{"id":4598,"date":"2015-09-28T08:36:01","date_gmt":"2015-09-28T06:36:01","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=4598"},"modified":"2015-09-23T10:56:18","modified_gmt":"2015-09-23T08:56:18","slug":"plus-haut-que-la-mer-francesca-melandri","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=4598","title":{"rendered":"Plus haut que la mer             &#8211; Francesca MELANDRI"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/DSC04265.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-4600 aligncenter\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/DSC04265-1024x683.jpg\" alt=\"SONY DSC\" width=\"580\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/DSC04265-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/DSC04265-300x200.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/DSC04265.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a>Traduit de l&rsquo;italien par Dani\u00e8le VALIN.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"4\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a><br \/>\nJ&rsquo;avais beaucoup aim\u00e9 \u00ab&#160;<a href=\"http:\/\/luocine.fr\/?p=37\">Eva dort&#160;\u00bb<\/a>, ensuite j&rsquo;ai lu dans les blogs que je fr\u00e9quente tout le bien que vous pensiez de ce deuxi\u00e8me roman&#160;: <a href=\"http:\/\/asautsetagambades.hautetfort.com\/archive\/2015\/03\/01\/plus-haut-que-la-mer-francesca-melandri-5569075.html\">Dominique<\/a> qui a su trouver et les mots et les photos qui convenaient pour m&rsquo;attirer, <a href=\"https:\/\/krolfranca.wordpress.com\/2015\/07\/25\/plus-haut-que-la-mer-de-francesca-melandri\/\">Krol <\/a>\u00e0 sa fa\u00e7on sans rien dire du roman mais en expliquant son plaisir de lectrice, et bien d&rsquo;autres encore (j&rsquo;ai malheureusement effac\u00e9 ma liste des livres \u00e0 lire de l&rsquo;an dernier, je ne peux donc pas citer tous les blogs).<\/p>\n<p>J&rsquo;ai lu ce roman d&rsquo;une traite, touch\u00e9e par la douleur de Luisa et de Paolo qui viennent voir dans une prison de haute s\u00e9curit\u00e9 sur une \u00eele, l&rsquo;une son mari violent et assassin, et l&rsquo;autre son fils r\u00e9volutionnaire et criminel. Leur souffrance est d\u00e9crite de fa\u00e7on si exacte et si pr\u00e9cise, que l&rsquo;on ressort boulevers\u00e9 par cette lecture. Francesca Melandri, a concentr\u00e9 tout son talent \u00e0 ne parler que du point de vue des trois personnages&#160;: Luisa, l&rsquo;agricultrice qui a d\u00fb subir les violences de son mari et qui n&rsquo;est pas \u00e9tonn\u00e9e que celui-ci ait tu\u00e9 un des gardiens. Paulo qui porte en lui toute la culpabilit\u00e9 d&rsquo;avoir un fils qui a commis de telles atrocit\u00e9s au nom d&rsquo;un id\u00e9al qu&rsquo;il lui a lui-m\u00eame enseign\u00e9, et enfin le gardien Nitti Pierfrancesco, qui a peur de perdre son humanit\u00e9 tant la violence est importante dans ce genre d&rsquo;univers carc\u00e9ral.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un document et Francesca Melandri ne veut donner aucun renseignement qui pourrait \u00e9carter son lecteur de son propos&#160;: ce que ressentent les proches de ceux qui ont commis de tels actes. Au d\u00e9but cela me g\u00eanait de ne pas mettre un nom sur l&rsquo;\u00eele o\u00f9 sont enferm\u00e9s ces gens si dangereux . Mais peu \u00e0 peu, j&rsquo;ai accept\u00e9 le parti pris de l&rsquo;auteure. On ne saura pas, non plus, ce que pensent les d\u00e9tenus et la visite si importante pour leur famille n&rsquo;est pas racont\u00e9e. Il s&rsquo;agit seulement de ceux qui n&rsquo;ont rien fait de mal et qui souffrent d&rsquo;avoir un membre de leur famille qui les oblige \u00e0 fr\u00e9quenter ce genre de lieux. Leurs peines sont diff\u00e9rentes, le gardien Nitti perd son \u00e2me et commet souvent des actes qui le d\u00e9goutent, Paolo se sent responsable et coupable, Luisa est en quelque sorte soulag\u00e9e de ne plus \u00eatre confront\u00e9e \u00e0 la violence, sans pour autant rejeter ce mari qui \u00e9tait un homme travailleur.