Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin. Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

Je n’arriverai jamais à comprendre la manie des maisons d’édition française de changer les titres des livres traduits. En anglais le roman de Julian Barnes s’appelle : « Levels of Life », il suffit d’avoir joué deux ou trois fois avec des enfants à des jeux vidéo pour (même sans parler un seul mot d’anglais) traduire ce titre, et par voie de conséquence, comprendre ce qui a été pour moi un grand mystère pendant ma lecture : qu’est ce qui relie les récits des intrépides aéronautes du XIXe siècle et le décès de la femme aimée de Julian Barnes ? Les différents niveaux de vie, ces deux hommes Nadar de son vrai nom Tournachon, l’officier de l’empire britannique Burnaby et cette belle et mystérieuse actrice Sarah Bernhard ont essayé d’échapper à la pesanteur terrestre en s’élevant grâce au ballon (très peu) dirigeable dans les airs.
Ainsi en est-il, peut-être, du chagrin. On imagine qu’on a lutté contre lui, avec détermination, surmonté l’affliction, fait partir la rouille de notre âme, quand tout ce qui s’est passé, c’est que le chagrin s’est déplacé, à changé de point de mire. Nous n’avons pas fait venir les nuages en premier lieu, et n’avons pas le pouvoir de les disperser. Tout ce qui s’est passé, c’est que de quelque part – ou de nulle part- une brise inattendue s’est levée, et nous sommes de nouveau en mouvement. Mais vers où sommes nous emportés ? Vers l’Essex ? La mer du Nord ? Ou, si ce vent est un noroît, alors, peut-être, avec de la chance vers la France.
Citations
Un officier britannique : la classe !
Ces aéronautes se conformaient volontiers aux stéréotypes nationaux. En panne de vent au-dessus de la Manche, Burnaby, « sans (se) soucier des émanations de gaz », allume un cigare pour s’aider à réfléchir. Quand les équipages de deux bateaux de pêche français lui font signe de descendre afin qu’il puisse être recueilli dans l’eau, il répond « en leur lançant un numéro du Times pour leur édification » -suggérant ainsi,probablement, qu’un officier anglais pragmatique peut très bien se débrouiller tout seul, merci bien, Monsieur.
Les peurs du modernisme
Et la photographie semblait menacer plus que « l’amour-propre » d’un sujet. Ce n’étaient pas seulement les habitants des forêts qui craignaient que le photographe et son appareil ne volent leur âme. Nadar se souvenait que Balzac avait une théorie selon laquelle l’essence d’un individu était composé d’une multitude de « couches spectrales » superposées. Et le romancier croyait que, pendant, « l’opération daguérienne »une de ses couches était détachée et retenue par l’instrument magique. Nadar ne se rappelait pas si cette couche était censée être définitivement perdue, ou si une régénération était possible, mais il suggéra avec impertinence que, vu la corpulence de Balzac, celui-ci avait moins à craindre que beaucoup d’autres la perte de quelques couches spectrales.
Portrait de Sarah Bernhard
On trouvait Sarah Bernhard trop petite, pas plus d’un mètre 50, pour une actrice ; trop pâle et trop maigre aussi. Elle semblait impulsive et naturelle dans la vie comme dans l’art ; elle enfreignait les règles théâtrales, se tournant souvent vers le fond de la scène pour déclamer une tirade. Elle couchait avec tous ses partenaires masculins principaux. Elle aimait la gloire et se faisait volontiers sa propre publicité…
Traduit de l’espagnol par Vanessa Capieu. Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.
Votre réveillon 2017 est terminé ? Venez partager celui de la famille d’Amalia à Barcelone ! Quel bon moment de lecture ! Si vous voulez un dépaysement total, un voyage au delà des Pyrénées, dans une famille où les non-dits font tenir l’ensemble. Invitez-vous à la table d’Amalia pour ce réveillon mémorable. Vous ferez la connaissance de son fils, Fernando, le narrateur qui doit avoir beaucoup points communs avec l’auteur. De sa fille Sylvia, celle qui essaie de réparer toutes les impasses dans lesquelles sa mère fonce tête baissée en n’écoutant que son grand cœur. Elle évitera par exemple que le père du clan des roumains dont elle héberge une jeune ne lui vole tous ses biens. Vous connaîtrez Emma qui vit avec Olga. Cette dernière vous fera pouffer de rire plus d’une fois, dépourvue totalement du moindre sens de l’humour, elle prend tout et raconte tout au premier degré, dans cette famille où le moindre propos cache un océan de secrets enfouis, ses regards ahuris et ses discours simplistes font beaucoup pour le rire à la lecture de ce roman, celui, par exemple, que vous aurez quand Amalia veut aider son frère Eduardo « à sortir du placard ».
Comme Olga vous serez peut-être étonné que les propos commencent par « l’inconfort » des bancs du jardin public en bas de l’immeuble. Enfin, il reste Ingrid, l’amie qui n’est pas là mais qui est si importante pour Amalia. Il faut dire qu’elle a des idées de génie cette Ingrid : remplacer la dinde du nouvel an par des feuilletés aux épinards, aller grâce à une ONG à Cuba (je vous laisse imaginer la contrepartie de ce voyage très peu cher)… et elle pourra vous faire « un reiki » qui remettra vos chakras dans le bon sens.
Citations
Dialogue au téléphone quand Amalia n’écoute pas(hélas !) sa fille
« Oh,non,non ! Pas elle, je t’en prie ! » me suppliait-elle par mimiques, en agitant les mains devant elle comme si je la forçait à affronter Belzébuth lui-même. Puis elle s’est raclé la gorge, a pris deux profondes inspirations, s’est plaqué un sourire sur le visage comme si Sylvia avait pu la voir sur l’écran de son portable et a approché précautionneusement le combiné de son oreille.
