{"id":8278,"date":"2017-07-13T06:45:55","date_gmt":"2017-07-13T04:45:55","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=8278"},"modified":"2017-07-13T21:55:00","modified_gmt":"2017-07-13T19:55:00","slug":"lidee-ridicule-de-ne-jamais-te-revoir-rosa-monero","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=8278","title":{"rendered":"L&rsquo;id\u00e9e ridicule de ne jamais te revoir    &#8211; Rosa MONTERO"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/20170513_143041.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-8279\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/20170513_143041-1024x576.jpg\" alt=\"\" width=\"580\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/20170513_143041-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/20170513_143041-300x169.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/20170513_143041-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Traduit de l&rsquo;espagnol par Myriam Chirousse , d&rsquo;ailleurs j&rsquo;ai une petite remarque \u00e0 propos de la traduction, que penser de cette phrase&#160;:&#160;\u00bb<em>John Berger accompagne John Sassal, un m\u00e9decin de campagne <strong>un ami \u00e0 lui<\/strong>&#160;\u00bb&#160;?\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Je savais pour avoir lu les critiques sur de nombreux blogs, que je lirai ce roman, <a href=\"http:\/\/sourisjaune.over-blog.com\/2015\/10\/l-idee-ridicule-de-ne-plus-jamais-te-revoir.html\">La souris jaune,<\/a> <a href=\"http:\/\/enlisantenvoyageant.blogspot.fr\/2015\/02\/lidee-ridicule-de-ne-plus-jamais-te.html\">Keisha<\/a>, <a href=\"http:\/\/asautsetagambades.hautetfort.com\/archive\/2015\/03\/25\/l-idee-ridicule-de-ne-plus-jamais-te-voir-rosa-montero-5590461.html\">Dominique<\/a>, <a href=\"https:\/\/krolfranca.wordpress.com\/2015\/04\/01\/lidee-ridicule-de-ne-plus-jamais-te-revoir-de-rosa-montero\/\">Krol,<\/a>\u00a0<a href=\"http:\/\/legoutdeslivres.canalblog.com\/archives\/2015\/04\/21\/31925218.html\">Aifelle<\/a>\u00a0(et sans doute, bien d&rsquo;autres encore) en ont parl\u00e9 avec enthousiasme . Je partage avec Aifelle l&rsquo;agacement \u00e0 propos des #hashtag malgr\u00e9 la justification que j&rsquo;ai lue. Je ne trouve pas du tout que cela cr\u00e9e un r\u00e9seau souterrain au roman, mais ce qui est s\u00fbr c&rsquo;est que \u00e7a freine d\u00e9sagr\u00e9ablement la lecture. Ce roman est un travail de deuil pour l&rsquo;auteure qui vient de perdre un compagnon, Pablo, tendrement aim\u00e9 et qui raconte celui que Marie Curie a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 faire lors de la mort accidentelle de Pierre. Les deux souffrances se m\u00ealent pour nous donner ce roman dont j&rsquo;ai eu envie de recopier des passages entiers pour vous faire partager mon plaisir et aussi retenir ce que Rosa Montero nous dit de fa\u00e7on si simple et si humaine. J&rsquo;ai beaucoup lu \u00e0 propos de Marie Curie, en particulier, il y a bien longtemps, le livre d\u2019\u00c8ve Curie, et je me souviens tr\u00e8s bien de la souffrance de Marie, la sc\u00e8ne o\u00f9 elle br\u00fble les effets t\u00e2ch\u00e9s du sang de Pierre sont grav\u00e9s dans ma m\u00e9moire. J&rsquo;aime cette femme de tout mon \u00eatre , elle correspond \u00e0 un id\u00e9al qui a marqu\u00e9 la g\u00e9n\u00e9ration de mes parents. Mais c&rsquo;est aussi un id\u00e9al impossible \u00e0 atteindre, comme tous les g\u00e9nies elle est hors de port\u00e9e des autres femmes. Mais cela fait tant de bien qu\u2019elle ait exist\u00e9. Je connaissais aussi l&rsquo;\u00e9pisode o\u00f9 la presse s&rsquo;est \u00e9vertu\u00e9e \u00e0 la d\u00e9truire car elle a \u00e9t\u00e9 la ma\u00eetresse de Paul Langevin . De tout temps la presse a \u00e9t\u00e9 capable de s&rsquo;amuser \u00e0 d\u00e9truire la r\u00e9putation d&rsquo;une personne surtout si elle est c\u00e9l\u00e8bre. Mais l&rsquo;accent que met Rosa Montero sur la personnalit\u00e9 de Paul Langevin montre les petitesses de ce personnage. Il a tromp\u00e9 sa femme et il l&rsquo;a fait jusqu&rsquo;au bout de sa vie mais il n&rsquo;est victime d&rsquo;aucun jugement de la part de la presse ni de l\u2019opinion publique. Bien s\u00fbr il ne d\u00e9fendra pas Marie qu&rsquo;il laissera tomber, mais finalement il se rappellera \u00e0 son bon souvenir en lui demandant une place dans de chercheuse dans son laboratoire pour une fille qu&rsquo;il a eu avec une de ses \u00e9tudiantes . Quel galant homme&#160;!