert ,ou décidé, que le lopin de terre sur lequel vivait Jan Baster était situé sur notre ferme et lui avait ordonné de déguerpir. 

La mémoire

Le passé est un autre pays : où est la route qui y mène ?

On en parle

« à sauts et à gambades » bien sûr, et « le mange livre  » tout aussi enthousiaste (je me sens bien seule !).