{"id":294,"date":"2012-12-16T15:24:56","date_gmt":"2012-12-16T15:24:56","guid":{"rendered":"http:\/\/luocine.fr\/?p=294"},"modified":"2014-11-02T20:56:52","modified_gmt":"2014-11-02T19:56:52","slug":"aux-frontieres-de-leurope-paolo-rumiz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=294","title":{"rendered":"Aux fronti\u00e8res de L&rsquo;Europe &#8211; Paolo Rumiz"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"CtreTexte aligncenter\" src=\"http:\/\/ecx.images-amazon.com\/images\/I\/519xzF6vLXL._SL500_AA300_.jpg\" alt=\"http:\/\/ecx.images-amazon.com\/images\/I\/519xzF6vLXL._SL500_AA300_.jpg\" width=\"255\" height=\"255\" \/><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"5\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a><br \/>\nJ&rsquo;ai choisi ce livre sur le blog que vous connaissez si vous lisez le mien r\u00e9guli\u00e8rement&#160;: \u00ab&#160;<a href=\"http:\/\/asautsetagambades.hautetfort.com\/archive\/2012\/07\/26\/aux-frontieres-de-l-europe-paolo-rumiz.html\">A sauts et \u00e0 gambades&#160;\u00bb<\/a>. Comme Dominique, je vais chercher de toutes mes forces, \u00e0 vous faire lire \u00ab&#160;Aux fronti\u00e8res de l&rsquo;Europe&#160;\u00bb , ce n&rsquo;est pas par hasard que j&rsquo;ai mis 5 coquillages au livre de Paolo Rumiz , il fait parti des livres que je n&rsquo;oublierai pas et que j&rsquo;ai tra\u00een\u00e9 partout pendant 15 jours. J&rsquo;ai retenu mon envie de le d\u00e9vorer \u00e0 toute vitesse car je ne voulais pas le finir, je l&rsquo;ai d\u00e9gust\u00e9 tout doucement.<\/p>\n<p>Ce voyage \u00e0 travers l&rsquo;Europe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui me semble le compl\u00e9ment indispensable au voyage historique de Geert Mark \u00ab&#160;<a href=\"http:\/\/luocine.fr\/?p=294\">Voyage d&rsquo;un Europ\u00e9en \u00e0 travers le XX\u00b0 si\u00e8cle<\/a>&#160;\u00bb. Il s&rsquo;agit, ici, d&rsquo;un \u00e9tat actuel d&rsquo;un lieu bien particulier de l&rsquo;Europe et qui , sans doute, pr\u00e9voit un peu notre avenir. Je rappelle le projet de Paolo Rumiz&#160;: voyager le long des fronti\u00e8res de la communaut\u00e9 europ\u00e9enne avec la Russie et les pays qui ne font pas partie de cette communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Il voyage le plus possible avec le train ou les bus locaux , il est donc au c\u0153ur des populations.\u00a0Il a la chance d&rsquo;\u00eatre accompagn\u00e9e d&rsquo;une Monika qui parle le Russe et le Polonais.\u00a0Au passage, Monika est photographe et j&rsquo;aurais aim\u00e9 voir les photos de cette femme qui sait si bien se faire accepter de tout le monde. Si quelqu&rsquo;un sait o\u00f9 on peut voir ses photos qu&rsquo;on me le dise.<\/p>\n<p>La langue est absolument merveilleuse, un peu pr\u00e9cieuse par moment et j&rsquo;ai d\u00fb plusieurs fois ouvrir mon dictionnaire pour v\u00e9rifier le sens de mots que je connais plus ou moins sans jamais les utiliser (A\u00e8des, marmor\u00e9en, thaumaturge, hi\u00e9ratisme&#8230;.).