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5
C’est le deuxième recueil que je lis de Kenneth Cook, il ressemble beau­coup à La vengeance du Wombat. L’effet de surprise est donc moins fort.
Je me suis, de nouveau, bien amusée, je conseille cet auteur à tous les gens moroses. Au-delà de son humour caus­tique, qui est tourné autant vers lui que vers les habi­tants de l’Australie, on devine une profonde connais­sance de son pays loin des clichés habi­tuels. Non, la nature n’est pas toujours hospi­ta­lière. Et le bush peut s’avérer mortel. (Hélas, Kenneth Cook a été victime d’une crise cardiaque trop loin de tout point de secours.)

Non, les animaux, même mignons ne sont pas tous gentils. Et les koalas sont visi­ble­ment plus agréables en photos et en peluche que de près, en vrai ils sont très désa­gréables et très dange­reux quand on doit les tenir dans les bras, même si on ne cher­chait qu’à leur offrir un lieu de vie plus agréable. Non, les espèces proté­gées ne sont pas recon­nais­santes aux hommes de ne plus les tuer. Et un croco­dile reste un terrible préda­teur. Les Abori­gènes, ne sont pas de bons sauvages, pleins de bonnes inten­tions. Ils vivent dans un pays hostile, avec peu de confort, ils sont sales et cherchent si possible à rouler le touriste de passage.

Si Kenneth Cook peut dire tout cela et bien d’autres choses encore, c’est qu’il utilise le ton du conteur d’histoires. Je me demande si quelqu’un a mis ses histoires en scène, il y a vrai­ment tous les ingré­dients d’un excellent spec­tacle de conteurs. J’ai aimé les quinze nouvelles, mais ma préfé­rée c’est La vie sexuelle des croco­diles, non pas pour ce que j’ai appris de la sexua­lité de ces animaux ( tout se passe sous l’eau !) mais j’ai trouvé irré­sis­tible le rapport entre le scien­ti­fique qui s’émerveille devant les beaux spéci­mens de croco­diles et l’auteur mort de peur qui ne pense qu’à sauver sa vie.(Comme je le comprends !)

Citations

Roger, passionné de croco­diles, déplo­raient qu’ils aient été long­temps chas­sés sans répit pour leur cuir…..leur nombre était en augmen­ta­tion, tout comme la fréquence des attaques sur le bétail et sur les aborigènes.

- Et même deux Blancs, des chauf­feurs de camion, près de Broome, se réjouit Roger ? Ils dormaient près de leur véhi­cule et tout ce qu’on a retrouvé, c’est la marque de leurs ongles dans la terre où la bête les a traî­nés. Natu­rel­le­ment, ajouta-t-il avec pondé­ra­tion, ce n’est pas de chance pour ces pauvres gens, mais il ne reste pas moins encou­ra­geant de penser que le nombre de croco­diles est en hausse dans cette région.

Je lâchai le bateau et saisis mon fusil
Roger lâcha le bateau et saisit son appa­reil photo

On me quali­fie parfois d’obèse, mais je me consi­dère simple­ment comme corpu­lent, une centaine de kilos, disons.

J’étais alors moins corpu­lent qu’aujourd’hui, mais je n’en restais pas moins un homme bien en chair. Compre­nez par là que tout en parve­nant aisé­ment à lacer mes souliers , j’étais loin d’être un athlète.

On en parle

link.

5Cinq coquillages ? Oui, parce que ce livre met tout le monde de bonne humeur, cela se véri­fie pour tous les nouveaux lecteurs de La vengeance du Wombat. Comme notre biblio­thé­caire, je n’apprécie pas trop les livres sur les animaux mais Kenneth Cook a un talent de conteur extra­or­di­naire. C’est le deuxième conteur que j’ai décou­vert cette année : après le grand nord de Jorn Riel, voici le bush austra­lien. En 14 nouvelles, l’écrivain nous plonge au cœur de cette région d’Australie où les animaux sont plus agréables à regarde dans les repor­tages anima­liers que de très près. Je ne suis pas une très grande fan de nouvelles car je trouve diffi­cile de chan­ger d’histoires tous les trois ou quatre pages. Géné­ra­le­ment, il y en a toujours que j’aime moins.

