{"id":9391,"date":"2018-05-05T06:57:17","date_gmt":"2018-05-05T04:57:17","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=9391"},"modified":"2018-05-05T07:19:06","modified_gmt":"2018-05-05T05:19:06","slug":"le-crayon-du-charpentier-manuel-rivas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=9391","title":{"rendered":"Le crayon du charpentier       &#8211; Manuel RIVAS"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/crayon-e1520930277551.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-9397\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/crayon-e1520930277551.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/crayon-e1520930277551.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/crayon-e1520930277551-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/crayon-e1520930277551-768x576.jpg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/crayon-e1520930277551-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Traduit du galicien par Ramon Chao et Serge Mestre.\u00a0<\/em><em>Lu dans le cadre du club de lecture\u00a0de la\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lourse.fr\/\">m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/a>.<\/em><\/p>\n<p>Pour commencer une r\u00e9flexion \u00e0 m\u00e9diter&#160;:<\/p>\n<blockquote><p><em>Les vraies fronti\u00e8re, ce sont celles qui parquent les pauvres loin du g\u00e2teau.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Un roman des ann\u00e9es 2000 dont je ne connaissais pas du tout l&rsquo;auteur. Manuel Rivas \u00e9crit en galicien, est traduit parfois en breton, solidarit\u00e9 des langues celtiques, se traduit lui-m\u00eame en castillan et, est, plus rarement, traduit en fran\u00e7ais. Original, non&#160;?<\/p>\n<p>Ce roman raconte la guerre civile espagnole, cette guerre qui a laiss\u00e9 tant de traces et qui s&rsquo;estompe dans les m\u00e9moires car les combattants des deux c\u00f4t\u00e9s disparaissent. Mes premi\u00e8res lectures \u00ab&#160;engag\u00e9s&#160;\u00bb parlaient de cette guerre et un de mes chanteurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s \u00e9taient Paco Ibanez, cette chanson r\u00e9sume bien l&rsquo;esprit de ce roman.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"La poes\u00eda es un arma cargada de futuro - Paco Ib\u00e1\u00f1ez\" width=\"580\" height=\"435\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/q_b0myUpwpE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>En effet \u00ab&#160;Le crayon du charpentier&#160;\u00bb, choisit une fa\u00e7on d\u00e9licate et po\u00e9tique de raconter l&rsquo;horreur et la brutalit\u00e9 et \u00e7a fonctionne tr\u00e8s bien. Un garde civil, Herbal, assassine un peintre dans sa cellule, celui-ci lui donne son crayon de charpentier, \u00e0 partir de l\u00e0 cet homme va vivre avec une voix int\u00e9rieure qui lui intime l&rsquo;ordre de sauver le docteur Da Barca et de lui permettre de vivre une superbe histoire d&rsquo;amour avec la belle Marisa Mallo. Gr\u00e2ce \u00e0 cette histoire, nous allons rencontrer des hommes \u00e9tonnants qui auraient pu dessiner une toute autre histoire \u00e0 l&rsquo;Espagne si seulement ils ne s&rsquo;\u00e9taient pas d\u00e9test\u00e9s entre eux, et puis au milieu des plus grandes ordures au service du r\u00e9gime franquiste, cette superbe figure de la m\u00e8re Izarne qui dirigeait le sanatorium r\u00e9serv\u00e9 aux prisonniers tuberculeux. Tout le roman se situe entre r\u00e9alit\u00e9 et le r\u00eave, un peu \u00e0 l&rsquo;image de toute vie surtout quand la r\u00e9alit\u00e9 se fracasse sur une dictature implacable et qui refuse \u00e0 tout r\u00eave de se r\u00e9aliser. En suivant le cheminement d&rsquo;Herbal, l&rsquo;auteur veut donner une chance au pire des tueurs \u00e0 la solde de Franco de prendre conscience de ce qu&rsquo;il a fait et de se racheter.<\/p>\n<p>L&rsquo;art , la peinture, la po\u00e9sie prendront une grande part aux d\u00e9chirements intimes de ce garde civil qui r\u00e9ussira \u00e0 sauver ce merveilleux docteur Da Barca qui a pass\u00e9 sa vie \u00e0 faire le bien autour de lui, m\u00eame si ce garde civil franquiste convaincu n&rsquo;a pas pu sauver le peintre qui vient lui rendre visite si r\u00e9guli\u00e8rement depuis qu&rsquo;il l&rsquo;a certes assassin\u00e9 mais pour lui \u00e9viter une mort sous la torture par ses amis plus franquistes ou tout simplement plus cruels que lui. Aujourd&rsquo;hui, il termine sa vie dans un bordel, mais n&rsquo;a pas perdu sa conscience (le crayon du charpentier), son message d&rsquo;espoir, il le transmet \u00e0 une jeune prostitu\u00e9e qui trouvera, peut-\u00eatre, elle aussi sa voix int\u00e9rieure qui la conduira vers un avenir o\u00f9 la beaut\u00e9 permet de combattre la laideur.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>L&rsquo;humour d&rsquo;un mourant<\/h3>\n<blockquote><p><em>Comment vous sentez-vous&#160;? demanda Souza.. Il fallait bien trouver quelque chose pour commencer.