9782253174936-001-TTraduit de l’anglais (États-Unis) par Camille Lavacourt

3Ce roman a croisé ma route cet été, il a représenté un très bon moment de lecture. J’en avais lu une bonnes critique chez Clara. Je vais joindre ma voix au concert de louanges malgré une réserve. Je rappelle brièvement le sujet : une grand-mère, bientôt arrière grand mère attend sa famille dans sa maison de vacances avec accès direct sur la plage. Toute sa vie Alice se reproche la mort accidentelle de sa jeune sœur, Mary. Un incendie lors d’un bal donné en l’honneur des soldats partant pour la guerre 39/45 a vu périr de nombreuses personnes brûlées vives ou piétinées, comme la trop fragile et tendre Mary, par une foule paniquée.

On sait dès le début du roman qu’Alice , veuve et quelque peu acariâtre, veut donner sa propriété à l’église, lieu où elle a trouvé du réconfort toute sa vie. Ses enfants ne sont pas au courant des projets pour la maison à laquelle ils sont, pour certains d’entre eux, très attachés. C’est un roman à plusieurs voix, Alice , Kathleen sa fille, Anne-Marie la belle fille parfaite et Maggie la petite fille bientôt mère alors qu’elle vient de rompre avec son petit ami.

Ce qui rend ce roman attachant, c’est l’analyse de plus en plus précise des relations familiales à travers le 20e siècle.
La description des charmes d’une maison de vacances au bord de la mer où les enfants , puis les cousins et cousines se retrouvent tous les étés me rappellent de bons souvenirs. La passion de la belle-fille , parfaite femme au foyer, pour la construction des maisons de poupées, m’a fait sourire et penser à toutes les œuvres décorant certaines maisons : encadrements, broderies, patchworks, tapisseries… Un beau roman de vacances, malgré l’aspect parfois caricatural des différentes personnalités.

Citations

Les joies des réunions de famille

A Thanksgiving , l’année d’avant , Kitty et Alice en étaient presque venues aux mains après une dispute sur le poids que devait avoir une dinde pour nourrir vingt personnes. Elle n’avait plus adressé la parole à Kitty depuis. Ni à son frère pour le punir d’avoir épousé un tel monstre.

Passion d’une femme au foyer, les maisons de poupées

Minnie’s Minis de Staffordshire, proposait de superbes gâteaux miniatures avec un glaçage très proche de la vraie pâte d’amandes , des cerises en céramique sur le dessus , chacune pas plus grosse qu’une tête d’épingle . On pouvait même enlever une part de gâteau pour apercevoir le chocolat et le coulis de cerise à l’intérieur.

L’importance de l’église

 L’église était comme une scène pour Alice, l’endroit où elle se tenait bien, où les autres la voyait telle qu’elle voulait être vue.

 Et la citation que j’adore, celle qui m’avait fait noter ce roman chez Clara

Passé un certain stade , vous ne vous inquiétez plus pour vos rides et vos bourrelets. Vous refusez de rentrer votre ventre au moment où vous tentez d’avoir un orgasme.

 On en parle

Clara, Cathulu, Cuné, Brize et Keisha

Traduit de l’anglais (des États-Unis) par Hélène Hinfray.
Avant propos de Mario Pasa.

3Si je cite l’auteur de l’avant propos , c’est qu’il raconte si bien à la fois ce livre et la personnalité de son auteur. C’est suffisamment rare pour être souligné. Il a bien de la chance , Mario Pasa de connaître Bill Bryson, on sent, en effet, sa sympathie pour un auteur hors du commun. Bill Bryson est un boulimique de connaissance et il sait les transmettre. Le projet de ce livre, c’est donc à partir de sa maison , un ancien presbytère britannique, retrouver l’histoire du monde.

On apprend donc beaucoup, sinon tout, sur les briques, le fer, l’acier,le téléphone, les toilettes, la propreté , les maladies, la condition ouvrière… On y croise des noms très connus : Eiffel, Darwin, Thomas More , Jefferson… et des noms beaucoup moins connus fort injustement. J’ai été , encore une fois, très étonnée de voir combien il est difficile de faire accepter les progrès en médecine. Deux exemples :

  • le scorbut , plusieurs personnes avaient fait la relation avec l’alimentation privée de produit frais sur les navires partant pour de longs mois. Mais il y avait toujours quelqu’un pour nier l’évidence et les pauvres marins continuaient à mourir, alors qu’il suffisait de les nourrir différemment.
  • La fièvre puerpérale , très vite on s’est rendu compte que la propreté des mains et des instruments des chirurgiens avait un rapport avec la mortalité des femmes , mais avant que ces messieurs acceptent de se laver les mains avant de s’occuper d’une parturiente , il a fallu tant de morts.

Évidemment avec Bryson on ne s’ennuie jamais et on s’amuse beaucoup quand on ne se révolte pas. Encore une fois, on voit que a condition ouvrière du début de l’ère industrielle est particulièrement horrible surtout pour les plus faibles : les femmes et les enfants.

J’ai deux petites réticences , mais qui n’ont absolument pas entaché mon plaisir.

  • J’ai eu parfois une impression de redite , avec son livre , « une histoire de tout ou presque » et d’autres livres que j’ai lus , en particulier sur la condition ouvrière du XIX° siècle .
  • Le rapport de ce qu’il raconte avec les pièces de la maison est, le plus souvent, tiré par les cheveux.