Dans ce recueil, les quatorze sont passion­nantes. On finit par bien connaître les réac­tions de l’écrivain, il a vrai­ment l’art de se retrou­ver dans des situa­tions impos­sibles. Par exemple : accro­ché au ventre d’un kangou­rou qui a décidé de le tuer alors qu’il venait de le sauver ! On sait aussi qu’il ne résis­tera jamais à un verre ou une goulée d’alcool offert par des gens qui ne lui voudront pas toujours que du bien. On sait enfin que lorsqu’il nous décrit sa phobie abso­lue des requins, il va se trou­ver quelqu’un qui réus­sira à l’entraîner à la pêche du plus dange­reux des préda­teurs d’humains.

Les scènes dans les cafés sont inou­bliables et quelque peu terri­fiantes. Entre autre, lorsque tous les consom­ma­teurs sans se pani­quer le moindre du monde, se mettent à parier pour savoir si la grenade dégou­pillée qu’un des buveur tient dans sa main peut explo­ser ou non… Si vous aimez décou­vrir des contrées loin­taines, des animaux et des humains diffé­rents de vous, et surtout si vous aimez rire préci­pi­tez vous dans votre biblio­thèque préféré décou­vrir Kenneth Cook … si vous ne le connais­sez pas déjà.

Citations

De nos jours, le quokka est toute­fois consi­déré par tous comme étant inof­fen­sif, en raison de sa petite taille ; ce qui s’inscrit dans une longue série de grandes illu­sions qu’entretiennent les gens sur les marsu­piaux d’Australie. Comme la plupart sont petits, les gens ne les croient pas dange­reux. Quelle bévue !

Il n’y a rien d’étonnant à croi­ser un anthro­po­logue dans les coins recu­lés et arides du désert austra­lien. Ils sont partout. On estime que, dans l’outback, il y a plus d’anthropologues étudiant les Abori­gènes que d’Aborigènes.

On en parle

dans un de mes sites préfé­rés : link.

Traduit du danois par Suzanne Juul et Bernard Saint Bonnet.

5
Je ne connais­sais pas cet auteur et les « fans » du club de lecture m’ont dit que c’est un peu dommage de commen­cer par celui-ci qui est le dernier d’une longue série (Un curé d’en­fer et autres racon­tars – Jorn RIEL). Je lirai sûre­ment les autres, car j’ai envie d’en savoir plus sur ce monde du Groenland.

Jorn Riel est un conteur extra­or­di­naire et je suis partie avec lui dans le monde si rude du grand nord. Celui qui défi­nit ainsi un racon­tar : « Ce sont des histoires vraies qui pour­raient passer pour des mensonges, à moins que ce ne soit l’inverse » a un véri­table talent pour faire vivre des person­nages hauts en couleur. C’est complè­te­ment déjanté, tragique et drôle à la fois. On passe très vite de vie à trépas, du rire aux larmes, dans un cadre hors norme, beau, mais telle­ment froid et inhos­pi­ta­lier. On comprend que l’au­teur préfère vivre en Malaisie !

Citations

La propreté

Nous devons accueillir nos invi­tés propres et frin­gants … Bien entendu, en tant que chef de station, je commence et me réserve cette marmite d’eau chaude. Puis Museau se lavera avec la même eau, et en dernier Lasse­lille, qui, étant le plus jeune, n’a maté­riel­le­ment pas eu le temps ni le loisir de deve­nir aussi sale que nous autres.

Faire l’amour

Il reti­rait une certaine fierté du fait qu’il pouvait encore la faire roucou­ler comme une tour­te­relle en pleine parade quand il rugis­sait et comman­dait aux esprits dévoués du domaine.

Voyager léger

Valfred voya­geait léger. Quatre bidons d’eau-de-vie de myrtilles, dix neuf boites de sardine à l’huile, son 89 et un sac de voyage avec quelques vête­ments de rechange.

Portrait

Un type adorable et modeste, avec une soif réconfortante.

Les paysages

Le Fjord des glaces se trouve dans l’inextricable entre­lacs de fjords et de baies qui se frayent un chemin depuis la mer jusque profon­dé­ment à l’intérieur du pays. Les montagnes vers le nord sont hautes et sombres, les plaines vers le sud ouvertes et alan­guies au soleil et à la lumière, et dans l’est les collines ont la rondeur rêvée pour que le soleil puisse s’y ébattre une heure ou deux avant de s’éteindre pour la nuit.