« Oui, ma chérie, j’ai entendu dire de cette voix de mère soumise et attentive qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Oui… Oui, bien sûr… Oui. D’accord… Comme tu voudras… Mais oui, ne t’inquiète pas… Dès demain… Si, j’ai compris… Non, inutile que tu répètes. Oui… Oui. Très bien.
Après une vingtaine de minutes de « Oui, bien sûr, d’accord, tu as raison »avec cet air de vache égarée qu’elle prend quand ce que quelqu’un lui dit entre par une oreille pour sortir par l’autre, elle a enfin raccroché. Puis elle m’a passé le téléphone.
« Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? » ai-je demandé.Elle m’a regardé d’un air somnolent et m’a sorti :« J’ai oublié. »
Une scène touchante et le portrait de son père
J’étais à deux doigts de lui hurler que oui, je savais parfaitement comment il était, presque aussi bien que les inspecteurs de la Sécu et du fisc qui cherchaient encore à lui mettre le grappin dessus. Comme Téléphonica, Onno et Voldafone, comme Mazda, BMW et BBVA, sans parler de tout les amis qui s’étaient portés garants pour lui à un moment ou à un autre de ses magouilles et intrigues frauduleuses, et qu’il avait évidemment perdu en route. J’ai eu envie de l’attraper par les épaules pour la secouer, de lui hurler que nous le savions tous, sauf elle, parce que nous avions tous été victimes à un degré ou à un autre de cet homme à la personnalité maladive qui ne s’intéressait à rien d’autre qu’à lui-même, mais soudain je l’ai vu plantée sur le seuil du salon, si fragile et vulnérable que je me suis approché pour la prendre dans mes bras, et pendant que j’essayais de trouver une formule conjuratoire capable de calmer la furie qu’allait devenir Sylvia, à coup sûr, quand elle apprendrait que maman avait envoyé à papa son contrat de divorce signé, se condamnant ainsi à une liberté qui allait lui coûter très cher, je lui ai souhaité à l’oreille :
. »Je sais, maman je sais… »Elle m’a regardé alors avec un soulagement enfantin et a conclu en m’embrassant sur la joue :« Il faut bien laisser une chance aux gens non ? »
L’avantage de vivre avec un homme lors de la première rencontre avec l’amie de sa fille lesbienne le narrateur c’est son fils homosexuel
Tu as bien raison, ma fille. Moi, si c’était à refaire, je te le dis franchement, je ferai comme vous. Je me chercherais une bonne amie pour aller au cinéma, aller déjeuner ensemble et tout partager. Oui, certainement. Mais chacune ses culottes, hein ? Parce que tu vois, le seul avantage d’un mari, c’est qu’au moins il ne t’emprunte pas tes culottes ou tes soutiens-gorge. Enfin, sauf si tu as la malchance qu’il soit un peu bizarre, bien sûr, parce qu’il y en a des comme ça aussi « , a-elle achevé en se tournant vers moi.
Cuba vu par l’oncle Eduardo
» Et bien …oui, oui, les Cubains, ils sont comme ça fit-il de sa voix d’homme du monde. Ils vous donnent tout ce qu’ils ont. Le problème, c’est qu’ils n’ont jamais rien, alors ils inventent. Parce qu’ils aimeraient bien pouvoir donner. En fait, ce n’est pas qu’ils mentent, ils devancent la réalité. C’est de là que vient le cubisme. »
L’humour dans la présentation des personnages : le frère de Peter l’amant norvégien de Sylvia
Son frère Adam, qu’on croyait activiste de Greenpeace en mer du nord jusqu’à ce que les flics le prenne avec deux kilos de cocaïne cachés dans la cale du bateau avec lequel il poursuivait les baleiniers le jour pour les fournir en neige artificielle la nuit.
Je suis mort. C’est pas le pire qui pouvait m’arriver.
J’ai besoin de cet auteur, j’ai besoin de son humour, il me fait tellement de bien depuis sa « Grammaire impertinente » jusqu’à « Mon autopsie ». Il me fait éclater de rire même si je suis seule, et dans mon blog, peu de livres ont eu ce pouvoir. Evidemment, après, je partage les extraits de son livre avec tous ceux et toutes celles qui ont ri avec Pierre Desproges, un exemple des grands amis de cet auteur.
Dans « Mon autopsie », Jean-Louis Fournier répond à la critique qu’on lui a sans doute faite de s’être moqué de toute sa famille sauf de lui. Dans ce livre, il se passe donc lui-même sur le grill de son esprit caustique, il ne s’épargne guère, après son père alcoolique, sa mère du Nord , ses deux enfants handicapés, sa fille religieuse, sa femme qu’il a tant aimé, le voilà, lui l’écrivain. Lisez ce roman vous saurez tout sur Jean-Louis Fournier, disséqué par une jeune étudiante en médecine. Évidemment, l’auteur a besoin que cette jeune femme soit belle et émouvante. Au fur et à mesure qu’elle s’arrête sur telle ou telle partie de son corps, des souvenirs lui reviennent. Il cherche aussi à comprendre cette jeune femme et sa vie amoureuse. Les dialogues sont savoureux. Le livre ne se raconte pas vraiment, j’ai recopié quelques passages pour vous donner envie de l’ouvrir. Il réussit même à nous faire accepter que lui aussi va mourir et que ce n’est peut-être pas si triste (personnellement son humour me manquera).
