Traduit de l’anglais (Austra­lie) par Fran­çoise Rose.

Ce roman a le grand mérite de tenir la distance Saint-Malo/­Pa­ris. Il a, de plus, beau­coup plu à la petite souris jaune. Moins à moi, mais je suis toujours réti­cente aux histoires d’animaux et celle-là même si elle est très belle est parti­cu­liè­re­ment invrai­sem­blable. On peut aimer pour le dépay­se­ment afri­cain , pour l’amour des lions, et la beauté de notre planète qui est de moins en moins sauvage et de plus en plus tris­te­ment humaine. J’apprécie tous ces thèmes mais qu’une lionne veuille et sache sauver la vie d’une petite fille de 7 ans cela me semble tota­le­ment invrai­sem­blable. Autant que l’attachement subit et fort de la cher­cheuse quadra­gé­naire pour cette enfant. Le happy end n’est pas de trop, il est à l’image du livre « à l’eau de rose » de la savane. Et pour­tant, malgré tous ces défauts, l’auteure a su m’emporter dans l’Afrique dure et superbe des grands espaces. Dans le genre « le lion » de Kessel est plus réaliste, peut être démodé, je ne sais pas, je ne l’ai relu depuis si long­temps. La souris jaune vous promet­tait une lecture d’été et je rajou­te­rai si vous aimez les lectures d’adolescents défen­seurs de la planète.

Citations

Genre d’images qui créent un ailleurs

Quand le soleil attei­gnit l’horizon, il se répan­dit sur la plaine. Angel retint son souffle. Majes­tueu­se­ment et immo­bile, la lionne se décou­pait sur le ciel nimbée d’une lumière dorée, telle une créa­ture de feu.

La psychologie de magazine féminin

Et si cela n’avait rien à voir avec son appa­rence ou son carac­tère ? Si c’était plutôt elle qui avait toujours choisi de vivre avec des gens qui l’abandonnaient constam­ment ? Si elle avait incons­ciem­ment cher­ché à repro­duire la rela­tion qu’elle avait eue avec sa mère, traî­nant ce schéma derrière elle depuis des années, comme une malé­dic­tion ?

20161024_141947Je signale que la photo est prise sur ma veste en gore­tex, soli­da­rité oblige ! Traduit de l’anglais (Austra­lie) par Odile DEMANGE. Lu grâce au club de lecture de la média­thè­que de Dinard.

5
Je mets toujours 5 coquillages quand un livre me fait rire, c’est très rare et ça fait telle­ment de bien. Le thème du club ce mois-ci, était : « des livres légers qui font sourire ». Ce livre corres­pond exac­te­ment à cette défi­ni­tion, et comme beau­coup de livres qui nous font sourire et parfois (pour moi en tout cas) pouf­fer de rire, il est plus profond qu’il n’y paraît. La quatrième de couver­ture cite le ques­tion­naire que Don Till­mann met au point pour réali­ser « son Projet épouse », en bon scien­ti­fique, il a très bien balisé le terrain pour trou­ver la femme idéale.

Celle ci ne doit pas :

  1. fumer et boire
  2. être végé­ta­rienne et aimer la glace à l’abricot
  3. se lever après 6 heures.

Mais elle doit :

  1. faire du sport
  2. être ponc­tuelle
  3. accep­ter le système de Repas Norma­lisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.

Mais voilà qu’une certaine Rosie qui fume qui est végé­ta­rienne qui n’a qu’un sens rela­tif des conven­tions et des règles vient trou­bler le quoti­dien de cet homme brillant mais tota­le­ment inapte à vivre en société. Tous les person­nages sont inté­res­sants et les situa­tions extrê­me­ment drôles. Graeme Simsion, n’écrit que du point de vue de Don, et donc à nous d’imaginer les réac­tions de ceux qu’une trop grande fran­chise peuvent pertur­ber. Don est un scien­ti­fique à la mémoire prodi­gieuse mais inca­pable instinc­ti­ve­ment de rela­tions sociales avec les autres humains et surtout d’improvisation. Sa vie est donc entiè­re­ment prévi­sible et tout le temps qu’il gagne à faire très vite ce qui l’ennuie, il le garde pour parfaire ses connais­sances scien­ti­fiques. Bien sûr cela ressemble à un compor­te­ment autiste et ses amis le poussent d’ailleurs à faire une confé­rence sur le syndrome Asper­ger, persua­dés sans doute qu’il se recon­naî­tra. Mais là n’est pas son problème, il est occupé à trou­ver une épouse et à aider Rosie à trou­ver son père biolo­gique. Il fait une confé­rence aussi sérieuse que peu conven­tion­nelle évidem­ment, devant un parterre de parents d’enfants autistes et cela a peut-être été pour eux un formi­dable moment d’espoir. En tout cas « les aspis » ont adoré !