Interview sur Evene

link

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Traduit du danois par Suzanne Juul et Bernard Saint-Bonnet.
5
Je le savais, je l’avais écrit je lirai d’autres Racon­tars (Le naufrage de la Vesle Mari et autres racon­tars ‑Jorn RIEL). Parfois, en décou­vrant un auteur, on se demande pour­quoi on ne le connais­sait pas. D’autant plus que, lorsque je parle de Jorn Riel, on me répond souvent « Ah, oui j’ai bien ri à ses racon­tars ». Alors voilà quand le « Vertigo » (mot pour déprime au Groen­land) vous prend, je vous conseille un recueil de racontars.Le bonheur c’est parfois communicatif :

« Fjor­dur leva les yeux et souris. De la glace vierge et des chiens joyeux. Que deman­der de plus à la vie ? »

La lecture comme anti­dé­pres­seur, c’est moins compli­qué que la méthode de Lodvig. Pour aider Peter­sen à lutter contre les idées noires, il l’abandonne seul sur la banquise. Au lieu de mourir de faim et de froid, Peter­sen devien­dra un bon chas­seur et le Vertigo sera vaincu…

C’est diffi­cile de rendre compte des histoires de Jorn Riel, quand un écri­vain a le don de racon­ter il faut simple­ment se lais­ser porter par les histoires. Celle du cercueil, façon groen­lan­daise, qui se balade jusqu’à New-York, dans un iceberg déta­ché de la banquise un soir de tempête est à mourir de rire. Quand au titre, on le doit au « curé Polle­son, tout de noir et de décence vêtu ». Il imagine lutter contre la consom­ma­tion d’alcool de la popu­la­tion en brisant à coups de hache leurs alam­bics. La riposte fut à la hauteur de l’offense : l’alcool au Groen­land, c’est sacré !

Citations

Hansen regarda en l’air. D’abord il vit le toit qui se levait lour­de­ment, sans empres­se­ment. Ensuite, le tout fut doublé par le mission­naire Polle­son qui, tel une fusée au Nouvel An, fonça vers le ciel, les pans noirs de sa redin­gote battant comme des ailes ….

« Il a enfoncé sa hache dans la dyna­mite gelée » lui expli­qua Hansen.
« Putain » Valfred regarda le lieu­te­nant d’un air inter­ro­ga­tif. « Pourquoi ? »
« J’avais mis les caisses sur la table et marque EAU-DE-VIE sur la couvercles. Je trou­vais que ça faisait mieux comme ça. »

4
Encore « un cadeau » de mon club de lecture de Dinard. Je ne connais­sais pas cet auteur et ce roman d’amour est un petit joyau. J’ai ri, toute seule en le lisant hier soir , il n’a pas comblé une insom­nie, il m’a empê­chée de dormir, il était hors de ques­tion que je ne le termine pas avant de dormir. Il est vrai qu’il se lit très vite, c’est comme une bouf­fée de plai­sir. Le style est origi­nal, les person­nages sont vivants et sympa­thiques, et l’histoire très touchante. Les notes en bas de page sont très drôles. Ce qui m’a complè­te­ment charmé, ce sont les petits tableaux de la vie quoti­dienne, moi qui ne sais jamais quoi boire dans un café, j’ai beau­coup ri, lorsque Fran­çois réflé­chit à ce que Natha­lie va choi­sir à leur première rencontre.
J’ai quand même une sérieuse réserve sur la promo de son livre, on dirait un clip pour un chan­teur : link.

Citations

Exemple de notes en bas de page

Les sièges sont si étroits au théâtre. Markus était fran­che­ment mal à l’aise. Il regret­tait d’avoir de grandes jambes, et c’était là un regret abso­lu­ment stérile

La loca­tion de petites jambes n’existent pas.

Les idées de François, lors de la première rencontre au café

Un thé ce n’est guère mieux. À peine rencon­trés et déjà s’installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu’on va passer des dimanches après midi à regar­der la télé­vi­sion. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui ; le thé c’est incon­tes­ta­ble­ment une ambiance belle-famille.