\u00a0Je pense qu&rsquo;en italien ce sont des mots plus commun\u00e9ment utilis\u00e9s (heureux peuple&#160;!) et j ai constat\u00e9 encore une fois que cette langue est agr\u00e9able m\u00eame traduite en fran\u00e7ais. Mais la langue ce n&rsquo;est pas que la qualit\u00e9 de style, c&rsquo;est aussi la capacit\u00e9 faite na\u00eetre des images dans l&rsquo;imaginaire du lecteur. Vous n&rsquo;oublierez pas la chaleur avec laquelle nos deux voyageurs sont, parfois, re\u00e7us dans les endroits les plus recul\u00e9s et aussi la violence de certaines villes. Il raconte un passage \u00e0 tabac qui m&rsquo;a fait peur et a produit chez moi les m\u00eames effets de terreur que les images les plus violentes du cin\u00e9ma. La sc\u00e8ne de la fouille par les policiers polonais du train venant de Russie est extraordinaire de dr\u00f4lerie et on peut facilement se la repr\u00e9senter.<\/p>\n<p>On rit souvent et on aime l&rsquo;humanit\u00e9 , car Paolo Rumiz aime les hommes m\u00eame quand ils sont \u00e9cras\u00e9s m\u00e9pris\u00e9s , dans les pires conditions ils arrivent \u00e0 vivre gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;humour et la chaleur humaine. Si ce n&rsquo;est pas un livre sur le pass\u00e9 , on y lit quand m\u00eame les traces que les deux horreurs du XXe si\u00e8cle ont laiss\u00e9 dans ces r\u00e9gions&#160;: la disparition de la population juive et les d\u00e9placements de populations pour en contr\u00f4ler d&rsquo;autres. Pauvres Russes qui vivent en Estonie , sont-ils vraiment responsables de la folie imp\u00e9rialiste de Staline&#160;?<\/p>\n<p>J&rsquo;ai bien aim\u00e9 aussi qu&rsquo;il connaisse Ryszard Kapuscinski, autre auteur que j&rsquo;ai d\u00e9couvert gr\u00e2ce \u00e0 Dominique , je suis une inconditionnelle d<a href=\"http:\/\/luocine.fr\/?p=445\">\u2019\u00c9b\u00e8ne.<\/a> Il y a une communaut\u00e9 de regard entre ces deux auteurs. Avec un c\u00f4t\u00e9 latin chez Paolo Rumiz qui fait une grande partie de son charme, surtout quand il se confronte \u00e0 la r\u00e9serve des gens du grand nord.<\/p>\n<p>\u00c0 lire et relire, c est un livre qui charme, fait r\u00e9fl\u00e9chir et fait aussi,comprendre le plaisir du voyage.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Une jolie phrase sur sa ville<\/h3>\n<blockquote><p><em>Filons, filons, une voile et c&rsquo;est parti&#160;; une ville qui sert uniquement d&#8217;embarcad\u00e8re, de point de d\u00e9part. Un aper\u00e7u, une balustrade vers d&rsquo;autres horizons.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Triestre sa ville d&rsquo;origine<\/h3>\n<blockquote><p><em>Je viens d&rsquo;une terre de mer, de rocs et de vent. Pour moi, c&rsquo;est plut\u00f4t une base qu&rsquo;une ville, Trieste, agripp\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 septentrionale de la mer M\u00e9diterran\u00e9e, est mon refuge, un lieu que Dieu se compla\u00eet de temps en temps \u00e0 touiller avec sa grande louche , d\u00e9cha\u00eenant une temp\u00eate d&rsquo;air et d&rsquo;eau que l&rsquo;on appelle la \u00ab&#160;Bora&#160;\u00bb , un vent furieux qui souffle de la terre.\u00a0<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Les sourire des finlandais<\/h3>\n<blockquote><p><em>En Finlande on parle peu et on sourit encore moins. Ce peuple de b\u00fbcherons timides vit dans la terreur de voir quelqu&rsquo;un lui sourire, car alors le savoir-vivre l&rsquo;obligera \u00e0 sortir de son cocon pour r\u00e9pondre \u00e0 ce signal.