{"id":22178,"date":"2026-09-16T06:50:11","date_gmt":"2026-09-16T04:50:11","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=22178"},"modified":"2026-07-12T15:44:06","modified_gmt":"2026-07-12T13:44:06","slug":"les-caves-du-potola-dai-sijie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=22178","title":{"rendered":"Les caves du Potola   &#8211; Dai Sijie"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-22185\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/IMG_0023-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Gallimard, 172 pages, juillet 2020<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Comme beaucoup \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;avais ador\u00e9 \u00ab&#160;Balzac et la petite tailleuse chinoise&#160;\u00bb, depuis je lis r\u00e9guli\u00e8rement cet auteur , j&rsquo;avais beaucoup aim\u00e9, \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=10688\">L&rsquo;\u00e9vangile selon Yong Sheng<\/a>\u00ab&#160;, et un peu moins \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=11528\">trois vies chinoises<\/a>\u00ab&#160;. Ici, encore, mon avis est en mi teinte. Pour mieux comprendre la folie destructrice des \u00ab&#160;Gardes rouges&#160;\u00bb pendant la r\u00e9volution culturelle contre la civilisation tib\u00e9taine, ce roman m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre lu. Bien s\u00fbr, on le sait vaguement et le r\u00e9gime actuel reconna\u00eet du bout des l\u00e8vres les \u00ab&#160;exc\u00e8s&#160;\u00bb de cette p\u00e9riode, mais ne dit rien sur la volont\u00e9 de supprimer totalement une civilisation et son expression culturelle. Dans le palais Polota, l&rsquo;ancien peintre du dernier Dala\u00ef-Lama est retenu par des gardes rouges qui veulent lui faire avouer des turpitudes des moines, et vont pour cela le torturer \u00e0 mort. Lui se r\u00e9fugie dans son pass\u00e9, p\u00e9riode durant laquelle il a peint des \u00ab&#160;tankas&#160;\u00bb les plus extraordinaires et ainsi l&rsquo;auteur fait revivre la civilisation tib\u00e9taine. Un garde rouge, le chef est particuli\u00e8rement cruel et excite ses troupes \u00e0 d\u00e9truire au maximum tout ce qui rel\u00e8ve de la religion bouddhiste. On apprend \u00e0 l afin qu&rsquo;il \u00e9tait le fils de l&rsquo;homme charg\u00e9 de s&rsquo;occuper des restes des cadavres et que ce sont des gens m\u00e9pris\u00e9s par les bouddhistes. De l\u00e0 sa fureur&#160;?<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur entra\u00eene son lecteur dans les valeurs de cette religion et dans son expression artistique, et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 beaucoup moins int\u00e9ress\u00e9e par cet aspect qui repr\u00e9sente quand m\u00eame la plus grande partie du roman. Un reproche de mise en page&#160;: on ne peut pas comprendre ce livre sans lire les 112 notes qui expliquent un vocabulaire totalement inconnu pour moi, et au lieu de les mettre en bas de page ce qui permet de ne pas interrompre la lecture, elles sont \u00e0 la fin du roman. Mais surtout cette civilisation que je respecte beaucoup ne me passionne pas. Si l&rsquo;auteur d\u00e9crit bien le monde des moines, on a moins d&rsquo;informations sur le peuple tib\u00e9tain lui-m\u00eame. Un petit peu au d\u00e9but, l&rsquo;enfance du peintre Bstan Pan, avec ses parents nomades, mais d\u00e8s sa plus jeune enfance il est confi\u00e9 \u00e0 des moines qui remarquent tr\u00e8s vite son talent de peintre. On ne sent pas la vie de cet enfant ni de cet homme qui semble juste quelqu&rsquo;un en ad\u00e9quation totale avec cette religion.