J’ai beau­coup appré­cié que les person­nages secon­daires ne soient pas des cari­ca­tures plusieurs histoires s’entremêlent et elles ont toutes de l’intérêt. J’ai vu souvent passer ce roman sur les blogs et je rejoins le chœur des avis posi­tifs. Si vous avez un petit coup de blues lisez ce théo­rème et vous retrou­ve­rez le sourire.

Citations

Un métier passionnant

Mon travail person­nel porte sur la prédis­po­si­tion géné­tique à la cirrhose du foie. Je consacre une grande partie du temps que je passe à la fac à saou­ler des souris.

Une honnêteté dure à supporter pour son entourage

Une femme au fond de la salle a levé la main. Concen­tré sur mon argu­men­ta­tion, j’ai commis une erreur sociale mineure que j’ai promp­te­ment corri­gée :

- Oui la grosse.… La dame en « surpoids » du fond ?
– Elle est restée silen­cieuse un moment et a regardé autour d’elle avant de poser sa ques­tion

L’avantage d’une veste en Goretex par rapport à une veste de laine imposée dans un restaurant chic

Ma veste en gore­tex « ce vête­ment de haute tech­no­lo­gie » qui m’avait protégé de la pluie et de tempêtes de neige, se voyait désor­mais, de façon tota­le­ment irra­tion­nelle, injuste et contre-produc­tive, désa­van­ta­geu­se­ment compa­rée à l’équivalent en laine essen­tiel­le­ment déco­ra­tif de l’employé. J’avais payé la mienne mille quinze dollars, dont cent vingt dollars de supplé­ment pour la couleur jaune fluo dispo­nible sur option.

Don Tillman fait souvent des remarques très justes

Le cerveau humain est programmé pour se concen­trer sur les diffé­rences au sein de son envi­ron­ne­ment. Il faut qu’il puisse rapi­de­ment repé­rer la présence d’un préda­teur. Si j’avais des repro­duc­tions ou autres objets déco­ra­tifs, je les remar­que­rai pendant quelques jours et ensuite mon cerveau les igno­re­rait.

Réflexions sur les vierges qui attendent les fous qui tuent au nom d’Allah

Je trouve ça irra­tion­nel, ai-je remar­qué, de vouloir des vierges. Une femme ayant une certaine expé­rience sexuelle est certai­ne­ment préfé­rable à une novice

Un de mes éclats de rire : Don s’entraîne à la danse de salon dans son bureau à l’université

Je travaillais mes pas de danse quand Gene est entré dans mon bureau
– Il me semble que les statis­tiques de longé­vité reposent sur des mariages avec des femmes vivantes, Don.
Il faisait allu­sion au sque­lette que j’utilisais pour m’entraîner.

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Traduit de l’anglais (Austra­lie) par Valé­rie Malfoy. Livre reçu grâce à Babe­lio et les éditions Albin Michel dans le cadre de Masse Critique.Livres contre critiques

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Babe­lio précise que l’on reste libre de ses critiques même si ce livre est un cadeau, je n’ai, hélas, rien trouvé d’intéressant dans ce roman. L’histoire d’abord, ce jeune garçon, Tom, rencontre une bande de margi­naux qu’il fréquente plutôt que de s’inscrire à l’université. Il semble unique­ment préoc­cupé par l’effort qu’il doit faire pour se faire accep­ter par la bande d’artistes ratés. Aucun person­nage n’a le moindre inté­rêt, entre drogue, alcool et larcins divers, ils vont voler dans un musée un tableau de Picasso « la femme qui pleure ». Pour ma photo, je n’avais que le portrait de Gertrude Stein chez moi. Il y a, d’ailleurs, une Gertrude dans l’histoire qui ne vit que pour la drogue. Pour s’enrichir la petite bande a prévu de revendre des copies du tableau. C’est là sans doute que devrait naître le suspens ?

