{"id":8498,"date":"2017-09-07T06:41:48","date_gmt":"2017-09-07T04:41:48","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=8498"},"modified":"2017-09-19T11:41:51","modified_gmt":"2017-09-19T09:41:51","slug":"souvenirs-denfance-et-de-jeunesse-john-muir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=8498","title":{"rendered":"Souvenirs d&rsquo;enfance et de jeunesse       -JOHN MUIR"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/20170808_110018.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-8499\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/20170808_110018-1024x576.jpg\" alt=\"\" width=\"580\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/20170808_110018-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/20170808_110018-300x169.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/20170808_110018-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a>Traduit par Andr\u00e9 Fayot post face de Bertrand Fillaudreau.<\/em><\/p>\n<div id=\"yiv9656430282yui_3_16_0_ym19_1_1502184042690_2802\" dir=\"ltr\"><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a><br \/>\nLa lecture de ce livre de m\u00e9moires me prouve que la blogosph\u00e8re a permis \u00e0 mes go\u00fbts litt\u00e9raires d&rsquo;\u00e9voluer. J&rsquo;ai pris un grand plaisir \u00e0 cette lecture que je dois \u00e0 <a href=\"http:\/\/asautsetagambades.hautetfort.com\/archive\/2017\/06\/18\/souvenirs-d-enfance-et-de-jeunesse-john-muir-5955302.html\">Dominique<\/a>\u00a0( elle m\u00eame remercie <a href=\"http:\/\/enlisantenvoyageant.blogspot.fr\/2011\/01\/souvenirs-denfance-et-de-jeunesse.html\">Keisha<\/a>). Je voulais conna\u00eetre cet homme qui est consid\u00e9r\u00e9 comme le \u00ab&#160;p\u00e8re des parcs nationaux aux USA&#160;\u00bb . Mes enfants y font des balades extraordinaires chaque \u00e9t\u00e9 et leurs photos donnent envie de s&rsquo;y rendre. J&rsquo;ai toujours cet \u00e9tonnement face \u00e0 ce paradoxe, le pays le plus pollueur de la plan\u00e8te est aussi celui qui semble adorer le plus la nature vierge. Plusieurs lectures r\u00e9centes convergent pour me donner l&rsquo;impression que l&rsquo;homme agriculteur est devenu le plus grand pr\u00e9dateur des esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales et animales. Faire pousser du bl\u00e9 ne peut se faire qu&rsquo;aux prix de souffrances infinies pour l&rsquo;homme et la nature.<\/div>\n<div dir=\"ltr\">John Muir, les souffrances, il conna\u00eet, \u00e9lev\u00e9 par un p\u00e8re d&rsquo;une rigueur qui frise le tortionnaire, il a connu les pires brimades physiques d\u00e8s son enfance&#160;: coups, engelures, travaux de for\u00e7at&#160;; il a tout accept\u00e9 au nom d&rsquo;un respect filial qui lui vient, on se demande pourquoi&#160;? et comment&#160;?<\/div>\n<div dir=\"ltr\">Toute son enfance, surtout son \u00e9merveillement de la nature qui s&rsquo;offre \u00e0 lui quand il arrive dans le Wisconsin, est tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 lire et on suit avec attachement les p\u00e9rip\u00e9ties de chaque d\u00e9couverte qu&rsquo;offrent ces lieux souvent encore vierges. La fin est beaucoup moins passionnante, il est vrai qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit plus de son enfance. Cet enfant \u00e0 10 ans est capable de comprendre la trigonom\u00e9trie tout seul avec des livres, \u00e0 14 ans de construire des horloges sans plan pr\u00e9alable, il a vraiment une intelligence totalement hors norme. Il a appris \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire seul ou presque \u00e0 4 ans. Il parle latin et allemand. J&rsquo;aurais aim\u00e9 qu&rsquo;il raconte mieux son adaptation au monde des adultes quand il ne vit plus sous la f\u00e9rule de ce p\u00e8re que j&rsquo;ai d\u00e9test\u00e9 tout au long du livre.