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9 la fin du roman qui ne tombe dans aucune mi\u00e8vrerie, mais je me serai volontiers pass\u00e9 du dernier chapitre (trente ans apr\u00e8s), le fou-rire de Luisa et Paolo me suffisait.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3 id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_27682\">La douleur d&rsquo;une m\u00e8re<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_27681\"><em>Quand Emilia vit entrer son fils par la porte au bout de la salle, elle se mit \u00e0 pleurer. Sans arr\u00eat, tout au long de la visite. Des larmes silencieuses, sans g\u00e9missements ni sanglots, rien qu&rsquo;un incessant jaillissement d&rsquo;eau de ses yeux. <\/em>\u00ab&#160;Les cataractes du ciel&#160;\u00bb<em> se surprit \u00e0 penser Paolo&#160;: sa femme femme pleurait comme un d\u00e9luge divin. On aurait dit qu&rsquo;elle voulait de verser hors d&rsquo;elle tout le liquide organique, se dess\u00e9cher, se r\u00e9duire \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de momie.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3 id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_28087\">La com\u00e9die de la souffrance<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_28084\"><em>\u00c0 la fin de la rencontre avec leurs parents, il n&rsquo;y avait eu de ces drames, ces implorations, ces larmes, auxquels s&rsquo;abandonnaient trop d&rsquo;entre eux, beaucoup trop. C&rsquo;\u00e9taient surtout les femmes des chefs de clan qui tenaient \u00e0 montrer \u00e0 leurs hommes combien cette s\u00e9paration \u00e9tait insupportable. Le gardien Gamba soup\u00e7onnait justement les femmes qui piquaient des crises de nerfs \u00e0 la fin de la visite d&rsquo;\u00eatre celles qui cocufiaient le plus leurs maris en prison. Naturellement, il avait toujours gard\u00e9 pour lui cette conviction, il ne tenait pas \u00e0 finir poignard\u00e9.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3 id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_28459\">La lutte arm\u00e9e clandestine<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_28458\"><em>En revanche, il avait connu tr\u00e8s peu d&rsquo;enfants de d\u00e9tenus, \u00e0 part quelques-uns en bas \u00e2ge. Ceux qui s&rsquo;\u00e9taient engag\u00e9s dans cette voix &#8211; clandestinit\u00e9 d&rsquo;abord, prison ensuite &#8211; l&rsquo;avaient fait jeunes, m\u00eame tr\u00e8s jeunes parfois&#160;: bien peu avaient eu le temps de se reproduire avant. L&rsquo;objet de toute leur tendresse et de leurs soins \u00e9tait la lutte arm\u00e9e qui, \u00e0 la diff\u00e9rence d&rsquo;un enfant, pouvait grandir aussi dans des appartements lou\u00e9s sous un faux nom.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3 id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_28463\">Le pouvoir des mots<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div id=\"yui_3_16_0_1_1440952216095_28826\"><em>Le premier \u00e9tait s\u00fbrement <\/em>\u00ab&#160;r\u00e9volution&#160;\u00bb<em>. Qui n&rsquo;est pas laid en soi, pensa Paolo, comme chose et encore moins comme mot\u2026 C&rsquo;\u00e9tait simple, au fond. Quand la chose correspond au mot on fait de l&rsquo;Histoire. Mais s&rsquo;il n&rsquo;y a que le mot, alors c&rsquo;est de la folie. Ou bien tromperie, mystification.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit de l&rsquo;italien par Dani\u00e8le VALIN. 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