Citations
Un chapitre entier pour vous
Laissez moi rireÉgoïne a découvert sur mon torse un tatouage au niveau du cœur, » S’il vous plaît ne me ranimer pas do not disturb ».Il était destiné à mon dernier médecin, il a compris le message. Elle a ri. Toute ma vie j’ai voulu faire rire. Le faire encore, après ma mort, m’est délicieux.Petit, je me déguisais, j’improvisais des sketchs. À l’école, mon goût de faire rire m’a coûté cher. En retenue tous les dimanches, j’étais le mauvais exemple de la classe. Pour me faire remarquer je n’étais jamais à cours d’idées, jusqu’à mettre une statue de la Sainte Vierge plus grande que moi dans les chiottes. Là, je fus mis à la porte. Mais j’avais fait rire ma mère.Pour un bon mot, j’étais prêt à tout. Pour éviter des poursuites judiciaires, j’ai même utiliser l’humour. Poursuivi pour avoir stationné dans la cour des départs de la gare du Nord, j’ai reçu un courrier m’enjoignant de payer pour arrêter les poursuites. J’ai écrit à Madame la SNCF que je refusais l’arrêt des poursuites, je tenais à être châtier pour expier. Je lui demandais une dernière faveur, être déchiqueté par le Paris Lille en gare d’Arras.Les poursuites se sont arrêtées.Pour moi l’humour était un dérapage contrôlé, un antalgique, une parade à l’insupportable, une écriture au second degré, une arme à double tranchant, un détergent. Il nettoie, comme la pyrolyse, brûle les saletés, efface les tâches, les préjugés, les rancœurs et les rancunes.Plus tard, dans mes livres, j’ai essayé de rire de tout.De la grammaire, de l’alcoolisme de mon père, de l’hypocondrie de ma mère, de mes enfants handicapés, de ma vieillesse et j’ai voulu rire de ma mort…
J’en connais d’autres, tous élevés chez les curés
Quand j’étais petit, un curé, à la confession, avant de me donner l’absolution, m’avait dit que la nuit il fallait prier avec ses mains, ça évitait de tripoter ses « parties honteuses ».Ça ne m’a pas empêché de continuer.Je me sortirais. Les pensées impures étaient-elles des péchés mortels ? Évidemment, je n’osais le demander à personne.Ma jeunesse a été empoisonnée par le péché mortel, et la peur d’aller en enfer.
Si drôle
Plus de mille fois j’ai récité » Ne nous laissez pas succomber à la tentation ».
Heureusement, Dieu ne m’a jamais exaucé
On pleure quand on arrive sur terre, pourquoi on râle quand on doit partir ?
Jamais content.
J’appelais pour donner des nouvelles, rarement pour en demander, et il ne fallait pas que ça dure longtemps.
» Ce qui m’intéresse le plus chez les autres c’est moi » a écrit Francis Picabia.Cette phrase me va comme un gant.
Et pour vous faire « mourir » de rire son ami si drôle
Plongée dans des œuvres très longues et trop sérieuses, j’ai eu besoin de lire un livre qui me fasse sourire. Ce pauvre petit Icare, qui préfère (et de loin) qu’on l’appelle Courgette, a réussi à me faire passer une excellente soirée. J’ai recopié le début du livre pour donner l’idée du ton et de la façon de raconter. Derrière ce qui n’est qu’une fable autour de l’enfance malheureuse, apparaissent aussi tous les récits des enfants qui sont broyés par des parents injustes et violents. J’ai quand même été un peu agacée par le côté « tout finira bien » pour notre petite « Courgette » qui voulait voir la vie en couleurs. La vie de cet enfant avait tout pour finir en tragédie, une mère alcoolique et violente, un père totalement absent. Le roman commence alors que, par malheur, il tue sa mère croyant « tuer » le ciel que sa mère invoque sans cesse pour expliquer tous ses malheurs. Un gendarme au grand cœur, va être touché par ce petit bonhomme et va faire de son mieux pour l’aider à sortir de ce marasme.
Le charme du roman vient du style, l’enfant ne comprend aucune image ni cliché, si son père est parti avec une poule, c’est pour lui une poule comme celle qui sont dans la cour de ses voisins paysans. Le procédé est assez répétitif et j’ai du mal à croire qu’un enfant de 9 ans soit aussi peu capable de compréhension au deuxième degré de sa propre langue. Ensuite, sa naïveté est trop totale et trop pure. J’ai donc des réserves sur ce roman, mais cela ne m’a absolument pas empêché de le lire avec grand intérêt. Comme je l’ai dit, c’est une fable et je souhaite qu’elle vous fasse autant de bien qu’elle m’en a fait et je souhaite aussi que les enfants mal-aimés trouvent tous un homme ou une femme qui les aimera assez fort pour les remettre sur le chemin de l’espoir et de la vie.
Le début
Depuis tout petit, je veux tuer le ciel à cause de maman qui me dit souvent :
– Le ciel, ma courgettes, c’est grand pour nous rappeler qu’on est pas grand-chose dessous.– La vie, ça ressemble en pire à tout ce gris du ciel avec ces saloperies de nuages qui pissent que du malheur.-Tous les hommes ont la tête dans les nuages. Qu’ils y restent donc, comme ton abruti de père qui est parti faire le tour du monde avec une poule.Des fois, maman dit n’importe quoi.J’étais trop petit quand mon papa est parti, mais je vois pas pourquoi il aurait emmené une poule au voisin pour faire le tour du monde avec. C’est bête une poule : ça boit la bière que je mélange aux graines et après ça titube jusqu’au mur avant de s’écrouler par terre.Et c’est pas sa faute si maman raconte des bêtises pareilles. C’est à cause de toutes ces bières qu’elle boit en regardant la télé.Et elle râle après le ciel et elle me tape dessus alors que j’ai même pas fait de bêtises.Et je finis par me dire que le ciel et les coups ça va ensemble.Si je tue le ciel, ça va calmer maman je pourrais regarder tranquille la télé sans me prendre la raclée du ciel.
L’amour
La petite fille s’appelle Camille.Je pense à elle, même quand elle est là.