Citations

Je pourrai recopier tant de passages…. je n’en choisis qu’un

De toutes façon, le christianisme a toujours été curieusement mal à l’aise avec la propreté, et la tradition a très tôt assimilé sainteté et saleté. Quand Saint Thomas Becket rendit l’âme en 1170, ceux qui firent sa toilette notèrent en termes approbateurs que ses sous-vêtements « grouillaient de vermine ». Au Moyen Age, faire le vœu de ne jamais se laver était un moyen quasi infaillible de s’assurer une gloire éternelle . Beaucoup de gens, par exemple, faisaient à pied le pèlerinage d’Angleterre en Terre sainte, mais un certain moine Godric, qui l’effectua sans se débarbouiller une seule fois, ne pouvait que devenir saint Godric- c’était couru d’avance.

On en parle

Je n’ai pas encore lu de billets sur ce livre mais cela ne saurait tarder, je mettrai alors un lien

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard

3Merci Jérôme. Sans ton commentaire à propos « d’Emily », je n’aurais certainement pas lu « Les joueurs » du même auteur. C’est un roman du quotidien, le quotidien d’un couple qui sait parfaitement se faire la guerre. Les petites remarques qui tuent, la parfaite bonne conscience de la femme qui ne veut plus aimer , ses faiblesses qu’elle préfère cacher , tout cela sonne juste. Lui, est plus surprenant, il veut absolument la reconquérir et misera sur la roulette du casino pour y arriver.

Sans être une charge contre les mœurs américaines, le regard de Stewart O’Nan est pertinent et rend son roman attachant. Les lieux touristiques américains, où, le plus souvent le supermarché est le point de passage obligé est criant de vérité. Ils s’étaient demandés en mariage aux chutes du Niagara , c’est donc là qu’ils reviennent. Lui plein d’espoir et cherchant maladroitement à refaire exactement le même parcours que du temps de leur amour. Elle maugréant et certaine que tout cela ne sert à rien , ne met pas beaucoup de bonne volonté pour vivre ce qui est, sans doute, leur dernière aventure. Les attractions : musée de cire, trajet sous les chutes, plate forme au dessus du vide….tout cela semble des pièges à gogos, surtout quand on a envie de vomir…

Ah oui ! j avais oublié une horrible gastro s’est invitée des leur arrivée. Mais rien n empêchera Art d’aller au bout de son projet : miser son couple sur un coup de roulette ! J’ai bien aimé également , l’analyse de leur déchéance financière. Certes, la société américaine est fondée sur la consommation et l’appât du gain , mais le surendettement des ménages est d’abord provoqué par les habitudes de consommation à crédit.

Enfin l’écriture est légère et souvent drôle à l’image des têtes de chapitres qui comme à la roulette sont calculés en terme de chance. Je vous donne un exemple : chance qu’un orchestre de jazz joue « My Funny Valentine » le jour de la Saint-Valentin : 1 sur 1. Et je vous laisse écouter cette fameuse chanson par Chet Baker.

Citations

Genre de dialogue de couples au bout du rouleau :

– Bon sang, dit-elle
– Quoi
– Rien.
– Tu fais ta tête contrariée.
– Je rumine.
– Il ne faut pas que tu rumines.
– Je ne le fais pas exprès, c’est plus fort que moi.
– Est – ce que tu rumineras encore quand on aura divorcé ?
– Pourquoi est – ce que j’arrêterais ?
– Je me disais que ça fonctionnait peut être comme la procédure de sur endettement, que tout serait pardonné.
– Navrée, il y a certaines dettes qu’il faut payer
– Ça valait le coup d essayer.
– Pas vraiment.

Pas mal vu :

Étant à jamais coupable, il se trouvait à jamais sans défense par rapport à elle, ce qui alimentait un ressentiment qu’il savait injustifié, le laissant démuni, sans rien d’autre pour contrer la colère de Marion que l’impatience, et, après si longtemps, l’épuisement.

On en parle

Chez Jérome bien sûr et Kathel et babelio où les avis sont parfois plus négatifs que le mien.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Paule Guivarch

3
J’ai choisi ce livre pour l’anniversaire d’une de mes sœurs, voici la phrase que ma libraire a prononcée et qui m’a décidée :

C’est l’histoire d’une femme âgée qui nous fait découvrir l’Amérique sous un aspect nostalgique et émouvant. Elle découpe ses coupons de réduction, et va au restaurant quand il propose de se resservir gratuitement, et puis un jour elle achète une nouvelle voiture et son univers s’agrandit.

Je l’ai lu rapidement avant de l’offrir , je ne sais pas si ce roman lui plaira autant qu’à moi. Ce n’est pas un livre spectaculaire mais le quotidien de cette femme vieillissante est très bien raconté et m’a beaucoup émue. La seule chose que je ne comprends pas c’est son amour pour son chien vieillissant , mais c’est sûrement authentique. Le rapport avec ses enfants est très bien analysé. En le lisant je me faisais la réflexion, que lorsque j’étais jeune je lisais avec passion des romans montrant l’ascension des familles américaines. Aujourd’hui , je lis des romans racontant soit des univers totalement détruits, soit comme ici des vieillesses solitaires. Il n’y a rien de violent sous la plume de Stewart O’Nan, mais Emily a du mal à comprendre la génération de ses enfants.