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Le silence des Norv\u00e9giens<\/h3>\n<blockquote><p><em>Quand je sors dans le couloir, j&rsquo;aper\u00e7ois une dizaine de Norv\u00e9giens qui d\u00e9gustent leur caf\u00e9 dans un silence claustral&#160;; on se croirait dans le r\u00e9fectoire d&rsquo;un monast\u00e8re, avant la messe du soir. Je suis oblig\u00e9 de pr\u00eater l&rsquo;oreille pour discerner un murmure de confessionnal. Alors, uniquement pour rompre cette glace de l&rsquo;\u00e2me et mettre les gens dans l&#8217;embarras, je lance un bonjour retentissant \u00e1 la cantonade et je me r\u00e9gale de voir tous ces yeux inquiets se lever \u00e0 contrecoeur de l&rsquo;assiette de poisson, d\u2019\u0153ufs et d&rsquo;oignons pour r\u00e9pondre par un signe au nouvel arrivant. <\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>\u00a0Les blessures de la terre \u00e0 Montchegorsk<\/h3>\n<blockquote><p><em>J&rsquo;ai \u00e0 mes pieds quelque chose d&rsquo;inou\u00ef&#160;: une nature sans d\u00e9fense dans son extr\u00eame douceur, impitoyablement viol\u00e9e, v\u00e9rol\u00e9e de mines comme autant de pustules d&rsquo;acn\u00e9 sur la peau d&rsquo;un adolescent.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Les intol\u00e9rances religieuses<\/h3>\n<blockquote><p><em>De ce voyage vertical, ce qui ressort clairement, c&rsquo;est que le catholicisme et le protestantisme vivent dans le confort a l&rsquo;arri\u00e8re, alors que c&rsquo;est l&rsquo;orthodoxie qui tient la ligne\u2026 J&rsquo;entends encore le patriarche de Constantinople, dans son bureau, sous le portrait de Mustafa Kemal Ataturk, murmurer des propos de coexistence, pendant que le hurlement du muezzin, du Bosphore \u00e0 sainte Sophie, annihilait tout autre bruit pour la pri\u00e8re du soir. Une comp\u00e9tition acoustique sans espoir.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>En Bachkirie (\u00e7a existe&#160;!&#160;! j&rsquo;ai d\u00e9couvert que je ne connaissais pas la moiti\u00e9 des pays ou r\u00e9gion dont il parle, cette r\u00e9gion je m&rsquo;en souviendrai si vous prononcer \u00e0 haute voix ce nom vous verrez pourquoi&#160;!).<\/p>\n<h3>D\u00e9finition de l&rsquo;ours par un apiculteur<\/h3>\n<p>( je rappelle que Dinard a choisi l&rsquo;Ours comme symbole et que la future m\u00e9diath\u00e8que s\u2019appellera&#160;: l&rsquo;ours)<\/p>\n<blockquote><p><em>L&rsquo;ours, dit-il, c&rsquo;est un si grand nombre d&rsquo;animaux en un seul. Comme un lion, il terrasse des mammif\u00e8res plus grands que lui&#160;; comme n&rsquo;importe quel ruminant, il saccage les r\u00e9coltes&#160;; il vole le raisin et les fruits comme un singe&#160;; il picore les baies comme un merle&#160;; il fait des razzias dans les fourmili\u00e8res et les ruches comme un pivert&#160;; il d\u00e9terre les tubercules et les larves comme un cochon&#160;; il attrape les poissons avec la dext\u00e9rit\u00e9 de la loutre. Et il mange le miel comme l&rsquo;homme.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Le pass\u00e9 de l&rsquo;Italie<\/h3>\n<blockquote><p><em>L&rsquo;Italie s&rsquo;ent\u00eate \u00e0 faire semblant de ne jamais avoir \u00e9t\u00e9 fasciste et d&rsquo;avoir gagn\u00e9 la guerre. Et pourtant, elle l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fasciste, et pas qu&rsquo;un peu&#160;; et elle a perdu la guerre, justement dans ma r\u00e9gion\u2026 Je vous en prie ne me parlez pas, des \u00ab&#160;braves gens d&rsquo;Italie&#160;\u00bb, parce que moi j&rsquo;habite \u00e0 