<\/p>\n<p>Ce roman nous entra\u00eene donc dans une r\u00e9flexion sur le deuil et la condition de la femme dans le couple. Cette superbe \u00e9nergie que l&rsquo;on conna\u00eet chez Marie Curie, on sait qu&rsquo;elle habite Rosa Montero qui roman apr\u00e8s roman nous livre le plus profond de son imagination. Rien ne peut l&rsquo;arr\u00eater d&rsquo;\u00e9crire, comme rien n&rsquo;a pu arr\u00eater Marie d&rsquo;aller v\u00e9rifier ses exp\u00e9riences dans son laboratoire. Seulement ce sont aussi des femmes de chaires et de sang et elles peuvent flancher. Marie apr\u00e8s la mort de Pierre s&rsquo;est enferm\u00e9e dans un silence mortif\u00e8re et apr\u00e8s la cabale de la presse \u00e0 propos de son amour avec Paul Langevin, elle est rest\u00e9e un an loin du monde et de ses ch\u00e8res recherches. Est-ce la fa\u00e7on de cette auteure de nous dire que sa souffrance a failli, elle aussi, la faire tr\u00e9bucher vers la non vie&#160;?<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>l&rsquo;\u00e9criture<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5296350208yMail_cursorElementTracker_1494260408549\"><em>Je me sens comme le berger de cette vieille blague qui sculpt\u00e9 distraitement un morceau de bois avec son couteau, et qui, quand un passant lui demande&#160;: \u00ab&#160;Mais vous faites la figure de qui&#160;?&#160;\u00bb r\u00e9pond&#160;: \u00ab&#160;Eh bien, s&rsquo;il a de la barbe saint Antoine, sinon la Sainte Vierge. \u00ab&#160;<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>\u00a0Autobiographie ou roman&#160;?<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>M\u00eame si, dans mes romans, je fuis l&rsquo;autobiographie avec une v\u00e9h\u00e9mence particuli\u00e8re, symboliquement je suis toujours en train de l\u00e9cher mes blessures les plus profondes. \u00c0 l&rsquo;origine de la cr\u00e9ativit\u00e9 se trouve la souffrance, la sienne et celle des autres.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>La f\u00e9minit\u00e9 dans les ann\u00e9es 70<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5409232730yMail_cursorElementTracker_1494570498352\"><em>J&rsquo;appartiens \u00e0 la contre-culture des ann\u00e9es 70&#160;: nous avions banni les soutiens-gorge et les talons aiguilles, et nous ne nous \u00e9pilions plus sous les bras. J&rsquo;ai recommenc\u00e9 \u00e0 m&rsquo;\u00e9piler par la suite, mais quelque part j&rsquo;ai continu\u00e9 de lutter contre le st\u00e9r\u00e9otype f\u00e9minin traditionnel. Jamais je n&rsquo;ai port\u00e9 de talons (je ne sais pas marcher avec). Jamais je ne me suis mis du vernis \u00e0 ongle. Jamais je ne me suis maquill\u00e9e les l\u00e8vres.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>R\u00e9flexions sur le couple<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00ab&#160;Le probl\u00e8me avec le mariage, c&rsquo;est que les Femme se marient en pensant qu&rsquo;ils vont changer, et les hommes se marient en pensant qu&rsquo;elles ne vont pas changer.\u00a0\u00bbTerriblement lucide et tellement bien vu&#160;! L&rsquo;immense majorit\u00e9 d&rsquo;entre nous s&rsquo;obstine \u00e0 changer l&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 afin qu&rsquo;il s&rsquo;adapte \u00e0 nos r\u00eaves grandioses. Nous croyons que, si nous le soignons de ses soi-disantes blessures, notre parfait bien-aim\u00e9 \u00e9mergera dans toute sa splendeur. Les contes de f\u00e9es, si sages le disent clairement&#160;: nous passons notre vie \u00e0 embrasser des crapauds , convaincues de pouvoir en faire des princes charmants. &#8230;.. quand Arthur dit que les hommes croient que nous n&rsquo;allons pas changer, il ne veut pas parler du fait que nous prenions un gros cul et de la cellulite, mais que notre regard se remplit d&rsquo;amertume, que nous ne les bichonner plus et ne nous occupons plus d&rsquo;eux comme si c&rsquo;\u00e9taient des dieux, que nous pourrissions notre vie commune par des reproches acerbes.