<\/div>\n<h1 dir=\"ltr\">Citations<\/h1>\n<h3 dir=\"ltr\">\u00c9ducation \u00e9cossaise fin du XIX<sup>e<\/sup><\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je ne vois rien qui puisse me pousser aujourd&rsquo;hui \u00e0 concentrer plus fort mon attention que quand j&rsquo;\u00e9tais enfant, ce que r\u00e9ussissait le fouet -une gigantesque racl\u00e9e le plus souvent. Les instituteurs \u00e9cossais de la vieille \u00e9cole ne passaient pas leur temps \u00e0 tenter de trouver des chemin raccourcis vers la connaissance, ni d&rsquo;exp\u00e9rimenter les derni\u00e8res trouvailles en mati\u00e8re de m\u00e9thode psychologique, tellement en vogue de nos jours. Il n&rsquo;\u00e9tait pas question de rendre nos bancs confortables, ni nos le\u00e7ons faciles. On nous collait seulement de but en blanc devant nos livres, comme des soldats face \u00e0 l&rsquo;ennemi, en nous ordonnant d&rsquo;un ton sans r\u00e9plique&#160;: \u00ab&#160;Allez au travail&#160;! Apprenez vos le\u00e7ons&#160;\u00bb. Et \u00e0 la moindre erreur, si minime f\u00fbt-elle, c&rsquo;\u00e9tait le fouet, car avait \u00e9t\u00e9 fait cette extraordinaire d\u00e9couverte, aussi simple que d\u00e9finitive, et tellement \u00e9cossaise, qu&rsquo;il existait une relation directe entre la peau et la m\u00e9moire, et qu&rsquo;irriter celle-l\u00e0 stimulait celle-ci au degr\u00e9 souhait\u00e9 quel qu&rsquo;il f\u00fbt.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3 id=\"yiv9858206393yMail_cursorElementTracker_1501846145740\">\u00a0Les bagarres<\/h3>\n<blockquote>\n<div dir=\"ltr\"><em>Quand on avait la chance de finir un combat sans un \u0153il au beurre noir, on \u00e9chappait g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 une d\u00e9gel\u00e9e \u00e0 la maison et une autre le lendemain matin \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, car les autres traces de l\u2019\u00e9chauffour\u00e9e pouvaient \u00eatre lav\u00e9es facilement au puits pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9glise, ou bien dissimul\u00e9es, ou mise au compte des asp\u00e9rit\u00e9s du terrain&#160;; tandis qu&rsquo;un \u0153il poch\u00e9 ne pouvait trouver d&rsquo;autre explication qu&rsquo;une bagarre en r\u00e8gle. La double correction en \u00e9tait la sanction in\u00e9luctable mais sans aucun effet &#160;: les bagarres se continuaient sans la moindre accalmie, comme les ouragans, car aucune autre punition que la mort n&rsquo;aurait pu supprimer la vieille agressivit\u00e9 atavique qui br\u00fblait dans nos veines de pa\u00efens, pas plus qu&rsquo;on arrivait \u00e0 nous faire admettre que p\u00e8re et ma\u00eetre pouvaient l\u00e9gitimement nous \u00e9triller aussi laborieusement pour notre bien, tout en refusant le plaisir de nous castagner les uns les autres pour le m\u00eame bien.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div dir=\"ltr\">\n<h3>Genre de livres o\u00f9 Wikip\u00e9dia rend bien des services &#8230;.<\/h3>\n<div id=\"yiv8093882730yMail_cursorElementTracker_1501863205994\">\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8093882730yMail_cursorElementTracker_1501862716647\"><em>Et il en allait tout de m\u00eame avec les calopogons, les pogonies, les spiranthes et quantit\u00e9 d&rsquo;autres populations v\u00e9g\u00e9tales. Le magnifique turban de Turc ( Lilium superbum), qui cro\u00eet sur les berges des cours d&rsquo;eau, \u00e9tait rare chez nous, alors que le lis orang\u00e9 poussait en abondance en terrain sec sous les ch\u00eanes \u00e0 gros fruits et nous rappelait bien souvent la plate-bande de tante Ray en \u00c9cosse. Gr\u00e2ce \u00e0 ses fleurs rouge \u00e9carlate, l&rsquo;ascl\u00e9piade tub\u00e9reuse ou herbe \u00e0 ouate attirait des vol\u00e9es de papillons et produisait de superbes masses de couleur.