{"id":9125,"date":"2018-02-17T06:29:15","date_gmt":"2018-02-17T05:29:15","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=9125"},"modified":"2018-02-24T18:41:49","modified_gmt":"2018-02-24T17:41:49","slug":"cite-de-la-poussiere-rouge-qiu-xiaolong","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=9125","title":{"rendered":"Cit\u00e9 de la poussi\u00e8re rouge   &#8211; QIU Xiaolong"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/poussi\u00e8re.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-9129\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/poussi\u00e8re.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"608\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/poussi\u00e8re.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/poussi\u00e8re-300x169.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/poussi\u00e8re-768x432.jpg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/poussi\u00e8re-1024x576.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;anglais (\u00c9tats-Unis) par Fanchita Gonzales Batlle.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a><br \/>\nJ&rsquo;ai transport\u00e9 pendant quelques s\u00e9ances de lecture, des personnes \u00e2g\u00e9es, dans la cit\u00e9 de \u00ab&#160;la poussi\u00e8re rouge&#160;\u00bb \u00e0 Shanga\u00ef. Et ceci gr\u00e2ce \u00e0 <a href=\"http:\/\/itterature-a-blog.blogspot.fr\/2013\/10\/cite-de-la-poussiere-rouge-xiaolong-qiu.html\">J\u00e9r\u00f4me<\/a> qui m&rsquo;a fait conna\u00eetre ce recueil. Les nouvelles commencent en 1949 et se terminent en 2005. Elles suivent toutes le m\u00eame sch\u00e9ma narratif, on lit d&rsquo;abord la presse qui pendant plus d&rsquo;un demi si\u00e8cle vante avec un style qui lui est propre tous les succ\u00e8s de la Chine sous la direction du \u00ab&#160;Parti Communiste Chinois&#160;\u00bb qui est au moins aussi infaillible que le pape, m\u00eame si, il lui arrive de se contredire quand les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques dominent les r\u00e9alit\u00e9s id\u00e9ologiques. Apr\u00e8s le pr\u00e9ambule de la presse officielle, Qiu Xiolong, raconte les \u00e9v\u00e9nements vus et v\u00e9cus par les habitants de son quartier. Pour bien comprendre ce qu&rsquo;est cette cit\u00e9, il ne faut surtout pas sauter l&rsquo;introduction et la fa\u00e7on dont se pr\u00e9sente celui qui va vous raconter toutes ces histoires<\/p>\n<blockquote><p><em>En cette fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1949, je vis dans cette cit\u00e9 depuis vingt ans, et je me propose d&rsquo;\u00eatre votre futur propri\u00e9taire, ou plut\u00f4t locataire principal, \u00ab&#160;ni fangdong&#160;\u00bb, dont vous serez le colocataire&#160;\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Avec lui nous visitons cette cit\u00e9, qui est une sorte de micro-quartier, construit sur une rue principale o\u00f9 tout le monde se retrouve, en particulier pour faire la cuisine et commenter avec une grande \u00e9nergie tous les faits et gestes des habitants, et le long de laquelle les maisons se sont divis\u00e9es en unit\u00e9 de plus en plus petites. Heureuses les familles qui pouvaient disposer de deux pi\u00e8ces&#160;! Elles vivent, le plus souvent entass\u00e9es dans une seule pi\u00e8ce.\u00a0\u00c9tant donn\u00e9 le temps sur lequel s&rsquo;\u00e9tend les nouvelles, c&rsquo;est amusant et souvent tr\u00e8s triste de voir l&rsquo;\u00e9volution de la Chine. Qui se souvient des errances id\u00e9ologiques de la \u00ab&#160;grande r\u00e9volution culturelle&#160;\u00bb , il s&rsquo;agit de faire la preuve que les intellectuels font tous partie de l&rsquo;horrible classe dominante, tous les lettr\u00e9s sont vis\u00e9s par les directives du parti, et c&rsquo;est une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;on stigmatise les plus savants d&rsquo;entre eux avec un tableau noir autour du cou pour les humilier avant de les renvoyer dans des communes agricoles se faire r\u00e9\u00e9duquer par des paysans. Mais c&rsquo;est aussi l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;on recherche des talents litt\u00e9raires chez les ouvriers. C&rsquo;est ce que nous raconte la nouvelle \u00ab&#160;Bao le po\u00e8te ouvrier&#160;\u00bb qui dans un trait de g\u00e9nie \u00e9crit un po\u00e8me qui pendant des ann\u00e9es sera consid\u00e9r\u00e9 comme un pur chef d&rsquo;oeuvre de l&rsquo;art populaire<\/p>\n<blockquote><p><em>Telle f\u00e8ve de soja produit tel tofu.<br \/>\n<\/em><em>Telle eau donne telle couleur.<br \/>\n<\/em><em>Tel savoir-faire fabrique tel produit.<br \/>\n<\/em><em>Telle classe parle telle langue.