Le style de l’auteur est si plat ! On passe d’un dialogue à l’autre sans jamais se sentir concerné par l’histoire ; qu’il s’agisse de meurtre, ou de revente d’un tableau célèbre, ou ce qui semble agacé le plus Tom, la présence d’une petite fille parfai­te­ment mal élevée, tout est dit de la même façon. Les person­nages sont vides et on ne comprend vrai­ment pas pour­quoi Tom leur trouve le moindre inté­rêt. Son histoire d’amour est tota­le­ment conve­nue et la fin sans surprise. Bref que dire : méfiez-vous surtout des quatrième de couver­ture où l’on peut lire :

Dans ce roman d’apprentissage au suspense psycho­lo­gique capti­vant, l’auteur de « la Mauvaise Pente » et des « Affli­gés » réus­sit un saisis­sant portrait d’une jeunesse excen­trique au seuil de l’âge adulte, face aux illu­sions et aux décep­tions qui l’accompagnent. 

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Traduit de l’anglais (Austra­lie) par Anne Wicke.
Coup de cœur au club de lecture de la média­thèque de Dinard.

3
S’il a reçu son « coup de cœur » à notre club, c’est grâce au plai­sir évident qu’une des lectrices a su expri­mer lors de notre rencontre. Elle a aimé les descrip­tions de la mer, la soli­tude de la vie du gardien de phare, et l’analyse du senti­ment mater­nel. Tout cela est dans ce livre et plus encore : on y trouve aussi, les consé­quences de la guerre 1418 en Austra­lie, ne serait-ce que pour cela , le roman mérite d’être lu.

J’ai quelques réserves sur l’aspect roma­nesque, d’ailleurs notre lectrice du club a souli­gné les quelques invrai­sem­blances sans lesquelles, comme elle nous l’a dit, il n’y aurait pas de roman. Alors peu importe que lors d’une dérive en mer de plusieurs jours, sans eau et sans vivre, ce soit l’homme qui soit mort et pas le tout petit bébé de quelques mois, il faut l’accepter pour que l’histoire s’installe.

L’Australie a été peuplée (certains diraient enva­hie, mais ce n’est pas le propos du livre) par des Euro­péens, et ce romans montre bien, que les raisons pour lesquelles ces migrants sont arri­vés sur ce nouveau conti­nent, pèsent sur leur desti­née en Austra­lie. Je n’avais jamais imaginé qu’en 1918 les Austra­liens d’origine alle­mande puissent être à ce point détesté. Le héros Tom, lui est d’origine anglaise et a été élevé dans la pure tradi­tion britan­nique et n’a jamais appris à expri­mer ses senti­ments. A son retour de guerre, il est trau­ma­tisé et s’enferme dans un silence que seul la lueur du phare éclaire quelque peu. Puis, il retrouve goût à la vie grâce à Isabel qu’il aimera toute sa vie, bien plus que la sienne (de vie !). Un bébé leur arrive par la mer et le bonheur total s’installe dans cette île coupée du monde. Hélas ! ce bébé a une mère qui pleure tous les jours la dispa­ri­tion de son tendre époux et de son bébé, sa petite Grâce.

Ainsi, le drame commence et connaî­tra bien des rebon­dis­se­ments. Pour­quoi, malgré l’enthousiasme de beau­coup de lecteurs, suis-je restée sur la réserve, la construc­tion roma­nesque est vrai­ment trop clas­sique, j’ai cru me retrou­ver dans mes lectures d’adolescente, aujourd’hui, je me laisse moins faci­le­ment embar­quer dans ce genre de lecture. Le roman n’est pas mani­chéen et l’analyse des person­nages est tout à fait plau­sible, mais il ne m’a pas entiè­re­ment convain­cue. Je laisse le dernier mot à la biblio­thé­caire qui a lui a décerné un coup de coeur, avec cette formule « convien­dra à un large public » , et les avis sur Babe­lio lui donnent entiè­re­ment raison

Citations

La guerre 1418 en Australie

Puis, en 1914, les choses chan­gèrent. Parta­geuse décou­vrit qu’elle aussi possé­dait quelque chose dont le monde avait besoin. Des hommes. Des hommes jeunes. Des Hommes en forme. Des hommes qui avaient passé leur vie à manier la hache, à pous­ser une char­rue, des hommes durs à la peine. Des hommes de premier choix à sacri­fier sur des autels stra­té­giques à un hémi­sphère de là.

Philosophie de vie qui sous-tend tout le roman

J’en ai vu de toutes les couleurs ; le bien et le mal, ça peut être comme deux foutus serpents : si emmê­lés qu’on ne peut les diffé­ren­cier que lorsqu’on les a tués tous les deux et alors il est trop tard.