L’auteur nous tend un miroir où l’on peut regarder un pays qui ne va pas si mal mais pas très bien non plus. Ses enfants sont contents de recevoir son aide mais ne respectent pas l’argent. Et puis il y a tous ses petits détails du vieillissement qui rendent parfois le quotidien si pénible. J’y ai retrouvé mes amies du foyer logement de Dinard à qui je lis parfois des histoires, et qui m’ont appris une chose très importante :

« Ne demandez jamais à une vieille (c’est plus fréquent qu’un vieux) comment ça va, ça ne va jamais bien : on pense à des personnes disparues, on a mal au ventre, à la tête, on a du mal à marcher.. ça ne va pas ! mais on est encore en vie et on s’applique à vivre le mieux possible. »

Citations

la vieillesse :

la lumière projetée par la glace de la coiffeuse était impitoyable. Les poches sous les yeux , parcheminées, presque diaphanes, laissaient transparaître une nuance mauve semblable à une meurtrissure. Sa bouche était très ridée, sa peau parsemée de taches brunes . Un fin duvet bordait non seulement sa lèvre supérieure mais, sou l’éclat des ampoules nues, ses joues et son menton .

 

Satisfaction et cruauté ?

« Je viens de voir Claude Penman dehors, avec Liz » . Elle posa la main sur l’avant-bras d’Emily et se pencha tout près afin de lui livrer son scoop , les yeux brillants . « Elle est en fauteuil roulant . Si tu voyais elle a une mine épouvantable . »

la présence de ses enfants :

Elle les aimait tous tendrement bien sûr, mais elle avait oublié combien il était épuisant d’être entouré d’autres gens.

On en parle

Enfin livre , Clara

 Traduit de l’américain par Jean-luc PININGRE.

5
J’ai passé quatre semaine en compagnie de ce gros roman , j’avais noté cet auteur chez Cuneipage, à propos d’un autre titre que je lirai également. J’ai commencé par celui-là car il était diponible à la médiathèque. C’est un roman exigeant et long à lire, mais jamais ennuyeux et qui peint toute la société nord-américaine aux différents stades de la vie. De l’enfance , en passant par l’adolescence jusqu’à la vieillesse, tout est là avec des propos d’une justesse étonnante. Je sais qu’un livre me restera en mémoire quand j’ai envie de noter une multitude de passages. Les scènes dans le bar de Miles sont criantes de vérité.(Mais trop longues à recopier !).

On rit parfois, par exemple, lorsque le seul jeune américain qui n’avait pas conduit avant de prendre des leçons passe son permis au péril de la vie de l’examinateur est à mourir de rire (finalement , l’examinateur n’aura que le poignet cassé !). On sourit souvent aux remarques douces amères sur les défauts des personnages secondaires. Et des personnages, il y en a beaucoup certains hauts en couleur comme ce vieux prêtres complètement frapadingue qui écoute en confession des amours des uns et des autres, en se faisant passer pour son collègue.

Certains sont d’une humanité qui me touche comme Béa, tenancière de bar,la mère de Jeanine, la future « ex » femme du personnage principal, qui se trompe souvent et qui préfère se fâcher contre sa mère plutôt que d’ouvrir les yeux sur ses conduites. Et puis il y a Francine Whiting qui a provoqué le malheur de tant de gens ! Elle est souvent haïssable mais finalement est-elle responsable ou victime ? Mais le roman ne se résume pas à une peinture de personnages, on a peur également car on sent une tension monter peu à peu jusqu’au dénouement et la violence d’un jeune trop cassé par la vie.

J ‘aime beaucoup la personnalité du personnage principal qui se laisse tout le temps avoir à cause de sa gentillesse , il le sait mais n’arrive pas à devenir méchant. Il accepte de servir dans son bar, l’homme qui lui a ravi sa femme , mais j’ai adoré qu’il lui casse la figure le jour où , enfin, la coupe a été trop pleine. Tout le roman est sous-tendu par une histoire qui s’est passée du temps de l’enfance de Miles, on la découvre peu à peu et on sent que le point final ne pourra être mis que lorsque tout sera enfin éclairci.

Un grand roman j’ai tout aimé et aussi parce qu’il a réussi à me faire ralentir mon rythme de lecture habituel.

Citations

Personnalité du gentil Miles

Il avait suggéré à Mrs. Whiting de le remplacer, mais c’était un appareil coûteux et la vieille dame s’y était refusée tant qu’il fonctionnerait. Quand Miles était d’humeur clémente, il voulait bien se rappeler que les femmes de plus de soixante dix ans n’aimaient pas qu’on leur parle d’une machine âgée, épuisée, qui avait déjà duré plus que leur espérance normale de vie. Lorsqu’il était d’humeur moins charitable, il soupçonnait son employeur de faire coïncider l’obsolescence de tout le matériel -le Hobart, le fourneau Garland, le Grimm, le Mixer à milk-shake, avec son propre décès, minimisant ainsi sa générosité

 L’humour de l’adolescente

La seule bonne chose qu’ait apportée la séparation de ses parents, avait déclaré Tick, était qu’au moins elle n’avait plus besoin d’aller à l’église, maintenant que sa mère avait troqué la religion catholique contre l’aérobic.

 Les disputes dans le couple

Pour Miles un des grands mystères du mariage était qu’ on disait à chaque fois les choses avant de comprendre qu’il aurait fallu se taire.

 Un dicton à méditer

Qui veut s’entendre avec ses voisins met une clôture à son jardin.

 Humour de Miles

À chaque fois que Max l’emmenait en voiture, Miles ressentait une profonde parenté avec tout être vivant incapable de courir plus vite que son père ne conduisait, à savoir -les guépards étant rares dans l’état du Maine- à peu près tous.

