
Éditions Phébus, 281 pages, janvier 2026
Traduit de l’Allemand (Suisse) par Olivier Mannoni
Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard
Troisième roman de cet auteur , après « Le cuisinier » que j’avais bien aimé et « Le temps, le temps » qui m’avait fortement déçu.
Celui-ci a le mérite de nous faire découvrir, la façon dont on peut blanchir de l’argent sale grâce aux complicités des banques suisses. Mais ce n’est pas l’essentiel du roman, il s’agit d’une manipulation pour assouvir une vengeance : va pour la fureur ; et l’amour dans tout ça ? Noah, un artiste peintre fauché, est très amoureux de sa femme, Camilla, c’est un amour réciproque, mais un jour elle le quitte car elle en a assez de l’entretenir. Tout le roman est construit autour de cet amour bancal mais amour quand même. Noah rencontre une femme en fin de vie qui veut assouvir une vengeance en faisant assassiner un homme d’affaire avec lequel son mari était associé. Pour elle, il n’y a aucun doute c’est l’excès de travail de son patron qui a tué son mari qui est décédé d’un infarctus dont elle responsable son patron.
Je ne peux en dire plus sans dévoiler l’intrigue, et c’est vraiment le principal intérêt du roman.
Comme tous les romans de cet auteur, il se construit par dialogues successifs. Et par les réflexions de ce pauvre Noah qui aimerait tant reconquérir sa belle Camilla. Cela donne une intrigue facile à suivre et ce roman se lit comme un film, (je trouve que cela ferait un bon sujet de film) . Mais quand j’oublierai l’intrigue, je sais que j’oublierai ce roman aussi. Je retiendrai quand même cette idée : pour quel motif j’accepterai de tuer une personne ? et vous ?
Extraits.
Début
– Je n’y crois pas.
Noah était sur le dos, main jointe derrière la tête poing. Le drap fin dont ils se contentaient en cette saison était roulé en boule au pied du lit, et ils étaient nus tous les deux. Camille allongée sur le flanc, en appui sur le coude, si près de lui qu’il aurait senti son sein, ferme, sous son aisselle gauche si elle avait bougé.Mais elle ne bougeait pas. Elle l’observait, de très près, et attendait qu’il poursuive. Une légère note d’alcool se mêlait à son haleine.Noah se contenta de fixer le plafond en essayant de ne pas cligner des yeux. Il s’était rendu compte qu’après l’amour, il n’avait que cela en tête ne pas cligner des yeux.
Le but de Camilla.
–Je veux une vie sans souci financier. Pas une vie dans le luxe – remarque, je n’aurais rien contre,- mais une vie qui ne m’oblige pas à me demander sans arrêt, à quoi je vais devoir renoncer pour m’offrir ceci ou cela. Une vie où je n’aurais pas à exercer un métier que je hais.Elle s’interrompit, mais elle n’en avait pas encore fini.-Dis-le.Elle se lança.– Ne le prends pas personnellement, une vie où je n’aurais pas à exercer un métier que je hais, pour permettre à quelqu’un d’autre d’exercer un métier qu’il aime.









