{"id":9766,"date":"2018-08-20T06:54:41","date_gmt":"2018-08-20T04:54:41","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=9766"},"modified":"2018-08-17T14:20:00","modified_gmt":"2018-08-17T12:20:00","slug":"les-hommes-pleurent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=9766","title":{"rendered":"En vieillissant les hommes pleurent     &#8211;  Jean-Luc SEIGLE"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/les-hommes-pleurent.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-9768\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/les-hommes-pleurent.jpg\" alt=\"\" width=\"4032\" height=\"3024\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/les-hommes-pleurent.jpg 4032w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/les-hommes-pleurent-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/les-hommes-pleurent-768x576.jpg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/les-hommes-pleurent-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 4032px) 100vw, 4032px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>j&rsquo;ai encore une fois trouv\u00e9 cet auteur sur la blogosph\u00e8re et je m&rsquo;en f\u00e9licite. Il se trouve que je l&rsquo;ai lu deux fois car j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e dans un endroit avec ce seul livre comme lecture possible, alors comme autrefois dans ma jeunesse, j&rsquo;ai relu ce livre tout doucement pour ne pas le finir trop vite.Et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s sensible \u00e0\u00a0la langue et par moment une r\u00e9flexion sur les mots, ceux venant du patois comme \u00ab&#160;empurgu\u00e9&#160;\u00bb qui d\u00e9signe \u00e0 la fois la naissance et la mort. Telle une trag\u00e9die antique le roman tient en une journ\u00e9e de 1961. Mais finalement la cl\u00e9 du livre est donn\u00e9e dans un court texte qui lui se passe 2011 et raconte un fait historique peu connu de 1940 dans la ligne Maginot le combat et la r\u00e9sistance de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise \u00e0\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ouvrage_de_Sch%C5%93nenbourg\">Sch\u0153nenbourg<\/a> . Le roman \u00e9voque un petit village d&rsquo;Auvergne c\u2019est l\u2019\u00e9poque du remembrement et de l&rsquo;arriv\u00e9e de la t\u00e9l\u00e9vision. Des personnages complexes que l\u2019on ne peut pas juger facilement. Un geste h\u00e9ro\u00efque d\u2019un p\u00e8re qui sait depuis 1940 ce que veut dire la guerre. Et enfin un moment de notre histoire tr\u00e8s mal racont\u00e9e par nos livres d\u2019histoire et tr\u00e8s d\u00e9form\u00e9e dans notre inconscient collectif&#160;: la ligne Maginot. Nous suivons d&rsquo;abord les pens\u00e9es d&rsquo;Albert qui n&rsquo;a jamais su trouver les mots pour raconter sa guerre \u00e0 ses enfants. Il sait une chose Albert, il ne veut pas de la modernit\u00e9 que sa femme aime tant. Et le remembrement qui s&rsquo;annonce signifie pour lui la fin de son monde car il se sent plus paysan qu&rsquo;ouvrier chez Michelin. Puis les pens\u00e9es de Gilles, ce petit bonhomme de CM2 qui a trouv\u00e9 dans les livres sa raison de vivre et qui, ce jour l\u00e0, est plong\u00e9 dans \u00ab&#160;Eug\u00e9nie Grandet&#160;\u00bb. En cheminant dans ce roman trop difficile pour lui, il ouvre peu \u00e0 peu les portes de la compr\u00e9hension de la vie. C&rsquo;est merveilleusement racont\u00e9. Et puis il y a la belle Suzanne, la m\u00e8re d&rsquo;Henry soldat en Alg\u00e9rie n\u00e9 avant la guerre 39\/45 et de Gilles n\u00e9 apr\u00e8s. C\u2019est la femme d\u2019Albert qu&rsquo;elle a cess\u00e9 d&rsquo;aimer.<\/p>\n<div id=\"yiv2439788762yMail_cursorElementTracker_1530373322753\">Tout le roman tourne autour de l&rsquo;arriv\u00e9e de la t\u00e9l\u00e9vision car l&rsquo;\u00e9mission phare de la seule cha\u00eene alors diffus\u00e9e \u00ab&#160;5 colonnes \u00e0 la une&#160;\u00bb consacre un reportage aux soldats d Alg\u00e9rie. Henry est interview\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion. Sa m\u00e8re ne manquerait pour rien au monde ce moment de revoir son fils. Les cons\u00e9quences seront tragiques.