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Traduit du japo­nais par Yutaka MAKINO

3Me voici donc plon­gée dans la pluie et l’étran­geté du Japon. Merci à mes amis qui m’ont chaleu­reu­se­ment recom­mandé ce livre. Je ne peux pas dire que je suis tota­le­ment convain­cue , certes je suis certaine d’avoir lu un livre qui appar­tient à une autre culture. Mais je reste un peu rétive à la culture japo­naise , la force du silence ne satis­fait pas complè­te­ment la bavarde que je suis.

L « histoire est surpre­nante : un homme qui a assas­siné sauva­ge­ment sa femme adul­tère trouve une forme de rédemp­tion au contact d’un village qui fuit tout commerce avec la civi­li­sa­tion. J « ai eu quelques diffi­cul­tés à accep­ter le person­nage de cet homme qui se ballade avec les os du pied de sa femme dans un son sac à dos… pour garder intact son senti­ment de haine contre celle qui l’a trompé.

Mais le charme du roman tient à l’évo­ca­tion de la nature gorgée d’eau et de vent , et à la dignité du refus de contact du village. De ce silence naît une confron­ta­tion parti­cu­liè­re­ment bien rendue , les victo­rieux ne seront pas les plus forts. On ne lâche pas ce livre quand on le commence et à la fin on voudrait suivre les petites ombres blanches dans la montagne en savoir un peu plus sur ce village qui vit autre­ment, les habi­tants vivent-ils de cette façon de leur plein grès ou sous la contrainte … mais ce ne serait plus un roman japonais !

Il faut, sans doute, n « être qu’une carté­sienne fran­çaise pour se poser ce genre de questions.

Citations

Les grands chantiers et le coût humain

On dit que le projet de budget du plan des travaux intègre les indem­ni­tés des victimes en fonc­tion de la puis­sance maxi­male en kilo­watts du barrage . En somme la mort est une réalité prise en compte dès le début. Ceux qui travaillent dans un tel contexte semblent s’ef­for­cer de deve­nir insen­sibles à la mort d’au­trui. Dans la pratique , si l’on devait s « apitoyer à chaque décès, il n’y aurait plus de travail possible .

La pluie

De fait, la vallée était d’une humi­dité décon­cer­tante, et une fois par jour, la pluie se faisait une règle de venir la visi­ter avant de s’en repartir.

La fin

La proces­sion ne se diri­geait pas vers le monde civi­lisé, elle s « enfon­çait davan­tage dans les profon­deurs de la montagne.

Et cela continue par le genre de phrases qui me posent problème

Soumise à la fata­lité du sang des hommes déchus, elle s’enfonçait encore plus profon­dé­ment à l’abri des regards.

C’est quoi le sang des hommes déchus ?

On en parle

Beau­coup de blogueuses adorent ce roman : le blog des livres qui rêvent.

Traduit du japo­nais par Ange­lin Preljocaj.

5
Je suis souvent réti­cente à lire la litté­ra­ture japo­naise, je m’y ennuie ferme à chaque fois ou presque. J’ai lu ce livre car un ami archi­tecte me l’avait conseillé. Pour une fois, je dois dire que ce livre m’a passion­née car j’ai tout compris et je mesu­rais pendant ma lecture à quel point cette grande civi­li­sa­tion est à l’opposé de la nôtre.

Quel auteur fran­çais commen­ce­rait à décrire les lieux d’aisance pour faire comprendre le charme des maisons de son pays ? Et pour­tant ! N’est-ce pas là que nous dévoi­lons beau­coup de nos habi­tudes ? Tani­ka­zaki le pense et il m’a convain­cue. De la même façon sa descrip­tion de la femme japo­naise, m’a fait parfai­te­ment comprendre que je suis défi­ni­ti­ve­ment une femme française.

Citations

Aussi n’est-il pas impos­sible de prétendre que c’est dans la construc­tion des lieux d’aisance que l’architecture japo­naise atteint aux sommets du raffi­ne­ment. Nos ancêtres qui poéti­saient toute chose, avaient réussi para­doxa­le­ment à trans­muer en un lieu d’ultime bon goût l’endroit qui, de toute la demeure, devait par desti­na­tion être le plus sordide, et par une étroite asso­cia­tion avec la nature, à l estom­per dans un réseau de déli­cates asso­cia­tions d’images. Compa­rée à l’attitude des Occi­den­taux qui, de propos déli­béré, déci­dèrent que le lieu était malpropre et qu’il fallait se garder même d’y faire en public la moindre allu­sion, infi­ni­ment plus sage est la nôtre, car nous avons péné­tré là, en vérité, jusqu’à la moelle du raffinement.

D’une façon géné­rale, la vue d’un objet étin­ce­lant nous procure un certain malaise.

En fait, on peut dire que l’obscurité est la condi­tion indis­pen­sable pour appré­cier la beauté d’un laque.

La cuisine japo­naise, a‑t-on pu dire, n’est pas chose qui se mange, mais chose qui se regarde ; dans un cas comme celui-là, je serai tenté de dire : qui se regarde, et mieux qui se médite !

Le maquillage compre­nait, entre autres, le noir­cis­se­ment des dents ;

De même qu’une pierre phos­pho­res­cente qui, placée dans l’obscurité, émet un rayon­ne­ment, perd, expo­sée au plein jour, toute sa fasci­na­tion de joyau précieux, de même le beau perd son exis­tence si l’on supprime les effets d’ombre.

On en parle

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