Des phrases que j’aime

Il y a peut-être une dicta­ture du concret qui contra­rie en perma­nence les vocations.

Markus sortit du bureau aussi stupé­fait que le soleil pendant une éclipse.

Des formules que je retiendrai

Oui il était marié. Il nageait dans ce qu’il appe­lait la vie conjucalme.

L’auteur nous parle

97820707639625
Je ne pouvais pas imagi­ner mon blog sans les livres de Bena­quista, je n’avais pas la patience qu’il en écrive un nouveau pour le mettre sur mon blog, alors j’ai relu celui-là pour dire à quel point j’aime bien cet auteur. Lors d’un pari fou, deux hommes se donne rendez-vous trois plus tard au même endroit. Leur but : deve­nir quelqu’un d’autre. Le roman suit donc la trajec­toire de Thierry Blin et de Nico­las Gred­zinski dans leur nouvelle vie. Comme à la première lecture, j’ai beau­coup plus de sympa­thie pour Nico­las Gred­zinski que pour Thierry Blin, d’abord parce qu’il va vivre une belle histoire d’amour et qu’il est plein de tendresse pour le humains.

Ce que j’apprécie le plus dans ce livre, c’est la façon dont Bena­quista sait racon­ter des petits moments de vie de notre époque. Les conver­sa­tions à la café­té­ria sonnent telle­ment vraie. Son humour est déca­pant tonique, Bref un livre dont l’histoire est bien fice­lée, et qui fait sourire : ça fait du bien.

Citations

Une de ses premières clientes avait été cette petite dame et de ses « douze Klimt » à encadrer.
– Douze Klimt ! Gustave Klimt ? Vous êtes sûre ?
– Oui, douze dessins.

– Des originaux ?
– Je ne sais pas.

– Ils sont signés ? Ce sont des oeuvres sur papier ?
– Non, sur un calendrier.

Les arro­gants seront serviles un jour. En d’autre termes, plus on marche sur la tête des faibles, plus on est enclin à lécher les bottes des forts.

5
J’ai ri et en rit encore, c’est plus qu’un coup de cœur c’est le coup de cœur des coups de cœurs et toutes mes amies de notre club de lecture étaient bien d’ac­cord avec moi. Tout est parfait dans ce livre l’écriture la struc­ture roma­nesque et la gale­rie des portraits. Un noir du Congo raconte sa vie et sa sépa­ra­tion avec la mère de sa petite fille dans le Paris d’aujourd’hui. Le style de Maban­ckou est vrai­ment savou­reux, j’au­rais pu tout reco­pier , il faut lire de toute urgence ce livre, et comme moi je suppose que vous n’ou­blie­rez pas le « fesso­logue » de sitôt !

Citations

… Ce groupe fait la pluie dilu­vienne et le beau temps là-bas… C’est pour ça qu’à la diffé­rence de notre Arabe du coin, moi je respecte les Chinois et les Pakis­ta­nais. Ce sont de braves types à qui on colle injus­te­ment la mauvaise répu­ta­tion qu’ils se démènent ou restent cois alors qu’ils ne font de mal à personne…

Le jour on inven­tera des tams-tams sans bruit, beau­coup de vieux nègres perdront leur raison de vivre…

5
Petit roman plein d’humour qui se lit très vite. Pein­ture inou­bliable d’une mère abusive, odieuse et du petit monde des exilés russes. Dimi­tri Radza­nov excellent pianiste riva­lise au piano avec un certain Horo­witz. Pour la mère de Dimi­tri il n’y a aucun doute, son fils est le meilleur, même s’il joue dans un poulailler dans le fond de son jardin de Chatou et Horo­witz (Face de Chou) à Carne­gie Hall. Beau­coup des tragé­dies du 20e siècle : les guerres l’exil l’extermination des juifs traversent rapi­de­ment ce petit roman. Mais son charme vient surtout de tout ce qui est dit sur la musique, la soli­tude et la souf­france du concer­tiste virtuose.

Citations

« Nous faire ça à nous ! » La voix de ma grand-mère me fendait les tympans, aussi tran­chante que le scal­pel en train d’inciser les cadavres d’école. Par ce « nous » outragé, elle dési­gnait les Radza­nov unique­ment, trans­for­mant une défaite histo­rique en offense personnelle.

