{"id":6469,"date":"2016-07-18T06:49:07","date_gmt":"2016-07-18T04:49:07","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=6469"},"modified":"2016-08-03T11:20:32","modified_gmt":"2016-08-03T09:20:32","slug":"pereira-pretend-un-temoignage-antonio-tabuchi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=6469","title":{"rendered":"Pereira pr\u00e9tend (un t\u00e9moignage)     &#8211; Antonio TABUCCHI"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/20160612_111710.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-6470\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/20160612_111710-1024x576.jpg\" alt=\"20160612_111710\" width=\"580\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/20160612_111710-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/20160612_111710-300x169.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/20160612_111710-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a><em>Traduit de l&rsquo;italien par Bernard Comment.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"4\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a><br \/>\nJ&rsquo;ai ce livre depuis un certain temps, il est de tous mes d\u00e9placements avec toujours cette envie de le lire que je dois \u00e0 un blog dont j&rsquo;ai oubli\u00e9 de noter le nom. Pour une fois la quatri\u00e8me de couverture dit assez bien ce que raconte ce roman&#160;: \u00ab&#160;une prise de conscience d&rsquo;un homme confront\u00e9 \u00e0 la dictature&#160;\u00bb. Le Docteur Pereira, journaliste, vit \u00e0 Lisbonne en 1938, il est charg\u00e9 de la page culturelle du \u00ab&#160;Lisboa&#160;\u00bb, hebdomadaire qui pr\u00e9f\u00e8re, et de loin, raconter l&rsquo;arriv\u00e9e des yachts de luxe et des r\u00e9union mondaines, qu&rsquo;informer ses lecteurs sur les assassinats en pleine rue de pauvres gens comme ce vendeur de past\u00e8ques. Docteur Pereira est un peu trop gras, un peu diab\u00e9tique et surtout tr\u00e8s malheureux depuis la mort de sa femme. Il se confie au portrait de celle qui a, sans doute, \u00e9t\u00e9 le seul vrai rayon de soleil dans une vie plut\u00f4t triste. Cet homme sans espoir, et sans illusion voudrait pouvoir manger ses omelettes au fromage et boire ses citronnades tranquillement.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, autour de lui rien n&rsquo;est exactement \u00e0 sa place. Lisbonne n&rsquo;est plus la m\u00eame ville&#160;: le boucher juif voit sa devanture bris\u00e9e sans qu&rsquo;il puisse se plaindre \u00e0 une police tr\u00e8s certainement complice, sa concierge l&rsquo;espionne pour le compte de la milice, et une nouvelle d&rsquo;Anatole France qu&rsquo;il traduit pour la page culturelle de son journal lui voudra de tr\u00e8s vives remontrances de son directeur. La lente mont\u00e9e chez cet homme du malaise qui peu \u00e0 peu s&#8217;empare de lui alors qu&rsquo;il met toutes ses force \u00e0 fuir la r\u00e9alit\u00e9 est tr\u00e8s bien racont\u00e9e. Un presque rien, la rencontre avec un jeune couple de r\u00e9sistants \u00e0 l\u2019oppression, va \u00eatre le petit grain de sable qui va enrayer sa belle construction int\u00e9rieure, ses protections vont peu \u00e0 peu se fissurer et un jour il ne pourra plus fuir. Je ne peux \u00e9videmment pas vous d\u00e9voiler cette fin mais c&rsquo;est superbe.<\/p>\n<p>Ce roman que j&rsquo;ai commenc\u00e9 plusieurs fois est finalement un texte qui me restera en m\u00e9moire, je crois \u00e0 ce personnage et il m&rsquo;a \u00e9mue \u00e0 cause ou plut\u00f4t gr\u00e2ce \u00e0 ses faiblesses si humaines. Le style est un peu aga\u00e7ant puisque le livre est pr\u00e9sent\u00e9 comme un t\u00e9moignage, toutes les phrases o\u00f9 Pereira prend la parole commence par ces mots repris dans le titre \u00ab&#160;Pereira pr\u00e9tend&#8230;&#160;\u00bb. C&rsquo;est voulu bien s\u00fbr, et cela donne encore plus l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un personnage peu s\u00fbr de lui, il a fallu pourtant que je me force pour accepter cet effet.<\/p>\n<p>PS gr\u00e2ce aux commentaires je sais que je dois ce livre \u00e0<a href=\"https:\/\/evabouquine.wordpress.com\/2016\/02\/22\/antonio-tabucchi-pereira-pretend\/\"> \u00c9va\u00a0<\/a><\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>La r\u00e9surrection (portrait du personnage principal)<\/h3>\n<blockquote><p><em>Et Pereira \u00e9tait catholique, ou du moins se sentait-il catholique \u00e0 ce moment-l\u00e0, un bon catholique, quoiqu&rsquo;il e\u00fbt une chose \u00e0 laquelle il ne pouvait pas croire&#160;: \u00e0 la r\u00e9surrection de la chair.\u00a0\u00c0 l&rsquo;\u00e2me oui, certainement, car il \u00e9tait s\u00fbr d&rsquo;avoir une \u00e2me&#160;; mais la chair, toute cette viande qui entourait son \u00e2me, ah non, \u00e7a n&rsquo;allait pas ressusciter, et pourquoi aurait-il fallu que cela ressuscite&#160;? se demandait Pereira . Toute cette graisse qui l&rsquo;accompagnait quotidiennement, et la sueur, et l&rsquo;essoufflement \u00e0 monter l&rsquo;escalier\u00a0, pourquoi tout cela devrait-il ressusciter&#160;?<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;envie de fuir<\/h3>\n<blockquote><p><em>Il fallait se renseigner dans les caf\u00e9s pour \u00eatre inform\u00e9, \u00e9couter les bavardages , c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;unique moyen d&rsquo;\u00eatre au courant &#8230; mais Perreira n&rsquo;avait pas envie de demander quoi que ce soit \u00e0 personne, il voulait simplement s&rsquo;en aller aux thermes, jouir de quelques jours de tranquillit\u00e9, parler \u00e0 son ami le professeur Silva et ne pas penser au mal dans le monde.<\/em><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit de l&rsquo;italien par Bernard Comment. 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