{"id":8836,"date":"2017-11-18T07:12:43","date_gmt":"2017-11-18T06:12:43","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=8836"},"modified":"2017-11-18T15:36:44","modified_gmt":"2017-11-18T14:36:44","slug":"la-puissance-des-vaincus-wally-lamb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=8836","title":{"rendered":"La puissance des vaincus       -Wally LAMB"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/puissance1-e1508577291602.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8837\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/puissance1-e1508577291602.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"608\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/puissance1-e1508577291602.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/puissance1-e1508577291602-300x169.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/puissance1-e1508577291602-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/puissance1-e1508577291602-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;anglais (Etats-Unis) par Marie-Claude Peugeot.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;ai lu ce roman gr\u00e2ce \u00e0 la blogosph\u00e8re, je mettrai les liens si, sur un commentaire, je reconnais celui o\u00f9 celle qui aime cet auteur. ( J\u2019ai perdu la r\u00e9f\u00e9rence du blog o\u00f9 j&rsquo;ai not\u00e9 ce nom, c&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2017.)<\/p>\n<p>Le titre am\u00e9ricain est \u00ab&#160;I know this much is true&#160;\u00bb. Ces deux titres r\u00e9v\u00e8lent une v\u00e9rit\u00e9 du roman mais pas exactement la m\u00eame, le titre am\u00e9ricain insiste sur la tension qui sous tend tout le roman. On sent que Dominick, le narrateur qui essaie de sauver son fr\u00e8re Thomas, schizophr\u00e8ne, des griffes d&rsquo;une institution psychiatrique r\u00e9pressive apr\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;est tranch\u00e9 la main dans les locaux de la biblioth\u00e8que, va d\u00e9voiler peu \u00e0 peu une enfance terrible qui cache des drames qui l\u2019emp\u00eachent aujourd&rsquo;hui de reprendre pied dans sa vie. Le titre fran\u00e7ais repr\u00e9sente le point final du roman, on ne peut construire sa vie qu&rsquo;en acceptant les diff\u00e9rents aspects de sa propre personnalit\u00e9. Thomas le fragile, le malade, le prot\u00e9g\u00e9 de la m\u00e8re des deux jumeaux est finalement plus fort que le bouillant et toujours en col\u00e8re Dominick, enfin c&rsquo;est une fa\u00e7on de parler car Thomas est du c\u00f4t\u00e9 du malheur et la r\u00e9pression s&rsquo;abat sans piti\u00e9 sur lui, la soit-disant force des vaincus est de savoir reconna\u00eetre en chacun de nous cette part de faiblesse, c&rsquo;est alors que \u00ab&#160;les vaincus sont puissants&#160;\u00bb .<\/p>\n<p>Wally Lamb nous plonge dans l&rsquo;histoire d&rsquo;une famille \u00ab&#160;dysfonctionnelle&#160;\u00bb (j\u2019emprunte ce mot \u00e0 <a href=\"http:\/\/luocine.fr\/?p=8616\">Pat Conroy<\/a> \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dure lui aussi par un ancien Marine). La diff\u00e9rence est que Ray n&rsquo;est pas le g\u00e9niteur des enfants, il a \u00e9pous\u00e9 la m\u00e8re et reconnu les jumeaux. Durant toute leur enfance, il n&rsquo;aura pour but que d&rsquo;en faire de braves petits soldats et les endurcir pour affronter un monde qu&rsquo;il sait ne faire aucune place aux faibles. Dominick s&rsquo;en sort \u00e0 sa fa\u00e7on, il affronte avec bravache cette \u00e9ducation, mais Thomas r\u00e9agit par les pleurs. Plus sa m\u00e8re le prot\u00e8ge, plus Ray s&rsquo;\u00e9nerve jusqu&rsquo;\u00e0 une sc\u00e8ne terrible qui arrive apr\u00e8s 900 pages. C&rsquo;est le reproche que je fais \u00e0 ce roman pourquoi faut-il \u00e0 cet auteur 976 pages pour accoucher de cette souffrance qui d\u00e9vore toute une vie&#160;? Bien s\u00fbr ce roman nous permet de visiter les bas-fonds des h\u00f4pitaux psychiatriques am\u00e9ricains, de partager les tensions de l&rsquo;arriv\u00e9e des immigrants italiens, de revivre le racisme ordinaire contre les indiens et les noirs, et de comprendre que la peur d&rsquo;avoir du sang noir dans les veines a provoqu\u00e9 bien des secrets, que rien n&rsquo;est pire que statut de fille m\u00e8re &#8230; Bref nous sommes avec les vaincus souvent et il est vrai que nous mesurons qu&rsquo;eux aussi on fait la force de ce grand pays. Mais j&rsquo;aurais aim\u00e9 un peu plus de concision, m\u00eame si je comprends que le rythme de cette \u00e9criture vient du d\u00e9voilement progressif que Dominick r\u00e9alise gr\u00e2ce \u00e0 une th\u00e9rapie tr\u00e8s douloureuse. Au bout de tant d&rsquo;horreurs, la fin heureuse a mis un peu de baume sur mon c\u0153ur tellement meurtri surtout quand je lis pendant des pages et des pages les souffrances que l&rsquo;on peut faire subir \u00e0 des gens sans d\u00e9fense dans les h\u00f4pitaux psychiatriques.