Ce petit déjeuner pluvieux a été égayé par la lecture de ce livre. J’avais trouvé l’idée sur le blog de Noukette qui parlait du « Retour de Jules » j’ai donc préféré lire son arrivée, d’autant qu’elle a été moins séduite par le tome 2. On sourit à cette lecture et on admire les prouesses du chien d’aveugle. Je n’apprécie pas que celui-ci porte le même prénom que mon petit fils, pour moi il y a une différence entre les hommes et leurs fidèles compagnon, ce n’est certainement pas une réflexion politiquement correcte pour tous les amis des animaux. Mais j’aime bien que les gens s’appellent Didier et leur chien Médor. Je m’égare ! Ce roman raconte les amours contrariés de Zibal, un homme super diplômé qui vend des macarons Laduré à l’aéroport d’Orly et d’Alice une aveugle, peintre à ses heures, guidée par Jules. Malheureusement pour le chien, Alice recouvre la vue et Jules perd son utilité mais pas l’amour de sa maîtresse. Le roman peut commencer avec des suites de rebondissements auxquels on n’a pas besoin de croire puisque Didier Van Cauwelaert vous les raconte si bien. C’est drôle, enlevé et comme cet écrivain sait croquer nos comportements contemporains un peu ridicules, ce roman se lit facilement. Je sais que je ne lirai pas le tome 2 (moins apprécié des fans de Jules 1 !), sauf si un jour de cafard j’ai juste envie de me divertir. C’est déjà beaucoup d’avoir ce don là : divertir une Dinardaise un jour de pluie !
Citations
L’amour des animaux et des chiens en particulier
Jacques Haussant est un misanthrope comblé qui voit depuis toujours dans le chien d’excellentes raisons de mépriser l’homme.
le personnage principal
Malgré moi j’ai béni la dégringolade sociale qui m’avait placé sur sa route. Avec un double diplôme d’ingénieurs biochimiste et d’astrophysicien, je suis devenu à quarante deux ans vendeur de macarons à Orly Ouest niveau Départ, hall 2.
Genre de petites observations que j’aime bien
Quant à la gestuelle des textos, elle crée dans les rues, les transports, les bureaux une chorégraphie digitale que je suis la seule à trouver grotesque
Elles ne sont mariées que depuis trois semaines mais au rythme où elles se disputent, elles risquent fort d’être les pionnières du « Divorce pour tous »
Ce livre est dans mes listes depuis …… longtemps ! j’apprécie cette auteure qui fait partie des gens qui me font du bien. D’abord parce que Katarina Mazetti aime raconter des histoires et que j’adore que l’on m’en raconte. Ensuite, parce qu’elle a un sens de l’humour avec lequel je suis bien : jamais méchant mais tellement pertinent. La fin est peut-être trop gentille, mais elle ne fait que deux pages et il fallait bien finir ! C’est pourtant pour cette raison et l’aspect un peu caricatural de certains personnages que ce roman n’a pas eu ses cinq coquillages que j’ai parfois eu très envie de lui mettre. Nous sommes embarqués sur un bateau de croisière vers l’Antarctique avec des Suédois sans soucis financiers mais avec parfois des difficultés bien plus graves. Les deux personnages centraux sont un journaliste et une certaine Wilma. Le journaliste se noie dans un divorce qui le prive de ses enfants. Tous les torts sont évidemment, selon lui, du côté de son épouse, mais peu à peu on se rendra compte que ce n’est peut être pas si simple. Et surtout, comme dit mon beau-frère préféré « il y a malheur plus grand » : que cache, en effet, la raideur et la maladresse de Wilma ? Il prend le risque à force de ne s’intéresser qu’à sa petite personne et profiter sans vergogne de la gentillesse et de l’optimisme de celle qui ne veut pas étaler ses problèmes de passer à côté d’une véritable difficulté de la vie. Et puis, il y a, Alba qui compare chaque type humain à des comportements des animaux mais préfère ces derniers au hommes car : l’expression « les hommes sont des animaux » est une offense aussi bien envers les manchots que les autres espèces animales. C’est vrai que ce n’est pas un roman qui va rester à vie dans ma mémoire mais il m’a fait sourire et j’ai bien aimé les observations sur les comportements des mammifères dits supérieurs, un peu caricaturaux, peut-être comme ces deux sœurs : l’une, la riche exploite sans pitié la gentillesse de l’autre, la plus pauvre. Ces petits bémols ne doivent pas faire oublier que c’est avant tout un roman léger et agréable et pas l’étude du siècle sur les mœurs de la société suédoise.
Citations
Préface
Tous les personnage de ce roman ont été tirés d’un compost d’observation diverses et de fragments de souvenirs qui a mûri dans la tête de l’auteur durant un laps de temps indéfini.C’est indiqué « bagages » avec une flèche à droite et une autre à gauche. Sur le même panneau ! J’ai un faible pour les Français, mais Charles-de-Gaulle est un concentré de leurs pires défauts.
Des noms qui font rêver (ou pas)
Thiruvananthapuram
C’est vrai en France aussi
Regardez le public au théâtre ou dans les vernissages ! Quatre-vingt-dix pour cent sont des femmes, la plupart ayant dépassé la cinquantaine, les dix pour cent restants y ont été traînés par une femme. Interdisez l’accès aux femmes de plus de quarante-cinq ans et vous pouvez annuler toute vie culturelle suédoise !
Le résultat d’une enquête journalistique
Le conseiller d’éducation s’est pendu avant le procès laissant une épouse et trois enfants dont deux fréquentaient son école. La réputation de la remplaçante a été ruinée et elle a perdu son boulot. Le seul à être vraiment heureux à probablement été l’enfoiré qui avait vendu l’histoire au départ. Et puis, nous les trois épaulards . Dans une bonne humeur forcée, nous sommes allés nous saouler au pub pour célébrer notre activité si utile à la société.Bon évidemment qu’elle était utile à la société, je le soutiens encore aujourd’hui. Mais. La vie de six personnes à été détruite.