<\/div>\n<div id=\"yiv2439788762yMail_cursorElementTracker_1530373486716\">Il y a aussi la m\u00e8re tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e qui perd parfois la t\u00eate, et la s\u0153ur d&rsquo;Albert qui a choisi la modernit\u00e9 et le communisme.<\/div>\n<div id=\"yiv2439788762yMail_cursorElementTracker_1530373579895\">Voil\u00e0 donc un moment de vie dans la campagne en 1961 et pour moi la d\u00e9couverte d&rsquo;un \u00e9crivain qui a su \u00e9voquer en une seule journ\u00e9e trois guerres, celle de 14\/18, le p\u00e8re d\u2019Albert en est revenu victorieux, celle de 39\/45 dont Albert est revenu muet et vaincu et celle d\u2019Henry son fils qui risque sa vie m\u00eame si personne ne comprend tr\u00e8s bien ce qu\u2019il fait dans ce pays si lointain. Je sais que ce roman restera grav\u00e9 dans ma m\u00e9moire et que je ferai de nouveau confiance \u00e0 cet auteur pour m\u2019embarquer dans son univers .<\/div>\n<div><\/div>\n<h1>Citations<\/h1>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3 id=\"yiv8260282364yMail_cursorElementTracker_1530433483707\">Explication du titre<\/h3>\n<div id=\"yiv8260282364yMail_cursorElementTracker_1530433483756\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8260282364yMail_cursorElementTracker_1530433484575\"><em>In extremis, il r\u00e9ussit \u00e0 ravaler ses pleurs sous ses paupi\u00e8res et \u00e0 les manger dans ses yeux. \u00c7a le br\u00fblait tellement qu&rsquo;au moment o\u00f9 il les rouvrit il crut avoir perdu la vue. Il n&rsquo;en revenait pas de ce s\u00e9isme au-dedans, lui qui ne versait jamais une larme, pas m\u00eame aux enterrements, pas m\u00eame \u00e0 l&rsquo;enterrement de son p\u00e8re. Un homme qui pleure, \u00e7a n&rsquo;avait pas de sens. Sauf parfois les vieux. Il avait d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 que, \u00e0 partir d&rsquo;un certain \u00e2ge, les hommes n&rsquo;h\u00e9sitaient pas \u00e0 sortir leur mouchoir, pour presque rien. Il se souvenait du p\u00e8re Pelou qu&rsquo;il avait aid\u00e9, il y avait plusieurs ann\u00e9es de cela, \u00e0 retourner la terre de son potager. L&rsquo;homme avait \u00e9t\u00e9 une force de la nature mais, apr\u00e8s de 80 ans, il n&rsquo;avait plus un muscle dans les bras et, malgr\u00e9 son grand \u00e2ge, il devait encore nourrir un fils impotent que le reflux de 14 lui avait ramen\u00e9 comme un un d\u00e9chet. Incapable de le remercier du service rendu, le vieil homme s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 trembler comme une feuille. C&rsquo;\u00e9tait son corps tout entier qui pleurait sans pouvoir s&rsquo;arr\u00eater. Et pourtant Dieu sait qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 tendre dans sa vie celui-l\u00e0, surtout pas avec sa femme, une sainte, qui s&rsquo;epuisait \u00e0 s&rsquo;occuper de leur fils unique condamn\u00e9 \u00e0 vie dans sa chaise roulante. En vieillissant les hommes pleurent. C&rsquo;\u00e9tait vrai. Peut-\u00eatre pleurait-il tout ce qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas pleur\u00e9 dans leur vie, c&rsquo;\u00e9tait le ch\u00e2timent des hommes forts.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div>\n<h3>Un fait historique peu connu<\/h3>\n<div id=\"yiv2780544302yMail_cursorElementTracker_1530369157299\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2780544302yMail_cursorElementTracker_1530369157402\"><em>Je suis all\u00e9 plusieurs fois visiter le fort de Sch\u0153nenbourg pour \u00e9couter ce silence de la plaine. \u00c0 un moment, il faut renoncer aux mots et donner les chiffres. Seulement 22000 soldats fran\u00e7ais ont vaincu 240 000 Allemands en Alsace et en Lorraine, et seulement 85000 autres soldats fran\u00e7ais alpin dans leurs alpins dans leurs champignons de b\u00e9ton ont arr\u00eat\u00e9 pr\u00e8s de 650000 Allemands et Italiens. Pas un ennemi n&rsquo;est pass\u00e9 sur la ligne Maginot, tant que des soldats sont rest\u00e9s \u00e0 leur poste. Pas un&#160;! Et quand l&rsquo;armistice entra en vigueur le 25 juin, les soldats ne capitulerent pas pour autant, et continu\u00e8rent \u00e0 se battre comme des chiens ou comme des dieux. Ils voulurent vaincre ici, puisque ailleurs tu t&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 perdu, uniquement pour l&rsquo;honneur de leur p\u00e8re et surtout pour faire la preuve non pas de leur courage (ils \u00e9taient bien trop humbles pour \u00e7a), mais de l&rsquo;efficacit\u00e9 du plus grand projet de fortification jamais pens\u00e9 ni r\u00e9alis\u00e9, ni \u00e9gal\u00e9 en Europe et qui les avait rendu invincibles eux- m\u00eames. Le muscle de b\u00e9ton avait parfaitement jou\u00e9 son r\u00f4le et tenu ses promesses, et m\u00eame au-del\u00e0. Si le haut commandement avait fait son travail au nord, donn\u00e9 les ordres au bon moment, ou si la Belgique avait opt\u00e9 pour un prolongement de la ligne Maginot sur ses fronti\u00e8res \u00e0 l&rsquo;est au lieu de pr\u00e9f\u00e9rer la na\u00efve neutralit\u00e9 qui leur a co\u00fbt\u00e9 beaucoup plus cher en vies humaines, le cours de l&rsquo;histoire e\u00fbt \u00e9t\u00e9 tout autre.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div>\n<h3>Les Am\u00e9ricains en 1918 et Maginot<\/h3>\n<div id=\"yiv1994757294yMail_cursorElementTracker_1530357561082\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv1994757294yMail_cursorElementTracker_1530357561296\"><em>Fini, enfin, d&rsquo;appeler \u00e0 notre rescousse ces am\u00e9ricains si mal \u00e9lev\u00e9s qui refusaient que leurs soldats noirs participent aux c\u00e9l\u00e9brations de la victoire. Saviez-vous que ce sont les paysans fran\u00e7ais qui sont all\u00e9s chercher les soldats noirs dans leur caserne o\u00f9 leurs ma\u00eetres blancs les avaient boucl\u00e9 \u00e0 double tour. Et, malgr\u00e9 le r\u00e8glement am\u00e9ricain, ces m\u00eames paysans ont jet\u00e9 ces esclaves dans les bras de leurs filles pour danser sur les places de tous les villages. Ils ont aim\u00e9 l&rsquo;accord\u00e9on, ces noirs qui ne connaissaient que le jazz. Pourquoi croyez-vous que la France fut une terre b\u00e9nie pour les jazzmen qui arriv\u00e8rent \u00e0 Paris au moment o\u00f9 Maginot justement r\u00e9fl\u00e9chissait \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9viter que le massacre recommence un jour&#160;? Le jazz, c&rsquo;est la musique de l&rsquo;id\u00e9al, le blues, c&rsquo;est la musique du spleen. \u00c7a jouait du jazz partout, et l&rsquo;arm\u00e9e cherchait aussi \u00e0 sa fa\u00e7on \u00e0 faire \u00e9cho \u00e0 cet id\u00e9al. Enfin, toutes ces raisons additionn\u00e9es donnaient une r\u00e9ponse claire, il fallait \u00e9viter qu&rsquo;un jour autant d&rsquo;hommes meurent pour sauver leur pays. Apr\u00e8s tout, ce n&rsquo;est pas aux hommes de sauver leur pays, c&rsquo;est au gouvernement. Maginot en \u00e9tait convaincu.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>J&rsquo;aime r\u00e9fl\u00e9chir sur les mots<\/h3>\n<div id=\"yiv9593827735yMail_cursorElementTracker_1530356128943\"><\/div>\n<div id=\"yiv9593827735yMail_cursorElementTracker_1530356129039\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv9593827735yMail_cursorElementTracker_1530356152150\">\u00a0<em>Mais est-ce que \u00e7a pouvait vraiment \u00eatre \u00e7a le bonheur&#160;? Il chercha dans le dictionnaire , qu&rsquo;il avait aussi emprunt\u00e9 \u00e0 son fr\u00e8re , l&rsquo;\u00e9tymologie de ce mot . Il d\u00e9couvrit que le bonheur n&rsquo;\u00e9tait pas cet \u00e9tat de b\u00e9atitude qu&rsquo;il avait imagin\u00e9, le bonheur \u00e9tait un pr\u00e9sage, le pr\u00e9sage du bien, comme le malheur \u00e9tait le pr\u00e9sage du mal. C&rsquo;\u00e9tait juste une promesse.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le charme du patois<\/h3>\n<div id=\"yiv8021555652yMail_cursorElementTracker_1530276393091\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8021555652yMail_cursorElementTracker_1530276393237\"><em>Albert connaissais aussi le miracle de cette langue ancienne des paysans ou le feu meurt \u00e0 tout jamais, alors que les hommes s&rsquo;\u00e9teignent pour na\u00eetre dans la mort. On ne disait pas que quelqu&rsquo;un \u00e9tait mort, on disait qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait \u00e9teint puis \u00ab&#160;empurgu\u00e9&#160;\u00bb. Le mot oubli\u00e9 remonta en lui pour le consoler. L&rsquo;Empurgar&#160;! Le seul mot qui d\u00e9signait en patois la naissance dans la mort, un mot gaulois s\u00fbrement, qui n&rsquo;existait pas en fran\u00e7ais, le seul mot qui devait apaiser Madeleine en secret.