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>La derni\u00e8re phrase<\/h3>\n<blockquote><p><em>L&rsquo;amour grandit dans le riche terreau du pardon&#160;; les b\u00e2tards font de bons chiens&#160;; La preuve de l&rsquo;existence de Dieu r\u00e9side dans la pl\u00e9nitude des choses.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Le sens du roman avec le titre fran\u00e7ais<\/h3>\n<blockquote><p><em>Je suis professeur d&rsquo;histoire am\u00e9ricaine(&#8230;..)mes \u00e9l\u00e8ves tirent, je l&rsquo;esp\u00e8re, la le\u00e7on que j&rsquo;ai moi m\u00eame tir\u00e9e&#160;: l&rsquo;abus de pouvoir nuit \u00e0 l&rsquo;oppresseur autant qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;opprim\u00e9.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3 id=\"yiv4634900816yMail_cursorElementTracker_1507890644860\">L&rsquo;amiti\u00e9 entre gar\u00e7ons<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv4634900816yMail_cursorElementTracker_1507890662715\"><em>\u00ab&#160;Comment peux-tu fr\u00e9quenter le trou du c&#8230; le plus notoires de tout le lyc\u00e9e&#160;?&#160;\u00bb me demandait constamment Thomas l&rsquo;\u00e9t\u00e9 ou L\u00e9o et moi \u00e9tions ensemble au rattrapage d&rsquo;alg\u00e8bre. Certes, L\u00e9o \u00e9tait un vrai trou du cul, je le savais. Mais, je le r\u00e9p\u00e8te, il \u00e9tait aussi tout ce que mon fr\u00e8re et moi n&rsquo;\u00e9tions pas&#160;: sans complexe, insouciant, et hyper dr\u00f4le. Son toupet ph\u00e9nom\u00e9nal nous avait fait acc\u00e9der \u00e0 toutes sortes de plaisirs interdits que mon b\u00e9ni-oui-oui de frangin aurait d\u00e9sapprouv\u00e9, et qui m&rsquo;aurait valu des ross\u00e9es de mon beau-p\u00e8re&#160;: les films class\u00e9s X du drive-in de la route 165, le champ de courses de Narragansett, un magasin de vins, spiritueux sur la route de Pachaug Pond qui accordait aux mineurs le b\u00e9n\u00e9fice du doute. Ma premi\u00e8re cuite magistrale, je l&rsquo;ai prise dans la voiture de la m\u00e8re de L\u00e9o, \u00e0 la Cascade en fumant des cigarettes et en faisant circuler une bouteille de Bali Hai. J&rsquo;avais 15 ans.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3 id=\"yiv9665570877yMail_cursorElementTracker_1507460053688\">Les exp\u00e9rimentations sur les malades mentaux<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv9665570877yMail_cursorElementTracker_1507460564837\">\u00a0<em>Les ann\u00e9es 70 et 78 avaient \u00e9t\u00e9 fastes. \u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0, consid\u00e9rant qu&rsquo;en fin de compte Thomas n&rsquo;\u00e9tait pas maniaco-depressif, on avait arr\u00eat\u00e9 le lithium pour le remplacer par de la stelazine. Puis le Dr Bradbury avait pris sa retraite, et ce connais de Dr Shooner, ce nabot qui suivait d\u00e9sormais mon fr\u00e8re, avait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que, si \u00e7a marchait avec six milligrammes de stelazine par jour, \u00e7a marcherait d&rsquo;autant mieux avec dix-huit. Il me semble encore tenir ce petit charlatan par les revers de son veston de tweed comme le jour o\u00f9 j&rsquo;ai trouv\u00e9 Thomas assis, paralys\u00e9, l&rsquo;oeil vitreux, la langue pendante, bavant sur sa chemise.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Les biblioth\u00e8ques<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Autrefois, le m\u00e9tier de biblioth\u00e9caire \u00e9tait un m\u00e9tier agr\u00e9able -apr\u00e8s tout elle aimait bien les gens. Mais \u00e0 pr\u00e9sent, les biblioth\u00e8ques \u00e9taient \u00e0 la merci des laiss\u00e9s-pour-compte et des sans-abris du quartier. Des gens qui se fichaient \u00e9perdument des livres et de l&rsquo;information. Qui venaient s&rsquo;asseoir l\u00e0 comme des l\u00e9gumes ou se pr\u00e9cipitaient aux WC toutes les cinq minutes.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Le destin et l&rsquo;amour d&rsquo;un fils pour sa m\u00e8re<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv6195004225yMail_cursorElementTracker_1503139356087\">\u00a0<em>J&rsquo;\u00e9tais celui qui en voulait le plus au destin de l&rsquo;avoir gratifi\u00e9e d&rsquo;abord d&rsquo;un mari inconstant, puis d&rsquo;un fils schizophr\u00e8ne, avant de revenir lui taper sur l&rsquo;\u00e9paule pour lui filer le cancer. Or je prouvais seulement que j&rsquo;\u00e9tais celui qui refusait le plus obstin\u00e9ment de se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence. Si je me donnais tant de mal et si je faisais les frais de lui offrir une cuisine neuve, elle avait int\u00e9r\u00eat \u00e0 vivre assez longtemps pour en profiter.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit de l&rsquo;anglais (Etats-Unis) par Marie-Claude Peugeot. J&rsquo;ai lu ce roman gr\u00e2ce \u00e0 la blogosph\u00e8re, je mettrai les liens si, sur un commentaire, je reconnais celui o\u00f9 celle qui aime cet auteur. ( J\u2019ai perdu la r\u00e9f\u00e9rence du blog o\u00f9 j&rsquo;ai not\u00e9 ce nom, c&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2017.) 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