Philosophie du marin
Tout le monde devrait connaître un bon mal de mer de temps en temps, a-t-il marmotté. Ça vous rend humble et doux, on se rend compte qu’on n’a pas grand-chose à opposer à la nature. Je crois que je vais inventer un comprimé de mal de mer qui fonctionne à l’envers. Pour le jeter dans le gosier des tyrans omnipotents aux quatre coins du monde quand ils s’apprêtent à envahir un pays , ou à dévaster une forêt, ou simplement à battre leur femme.
Un vantard
Göran est resté au bar à raconter à ceux qui voulaient bien l’écouter qu’il n’avait jamais eu le mal de mer. Ce qui est sans doute vrai -mais il n’a pas précisé qu’il n’avait jamais vraiment pris la mer, seulement fait des courses en hors-bord sur le lac près de chez nous.
J’ai souri
C’est un peu comme boire un verre de cognac quand on sent venir un gros rhume. Ça ne guérit personne, mais on s’amuse plus en attendant d’être patraque.
Terrible tentatrice devant l’éternel (j’essaie d’élever mes références depuis la recommandation du livre à propos de la Bible mais je sens que ça ne va pas durer), Dominique a encore sévi et comme j’ai adoré cette lecture, je viens aussi vous la recommander. Que les nuls en orthographe se rassurent, ce livre s’adressent aussi bien à eux qu’à ceux et celles qui croient tout savoir. L’orthographe française est un long chemin celui qui l’emprunte ne peut être sûr que d’une chose, il n’est pas prêt d’en voir la fin. J’ai beaucoup aimé la modestie et l’humour de l’auteur. Ses remarques sonnent justes : pour avoir enseigné le français à des étrangers, je peux confirmer que dire correctement le vélo et la bicyclette reste toujours une difficulté. Évidemment, il y a les fameuses listes : « tous les mots en -ette- sont sont féminins » et à ce moment là, j’entends encore, les étudiants dire en chœur « sauf ? » et bien oui, il y a « un squelette » . Mais il peut rester dans son placard, celui où on met tous les mots qui ne veulent pas entrer (j’ai failli écrire rentrer !) dans les fameuses listes.
J’ai beaucoup aimé partager sa vie de correctrice et j’aimerais passer une journée dans « le cassetin » pour entendre les correcteurs discuter sur le pluriel « d’Orignal » par exemple. Elle se raconte avec humour, elle et ses tocs de correctrice, comme elle, je corrige malgré moi les accords de participe passé et certaines liaisons, comme elle, deux cents « H » euros me gênent mais moins que deux cents « t » euros. Et puis elle a parlé de l’erreur que j’entends tout le temps, même dans mes émissions préférées de France Culture. Je veux parler du nom « une espèce », tout le monde sait que c’est un nom féminin, alors pourquoi j’entends toujours « un espèce d’imbécile » et « une espèce d’idiote », comme c’est ma faute préférée, je suis très contente qu’elle en parle.
Lisez ce livre et faites le lire, car, soit vous deviendrez modeste en vous disant au moins une fois ou deux « je ne savais pas ça », soit vous perdrez tous vos complexes en vous rendant compte que même Muriel Gilbert (Gilbert,comme le prénom !) peut laisser passer quelques fautes et celle-ci vous étonnera ou vous décomplexera à jamais.
Nous avons laissé passer en août 2016 dans un article culturel un ils voyèrent qui nous a valu, à la correction, au courrier des lecteurs et à l’auteur de l’article -et de la bourde initiale-, une dizaine de messages moqueurs ou ulcérés ; ça sonne bien, pourtant ils voyèrent, non ?
Citations
La vie à Breux-Jouy a dû bien changer
A moins de 40 kilomètres de Paris on y allait encore chercher son lait et ses œufs à la ferme, en balançant au bout de son bras un bidon en alu et une valisette en plastique à six alvéoles. Les poubelles étaient ramassées par un à-peu-près-clochard répondant au prénom héroïco-grec d’Achille,accompagné d’un percheron aux sabots couverts de poils tirant une charrette en bois. J’ai oublié le prénom du cheval.
C’est vrai et c’est amusant
Ça rime pas Certains mots ne riment avec aucun autre. C’est le cas notamment de : belge, goinfre, meurtre, monstre, pauvre, quatorze, quinze, simple et triomphe.
Un petit sourire
Emma, une jeune Britannique fraîchement débarquée à Paris avec qui j’ai travaillé comme interprète au BHV, se demandait ce qu’étaient devenus les ponts un à huit à Paris, puisque nous avions un « pont neuf ». Quand j’ai expliqué en rigolant que neuf était synonyme de nouveau, elle s’est moquée de moi en me montrant dans un guide que c’était le plus vieux pont de Paris. Avouez qu’il y a de quoi en perdre son latin.
L’arme du correcteur : le doute
En fait, le correcteur devrait douter sans cesse, la langue est si complexe, si farceuse, si mouvante, et la cervelle humaine si faillible, qu’il lui faut douter, vérifier, mais parfois il ne parvient pas à lever le doute, ne trouve pas de quoi appuyer une certitude.
Le doute
Le directeur a de bonnes raisons de douter, car Larousse.fr dit deux orignals tandis que sa version papier et Le Robert penchent pour les orignaux ! Vous savez quoi ? Le cas échéant, commandez donc des élans.
Un de mes cauchemars d’enseignante
Il y a une exception(ben oui), -tout adverbe- s’accorde avec un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré : Les deux sœurs sont tout étonnées, mais l’une est tout heureuse et l’autre toute honteuse.
Origine des correcteurs
Il y a les anciens enseignants, les anciens rédacteurs, les anciens traducteurs, les anciens étudiants à rallonge, les anciens glandeurs, les comédiens contrariés, les ex-normaliens, les anciens secrétaires de rédaction, les anciens publicitaires, les anciens guides touristiques, les anciens historiens, les anciens élus et militants politiques. Ainsi que toutes les combinaisons, imaginables ou non, de ce qui précède, en versions qui vont du super diplômé jusqu’au parfait autodidacte.