 Un personnage vraiment radin et antipathique

Walt avait même dû emprunter pour payer l’alliance et les deux jours de lune de miel foireuse sur la côte, au cours desquels, si Jeanine avait eu un cerveau, elle aurait pu comprendre pourquoi il aimait tant faire l’amour avec elle. Parce que ça ne lui coûtait rien

 Je trouve cette phrase particulièrement juste

Ce n’est pas parce que les les choses arrivent progressivement qu’on est prête à les vivre. Quand ça urge , l’esprit s’attend à toutes sortes de mouvements brusques , et on sait que la vitesse est un atout. La « lenteur » , qui fonctionne sur un mode totalement différent , donne à tort l’impression d’avoir le temps de se préparer, ce qui occulte une réalité fondamentale , à savoir que les choses peuvent sembler particulièrement lentes, on sera toujours plus lent soi-même.

 On en parle

voir Babelio

 Traduit de l’anglais (États-Unis) par Edit OCHS

4
Je n’ai hélas pas noté le blog ami qui m’a fait découvrir ce livre. J ‘ai beaucoup , beaucoup aimé cet essai historique. Et tous ceux qui sont intéressés par cette période de l’histoire contemporaine seront de mon avis, du moins je le crois, tant le travail de recherche me semble sérieux .

Mais ce livre peut aussi toucher des lecteurs moins historiens. Le journaliste écrivain Erik Larson, est passionnant car il mène un travail d’enquête parfois proche d’un feuilleton à suspens. William E Dodd , est nommé par Roosevelt ambassadeur à Berlin en 1933, il y restera jusqu’en 1937.


C’est un professeur d’université , formé dans sa jeunesse en Allemagne . Il n’appartient pas au monde des ambassadeurs , et il sera cordialement détesté par les hommes politiques de son pays, et snobés par l’« aristocratie » du personnel des ambassades. Position très inconfortable pour un homme intègre, qui essaie de ne se faire manipuler ni par les nazis, ni par les opposants au nazisme ,et qui pour cela aurait eu besoin d’un soutien très clair de son propre pays. Il est accompagné à Berlin avec ses deux enfants déjà adultes.

Le narrateur avec force détail montre bien la prise de conscience de l’ambassadeur de ce qui se passe en Allemagne, il suit aussi le parcours de sa fille Martha. Martha c’est une belle jeune femme , très en avance sur son temps , elle mène une vie amoureuse très libre et au début elle est séduite par les hauts dignitaires nazis.

J ai découvert , grâce à ce roman, des personnages que je ne connaissais pas Hanfstaengl dit Putzy nazi mais dissident (je ne savais pas qu’il y en avait eu), et Diels, à l’origine de la Gestapo. Je trouve fascinant pour ce genre de lecture de croiser ce que je lis avec d’autres source sur internet. Peu à peu, le régime Nazi va se charger d’ouvrir les yeux de Martha, un bel homme venant du régime soviétique , Boris, va lui ravir le cœur et lui donner une conscience politique pro-communiste.

Le destin de cette femme est incroyable , Martha Dodd a travaillé pour les services secrets soviétiques jusqu’à sa mort, intervenue en 1990 à Prague. On ne peut pas dire que ce livre la rende très sympathique , elle est très agaçante , il semble qu’elle soit prête à se tromper tout le temps et à succomber à tous les hommes qui lui font la cour. De pro-nazie elle devient pro-communiste, mais plus parce que son amant a changé . De Diels elle est passé à Boris !

Ce qui rend le livre passionnant c’est de se rendre compte que si les grandes puissances avaient été plus fermes , il aurait été sans doute possible d’empêcher le basculement du nazisme de la plus grand partie de la population allemande. Et puis comme nous connaissons la fin, tous les aveuglements successifs des hommes politiques américains sont difficilement supportables.

Un livre facile à lire, passionnant mais qui m’a un peu plombé le moral , car c’est une période particulièrement abominable.
Il m’a rappelé le livre de l’ambassadeur Français André François-Poncet : Souvenirs d’une ambassade à Berlin, septembre 1931-octobre 1938, Paris,

Citations

 la rapidité du succès nazi dans l’opinion publique

 la « mise au pas » s’effectuait à une vitesse étonnante, même dans les milieux non directement visés par des lois spécifiques, les Allemands se plaçant de leur propre chef sous l’autorité nazie, un phénomène qui prit le nom de Selbstgleichschschaltung, ou « mise au pas volontaire….

Une étude des registres nazis a démontré que, sur un échantillon de deux cent treize dénonciations , 37 % relevaient non pas d’une conviction politique sincère, mais de conflits privés, dont le déclencheur était souvent d’une insignifiance stupéfiante. Ainsi en octobre 1933, le commis d’une épicerie dénonça à la police une cliente excentrique qui s’était entêtée à réclamer ses trois pfennigs de monnaie. Le commis l’accusa de ne pas avoir payé ses impôts. Les Allemands se dénonçaient les uns les autres avec un tel entrain que les cadres supérieurs du Parti pressèrent la population de faire preuve d’un plus grand discernement concernant ms affaires à signaler à la police.

 Le refus de voir

De fait, Martha avait eu la même idée. « J’avais tendance à penser qu’il était juif » reconnaissait-elle ; elle « considérait que son hostilité n’était suscitée que par sa conscience raciale ».
Mower était effaré de voir que le monde extérieur ne saisissait pas ce qui se tramait en Allemagne . Il découvrit que son frère en était à douter de la vérité de ses reportages.