<\/em><\/p>\n<div id=\"yiv3068029210yMail_cursorElementTracker_1520627536582\"><em>Comme vous le voyez, dit le docteur en \u00e9cartant les bras, l&rsquo;air jovial, je suis en train de mourir. Vous \u00eates s\u00fbr que c&rsquo;est bien int\u00e9ressant de m\u2019interviewer&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Un passage assez long qui fait comprendre ce que voit un peintre et le dur m\u00e9tier de lavandi\u00e8re<\/h3>\n<div id=\"yiv6788100583yMail_cursorElementTracker_1520760132856\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv6788100583yMail_cursorElementTracker_1520760139626\"><em>Regarde, les lavandi\u00e8res sont en train de peindre la montagne, lan\u00e7a soudain le d\u00e9funt. En effet, les lavandi\u00e8re \u00e9tendaient leur linge au soleil, entre les rochers, sur les buissons qui entouraient Le phare. Leur baluchon ressemblaient au ventre de chiffon d&rsquo;un magicien. Elles en tiraient d&rsquo;innombrables pi\u00e8ce de couleur qui repeignaient diff\u00e9remment la montagne. Les mains roses et boudin\u00e9es suivaient les injonctions que lan\u00e7aient les yeux du garde civile guid\u00e9s \u00e0 leur tour par le peintre&#160;: les lavandi\u00e8res ont les mains roses parce qu&rsquo;\u00e0 force de frotter et de frotter sur la pierre du lavoir, le temps qui passe se d\u00e9tache de leur peau. Leurs mains redeviennent leurs mains d&rsquo;enfants, juste avant qu&rsquo;elle ne soit lavandi\u00e8res. Leurs bras, ajouta le peintre, sont le manche du pinceau. Ils ont la couleur du bois des aulnes car eux aussi ont grandi au bord de la rivi\u00e8re. Lorsqu&rsquo;ils\u00a0sortent le linge mouill\u00e9, les bras des lavandi\u00e8res deviennent aussi dur que les racines plant\u00e9es dans la berge. La montagne ressemble \u00e0 une toile. Regarde bien. Elles peignent sur les ronces et les gen\u00eats. Les \u00e9pines sont les plus efficaces pinces \u00e0 linge des lavandi\u00e8res. Et vas-y. La longue touche de pinceau d&rsquo;un draps tout blanc. Et encore deux touches de chaussettes rouges. La trace l\u00e9g\u00e8re et tremblante d&rsquo;une pi\u00e8ce de lingerie. Chaque bout de tissu \u00e9tendu au soleil raconte une histoire.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv6788100583yMail_cursorElementTracker_1520762322542\"><em>\u00a0Les mains des lavandi\u00e8res n&rsquo;ont presque pas d&rsquo;ongle. Cela aussi raconte une histoire, une histoire comme pourrait en raconter \u00e9galement, s&rsquo;il nous disposions d&rsquo;une radiographie, les cervicales de leur colonne vert\u00e9brale, d\u00e9form\u00e9es par le poids des baluchon de linge qu&rsquo;elles transportent sur la t\u00eate depuis de nombreuses ann\u00e9es. Les lavandi\u00e8res n&rsquo;ont presque pas d&rsquo;ongles . Elles racontent que leurs ongles ont \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s par le souffle des salamandres. Mais, bien entendu, venant d&rsquo;elles, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une explication magique. Les ongles ont \u00e9t\u00e9 tout simplement rong\u00e9 par la soude.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>J&rsquo;aime bien ces images et ce portrait<\/h3>\n<div id=\"yiv2062490270yMail_cursorElementTracker_1520768301963\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2062490270yMail_cursorElementTracker_1520768308452\"><em>Il faut dire que la vieillesse guettait tout particuli\u00e8rement ce patelin. Tout \u00e0 coup, elle montrait ses dents au d\u00e9tour du chemin et endeuillait les femmes au beau milieu d&rsquo;un champ de brouillard, elle transformait les voix apr\u00e8s une seule gorg\u00e9e d&rsquo;eau de vie et ne mettait pas plus d&rsquo;un hiver \u00e0 rider compl\u00e8tement la peau de quelqu&rsquo;un. Cependant la vieillesse n&rsquo;avait pas r\u00e9ussi \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de Nan. Elle s&rsquo;\u00e9tait content\u00e9e de lui tomber dessus, de le recouvrir de cheveux blancs et d&rsquo;une toison blanche et fris\u00e9e sur sa poitrine. Ses bras \u00e9taient envelopp\u00e9s d&rsquo;une mousse blanche semblable \u00e0 celle des branches du pommier, mais sa peau \u00e9tait rest\u00e9e comme le c\u0153ur des sapins qui poussent dans cette r\u00e9gion. Sa bonne humeur soulignait ses dents brillantes, et puis il avait toujours cette fameuse cr\u00eate rouge sur l&rsquo;oreille. Son crayon de charpentier.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit du galicien par Ramon Chao et Serge Mestre.\u00a0Lu dans le cadre du club de lecture\u00a0de la\u00a0m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. Pour commencer une r\u00e9flexion \u00e0 m\u00e9diter&#160;: Les vraies fronti\u00e8re, ce sont celles qui parquent les pauvres loin du g\u00e2teau. Un roman des ann\u00e9es 2000 dont je ne connaissais pas du tout l&rsquo;auteur. 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