Travail qui ne se voit pas
Comme celui de la femme de ménage, le travail du correcteur, transparent, ne se remarque que lorsqu’il est mal fait. C’est l’un des aspects un poil frustrants du métier. Et pourtant, sans elle, la maison est invivable ; sans lui, le journal n’en est plus un.
Humour
Au Pyla-sur-Mer, coquette station balnéaire, j’ai voulu escalader l’étonnante dune… du Pilat. Là, je m’affole. Cherche où est la faute. Agace les covacanciers qui peuplent ma voiture. Lis les cartes, examine les panneaux, dont chacun semble présenter la graphie qui seyait le mieux à celui qui a décidé de le planter là – il y a du Pyla, du Pilat, du Pylat… J’ai bien failli finir par me jeter du haut de la dune en m’arrachant les cheveux, mais j’aipréféré me suicider à coups de glaces en cornet chez Ô Sorbet, à Arcachon.
Le genre
les Français ont une passion pour le sexe des mots. Le Français dit une huître mais un escargot, une voiture mais un camion. L’huître n’est pourtant ni femelle ni mâle, elle est hermaphrodite, changeant de sexe à la fin de chaque saison ou après chaque émission de semence ; quant à l’escargot, il produit à la fois des spermatozoïdes et des ovules.Mais le plus étrange n’est-il pas que le mot « féminin » soit du genre masculin.
Lu dans le cadre du club de lecture de la médiatheque de Dinard où il a (grâce à moi) obtenu un coup de cœur.
Un livre étonnant, et encore, pour mon plus grand plaisir, un écrivain qui aime raconter des histoires et qui aime jouer avec la langue et les situations de tous les jours (il me fait penser à Pierre Raufast). Le billet de Sandrine sur son Blog « Tête de lecture » vous montrera que je ne suis pas la seule à avoir été séduite par ce roman. Tout ce livre est construit sur la tension de la révélation de l’origine de la cicatrice du narrateur cachée par l’écharpe drapée autour du cou. Comme je déteste le suspens, j’ai commencé par le chapitre 0 qui termine le roman. Soyez rassurés, je n’en dirai pas un mot dans mon billet, mais j’ai pu ainsi savourer à un rythme plus lent tous les méandres de ce récit qui aboutissent à l’indicible.
Il y a plusieurs façons d’aimer le style de Gilles Marchand, il sait si bien observer l’humanité qu’il nous fait sourire en reconnaissant notre boulangère qui, tous les matins, fait un petit commentaire météorologique, et qui nous interroge toujours au futur.
Et pour vous, ce sera ?
Il nous fait rire quand il répond calmement aux interrogations de son directeur à propos des notes de frais des commerciaux. Il a noté pendant 30 ans « restaurant » « café », alors il s’est amusé à remplacer ces mots si banal par « fausse barbe » « tutu »… On n’est pas très loin de la démission ou du licenciement.
Un soir, son écharpe gorgée de café dévoile à ses meilleurs amis sa cicatrice, il entreprend alors de raconter son enfance pour leur expliquer le pourquoi de ce qu’il a toujours voulu cacher. Ses amis de café après le travail : Lisa la serveuse dont ils sont tous amoureux, Thomas, et Sam entendront donc, s’ils sont aussi patients que l’auditoire qui grandit jour après, le récit de sa vie. Il leur parle de Pierre-Jean son grand père qui l’a élevé en rendant la réalité du quotidien magique pour lui faire oublier le tragique de son passé. Soirée après soirée, les récits de son grand père vont captiver un public de plus en plus nombreux mais la fin, l’explication de tout ce que l’on doit mettre en place pour oublier, ce qui est trop lourd à porter, seuls ses amis l’entendront.
Je n’ai cessé pendant toute ma lecture de noter des passages ou des petites phrases pour les partager avec vous. Je ne suis d’habitude pas très tentée par le fantastique, ni le déjanté, mais grâce à sa langue j’ai tout accepté même le tunnel creusé dans les ordures que la concierge morte depuis quelques mois ne peut plus enlever. Il m’a fait découvrir un air de Beatles moins connu que d’autres (my guitar gently weeps ) et que j’aime bien. Bref un petit régal avec une tragédie, dont vous remarquerez, je n’ai rien dit.
Merci Jérôme de me signaler que Noukette en avait fait un coup de coeur
Citations
Le début en espérant que, comme moi, vous vous direz je veux aller plus loin dans la lecture.
J’ai un poème et une cicatrice.
Un personnage dont je partage les goûts musicaux
Sa seule lacune, « le rock, la pop et leurs frères et sœurs électrifiés » comme il les nomme. Pour lui, la musique n’a pas besoin d’amplificateur.
Le malheur d’être comptable
Quand un interlocuteur me demande ce que je fais dans la vie, il change irrémédiablement de sujet dès qu’il a pris connaissance de la terrible nouvelle : je suis comptable.
Sa boulangère
Il fait froid. C’est ce que m’a affirmé ma boulangère qui a beaucoup de conversation.
La cuisine des solitaires
J’allume le gaz et mets de l’eau à chauffer pour les pâtes. Ce n’est qu’une fois que l’eau bout que je me rends compte que je n’ai pas de pâtes et je me résigne à y mettre un sachet de thé. Moins nourrissant mais mieux que rien.
L’humour
L’arrache cœur…c’était en fait le dernier titre de l’auteur, qui avait laissé sa trilogie inachevée (33 % du projet initial, avais-je pensé, me promettant de ne plus mêler comptabilité et littérature). Alors, la suite, je l’ai imaginée. Mais c’était moins bon. Boris Vian a beaucoup baissé après sa mort.