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>Tant de fois, nous menton aux hommes. \u00c0 tant d&rsquo;occasions, nous faisons semblant d&rsquo;en savoir moins que nous n&rsquo;en savons, pour donner l&rsquo;impression qu&rsquo;ils en savent plus. Ou nous leur disons que nous avons besoin d&rsquo;eux pour quelque chose alors que \u00e7a n&rsquo;est pas vrai. Juste pour qu&rsquo;ils se sentent bien. Ou nous les adulons effront\u00e9ment pour c\u00e9l\u00e9brer la moindre petite r\u00e9ussite. Et nous allons jusqu&rsquo;\u00e0 trouver attendrissant de constater que, si exag\u00e9r\u00e9e soit la flatterie, ils ne s&rsquo;aper\u00e7oivent jamais que nous sommes en train de leur passer de la pommade, parce qu&rsquo;ils ont v\u00e9ritablement besoin d&rsquo;entendre ces compliments, comme des adolescents auxquels il faut un soutien ext\u00e9rieur afin qu&rsquo;ils puissent croire en eux<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Le cadeau de Pierre \u00e0 son amoureuse<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv0662472006yMail_cursorElementTracker_1494588127544\"><em>Avec Marie il avait trouv\u00e9 son \u00e2me s\u0153ur. En fait, au d\u00e9but de leur relation, au lieu de lui envoyer un bouquet de fleurs ou des bonbons, Pierre lui avait envoy\u00e9 une copie de son travail, intitul\u00e9 &#160;\u00bb Sur la sym\u00e9trie des ph\u00e9nom\u00e8nes physiques. Sym\u00e9trie d&rsquo;un champ \u00e9lectrique et d&rsquo;un champ magn\u00e9tique&#160;\u00bb&#160;: on convient que ce n&rsquo;est pas un sujet qui fascine toutes les jeunes filles.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>J&rsquo;ai souri<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv2836627060yMail_cursorElementTracker_1494588423554\"><em>On se mit tout de suite \u00e0 utiliser les rayons x pour diagnostiquer les fractures des os, comme maintenant, mais aussi \u00e0 des fins absurdes comme par exemple pour combattre la chute des cheveux&#160;: on dirait que chaque nouveaut\u00e9 invent\u00e9e par l&rsquo;\u00eatre humain est test\u00e9 contre la calvitie, cette obsession terrible attis\u00e9e par le fait que ceux qui perdent leurs cheveux, ce sont des hommes.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>La mort<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5527137443yMail_cursorElementTracker_1494621208828\"><em>Je suis s\u00fbre que nous parlons tous avec nos morts &#160;: moi bien \u00e9videmment je le fais, et pourtant je ne crois pas du tout \u00e0 la vie apr\u00e8s la mort. Et j&rsquo;ai m\u00eame senti Pablo \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s de temps \u00e0 autre &#8230;&#8230;. Marie s&rsquo;adresse \u00e0 Pierre parce-qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas su lui dire au revoir, parce-qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas pu pu lui dire tout ce qu&rsquo;elle aurait d\u00fb lui dire, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas pu achever la narration de leur vie commune.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Paul Langevin le grand homme&#160;!<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv6766231072yMail_cursorElementTracker_1494672604738\"><em>Quelques ann\u00e9es plus tard Paul Langevin eut une enfant ill\u00e9gitime avec une de ses anciennes \u00e9tudiantes ( un vrai clich\u00e9) et il demanda \u00e0 Madame Curie de donner \u00e0 cette fille un travail dans son laboratoire. Et vous savez quoi&#160;? Marie le lui donna.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Traduit de l&rsquo;espagnol par Myriam Chirousse , d&rsquo;ailleurs j&rsquo;ai une petite remarque \u00e0 propos de la traduction, que penser de cette phrase&#160;:&#160;\u00bbJohn Berger accompagne John Sassal, un m\u00e9decin de campagne un ami \u00e0 lui&#160;\u00bb&#160;?\u00a0 &nbsp; Je savais pour avoir lu les critiques sur de nombreux blogs, que je lirai ce roman, La souris jaune, <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=8278\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45,133,22,167,169,64,4,166,49],"tags":[],"class_list":["post-8278","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-4-coquillages","category-amour-et-couple","category-biographie","category-condition-de-la-femme","category-decouvertes-scientifiques","category-espagne","category-mes-preferences","category-mort-et-deuil","category-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8278","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8278"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8278\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8278"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}