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5
C’est le deuxième recueil que je lis de Kenneth Cook, il ressemble beau­coup à La vengeance du Wombat. L’effet de surprise est donc moins fort.
Je me suis, de nouveau, bien amusée, je conseille cet auteur à tous les gens moroses. Au-delà de son humour caus­tique, qui est tourné autant vers lui que vers les habi­tants de l’Australie, on devine une profonde connais­sance de son pays loin des clichés habi­tuels. Non, la nature n’est pas toujours hospi­ta­lière. Et le bush peut s’avérer mortel. (Hélas, Kenneth Cook a été victime d’une crise cardiaque trop loin de tout point de secours.)

Non, les animaux, même mignons ne sont pas tous gentils. Et les koalas sont visi­ble­ment plus agréables en photos et en peluche que de près, en vrai ils sont très désa­gréables et très dange­reux quand on doit les tenir dans les bras, même si on ne cher­chait qu’à leur offrir un lieu de vie plus agréable. Non, les espèces proté­gées ne sont pas recon­nais­santes aux hommes de ne plus les tuer. Et un croco­dile reste un terrible préda­teur. Les Abori­gènes, ne sont pas de bons sauvages, pleins de bonnes inten­tions. Ils vivent dans un pays hostile, avec peu de confort, ils sont sales et cherchent si possible à rouler le touriste de passage.

Si Kenneth Cook peut dire tout cela et bien d’autres choses encore, c’est qu’il utilise le ton du conteur d’histoires. Je me demande si quelqu’un a mis ses histoires en scène, il y a vrai­ment tous les ingré­dients d’un excellent spec­tacle de conteurs. J’ai aimé les quinze nouvelles, mais ma préfé­rée c’est La vie sexuelle des croco­diles, non pas pour ce que j’ai appris de la sexua­lité de ces animaux ( tout se passe sous l’eau !) mais j’ai trouvé irré­sis­tible le rapport entre le scien­ti­fique qui s’émerveille devant les beaux spéci­mens de croco­diles et l’auteur mort de peur qui ne pense qu’à sauver sa vie.(Comme je le comprends !)

Citations

Roger, passionné de croco­diles, déplo­raient qu’ils aient été long­temps chas­sés sans répit pour leur cuir…..leur nombre était en augmen­ta­tion, tout comme la fréquence des attaques sur le bétail et sur les abori­gènes.

- Et même deux Blancs, des chauf­feurs de camion, près de Broome, se réjouit Roger ? Ils dormaient près de leur véhi­cule et tout ce qu’on a retrouvé, c’est la marque de leurs ongles dans la terre où la bête les a traî­nés. Natu­rel­le­ment, ajouta-t-il avec pondé­ra­tion, ce n’est pas de chance pour ces pauvres gens, mais il ne reste pas moins encou­ra­geant de penser que le nombre de croco­diles est en hausse dans cette région.

Je lâchai le bateau et saisis mon fusil
Roger lâcha le bateau et saisit son appa­reil photo

On me quali­fie parfois d’obèse, mais je me consi­dère simple­ment comme corpu­lent, une centaine de kilos, disons.

J’étais alors moins corpu­lent qu’aujourd’hui, mais je n’en restais pas moins un homme bien en chair. Compre­nez par là que tout en parve­nant aisé­ment à lacer mes souliers , j’étais loin d’être un athlète.

On en parle

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5Cinq coquillages ? Oui, parce que ce livre met tout le monde de bonne humeur, cela se véri­fie pour tous les nouveaux lecteurs de La vengeance du Wombat. Comme notre biblio­thé­caire, je n’apprécie pas trop les livres sur les animaux mais Kenneth Cook a un talent de conteur extra­or­di­naire. C’est le deuxième conteur que j’ai décou­vert cette année : après le grand nord de Jorn Riel, voici le bush austra­lien. En 14 nouvelles, l’écrivain nous plonge au cœur de cette région d’Australie où les animaux sont plus agréables à regarde dans les repor­tages anima­liers que de très près. Je ne suis pas une très grande fan de nouvelles car je trouve diffi­cile de chan­ger d’histoires tous les trois ou quatre pages. Géné­ra­le­ment, il y en a toujours que j’aime moins.