Petit détail de la vie courante, et c’est tellement bien vu !
Les toilettes sont toujours au fond à gauche. Et si elles n’y sont pas, c’est qu’elles se situent juste en face. Mais on interroge au cas où. De peur peut-être de se perdre ou que le patron ne se demande où l’on va comme ça sans demander la permission et sorte une arme de derrière le comptoir . Personne ne veut mourir parce qu’il n’a pas demandé où se trouvait les toilettes, alors on demande et on attend la réponse : au fond à gauche.
Oh, que OUI !
Mais qu’y a-t-il de pire que de lire un mauvais livre ? Lire le mauvais livre d’un ami… Et je ne veux imposer ça à personne.
Tous les gens malades des bronches peuvent en témoigner.
« Quand tu marches,tu ne regardes pas tes jambes et quand tu respires, tu ne regardes pas tes poumons … »
Ça m’avait troublé et l’espace de quelques secondes, je m’étais concentré sur ma respiration, réalisant à quel point la vie serait pénible s’il fallait se concentrer sur chaque mouvement de sa cage thoracique.
Voilà le style qui m’amuse
Il lui est même arrivé de me faire la bise, pour me souhaiter une bonne année, une bonne santé, un bon anniversaire …. Bernard était un excellent souhaiteur
Lu grâce au club de lecture de la médiathèque de Dinard. et il a obtenu un coup de cœur.
Marcher droit tourner en rond
Je suis si contente de commencer l’années par un cinq coquillages ! Et, Keisha va être contente son petit chouchou est récompensé d’un coup de cœur à l’unanimité de celles qui l’avaient lu dans mon club (je peux lui dire que c’est rare !). Comme je me régale également avec son précis de médecine imaginaire, j’ai mis les deux livres d’Emmanuel Venet dans le même billet.
Commençons par « Marcher droit tourner en rond » vous comprendrez la photo car il s’agit en effet de dévoiler la vérité qui se cache derrière toutes les photos de famille.
Marguerite a cent ans et son petit fils est à son enterrement. Tout le monde fait un portait élogieux de cette centenaire. Oh là ! non non non, il lui manque une semaine pour être centenaire et j’en connais un que ça agace ce manque de précision : son petit fils qui vit avec un syndrome Asperger. Cela lui donne trois compétences poussées à l’extrême : le scrabble, le petit bac et la connaissance des catastrophe aériennes. En plus, évidemment une incapacité totale à se satisfaire des mensonges qui dissimulent toutes les conduites de façades en société. L’enterrement est donc pour lui l’occasion de raconter toutes les méchancetés des uns et des autres, c’est drôle, on a vraiment l’impression de voir l’envers du décor. C’est l’occasion aussi de revivre son amour pour Sophie peu récompensé malgré une belle constance de sa part.
Je pense que l’auteur, psychiatre, a mis beaucoup de sa propre connaissance de l’âme humaine pour écrire ce texte. Je vous cite la citation de Sigmund Freud qu’il a mise en exergue au début du roman car j’ai souri :
La grande question à laquelle je n’ai jamais trouvé de réponse, malgré trente ans passés à étudier l’âme féminine, est : » Que veut une femme ? »
Citations
Logique ?
Elle aimait à répéter que la vieillesse est la pire des calamités, mais chaque hiver, elle se faisait vacciner contre la grippe, et, à la moindre bronchite elle extorquait au docteur Comte des antibiotiques. Pour ma part, si j’en arrivais à trouver ma vie trop longue, je cesserais de me soigner et me laisserais mourir une bonne fois pour toutes.
Compétence inutile
J’entretiens également une compétence hors du commun pour le jeu du petit bac, mais j’ai rarement l’occasion de m’en servir.
La vie de couple
Au bout de deux ans de vie commune, elle avait donc établi une fois pour toutes la répartition des rôles dans leur couple : il revenait à Imre de payer des cadeaux et à elle-même de les recevoir, et il était convenu que ce contrat moral donnait pleine satisfaction aux deux parties.
Une logique un peu rude
J’ai perçu trop tard que j’avais péché par excès de confiance en lui suggérant il y a trois ans, de demander l’euthanasie de son fils : lors du procès, j’ai senti que cette idée l’avait froissée.
Incompris
Je frisonne encore au simple souvenir des expressions « harcèlement » et « violence morale », leitmotiv de ces vingt minutes de procès bâclé : est-ce vraiment harceler que d’envoyer une dizaine de message par jour à une femme à qui vous pensez jusqu’au plus profond de votre être.
Le petit précis de médecine imaginaire
Ce sont de courts textes à déguster pour se guérir de la morosité. J’avais d’bord mis 4 coquillages, car certains textes (surtout la partie sur les ondes) me plaisaient moins que d’autres. Mais j’ai suivi le conseil de Keisha : relire ces petits textes au hasard et non pas à la suite. Tous sont alors de petits bijoux . elle en a recopié sur son blog qui m’a poussée à acheter ce livre , à mon tour je vous en offre un et si je réussis à vous séduire tout le livre d’Emmanuel venet se retrouvera sur nos blogs !
Malaises
Une fois à la retraite, mon grand père Joseph a fait trois chutes. Il avait l’habitude quand le temps le permettait, de pérégriner des journées entières pour faire des courses ou pour surveiller, en compagnie d’autres badauds, la bonne marche des chantiers des environs ; Trois fois, donc ;, il rentra les genoux couronnés, boitillant, endolori mais anormalement soucieux. L’affaire se soldait par du mercurochrome et des bandages, mais on la prenait tellement au sérieux qu’un des enjeux, à coup sûr, m’échappait. Rétrospectivement, j’ai compris que Joseph avait peur qu’on parle de malaise, et que ce soit fini de la vie paisible.
