{"id":8929,"date":"2017-12-14T07:02:48","date_gmt":"2017-12-14T06:02:48","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=8929"},"modified":"2017-12-11T12:18:35","modified_gmt":"2017-12-11T11:18:35","slug":"leleve-gilles-andre-lafon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=8929","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9l\u00e8ve Gilles  -Andr\u00e9 LAFON"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/gilles.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8930\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/gilles.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"608\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/gilles.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/gilles-300x169.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/gilles-768x432.jpg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/gilles-1024x576.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a><br \/>\nJ&rsquo;ai rencontr\u00e9 ce roman \u00e0 Combourg, je cherchais une carte postale avec le portrait de Chateaubriand, cela me semblait le lieu adapt\u00e9, mais que nenni, le libraire m&rsquo;a r\u00e9pondu&#160;: \u00ab&#160;on laisse ce genre d&rsquo;achat au ch\u00e2teau&#160;\u00bb (ferm\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque de l&rsquo;ann\u00e9e) donc pas de carte de Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 mais\u00a0un homme qui avait envie de me parler des livres qu&rsquo;il vendait. En particulier donc de cette maison d&rsquo;\u00e9dition, \u00ab&#160;<strong>l&rsquo;\u00e9veilleur&#160;\u00bb<\/strong> qui publie des textes oubli\u00e9s. Il a su \u00ab&#160;\u00e9veiller&#160;\u00bb ma curiosit\u00e9 en me disant que ce livre avait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, \u00e9t\u00e9 une sorte de best-seller, il a re\u00e7u le prix de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. Andr\u00e9 Lafon \u00e9tait un ami de Mauriac et \u00e9tait promis \u00e0 un bel avenir litt\u00e9raire. Et puis, 1914, la guerre, il en mourra indirectement&#160;: de constitution faible il attrapera la scarlatine en 1915, cela lui fut fatal. Je pense que si, notre libraire fait aimer aux gens de Combourg ce livre c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont adopt\u00e9 la campagne, les bois, le rythme lent des activit\u00e9s rurales et le style de Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 de Chateaubriand (et que donc ,il aurait d\u00fb vendre une carte de cet auteur&#160;! non mais&#160;!).<\/p>\n<p>Le livre est pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab&#160;un fr\u00e8re du grand Meaulnes&#160;\u00bb et un chef d&rsquo;oeuvre qui m\u00e9rite sa place dans notre GRANDE litt\u00e9rature. Je dis tout cela parce que mes trois coquillages montrent bien que cela n&rsquo;a pas vraiment march\u00e9 pour moi. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression de revivre mes dict\u00e9es de primaires et les textes choisis de CM2 . Le style est aussi parfait que vieillot, plus personne n&rsquo;\u00e9crit comme cela mais c&rsquo;est aussi tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 lire car c&rsquo;est un livre tr\u00e8s court. Je sauve quand m\u00eame ce roman \u00e0 cause de la pudeur avec laquelle il raconte ses souffrances de jeune gar\u00e7on. Son p\u00e8re trait\u00e9 de fou par ses camarades d&rsquo;\u00e9cole est un grand d\u00e9pressif qui se suicidera. L&rsquo;enfant vit dans les non-dits de sa m\u00e8re et de sa tante qui essaient de lui faire une vie la plus normale possible. Lui, se r\u00e9fugie dans la contemplation de la nature qu&rsquo;il d\u00e9crit avec une grande minutie. J&rsquo;aimerais bien ne pas \u00eatre la seule \u00e0 conna\u00eetre ce texte et je suis presque certaine que certaines blogueuses vont adorer ce roman.<\/p>\n<p>Je me suis demand\u00e9 pourquoi la quatri\u00e8me de couverture \u00e9voquait le grand Meaulnes, certes les deux auteurs sont morts \u00e0 la guerre et n&rsquo;ont \u00e9crit qu&rsquo;un roman. Certes encore, on voit tout le charme d&rsquo;une campagne belle et peu atteinte par le monde des villes, certes enfin, les relations entre enfants datent de cette \u00e9poque. Mais rien d&rsquo;une superbe histoire d&rsquo;amour dans \u00ab&#160;l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve Gilles&#160;\u00bb, un enfant triste qui se console en s&rsquo;\u00e9merveillant devant les beaut\u00e9s de la nature. Et un style r\u00e9compens\u00e9 par l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise en 1913.