Dans ce recueil, les quatorze sont passion­nantes. On finit par bien connaître les réac­tions de l’écrivain, il a vrai­ment l’art de se retrou­ver dans des situa­tions impos­sibles. Par exemple : accro­ché au ventre d’un kangou­rou qui a décidé de le tuer alors qu’il venait de le sauver ! On sait aussi qu’il ne résis­tera jamais à un verre ou une goulée d’alcool offert par des gens qui ne lui voudront pas toujours que du bien. On sait enfin que lorsqu’il nous décrit sa phobie abso­lue des requins, il va se trou­ver quelqu’un qui réus­sira à l’entraîner à la pêche du plus dange­reux des préda­teurs d’humains.

Les scènes dans les cafés sont inou­bliables et quelque peu terri­fiantes. Entre autre, lorsque tous les consom­ma­teurs sans se pani­quer le moindre du monde, se mettent à parier pour savoir si la grenade dégou­pillée qu’un des buveur tient dans sa main peut explo­ser ou non… Si vous aimez décou­vrir des contrées loin­taines, des animaux et des humains diffé­rents de vous, et surtout si vous aimez rire préci­pi­tez vous dans votre biblio­thèque préféré décou­vrir Kenneth Cook … si vous ne le connais­sez pas déjà.

Citations

De nos jours, le quokka est toute­fois consi­déré par tous comme étant inof­fen­sif, en raison de sa petite taille ; ce qui s’inscrit dans une longue série de grandes illu­sions qu’entretiennent les gens sur les marsu­piaux d’Australie. Comme la plupart sont petits, les gens ne les croient pas dange­reux. Quelle bévue !

Il n’y a rien d’étonnant à croi­ser un anthro­po­logue dans les coins recu­lés et arides du désert austra­lien. Ils sont partout. On estime que, dans l’outback, il y a plus d’anthropologues étudiant les Abori­gènes que d’Aborigènes.

On en parle

dans un de mes sites préfé­rés : link.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/1/3/9/9782746710931.gif

3
On est loin de l’humour de La vengeance du wombat du même auteur. Dans ce court roman (109 pages) Kenneth Cook nous fait décou­vrir l’horreur d’une soirée alcoo­li­sée en Austra­lie. Il se donne la peine de remon­ter la chaîne des respon­sa­bi­li­tés qui a abouti à la mort d’une femme. C’est horrible et cela ne donne pas envie d’aller boire une bière un samedi soir dans les bars austra­liens. La descrip­tion très précise des actions d’une rare violence est prenante et on est abso­lu­ment écœuré par tant de bêtises. Le passage sur la façon de tuer les bœufs à coups de merlin est à peu près insou­te­nable.

On est dans le sordide, je ne sais pas si la lecture de ce roman aide­rait les gens à ne pas se livrer à des beuve­ries, sinon je recom­man­de­rai ce livre à tous ceux pour qui font la fête en frisant le coma éthy­lique. La bonne personne est accu­sée de meurtre mais peut-être pas pour le bon meurtre. Car fina­le­ment ce soir là, dans cet endroit là, il y a eu un viol, la mort d’un jeune complè­te­ment ivre au volant de sa voiture, une tenta­tive de meurtre digne d’un film d’horreur et fina­le­ment la mort d’une femme.

Citations

John Verdon, instru­ment d’une société qui avait besoin de viande tout en refu­sant de tuer, alla se doucher de très mauvaise humeur. Dans la mesure où son travail lui procu­rait du plai­sir – sans parler de son salaire –, il était lui aussi un artiste. Les exécu­tions défec­tueuses le démo­ra­li­saient plus qu’il n’aurait plus l’exprimer.

Verdon avait souri en sentant l’élan du marteau et, pour la première fois depuis plus d’un an, le plai­sir de tuer qui lui descen­dait dans les reins.

Le jeune se mit sur pied avec diffi­culté, à peine conscient de son entou­rage, le taux d’alcool dans son sang proche du niveau fatal….. Son corps se soumit alors à l’instinct du ving­tième siècle qui offre à un homme inca­pable de tenir debout la faculté de conduire une voiture.

Malheu­reu­se­ment, cet instinct n’améliorait guère sa vision, surtout à la vitesse de cent quarante kilo­mètres à l’heure qu’il avait atteinte peu après avoir quitté l’hôtel.

C’est ainsi qu’il s’encastra dans un semi-remorque, dont le plateau lui arra­cha le crâne au niveau du nez.