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<h3>Une \u00e9ducation \u00e0 la dure<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv1525941927yMail_cursorElementTracker_1501876436553\"><em>\u00a0Mes aventures me remettent en m\u00e9moire l&rsquo;histoire de ce gar\u00e7on qui, en escaladant un arbre pour voler un nid de corbeau, tomba et se cassa la jambe, mais qui, sit\u00f4t gu\u00e9ri, se for\u00e7a \u00e0 grimper jusqu&rsquo;au sommet de l&rsquo;arbre du haut duquel il avait culbut\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div id=\"yiv1525941927yMail_cursorElementTracker_1501876436708\">\n<div id=\"yiv1525941927yMail_cursorElementTracker_1501876423163\">\n<h3>La pr\u00e9gnance de la morale<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2097173528yMail_cursorElementTracker_1501876529428\">\u00a0<em>Comme \u00e0 l&rsquo;ensemble des petits \u00e9cossais, on nous enseignait la plus stricte abn\u00e9gation, \u00e0 propos et hors de propos, \u00e0 faire fi de la chair et \u00e0 la mortifier, \u00e0 veiller \u00e0 garder nos corps soumis aux pr\u00e9ceptes de la Bible et \u00e0 nous punir sans merci pour toute faute commise ou simplement imagin\u00e9e. Lorsque, en aidant sa s\u0153ur \u00e0 ramener les vaches, un gamin usa un beau jour d&rsquo;un terme d\u00e9fendu&#160;: \u00ab&#160;faudra que je l&rsquo;dise \u00e0 papa, fit la jeune fille horrifi\u00e9e. J&rsquo;le lui dirai, qu&rsquo;t&rsquo;as dit un vilain mot&#8230;<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv2097173528yMail_cursorElementTracker_1501876718468\"><em>-J&rsquo;ai pas pu l&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;me v&rsquo;nir r\u00e9pondit l&rsquo;enfant par mani\u00e8re d&rsquo;excuse. C&rsquo;est pas pire de le dire tout haut que de l&rsquo; penser tout bas&#160;!&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<h3>Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit le Wisconsin comme le paradis des oiseaux , il d\u00e9crit cette sc\u00e8ne horrible (cette esp\u00e8ce de pigeons a compl\u00e8tement disparu, on comprend pourquoi&#160;!)<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv4311911727yMail_cursorElementTracker_1501964082286\"><em>Les pigeons, \u00e0 ce moment-l\u00e0, \u00e9taient rares un grand nombre de personnes, \u00e9quip\u00e9es de chevaux et de chariot, et arm\u00e9es de fusil, de longues perches, de pots \u00e0 soufre, torches de poix, etc, avaient d\u00e9j\u00e0 plant\u00e9 leur camp sur le pourtour deux<\/em><em> fermiers install\u00e9s \u00e0 plus de cent milles de l\u00e0 avaient amen\u00e9 quelques trois cents porcs pour les faire engraisser sur les pigeons massacr\u00e9s. Un peu partout, des gens employ\u00e9s \u00e0 plumer et \u00e0 saler ce qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mis de c\u00f4t\u00e9 \u00e9taient assis au milieu de monceaux d&rsquo;oiseaux. La terre \u00e9tait couverte d&rsquo;une couche de fiente de plusieurs pouces d&rsquo;\u00e9paisseur. Quantit\u00e9 d&rsquo;arbre de deux pieds de diam\u00e8tre \u00e9taient bris\u00e9s gu\u00e8re au-dessus du sol, et les branches de beaucoup d&rsquo;autres parmi les plus hauts et les plus \u00e9tendus avaient c\u00e9d\u00e9, comme si un ouragan avait balay\u00e9 la for\u00eat.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4311911727yMail_cursorElementTracker_1501964863256\"><em>Au coucher de soleil, pas un pigeon n&rsquo;\u00e9tait encore arriv\u00e9. Mais un cri g\u00e9n\u00e9ral s&rsquo;\u00e9leva tout \u00e0 coup&#160;: &#160;\u00bb Les voil\u00e0&#160;!&#160;\u00bb. Ils \u00e9taient encore loin, mais le bruit qu&rsquo;ils faisaient me rappelait, en mer, un violent coup de vent qui passe \u00e0 travers les gr\u00e9ements d&rsquo;un navire dont on a serr\u00e9 les voiles. Des milliers furent bient\u00f4t abattus \u00e0 coups de perche, mais les oiseaux ne cessaient pas pour autant d&rsquo;affluer. Puis les feux s&rsquo;allum\u00e8rent et un tableau aussi terrifiant que superbe se mit en place. Les pigeons qui se d\u00e9versaient \u00e0 flots se posaient partout, les uns sur les autres, si bien qu&rsquo;il se formait des masses compactes sur toutes les branches. \u00c7a et l\u00e0 des perchoirs roulaient avec fracas, et, dans leur chute en abattaient des centaines d&rsquo;autres, pr\u00e9cipitant les groupes extr\u00eamement serr\u00e9s d&rsquo;oiseaux dont \u00e9taient charg\u00e9 le moindre rameau, spectacle de conflit