 Et pourtant Dodd n’était pas antisémite

Dodd croyait que son ambassade avait trop de personnel et, plus particulièrement, trop de ses membres étaient juifs…..il craignait que leur présence parmi l’équipe ne détériore les relations de l’ambassade avec Hitler…

 Discours d’Hitler après les assassinats des SA et de leur chef Röhm

Seule une répression féroce et sanglante pouvait étouffer dans l’œuf la révolte….Si on me demande pourquoi nous n’avons pas fait appel aux tribunaux réguliers, je répondrai : dans ces heures, je me suis trouvé responsable du destin de la nation allemande et, par conséquent, je représentais à moi seule l’autorité judiciaire suprême du peuple allemand.

 le culte d’Hitler

Il vit la stature d’Hitler grandir en Allemagne jusqu’à devenir celle d’un dieu. Les femmes pleuraient quand il passait à proximité ; les collectionneurs de souvenirs ramassaient la terre là où il avait posé le pied.

On en parle

dans tous les livres, et chez Aiffele, chez Dominique.

Traduit de l’anglais par Judith ERTEL£
Emprunté à Lourse

5
J’avais déjà ouvert cette BD et refermée car les dessins ne m’inspiraient pas du tout. Il a fallu l’article de Keisha et … tous les commentaires .. .et…l’ouverture de ma médiathèque pour que je force mon peu d’appétence pour les BD. 
C’est absolument génial, je vais lire la suite évidemment ! J’apprécie les BD, lorsqu’on a l’impression que le récit ne pourrait pas être raconté sous une autre forme. Les dessins qui m’avaient rebutée au premier regard , collent complètement au récit , et font vivre intensément la vie des juifs polonais pendant la guerre.

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit donc d’Art Spiegelman, dessinateur de bandes dessinées qui fait raconter à son père Vladeck Spiederman la façon dont il a survécu à la shoa. Les deux époques, aujourd’hui et les années de guerre en Pologne, se mêlent et tissent le récit . Au présent, ce père acariâtre rend malheureux sa seconde épouse, mais il accepte de parler à son fils qui note pour sa future BD tous les souvenirs de la tragédie de ses parents juifs polonais. Le père visiblement a du mal à s’exprimer en anglais et la traduction rend bien ses difficultés d’expression et donne un charme fou au récit.

Le livre s’ouvre sur une citation d’Hitler : « Les juifs sont indubitablement une race mais ils ne sont pas humains ». Je ne sais pas si c’est pour cela que l’auteur a choisi de dessiner tous les juifs avec des figures de rats, les polonais sous les traits de cochons, et les allemands sous les traits de chat. C’est très efficace et je suis certaine que cela participe au succès de sa BD .

Je me suis demandé pourquoi cette BD me faisait autant d’effet, je pense que, le fait que je sois aussi peu attirée par le genre fait que lorsqu’une BD m’intéresse cela me surprend moi-même. Je suis aussi bluffée qu’avec une apparence de pauvreté de moyens graphiques on arrive à rendre une histoire aussi prégnante. Enfin sa façon de nous faire découvrir un père à peu près odieux et ses difficultés de rapport avec lui rend le récit terriblement humain. Ce n’est pas la vie d’un super héros paré de toutes les qualités style cinéma hollywoodien, pour être survivant il fallait d’abord de la chance, puis un sens de la débrouillardise hors du commun.

Un grand moment de découverte pour moi, et je suis d’accord avec vos commentaires lu sur le blog de Keisha oui c’est bien de la littérature.

 Citations

La façon de parler de son père

Quand j’étais jeune, tout seul je pouvais faire ces choses. Maintenant, chéri, ton aide j’ai besoin pour la gouttière.

 Rapport père fils

La barbe ! Il veut que j’aille l’aider à réparer son toit ou j’sais pas quoi . Merde, même quand j’étais petit je détestais l’aider quand il bricolait. Il adorait montrer qu’il était adroit …Et me faire sentir que moi je n’étais qu’un empoté. Il m’a rendu phobique au bricolage.

 Pudeur et tragédie

Après , quand je suis rentré à Sosnowiek on leur a envoyé des colis…

Un temps ça a été plus facile pour nous. Alors très heureux ils étaient et ils nous ont écrit comme ça les aidait

Et puis ils ont écrit que les allemands gardaient les colis.

Et puis ils ont arrêté d’écrire. C’était fini.

 On en parle

Par exemple MIMIPINSON , il y a , à ce jour,101 critiques plus une(la mienne !)chez Babelio

 Traduit de l’anglais (États-Unis) par Dominique DEFERT

3
Il sera dit que les auteurs américains ont besoin de 700 pages pour s’exprimer ! Tout est plus grand chez eux ! Les grands espaces, les campus universitaires ! Leur passion pour le sport et le nombre de pages pour leurs romans… J’avoue que 700 pages autour du base-ball, il a fallu tout le charme de la jeune libraire de Dinard pour que j’accepte de m’y mettre. Divine surprise, c’est un bon roman, trop long, évidemment, mais comme je le disais en commençant, c’est visiblement une particularité culturelle.

Un jeune prodige du Base-ball, Henry, rate une roulante alors qu’il était sur l’arrêt-court …Bon ! Pas de panique!je vais vous éviter tous les termes de Base-ball qui me sont, peu à peu, devenus familiers ! Le vrai sujet c’est sans doute : comment trouver sa voie. Le jeune sportif est complètement sous la coupe de son coach qui ne saura pas l’aider dans cette grande période de doutes qui va commencer par cette balle facile mais ratée qui frappe violemment la tête d’un joueur , Owen son ami et son colocataire.