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Toute \u00ab&#160;la dialectique de la lutte des classes&#160;\u00bb transpara\u00eet dans ce po\u00e8me et Bao va devenir une star incontest\u00e9e parmi les intellectuels de Shangha\u00ef , heureusement pour lui quand on le retrouve en 1996, il est aussi un tr\u00e8s bon fabriquant de tofu. Car sa po\u00e9sie est pass\u00e9e aux oubliettes. Une des nouvelles qui m&rsquo;a le plus amus\u00e9e, et qui d&rsquo;une certaine fa\u00e7on m&rsquo;a fait penser au \u00ab&#160;sous pr\u00e9fet aux Champs&#160;\u00bb, se passe en 1972, le pr\u00e9sident Nixon vient visiter la Chine populaire, il s&rsquo;agit de nettoyer les rues de Shanga\u00ef de tous \u00e9l\u00e9ments perturbateurs, et neuf petits enfants se retrouvent enferm\u00e9s dans une pi\u00e8ce de 15 m\u00e8tres carr\u00e9, sous la surveillance d&rsquo;une grand-m\u00e8re de l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, seul le commissaire politique peut leur donner l&rsquo;autorisation de sortir, seulement voil\u00e0 le commissaire Liu \u00e9tait entre temps tomb\u00e9 fou amoureux d&rsquo;une jeune serveuse \u00e0 qui Nixon avait dit qu\u2019elle \u00e9tait \u00ab&#160;D\u00e9licieuse&#160;\u00bb<\/p>\n<blockquote><p><em>Le brassard rouge en boule dans sa poche, le commissaire Liu nous avait oubli\u00e9.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Il est parfois difficile de faire comprendre \u00e0 des enfants comment les ennemis d&rsquo;hier , vilipend\u00e9s \u00e0 longueur de colonne deviennent des h\u00f4tes que l&rsquo;on doit accueillir&#160;:<\/p>\n<blockquote><p><i>L\u2019ann\u00e9e<\/i><em>\u00a01972 a commenc\u00e9 par des \u00e9v\u00e9nements\u00a0difficiles \u00e0 comprendre \u00e0 la Poussi\u00e8re Rouge, notamment\u00a0pour des \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire tels que nous.\u00a0\u00c0 commencer par le devoir politique d&rsquo;accueillir le pr\u00e9sident\u00a0am\u00e9ricain Richard Nixon. Dans notre manuel scolaire, nous n&rsquo;avons rien trouv\u00e9 de positif sur les Am\u00e9ricains imp\u00e9rialistes dont on nous apprenait qu&rsquo;ils \u00e9taient l&rsquo;ennemi num\u00e9ro un de la Chine. Comment les choses avaient-elles pu changer du jour au lendemain&#160;?<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Dans une des nouvelles \u00ab&#160;P\u00e8re et fils&#160;\u00bb on voit un vieux communiste rest\u00e9 malgr\u00e9 toutes les ann\u00e9es de camp et les horreurs qu&rsquo;on lui a fait subir fid\u00e8le \u00e0 son id\u00e9al, il n&rsquo;arrive pas \u00e0 supporter son fils qui a troqu\u00e9 l&rsquo;id\u00e9al communiste contre la volont\u00e9 de s&rsquo;enrichir. La seule fa\u00e7on de contourner les carcans de l&rsquo;ancienne soci\u00e9t\u00e9 communiste, c&rsquo;est de r\u00e9duire \u00e0 la mis\u00e8re les ouvriers qui y travaillent encore. Le c\u0153ur du vieux Kang communiste ne r\u00e9sistera pas aux initiatives de Kang gros-sous son fils. Cette nouvelle raconte comment en une g\u00e9n\u00e9ration on est pass\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9 \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9tat. Le vieux Kang avait \u00e9t\u00e9 ce cadre communiste qui va participer \u00e0 la nationalisation de l&rsquo;usine, il aura ensuite \u00e9t\u00e9 pers\u00e9cut\u00e9 comme \u00ab&#160;droitier&#160;\u00bb revenu affaibli des camps il verra son fils Kang Gros-sous, son fils privatiser de nouveau la m\u00eame usine&#160;:<\/p>\n<blockquote><p><em>Ce soir l\u00e0, nous avons fait transporter d&rsquo;urgence le camarde Kang \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital et nous avons pri\u00e9 pour son r\u00e9tablissement. Mais nous \u00e9tions inquiets de la r\u00e9acion qu&rsquo;il aurait au r\u00e9veil quand il apprendrait tous les d\u00e9tails et le r\u00f4le de Kang Gros-sous&#160;;<\/em><\/p>\n<p><em>Petit Hua, le nouveau r\u00e9sident \u00e0 la Poussi\u00e8re rouge s&rsquo;est montr\u00e9 moins pessimiste. \u00ab&#160;Pourquoi tant d&rsquo;histoires&#160;? L&rsquo;usine du p\u00e8re est maintenant au fils&#160;\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Chaque nouvelle est un petit drame avec comme dans chaque drame des moments de rire qui cachent tant de larmes. J&rsquo;ai retrouv\u00e9 \u00e0 travers cette lecture le plaisir des contes de Maupassant, qui gr\u00e2ce \u00e0 la cr\u00e9ation litt\u00e9raire nous permet de toucher du doigt toutes les cruaut\u00e9s des hommes. Mais comme chez Maupassant on peut en refermant avec regret ce recueil se dire&#160;:<\/p>\n<blockquote><p><em>La vie, voyez-vous, \u00e7a n&rsquo;est jamais si bon ni si mauvais, qu&rsquo;on croit.<\/em><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit de l&rsquo;anglais (\u00c9tats-Unis) par Fanchita Gonzales Batlle. J&rsquo;ai transport\u00e9 pendant quelques s\u00e9ances de lecture, des personnes \u00e2g\u00e9es, dans la cit\u00e9 de \u00ab&#160;la poussi\u00e8re rouge&#160;\u00bb \u00e0 Shanga\u00ef. Et ceci gr\u00e2ce \u00e0 J\u00e9r\u00f4me qui m&rsquo;a fait conna\u00eetre ce recueil. Les nouvelles commencent en 1949 et se terminent en 2005. Elles suivent toutes le m\u00eame sch\u00e9ma narratif, <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=9125\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46,39,85,27,12],"tags":[],"class_list":["post-9125","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-5-coquillages","category-chine","category-communisme","category-humour","category-nouvelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9125","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9125"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9125\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9125"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9125"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9125"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}