et de tumulte. Je m&rsquo;aper\u00e7us qu&rsquo;il \u00e9tait parfaitement inutile de parler ou m\u00eame de crier au gens qui m&rsquo;entouraient. Les coups de fusil, on les entendait rarement, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;en voyant les hommes recharger leurs armes que je comprenais qu&rsquo;ils avaient tir\u00e9. Personne n&rsquo;osait s&rsquo;aventurer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du p\u00e9rim\u00e8tre du carnage. On avait parqu\u00e9 les cochons en temps utile, le ramassage des morts et de bless\u00e9s \u00e9tant remis au lendemain matin. Les pigeons affluaient toujours, et ce ne fut qu&rsquo;apr\u00e8s minuit que je per\u00e7us une diminution du nombre des arrivants. Le vacarme dura toute la nuit.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4311911727yMail_cursorElementTracker_1501965452378\"><em>Vers les premi\u00e8res lueurs du jour, le bruit s&rsquo;att\u00e9nua quelque peu&#160;; longtemps avant qu&rsquo;on p\u00fbt distinguer les formes, les pigeons commenc\u00e8rent \u00e0 s&rsquo;en aller dans une direction diff\u00e9rente de celle o\u00f9 ils \u00e9taient venus la veille, de sorte que quand le soleil se leva tout ce qui \u00e9tait capable de voler avait disparu. Ce fut alors le hurlement des loups qui se fit entendre, et l&rsquo;on vit arriver furtivement renards, lynx, couguar, ours,raton laveur, opossum et putois, tandis que des aigles des \u00e9perviers de diff\u00e9rentes esp\u00e8ces, accompagn\u00e9s d&rsquo;une arm\u00e9e de vautour, approchaient pour tenter de les \u00e9vincer et d&rsquo;avoir leur part de butin.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4311911727yMail_cursorElementTracker_1501965797436\"><em>Les auteurs du carnage se mirent alors \u00e0 avancer parmi les morts, les mourants et les mutil\u00e9s et \u00e0 ramasser les pigeons et aller mettre en tas, ce jusqu&rsquo;\u00e0 ce que chacun ait autant qu&rsquo;il voulait, apr\u00e8s quoi les cochons furent laisser libres de d\u00e9vorer les restants.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<h3 id=\"yiv5724469504\">L&rsquo;inconfort total<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5724469504yMail_cursorElementTracker_1502015313501\">\u00a0<em>Dans toute la maison, il n&rsquo;y avait en fait de feu que le fourneau de la cuisine, avec son foyer de cinquante centim\u00e8tres de long sur vingt cinq de large et autant de haut &#8211; \u00e0 peine de quoi y mettre trois ou quatre petites b\u00fbches-, autour duquel, lorsqu&rsquo;il faisait &#8211; 20 dehors, les dix personnes que nous \u00e9tions dans la famille grelottaient, et sous lequel nous trouvions, le matin, nos chaussettes et nos grosses bottes impr\u00e9gn\u00e9es d&rsquo;eau gel\u00e9e en bloc. Et nous n&rsquo;avions pas m\u00eame le droit de ranimer ce mis\u00e9rable petit feu dans sa bo\u00eete noire pour les d\u00e9geler. Non, nous devions y comprimer nos pieds endoloris et tout palpitant d&rsquo;engelures, au prix de douleurs pires qu&rsquo;une rage de dent, et filer au travail.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<h3>Je crois relire homo sapiens&#160;: le malheur de la r\u00e9volution agricole<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8367511275yMail_cursorElementTracker_1502021766367\"><em>Dans ces temps recul\u00e9s, longtemps avant l&rsquo;arriv\u00e9e des machines qui nous \u00e9pargnent tant de peine, tout (ou presque) ce qui touchait \u00e0 la culture du bl\u00e9 imposait des travaux \u00e9reintant &#8211; faucher sous la chaleur des longues journ\u00e9es de la canicule, r\u00e2teler\u00a0et lier des gerbes, faire les meules et battre le grain -, et je me disais bien souvent que la fa\u00e7on brutale, fr\u00e9n\u00e9tique, que nous avions de faire sortir le grain de terre ressemblait trop \u00e0 une excavation de tombes.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit par Andr\u00e9 Fayot post face de Bertrand Fillaudreau. 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