Alors, commence une dérive, pour lui, pour son coach qui est refusé dans les prestigieuses universités de droit qu’il pensait rejoindre, pour le directeur du collège de Westish dans le Wisconsin qui se perd dans une relation amoureuse avec Owen le joueur blessé par la balle ratée d’Henri. La seule qui sort de son malaise c’est Pella, la fille du directeur, amoureuse de Mike le mentor et capitaine des Harponneurs ( l’équipe de Base-ball).

Les relations sont très finement décrites et absolument pas caricaturales , je pense que les Américains ont dû adorer revivre de cette façon leurs premières années universitaires. Et pour un lecteur français , c’est très dépaysant. On le sait, être bon en sport suffit pour intégrer les meilleures universités et surtout recevoir beaucoup d’argent au lieu d’en verser tant et tant pour suivre des études. Mais le prix à payer est redoutable , Mike me fait mal au cœur avec ses articulations complètement fichues à 24 ans. Sait-il que les cartilages ne repoussent jamais ?

Les souffrances du jeune Henry et l’entraînement de dingue qu’il s’impose ne font pas envie. Franchement curieux pays et étrange jeunesse. Pour moi le personnage que je trouve le plus intéressant c’est Pella cette jeune femme qui retrouve la joie de vivre après s’être mariée trop jeune, seulement pour embêter son père (ah, la personnalité des adolescentes américaines !). En plus les études ont l’air de l’intéresser c’est la seule (avec Owen , le personnage homosexuel qui séduira le président et père de Pella) pour qui l’université ne semble pas faite seulement pour courir après des balles plus ou mois grosses.

Un roman intéressant mais il gagnerait à avoir moitié moins de pages.

Citations

charme de certaines descriptions : la solitude du sportif après l’effort

Il fit tomber la serviette et grimpa avec précaution dans le bassin , plaçant son dos devant une buse. Les poils de sa poitrine ondulaient sous l’eau comme une prairie de posidonies quêtant la lumière. Ce qui manquait à cette école , c’était une masseuse à plein temps. Il s’imagina un moment entre ses mains, ses doigts implacables fouillant les muscles de son cou, son souffle lui chatouillant l ‘oreille, et sous le fin nylon de sa blouse, son téton plaqué, peut-être volontairement, contre son omoplate. Mais le fantasme ne menait à rien ; son pénis restait en sommeil , recroquevillé comme un escargot brun.

(enfin un organe pas plus grand que la taille internationale , « enfin » … ou dommage je ne sais !)

 La beauté de la jeunesse

La jeunesse les rendait brunes et voluptueuses alors que leur génitrice n ‘était plus que brune et potelée.

 L’universitaire type

 Son art oratoire , ses manœuvres de charme pour conquérir son auditoire l’agaçaient. C’était typiquement un numéro d’universitaire. Il avait accumulé des anecdotes, peaufiné son texte année après année, pour présenter ses connaissances de la façon la plus charismatique possible. Il faisait son laïus comme si c’était la première fois, pour tenir son public en haleine. Mais c’était toujours les mêmes mots , les mêmes figures de style.

 La souffrances à cause du sport intensif

Rien de nouveau sous le soleil. Les gens normaux ont du cartilage, et toi, c’est du steak haché . Chaque match te rapproche un peu plus de l’arthroplastie totale des deux genoux.

On en parle

D une berge à l’autre qui l’a lu il y a un an.

 Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adélaïde Pralon.

4
Il est des livres qui touchent profondément alors qu’ils se veulent légers. Ce sont sans aucun doute mes livres préférés. « Les fiancé d’Odessa » raconte les difficultés d’une femme belle et intelligente qui veut sortir à tout prix de son pays où la vie est trop difficile. Du côté anecdotique, il y a une histoire d’amour très compliquée : son cœur et son corps palpitent pour le chef de la mafia locale, son patron David est loin de la laisser indifférente, et elle épousera Tristan, l’Américain homme d’entretien dans une école, qui lui a permis de fuir Odessa.

La situation décrite à Odessa date des années 90, c’est la misère et la corruption généralisée. Mais pour autant, l’Ukraine est un pays de culture et ne ressemble pas à l’idée que s’en font les Américains de base représentés par Tristan et ses amis. L’écrivaine décrit avec une grande finesse la contradiction entre l’attachement à Odessa et l’aspiration à un ailleurs : « le fameux rêve américain ». Autant si ce rêve est fondé sur une volonté d’entreprendre, il peut, sans doute devenir réalité, mais s’il est fondé sur un mariage, les dés sont immédiatement pipés. On pense au film « je vous trouve très beau » d’Isabelle Mergault avec Michel Blanc, moins le Happy end.

Janet Skeslien Charles, a vécu à Odessa et elle parle le russe. Elle a connu le travail à plein temps pour 25 dollars par mois, et elle a côtoyé, ces belles jeunes femmes ukrainiennes prêtes à tout pour vivre autre chose qu’un quotidien sans futur possible. Pour une fois, quelqu’un se donne la peine de mettre en scène ce désir de partir tout en maniant l’humour , car je le redis c’est un roman drôle plein de scènes qui font sourire. C’était encore plus simple pour cette écrivaine de décrire la déception de ces femmes une fois arrivées aux USA , évidemment le rêve américain ne correspond pas à celui d’une femme cultivée qui rêve d’épanouissement personnel et culturel. L homme qui est venu les chercher de si loin, et qui a dépensé tant d’argent pour cela, est d’abord venu chercher une femme soumise qui sera reconnaissante de la bonne action qu’il a faite pour elle.