Maman n’avait pas d’instruction, ce qui consti­tuait aux yeux de sa belle-mère un défaut rédhi­bi­toire, aggravé par ce crime de lèse-Anas­ta­sie : « Elle m’a pris mon fils ! »

– Vous connais­sez Horo­witz ? s’étonna ma mère.
– Non, made­moi­selle, Horo­witz NOUS connaît !

Mon père s’étant fait virer de sa fabrique de colle ( un boulot auquel il n’avait jamais adhéré)…

Car il faut savoir à qui cela ressemble, une vie de concer­tiste. C’est comme si tu grimpes l’Alpe‑d’Huez tous les jours sans ta selle.

Depuis l’âge de25 ans, il est persuadé qu’il est atteint d’un mal incu­rable, mais sa seule mala­die est la frousse de perdre sa virtuo­sité et d’être envoyé dans un camp comme son père et des millions d’autres juifs.

Traduit de l’an­glais par Pierre Ménard.

4
Petit livre d’humour, typi­que­ment britan­nique. Et si la reine d’Angleterre se mettait à aimer lire ? Elle découvre la lecture grâce au biblio­bus et délaisse ses devoirs royaux pour sa nouvelle passion : la lecture. Au-delà de l’hu­mour, l’auteur raconte très bien le plai­sir de la lecture, et les obli­ga­tions de la reine d’Angleterre , l’au­teur se moque si bien des Anglais ! Les ques­tions rituelles de la reine à ses sujets, lors des rencontres offi­cielles, sont très drôles.

J’ai beau­coup ri à la lecture de ce roman et j’ai regretté de ne pas pouvoir le lire en anglais. Petit bémol : je l’ai prêté à ma fille qui ne l’a pas trouvé aussi amusant que moi, elle n’ar­ri­vait pas à le termi­ner telle­ment elle s’en­nuyait, comme quoi !

Citations

Lors­qu’on a quatre-vingts ans, les événe­ments ne se produisent plus : ils se reproduisent.

Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au carac­tère altier et presque indif­fé­rent de la litté­ra­ture. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s’ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. La litté­ra­ture est une commu­nauté, les lettres sont une répu­blique… …Les livres ne varient pas. Tous les lecteurs sont égaux… …La lecture… Il y avait en elle quelque chose d’ano­nyme, de partagé, de commun… …Elle pouvait parcou­rir toutes ces pages, l’es­pace contenu entre les couver­tures de tous ces livres, sans qu’on la reconnaisse

En parlant de Proust

Le pauvre homme souf­frait le martyre en raison de son asthme et faisait partie de ces gens qui auraient parfois besoin de se secouer un peu. Mais la litté­ra­ture n’est pas avare en indi­vi­dus de ce genre. Le plus curieux, en ce qui le concerne, c’est que lors­qu’il trem­pait un gâteau dans sa tasse de thé (pratique par ailleurs répu­gnante) toute sa vie passée remon­tait à sa mémoire. Je dois avouer que j’ai testé sa méthode sans l’ombre d’un résultat.

On en parle

link

4
J’avais trouvé cette réfé­rence sur un site inter­net qui recom­man­dait « une année à la campagne ». Les deux livres n’ont rien à voir mais j’ai pensé que si le premier me plai­sait pour­quoi pas celui-ci. J’ai aimé l’histoire d’amour mais le plus inté­res­sant c’est l’incompréhension de deux personnes : la femme intello cita­dine et le fermier qui bosse comme un fou. Aucun des deux ne sait, ni ne peut, faire des conces­sions, ils s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. La fin me surprend : ils feront un enfant ensemble sans avoir résolu leurs problèmes de diffé­rences. L’en­semble du roman est drôle et tonique. Comme mes lectures de l’été 2009 étaient plutôt tris­tounes, j’ai bien apprécié.

Citations

Jamais un point de croix ne fran­chira ma porte, et il est probable qu’un Käthe Koll­witz ne fran­chira la sienne. (paroles de Désirée)

Je devrais peut-être lui faire cadeau de quelques brode­ries de maman (paroles de Benny)

Elle ne sait même pas prépa­rer des boulettes de viande, ai-je dit.Elle sait seule­ment lire des livres et parler des théo­ries d’un certain Lacong (paroles de Benny).