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<h3>Le plaisir des livres<\/h3>\n<div id=\"yiv7165721839yMail_cursorElementTracker_1530275368706\"><\/div>\n<div id=\"yiv7165721839yMail_cursorElementTracker_1530275368841\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv7165721839yMail_cursorElementTracker_1530275379184\"><em>Eug\u00e9nie Grandet \u00e9tait le premier grand roman qu&rsquo;il lisait, sans savoir que c&rsquo;\u00e9tait un grand roman. D\u00e8s les premi\u00e8res lignes, sa confiance en ce qui \u00e9tait \u00e9crit grandit au fur et \u00e0 mesure de sa lecture. Dans le livre, on ne parlait pas comme chez lui, \u00e0 part Nanon peut-\u00eatre, qui parlait un peu comme sa grand-m\u00e8re. Les phrases \u00e9taient comme des routes de montagne avec des virages qui s&rsquo;encha\u00eenent les uns aux autres et au bout desquels se r\u00e9v\u00e8lent des paysages magnifiques. Elles \u00e9taient compliqu\u00e9es, m\u00eame ardues quelquefois et, malgr\u00e9 cette difficult\u00e9, il comptait bien aller jusqu&rsquo;au bout du livre. Les pages \u00e9taient encore scell\u00e9es entre elles et, \u00e0 l&rsquo;aide du canif que son p\u00e8re lui avait offert, il coupait les pages les unes apr\u00e8s les autres avec un plaisir \u00e9quivalent \u00e0 celui d&rsquo;un explorateur oblig\u00e9 de couper la v\u00e9g\u00e9tation pour se frayer un chemin dans une for\u00eat \u00e9paisse et noire, attaqu\u00e9 lui aussi par les mouches qui se multipliaient dans la chaleur.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<h3>D\u00e9couverte du roman de Balzac et les pleurs d&rsquo;un homme.<\/h3>\n<div id=\"yiv2144158595yMail_cursorElementTracker_1530275081327\"><\/div>\n<div id=\"yiv2144158595yMail_cursorElementTracker_1530275081487\">\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2144158595yMail_cursorElementTracker_1530274969017\"><em>Le cousin d&rsquo;Eugenie \u00e9tait inconsolable. Gilles, plong\u00e9 dans un nouveau chapitre du roman, chassait machinalement les mouches qui brouillaient les lignes noire et genait sa lecture. Charles venait d&rsquo;apprendre la mort de son p\u00e8re. C&rsquo;\u00e9tait pour l&rsquo;\u00e9loigner du drame que le vieil homme ruin\u00e9 l&rsquo;avait envoy\u00e9 \u00e0 Saumur, chez son oncle. Il \u00e9tait perdu, le pauvre gar\u00e7on. Ninon, la bonne \u00e0 tout faire, et Eugenie cherchaient par tous les moyens \u00e0 soulager la peine de ce jeune homme si diff\u00e9rent de tout ce qu&rsquo;elles connaissaient , et qui n&rsquo;arr\u00eatait pas de pleurer. \u00c7a, c&rsquo;\u00e9tait curieux. Gilles savait qu&rsquo;un enfant pouvait pleurer, que sa m\u00e8re pleurait quand elle lisait les lettres d&rsquo;Henri, mais un homme&#160;! Charles Grandet \u00e9tait un homme d\u00e9j\u00e0. Gilles n&rsquo;avait jamais vu son p\u00e8re pleurer, ni aucun homme autour de lui, pas m\u00eame Henri. Alors, de quoi \u00e9tait fait ce Charles qui s&rsquo;effondrait des nuits enti\u00e8res, comme une fille, \u00e9cras\u00e9 dans ses oreillers&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; j&rsquo;ai encore une fois trouv\u00e9 cet auteur sur la blogosph\u00e8re et je m&rsquo;en f\u00e9licite. Il se trouve que je l&rsquo;ai lu deux fois car j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e dans un endroit avec ce seul livre comme lecture possible, alors comme autrefois dans ma jeunesse, j&rsquo;ai relu ce livre tout doucement pour ne pas le finir <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=9766\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46,133,24,69,96,156,152,116,49,131],"tags":[],"class_list":["post-9766","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-5-coquillages","category-amour-et-couple","category-france","category-guerre-1418","category-guerre-3945","category-guerre-dalgerie","category-livres-et-litterature","category-nature","category-roman","category-television"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9766","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9766"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9766\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9766"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9766"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9766"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}