Je sais que le ton sérieux de mon billet ne correspond pas à l’ambiance du livre, alors comme Keisha, Aifelle, et bien d’autres.. lisez le car en plus vous amuserez.

Citations

Humour

Les hommes ukrainiens sont souvent paresseux, alcooliques et violents…

– Pourquoi refuser de sortir avec un beau jeune homme ?

– Tu veux dire le roi de l’escroquerie, un chef de la mafia et sûrement aussi un assassin ?

– Personne n’est parfait. Au moins, il ne fume pas. »

L’embauche en Ukraine d’une secrétaire par un patron étranger

Insinuait-il que j’étais embauchée ? Il m avait fait alors un clin d’œil avant d’ajouter :

– Bien sûr, coucher avec moi reste l’aspect le plus agréable du travail !

La vie sous le régime soviétique

En théorie, le régime dispensait des soins médicaux gratuits. En réalité, les choses étaient légèrement différentes. Pas de cadeau, pas de traitement. Pas de présent, pas d’avenir.

 Scène qui en dit long sur la pauvreté dans les années 90

Quatre soldats décharnés, qui ne devaient pas avoir plus de dix neuf ans, vêtus d’uniformes gris trois fois trop grands, s’approchèrent de nous.

– S’il vous plaît, rien qu’un morceau de pain.

Je vidai mon stock de bonbons et de pommes. J’en avais toujours sur moi parce qu’à Odessa, il fallait toujours avoir de quoi surmonter les barrières. J’appelais ça la redevance, Jane la corruption. Mais elle apprit bien vite qu’une boîte de chocolat ouvrait les portes plus facilement qu un long débat.

– Merci, Mademoiselle !

Les Israéliens étaient choqués. Je leur expliquai que tous les jeunes hommes, sauf ceux qui payaient très cher pour être déclarés « médicalement inaptes », étaient appelés sous les drapeaux. Malheureusement, l’armée n’arrivait pas à nourrir ses recrues. La pauvreté était un vrai problème.

 Les motivations des femmes dans les agences en Ukraine

Elles étaient convaincues que les Américains étaient plus riches, plus gentils que les hommes d’ici et supérieurs dans tous les domaines. Il fallait le reconnaître, nos machos infidèles, fainéants et alcooliques ne soutenaient pas la comparaison.

 Premières impressions à propos de l’Amérique

J’aimais l’Amérique. Ses rues larges et propres. Ses grandes maisons en bois érigées au milieu d’irréprochables pelouses vertes. Les variétés des produits d’entretien. J’aimais vivre dans un pays où personne ne volait les ampoules électriques des couloirs, où les ascenseurs ne sentaient pas l’urine, où la poussière ne couvrait ni mes chaussures, ni les rues, ni les trottoirs, ni les immeubles.

 

En Amérique, les habitations étaient individuelles. Les habitants aussi. Tout était personnalisé. Même les plaques d’immatriculation portaient des messages allant de Vive Les Pakers sur une jeep, à Merci Papa sur un cabriolet rouge. Les Américains n’avaient pas tous les cœur sur la main, mais ils portaient tous leur logos sur le cœur. Nike.Coke.Pepsi . Le drapeau flottait partout, sur les pulls, sur les voitures, devant les maisons et dans les lieux publics. A Odessa, personne n’aurait jamais porté le drapeau ukrainien. Jamais de la vie.

Propos d’accueil de la famille de son mari

 Tu as de la chance de passer si facilement de la misère à la richesse, dit-elle. Toutes les femmes de ton pays rêvent de vivre aux Etats-Unis. J’espère que tu n’oublieras pas ce que cette famille a fait pour toi.

 

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Dominique Defert et Carole Delporte

 4
Voilà j’ai terminé, c’était long, dense et passionnant. 
La biographie de Steve Jobs m’a permis de revivre des moments importants de ma vie et j’ai été totalement captivée par cette biographie ; j’ai eu l’impression de comprendre tout ce que notre époque laissera de plus intéressant aux générations futures. J ai connu dans ma jeunesse ces jeunes américains qui refusaient leur société et se sont retrouvés dans l’engagement politique, la musique, la drogue, et les différents gourous indiens.

C’est de là que vient Steve Jobs, de là, et du fait qu’il est un enfant adopté dont des parents , en particulier son père, l’ont beaucoup aimé et ont compris très tôt que leur enfant était génial. Génial il l’est, mais aussi complètement caractériel. On l’accuse souvent de n’avoir rien inventé ,je ne suis pas assez scientifique pour en juger , ce qui est certain, c’est qu’il a su trouver partout où il le pouvait les bonnes idées pour les mettre au service d’Apple :

  • simplicité d’utilisation : monsieur et madame tout le monde doivent comprendre intuitivement le fonctionnement des appareils Apple,

  • l’esthétique : on doit reconnaître à la beauté que c’est un Apple,
  • création d’un objet conçu entièrement par Apple et n’acceptant que des produits fabriqués de A à Z par les scientifiques travaillant pour lui(les meilleurs du moment).