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3 id=\"yiv6278402597\">Pudeur d&rsquo;un rapport douloureux p\u00e8re fils<\/h3>\n<div id=\"yiv6278402597yMail_cursorElementTracker_1509651149404\">\n<blockquote>\n<div id=\"yiv6278402597yMail_cursorElementTracker_1509651017700\"><em>Mon p\u00e8re ne parut pas au d\u00e9jeuner&#160;; j&rsquo;appris qu&rsquo;il se trouvait las et prenait du repos. J&rsquo;osai m&rsquo;en f\u00e9liciter, car sa pr\u00e9sence m&rsquo;\u00e9tait une contrainte. Il demeurait, \u00e0 l&rsquo;ordinaire, absorb\u00e9 dans ses pens\u00e9es, et je respectais le plus possible son recueillement, mais le mot, le geste donc il m&rsquo;arrivait de troubler le silence, provoquait sa col\u00e8re&#160;; j&rsquo;en venais \u00e0 jouer sans bruit , et \u00e0 redouter et comme la foudre le heurt de quoique ce f\u00fbt. Cette perp\u00e9tuelle surveillance o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais de moi-m\u00eame me g\u00eanait, \u00e0 table surtout. Il suffisait de l&rsquo;attention que j&rsquo;apportais \u00e0 me bien tenir pour m&rsquo;amener aux pires maladresses, la veille m\u00eame, \u00e0 d\u00eener, mon verre renvers\u00e9 s&rsquo;\u00e9tait bris\u00e9e en tachant largement la nappe. Le sursaut de mon p\u00e8re m&rsquo;avait fait p\u00e2lir, et mon trouble fut plus grand encore \u00e0 le voir nous laisser et reprendre, au salon, La sonate qu&rsquo;il \u00e9tudiait depuis le matin.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Un style vraiment d\u00e9suet, j&rsquo;ai impression de retrouver les dict\u00e9es de mon enfance et les r\u00e9dactions de primaires<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv0425860066yMail_cursorElementTracker_1509651892293\"><em>Un doux matin se leva chaque jour sur ma vie qu&rsquo;il beignait de clart\u00e9 bleu et de saine fra\u00eecheur.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv0425860066yMail_cursorElementTracker_1509652058428\"><em>Je ne savais de la saison triste que le visage ennuy\u00e9 qu&rsquo;elle montre \u00e0 la ville, ses ciels lourds sur les toits et la boue des rues obscures. Je d\u00e9couvris la splendeur de l&rsquo;hiver. Ma chambre situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de l&rsquo;aile gauche, ouvrait sur les champs que les vignes d\u00e9pouill\u00e9es peuplaient de serpents noirs et de piquets, mais la puret\u00e9 du ciel p\u00e2le s&rsquo;\u00e9tendait sur elle, jusqu&rsquo;au loin lointain \u00e0 peine brumeux&#160;; un coteau se haussant portait un village o\u00f9 le clocher pointait&#160;; des pas claquaient sur la route aper\u00e7ue et des voix, parfois, en venaient.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv0425860066yMail_cursorElementTracker_1509652276805\"><em>Le jardin nu m&rsquo;\u00e9tonna&#160;: le paulownia y r\u00e9v\u00e9lait une ossature tourment\u00e9e, les marronniers levaient des bras transis, les arbustes semblaient des balais de brande, la haie un treillis \u00e9pineux. Les groseilliers se mouraient, pr\u00e8s de la fontaine qui d\u00e9gelait, goutte \u00e0 goutte, au soleil rose&#8230;..<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai rencontr\u00e9 ce roman \u00e0 Combourg, je cherchais une carte postale avec le portrait de Chateaubriand, cela me semblait le lieu adapt\u00e9, mais que nenni, le libraire m&rsquo;a r\u00e9pondu&#160;: \u00ab&#160;on laisse ce genre d&rsquo;achat au ch\u00e2teau&#160;\u00bb (ferm\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque de l&rsquo;ann\u00e9e) donc pas de carte de Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 mais\u00a0un homme qui avait envie de me <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=8929\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[44,24,166,116,49],"tags":[],"class_list":["post-8929","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-3-coquillages","category-france","category-mort-et-deuil","category-nature","category-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8929","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8929"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8929\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8929"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8929"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8929"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}