On en parle

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Traduit de l’anglais (Austra­lie) par Marie-France Girod.

3
La lecture des blogs m’a conduite à ce livre. Je dois avouer que je n’ai pas du tout été sensible à la construc­tion roma­nesque : c’est la mort qui sert de narra­teur et évidem­ment de 1939 à 1943 elle a du travail, la mort ! J’ai parti­cu­liè­re­ment été agacée par les effets d’annonce qui se répètent à chaque début de chapitre :

La jongle­rie se termine, mais la lutte se pour­suit. J’ai dans une main Liesel Memin­ger, dans l’autre Max Vanden­burg. Bien­tôt je les réuni­rai dans une même scène, lais­sez moi encore quelques pages.

Je ne sais pas si cela aide les adoles­cents à lire plus faci­le­ment, si oui, tant mieux. À la moitié du livre, quand la famille vivant dans une toute petite ville alle­mande , cache un juif, j’ai été prise par l’histoire. Le roman décrit de façon origi­nale le nazisme, la peur, la faim, la pénu­rie, les bombar­de­ments la guerre, les jeunesses hitlé­riennes. Une fois de plus on comprend que si l’horreur de la guerre n’avait pas atteint les alle­mands dans leurs villes et si leurs propres enfants n’avaient pas été tués à Stalin­grad où ailleurs, peu d’entres eux auraient douté de leur Führer. J’ai souri en lisant le passage où Max le juif caché dans la cave, peint les pages de « Mein Kampf » en blanc pour écrire son propre livre dessus.

Citations

Le temps était long pour Max Vander­burg dans son envi­ron­ne­ment de ciment.

Les minutes étaient cruelles.

Les heures étaient des puni­tions.

Quand il était éveillé, le sablier du temps se déver­sait au-dessus de lui et mena­çait de l’étouffer. On peut faire beau­coup de mal à quelqu’un en le lais­sant vivre.

Visi­ble­ment la guerre brouillait la fron­tière entre la logique et la super­sti­tion.

On en parle

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Traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Rabi­no­vitch.

5
Ce livre est un petit chef d’œuvre roma­nesque. Il mêle une enquête passion­nante autour du sauve­tage d’un livre précieux : un livre de prière juive,une Hagga­dah. Le point de départ est vrai la Hagga­dah de Sara­jevo existe et ce sont des lettrés musul­mans qui ont sauvé ce livre juif des incen­dies dus à la guerre. Expli­quant comment des scien­ti­fiques arrivent à remon­ter dans le temps grâce à d’infimes traces lais­sées dans les parche­mins, la roman­cière imagine des histoires plau­sibles autour de ce livre. Chaque moment où elle s’arrête sont autant de moments d » into­lé­rance et de violence abso­lus, les gens et les livres se retrou­vaient sur des bûchers.

En même temps on suit l’histoire person­nelle d’Hanna la jeune Austra­lienne, person­nage touchant et telle­ment vivante. J’ai relu ce livre, car il est en compé­ti­tion pour notre « coup cœur des coups de cœur de 2008 » dans notre club de lecture. Je sais que la construc­tion du roman : l’intrigue coupée par des retours dans l’histoire, n’a pas plu à tout le monde. Moi, ça m’enchante litté­ra­le­ment. Je trouve que Géral­dine Brooks à écrit un hymne à l’esprit de tolé­rance et donne foi en l’homme. Même quand l’humanité est au bord de se détruire, des « justes » en géné­ral des lettrés arrivent à ne pas se conduire en barbares.

Citations

Tu es restée dans ton joli appar­te­ment pendant toute notre guerre et tu nous as regar­dés crever sur ton écran de télé. Et tu t’es dit « Quelle horreur ! » et ensuite tu es allée te prépa­rer une autre tasse de café.

- Mais comment le roi et la reine ont-ils pu faire une chose pareille ? C’est l’argent des Juifs, ou du moins l’argent collecté par les Juifs, qui leur assuré la victoire sur les Maures !
– Nous avons été dépouillés mon frère. Et main­te­nant, comme une vache qui ne donne plus de lait, on nous envoie à l’abattoir.

En Angle­terre, le monde de l’art est un aimant absolu pour les fils cadets de lords appau­vris, ou pour les femmes du nom d’Annabelle Quelque-Chose-tiret-Quelque-Chose qui s’habillent en cale­çons noirs et cache­mires orange foncé et sentent vague­ment le labra­dor mouillé.

On en parle

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