{"id":463,"date":"2012-05-08T09:49:10","date_gmt":"2012-05-08T09:49:10","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=463"},"modified":"2014-11-02T23:14:52","modified_gmt":"2014-11-02T22:14:52","slug":"l-art-francais-de-la-guerre-alexis-jenni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=463","title":{"rendered":"L art fran\u00e7ais de la guerre &#8211; Alexis JENNI"},"content":{"rendered":"<div class=\"divTitreArticle\"><\/div>\n<div class=\"contenuArticle\">\n<div class=\"ob-section ob-section-html\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"CtreTexte aligncenter\" src=\"http:\/\/ecx.images-amazon.com\/images\/I\/41VkjT5%2BE1L._AA278_PIkin4,BottomRight,-43,22_AA300_SH20_OU08_.jpg\" alt=\"http:\/\/ecx.images-amazon.com\/images\/I\/41VkjT5%2BE1L._AA278_PIkin4,BottomRight,-43,22_AA300_SH20_OU08_.jpg\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"4\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a><br \/>\nCe livre tr\u00e8s dense de 630 pages a retenu toute mon attention. Comme je l&rsquo;ai emprunt\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que j&rsquo;ai d\u00fb me d\u00e9p\u00eacher un peu et je le regrette car c&rsquo;est un livre qu&rsquo;on ne peut pas avaler d&rsquo;une traite. Il s&rsquo;est pass\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne bizarre avec ce roman si je m&rsquo;obligeais \u00e0 le lire vite il me lassait mais d\u00e8s que je le reprenais je le trouvais passionnant.<\/p>\n<p>Deux destins d&rsquo;homme se croisent, l&rsquo;un jeune qui vit une grave d\u00e9pression et un vieil homme peintre et ancien parachutiste ayant fait trois guerres&#160;: la lib\u00e9ration, l\u2019Indochine et l&rsquo;Alg\u00e9rie.\u00a0Les r\u00e9cits et les r\u00e9flexions sur les guerres sont passionnants et bouleversants.<\/p>\n<p>Le monde contemporain en particulier la banlieue lyonnaise est aussi pour l&rsquo;auteur en \u00e9tat de guerre je trouve cela plus discutable mais je ne vis pas en banlieue. J\u2019ai trouv\u00e9 sa peinture du monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui beaucoup moins bien r\u00e9ussi que les passages sur les conflits du pass\u00e9.\u00a0Les personnalit\u00e9s des anciens parachutistes sont minutieusement diss\u00e9qu\u00e9e, on a l&rsquo;impression de mieux comprendre ce qui am\u00e8ne les hommes \u00e0 savoir se battre.<\/p>\n<p>Les guerres coloniales sont une pure horreur et la d\u00e9faite semblait inscrite dans la nature m\u00eame du conflit. Mais c&rsquo;est plus facile de le dire auojurd&rsquo;hui qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Jamais un livre n&rsquo;aura aussi bien fait ressortir l&rsquo;horreur de la guerre et je me demande ce que pense les militaires fran\u00e7ais de ce livre. Pour le style j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 un peu d\u00e9\u00e7ue, les r\u00e9p\u00e9titions sont insupportables et les rel\u00e2chements vers la langue orale sans aucune justification un peu \u00e9trange.<\/p>\n<p>Je pense que ce roman aurait support\u00e9 quelques coupures qui aurait all\u00e9g\u00e9 la lecture.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Les guerres d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/h3>\n<blockquote><p>\u00a0<em>Les morts occidentaux \u00e9taient morts par accident, on sait qui c\u2019\u00e9tait et on s&rsquo;en souviendra&#160;; les autres ne comptent pas. Il fallut le cin\u00e9ma pour me l&rsquo;apprendre&#160;: la destruction des corps a la machine s&rsquo;accompagne d&rsquo;un effacement des \u00e2mes dont on ne s\u2019aper\u00e7oit pas. Lorsque le meurtre est sans trace le meurtre lui m\u00eame dispara\u00eet&#160;; et les fant\u00f4mes s&rsquo;accumulent, que l&rsquo;on est incapable de reconna\u00eetre.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Un mot que je ne connaissais pas, j&rsquo;aimerais le retenir.<\/h3>\n<blockquote><p><em>On lentibardane sous les platanes<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Tuer de loin (1945)<\/h3>\n<blockquote><p><em>Le pilote qui a fait \u00e7a n&rsquo;a rien vu. Il a vis\u00e9 le char dans une mire g\u00e9om\u00e9trique, il a appuy\u00e9 sur une touche rouge de son manche et il n&rsquo;a m\u00eame pas vu l&rsquo;impact , il filait d\u00e9j\u00e0 . Gr\u00e2ce aux machines on peut passer plein de types dans les voitures au chalumeau. Sans l&rsquo;industrie nous n&rsquo;aurions pas pu tuer tant de gens, nous ne l&rsquo;aurions pas support\u00e9.