Le malaise, concept central de toute expérience existentielle, est affreusement mal traité par la médecine savante, qui le considère au mieux comme une approximation à déconstruire. Il n’existe même pas, dans la littérature spécialisée, d’ouvrage consacré à ce sujet inépuisable. Osons le dire tout net, il manque à notre science un bon et solide »Traité du malaise », avec étymologie, historique, étude clinique et tout le bataclan. Moyennant quoi le patricien consciencieux parvenant mal à distinguer entre effet de langage et ennui de santé, craint systématiquement de passer à côté d’une maladie grave et épuise son malade en examens inutiles qui, bien souvent débouchent sur un diagnostic. De sorte que le patient poursuit sa vie beaucoup moins sereinement que s’il n’avait pas consulté.
Joseph, lucide sur le risque, s’en remettait donc aux antiseptiques et aux bandages. Vu qu’il tenait debout et gardait la vigueur de s’opposer à toute consultation intempestive, on n’a jamais bien su les circonstances de ses chutes.
Et une citation car j’ai éclaté de rire
sous la rubrique paranoïaque
Cette évocation réveille quelques figures admirables : la crapule désœuvrée qui trouve dans un mur mitoyen une mine de « casus belli » ; l’hémorroïdaire acharné à se faire rembourser son papier hygiénique par la sécurité sociale ….
Traduit de l’anglais par Olivier DEPARIS.
Roman très « British » prêté par ma voisine qui adore nos « grands voisins », en me le laissant elle m’a dit : « Il faut lire ce roman pour comprendre le Brexit ». Pendant toute la lecture je me suis demandé pourquoi elle m’avait dit cela, en vérité je ne le sais toujours pas, mais je peux assurer que c’est une plongée au cœur de la société britannique et le moins qu’on puisse dire, c’est que malgré l’aspect satyrique et l’humour de l’auteur ce n’est guère réjouissant. La trame narrative suit de destin d’un certain Brian Marley, professeur d’anglais langue étrangère dans une école pour étrangers comme il y en a tant à Londres.
Divorcé et père d’un jeune enfant, sa vie est morose malgré sa rencontre avec la jeune étudiante Consuela dont il est amoureux, alors pour s’enrichir de 2 millions de livres, il accepte de partir en Papouasie, Nouvelle Guinée au milieu de la jungle et être le survivant d’une aventure filmée par une équipe de la BBC animant une émission dite de » télé-réalité » . Alors que l’avant dernier candidat, au bord de la folie, doit être évacué et que Brian est donc en passe de devenir millionnaire, un accident d’hélicoptère le laisse seul dans une île déserte couverte d’une jungle très hostile à la présence humaine. La description de l’équipe des jeux télévisés est hélas trop proche de la réalité, leur envie de faire de l’audience n’est freinée par aucune considération humaine. Sommes-nous loin de la réalité ? même la mort d’un candidat n’a pas empêché un jeu télévisé de reprendre, et des hélicoptères qui s’écrasent lors d’une émission de télé-réalité cela me rappelle quelque chose…. Mais contre toute attente Brian va survivre, parce que cette île n’est pas vierge , il doit sa survie à un groupe d’Anglais victime d’un accident d’avion dans les années 50.
Ensemble ils vont réussir à rejoindre leur chère Patrie : le Royaume Uni . James Hawes peut ainsi mener une charge au vitriol contre les animateurs de Télé-réalité , rien de bien neuf mais c’est bien raconté. Mais comme nous nous retrouvons avec des Anglais typiques nous avons aussi le droit à une charge, non moins sévère, contre la soi disant grandeur de l’empire britannique colonialiste. Entre la vulgarité de ceux qui gagnent de l’argent trop facilement et qui passent leur temps à mépriser la pauvreté et le retour aux valeurs traditionnelles de la grande Bretagne portées par un parti conservateur le pauvre Brian Marley a peu de chance de trouver un quelconque bonheur surtout qu’il n’arrive pas à choisir entre sa mère, Consuela et George la jeune femme qu’il a ramenée de son île.
Roman qui brasse donc des aspects fort désagréables de notre société mais qui est un peu touffu et je dois avouer que j’en ai accéléré la lecture quand ils sont revenus en Angleterre. Je savais qu’on ne pouvait pas s’attendre à ce que ce pauvre Bob Marley réussisse enfin à prendre sa vie en mains. Pour mener à bien sa satyre, l’auteur a besoin d’un personnage un peu creux que les événements vont ballotter à leur guise et qui a souvent le don de m’ennuyer.
Citations
La télé-réalité
Ils (les concurrents) avaient tous finis par être évacués dans un état d’effondrement mental et physique total (de grands moments de télévision !)
Vision de l’Europe vu de la Grande Bretagne
Les Allemands aiment les Irlandais parce que c’est le seul pays qui ne ressort pas les vieux dossiers qui fâchent à chaque fois que les Allemands en ont marre de tout payer ; quant aux Français, ils aiment les Irlandais parce qu’ils pensent qu’aimer les Irlandais nous dérange, nous.
Humour à propos de Noël vu du mois de janvier
Noël, à présent, n’est plus qu’une méchante ombre sur la balance de la salle de bains et sur l’encours de la carte de crédit.
Réaction émotive anglaise
– Ah !
– Ah ! comme tu dis. La seule vraie réaction anglaise face à n’importe quelle émotion.
Les Anglais vus par un général vénézuélien
Il savait que les Anglais se comportaient comme des Anglais parce qu’ils se l’imposaient et qu’au fond d’eux c’étaient des fous furieux qui n’aspiraient qu’à terroriser la planète. Avant de devenir des Anglais, ils avaient été des pirates et des barbares. A présent, c’étaient des pirates et des barbares bien élevés et en costume de laine.
La célébrité et la télévision
Tous les gens importants passent à la télé, et les gens finissent par croire que ça marche aussi dans l’autre sens, que si on passe à la télé, c’est qu’on est quelqu’un d’important.