C’est passionnant de relire la genèse des créations d’objets qui font complètement partie de notre vie aujourd’hui et on comprend beaucoup mieux les raisons du succès des produits d’Apple. Ce qui m’a fascinée, c’est de retrouver, à travers les problèmes que se posait Steve Jobs, les discussions passionnées qui animaient parfois les dîners familiaux : si on lançait le débat « PC » , « Mac » on avait parfois l’impression de revivre l’affaire Dreyfus !

Et puis plus récemment, j’ai participé à des débats Android Iphone :Steve Jobs est il un inventeur ou un simple copieur ?

Grâce à ce livre j’ai beaucoup mieux compris le débat. Si Apple a conçu un appareil qui ne tourne qu’avec du Apple c’est pour éviter toutes les erreurs qui sont inhérentes à tout système qui permet l’ouverture à des logiciels piochés là où ils sont le moins chers. L autre possibilité, celles des PC : permettre à tous les apprentis bidouilleurs de se faire un ordinateur à leur image et beaucoup moins cher, encore faut-il en être capable !

Il reste le personnage, c’est un meneur d’hommes, très original et particulièrement imbuvable, complètement habité par son œuvre il n’a guère respecté ses amis ni ses concurrents. Pour mener son entreprise et sa vie personnelle , il a appliqué un précepte qui le caractérise :« la distorsion du réel » ce qui en gros veut dire que, lorsqu’il est persuadé du bien fondé de son point de vue, quelques soient les difficultés tout le monde – dont lui- doit réussir à le faire triompher , même si tout prouve que c’est impossible.

La guerre entre les entreprises m ‘a moins intéressée , mais c’est assez clairement expliquée. Et puis tout le monde le sait, Steve Jobs est un génie du marketing . Là tout le monde est d’accord en disant pour ceux qui n’apprécient pas Apple : « mais ce n’est que ça » , et pour ceux qui aiment ses produits :  » que cela s’appuie sur des produits hors normes ».

En conclusion, je reprends à mon compte, la remarque d’un de ses concurrents à propos de l’IPad :

Jobs a cette incroyable capacité à inventer des gadgets dont on n’a pas besoin et sans lesquels, brusquement on ne peut plus vivre.

 Citations

L’entreprise

Nous avions les mêmes valeurs. Il disait qu’il ne fallait jamais lancer une entreprise dans le but de devenir riche . Il fallait avant tout de la sincérité , croire en ce que l’on faisait . Et viser la pérennité de la société.

 Maxime attribuée à Léonard de Vinci

La simplicité est la sophistication suprême.

 les commerciaux dans l’entreprise

Entre Sculley(pepsi) et Hertzfeld (mac) le courant ne passa jamais. « Il (Sculley d’après Hertzfeld) était d’une prétention sans fond, un frimeur de première , me confiera-t-il. Il disait s’intéresser à la technologie , mais ce n’était pas vrai . C’était un commercial , et comme tous les commerciaux , ce n’était qu’un beau parleur . »

 Phrase pour débaucher Sculley

« Tu veux passer le reste de ta vie à vendre de l’eau sucrée ou tu veux changer le monde avec moi ? »

 Blague au début d’Apple

Quelle est la différence entre Apple et un camp scout ?
Réponse :les scouts sont dirigés par des adultes

Steve Jobs et l’argent

Mais Jobs se fichait de faire fortune, comme il le confia à John Markoff du New York Times :
« je ne compte pas acheter de yacht. Je n’ai jamais fait ça pour l’argent. »
Ce passage en Bourse glorieux permettait à Pixar de ne plus dépendre de Disney pour financer ses films. C’est exactement le moyen de pression que Jobs attendait.

Le culte du beau

L’appareil a de la noblesse ; il annonce sa valeur tout en dégageant une impression de sérénité , de retenue . Il n’agite pas sa queue sous votre nez. Mesuré, et fou en même temps , avec ses écouteurs qui flottent au vent. Voilà pourquoi le blanc ! Le blanc n’est pas une couleur neutre ! Il est pur et silencieux .Voyant et discret en même temps.

Le succès

Quand vous sortiez un iPod de sa boîte, il était si beau si brillant qu’on avait l’impression soudaine que les autres baladeurs MP3 avaient été fabriqués en Ouzbékistan.

 Steve Jobs et le piratage

À ce moment-là , Jobs aurait pu tout simplement se tourner vers le piratage. De la musique en accès libre aurait rendu l’IPod encore plus attractif. Mais parce qu’il aimait vraiment la musique – et les artistes -, il était contre ce qu’il considérait comme un pillage de la création.

 Les objets de notre quotidien

Jobs était contre les boutons on/off, jugés inélégants. La solution était de « balayer l’écran pour l’allumer », un geste simple et ludique qui sortirait l’appareil de son mode veille.

Ce qu’il a apporté

Jobs n’était pas un inventeur au sens strict, mais un maître pour mêler idées, art et technologie et ainsi « inventer » le futur. Il avait conçu le Mac parce qu’il avait compris le potentiel des interfaces graphiques -ce que Xerox avait été incapable de faire – et il avait créé l’IPod parce qu’il avait envie d’avoir mille chansons dans sa poche -ce que Sony , malgré tous ses atouts et son héritage , n’avait pu accomplir. Certains entrepreneurs innovent parce qu’ils ont une vision globale , d’autres parce qu’ils maîtrisent les détails. Jobs faisait les deux sans discontinuer . Résultat ‘il lança une série de produits durant ces trois dernières années qui ont révolutionné des industries entière.

On en parle

les lectures de Liyah