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;humour juif<\/h3>\n<blockquote><p><em>&#8211; dites-moi, Koloyannis, demanda enfin le colonel, vous \u00eates juif&#160;?<br \/>\n<\/em><em>&#8211; je voyais bien que cela vous tracassait. Bien s\u00fbr, colonel&#160;; je me pr\u00e9nomme Salomon. Vous pensez bien que par les temps qui courent, on ne s&rsquo;encombre pas d&rsquo;un pr\u00e9nom pareil sans de solides raisons familiales.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>\u00a0Je crois que c&rsquo;est vrai<\/h3>\n<blockquote><p><em>Il est toujours mon ami, car nous avons fait l&rsquo;\u00e9cole buissonni\u00e8re ensemble. Ne pas aller a l&rsquo;\u00e9cole ensemble cr\u00e9e bien plus de lien que d&rsquo;y \u00eatre all\u00e9s<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>La violence et la guerre<\/h3>\n<blockquote><p><em>Tout le monde veut la guerre pour simplifier. Les n\u0153uds ou l&rsquo;on vit, on veut finalement les trancher par l&rsquo;usage de la force. Avoir un ennemi est le bien le plus pr\u00e9cieux, il nous donne un point d&rsquo;appui.\u00a0<\/em><em>Le mod\u00e8le de r\u00e9solution de tous les probl\u00e8mes est la torgnole que l&rsquo;on retourne au gamin, ou le coup de pied que l&rsquo;on flanque au chien. Voil\u00e0 qui soulage, \u00c0 celui qui d\u00e9range, chacun r\u00eave par la force de faire entendre raison par la force. Il ne comprend que \u00e7a.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>\u00a0Vision de la France aujourd&rsquo;hui<\/h3>\n<blockquote><p><em>La France est une fa\u00e7on de mourir&#160;; la vie en France est un long dimanche qui finit mal.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Le repas du dimanche<\/h3>\n<blockquote><p><em>On prend place devant l&rsquo;assiette que l&rsquo;on nous a d\u00e9sign\u00e9e. Tout le monde s&rsquo;assoit devant une assiette, tout le monde a la sienne&#160;; tout le monde s&rsquo;assoit avec un soupir d&rsquo;aise d&rsquo;aise mais ce soupir ce peut \u00eatre aussi un peu de lassitude , de r\u00e9signation , on ne sait jamais avec les soupirs. Personne ne manque, mais peut-\u00eatre voudrait-on \u00eatre ailleurs&#160;; personne ne veut venir mais l&rsquo;on serait mortifi\u00e9 si l&rsquo;on redoute d&rsquo;\u00eatre exclu&#160;; \u00eatre la est un ennui mais ne pas y \u00eatre serait une souffrance. Alors on soupire et on mange.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>La balade du dimanche<\/h3>\n<blockquote><p><em>Rien n&rsquo;est moins int\u00e9ressant qu&rsquo;une promenade du dimanche tous ensemble. On n&rsquo;avance pas&#160;; les pas s\u2019\u00e9coulent comme des grains paresseux du temps&#160;; on fait semblant d&rsquo;avancer.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>La for\u00eat en Indochine<\/h3>\n<blockquote><p><em>On se prend les pieds dans les racines qui poussent d\u00e8s la moiti\u00e9 du tronc, les troncs se couvrent de poils qui durcissent en \u00e9pines, les \u00e9pines couvrent la bordure des feuilles, les feuilles deviennent tout autre chose que des feuilles, trop cir\u00e9es , trop molles , trop grandes, trop gonfl\u00e9es, trop cornues, c&rsquo;est selon&#160;; le trop est leur seule r\u00e8gle. La chaleur dissout l&rsquo;entendement. Des insectes zizillent en permanence , en essaims qui suivent toute source de sang chaud , ou cliquettent sur les feuilles , ou rampent , d\u00e9guis\u00e9s en branches. Une diversit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale de vers impr\u00e8gnent le sol, grouillent, et il bouge. <\/em><\/p><\/blockquote>\n<h1>On en parle<\/h1>\n<p>Le blog de <a href=\"http:\/\/www.bretstephan.com\/pages\/Lart_francais_de_la_guerre_dAlexis_Jenni-5745866.html\">Brest\u00e9phan<\/a> (est ce un hasard que pour ce livre j&rsquo;ai surtout lu des articles \u00e9crits pas des hommes&#160;!).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre tr\u00e8s dense de 630 pages a retenu toute mon attention. Comme je l&rsquo;ai emprunt\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que j&rsquo;ai d\u00fb me d\u00e9p\u00eacher un peu et je le regrette car c&rsquo;est un livre qu&rsquo;on ne peut pas avaler d&rsquo;une traite. 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