Trieste que Mussolini a proclam\u00e9 les lois raciales contre les juifs, et ce choix inf\u00e2me a eu son pr\u00e9lude une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es auparavant, avec l&rsquo;\u00e9crasement politique, \u00e9conomique et linguistique de la vaste communaut\u00e9 slov\u00e8ne. Je sais que pendant la guerre, il n&rsquo;y eut pas seulement des camps d&rsquo;extermination nazis, mais aussi des camps de concentration dirig\u00e9s par le parti fasciste, avec des milliers de morts de faim et de froid.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>Le silence des Estoniens<\/h3>\n<blockquote><p><em>Autour d&rsquo;une petite table , une famille consomme un bref repas, sans \u00e9changer un seul mot. Je commence \u00e0 comprendre Adamov. C&rsquo;est vrai que c&rsquo;est impossible d&rsquo;apprendre la langue d&rsquo;un peuple qui passe son temps \u00e0 se taire.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>La Pologne et la religion catholique<\/h3>\n<blockquote><p>\u00a0<em>Nous approchons de la Pologne, terre de Woytila, et le Vatican fait d\u00e9j\u00e0 figure de gigantesque agence de voyage, de multinationale du p\u00e8lerinage , avec des filiales dans le monde entier<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>En Pologne, Paoli Rumiz \u00e9voque un auteur que j&rsquo;ai ador\u00e9 Ryzsard Kapuscinski<\/h3>\n<blockquote><p><em>Il y a aussi le magasin de cartes g\u00e9ographiques de la rue Jean-Paul II , o\u00f9 le plus beau spectacle , m&rsquo;a dit Ryzsard Kapuscinski , un jour de neige o\u00f9 nous nous \u00e9tions r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur \u00e9tait de voir les \u00ab&#160;gens affam\u00e9s de monde&#160;\u00bb se repa\u00eetre parmi les rayonnages.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>En Ukraine, les \u00e9migr\u00e9s qui ont fait fortune ailleurs<\/h3>\n<blockquote><p><em>Il nous fait traverser une vall\u00e9e magnifique , parsem\u00e9e de maisons d&rsquo;\u00e9migrants qui ont r\u00e9ussi , mais ce sont des maisons de cauchemar , des petits ch\u00e2teaux forts m\u00e9di\u00e9vaux, avec des tours coiff\u00e9es de tuile en plastique bleu . Disneyland est l&rsquo;id\u00e9al esth\u00e9tique de l&rsquo;Ukraine ind\u00e9pendante.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Retour vers l\u2019Europe occidentale ou comment la salade C\u00e9sar devient un signe de reconnaissance<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00c1 l&rsquo;h\u00f4tel , la langue anglaise refait son apparition , la langouste et la Caresar&rsquo;salad ont repris place dans le menu , et je ne parle pas de l&rsquo;air conditionn\u00e9, bien entendu.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h1>On en parle<\/h1>\n<p>Chez <a href=\"http:\/\/asautsetagambades.hautetfort.com\/archive\/2012\/07\/26\/aux-frontieres-de-l-europe-paolo-rumiz.html\">Dominique<\/a> bien s\u00fbr etdans le \u00ab&#160;<a href=\"http:\/\/miriampanigel.blog.lemonde.fr\/2012\/08\/19\/aux-frontieres-de-leurope-paolo-rumiz\/\">Carnet de Voyage de Myriam<\/a>\u00ab&#160;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai choisi ce livre sur le blog que vous connaissez si vous lisez le mien r\u00e9guli\u00e8rement&#160;: \u00ab&#160;A sauts et \u00e0 gambades&#160;\u00bb. 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