<\/p>\n<p>La destruction des \u0153uvres de cette culture est une horreur absolue et les meutres perp\u00e9tr\u00e9s par les Gardes Rouges aussi, cela rend ce petit livre tr\u00e8s pesant, mais la beaut\u00e9 de cette culture, je n&rsquo;ai pas r\u00e9ussi \u00e0 la comprendre, je suis sans doute trop occidentale pour cela. Voici une image de Tanka trouv\u00e9 sur l&rsquo;article <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Thangka\">Wikip\u00e9dia<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/4\/4c\/Thanka.jpg\" width=\"479\" height=\"317\" \/><\/p>\n<h1>Extraits .<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il avait plu toute la nuit et, en ce matin de mars1968, il bruinait encore. L&rsquo;air \u00e9tait frais. Dans l&rsquo;arri\u00e8re-cour, d\u00e9serte du Potala, o\u00f9 les anciennes \u00e9curies du Dala\u00ef- Lama \u00e9taient transform\u00e9es en prison par les gardes rouges, qui occupaient le Palais, le silence fut soudain troubl\u00e9 par le grincement des essieux d&rsquo;une charrette et le crissement de ses roues sur le gravillon. Hach\u00e9e par la rotation des rayons, la silhouette courb\u00e9e d&rsquo;un vieil homme se dessinait en ombre chinoise entre les brancards de la voiture charg\u00e9e de seaux en bois. De sa bouche s&rsquo;\u00e9chappait une faible haleine.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Il \u00e9tait prisonnier et, cependant, il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par la police ou condamn\u00e9 par un tribunal, l&rsquo;une et l&rsquo;autre de ses administrations \u00e9tant paralys\u00e9es en cette p\u00e9riode troubl\u00e9e de la r\u00e9volution culturelle.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Les volont\u00e9s de destruction d&rsquo;une culture ancienne.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Des centaines de silhouettes sombres, un brassard rouge autour du bras &#8211; des gardes rouges venus d&rsquo;autres villes du tibet-, formaient une cha\u00eene humaine entre la biblioth\u00e8que du premier \u00e9tage et le rez-de-chauss\u00e9e, se passant des centaines de pr\u00e9cieux sutras, parmi lesquels, Bsan Pa reconnut une magnifique et tr\u00e8s ancienne et \u00e9dition du Kanjur, calligraphies \u00e0 l&rsquo;encre d&rsquo;or, dont le plat sup\u00e9rieur de la reliure \u00e9tait en bois de santal, incrust\u00e9 d&rsquo;ivoire. Les derniers de la sc\u00e8ne les entassaient au centre de l&rsquo;esplanade, et quand les piles de livre furent si hautes, qu&rsquo;elles s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent sous leur propre poids, ils y mirent le feu en entonnant des chants r\u00e9volutionnaires.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Les horreurs chinoises ne datent pas du communisme.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Cette \u00e9poque, au Tibet, personne ne savait vraiment ce qui se passait en Chine, et nul n&rsquo;avait eu vent de la lutte f\u00e9roce et sans merci que l&rsquo;imp\u00e9ratrice douairi\u00e8re avait livr\u00e9 \u00e0 son neveu, d\u00e9sormais plac\u00e9 en r\u00e9sidence surveill\u00e9e comme un vulgaire prisonnier. Depuis dix ans, elle ne l&rsquo;autorisait plus \u00e0 recevoir de visites, pas m\u00eame celle de son \u00e9pouse ou de ses concubines. (Sa favorite, surnomm\u00e9 la Perle, fut contrainte de se suicider en se jetant dans un puits du palais, sur ordre de Cixi, qui lui refusa l&rsquo;indulgence de pouvoir se pendre.)<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Les personnages tib\u00e9tains (bizarres, pour moi).<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>\u00c0 leur grande stup\u00e9faction, les deux hommes avaient d\u00e9couvert que le cadavre d&rsquo;un jeune enfant faisait office de selle sur le dos de la mule. La femme avait fini par l&rsquo;enfourcher pour s&rsquo;\u00e9loigner lentement, le corps oscillant dans la lumi\u00e8re du contre-jour. D&rsquo;une main, elle tenait un cr\u00e2ne humain rempli de sang, de l&rsquo;autre, une vip\u00e8re \u00e0 t\u00eate plate qui servait de bride \u00e0 la monture. La mule, \u00e0 laquelle les yeux na\u00effs et les longues oreilles toujours en branle donnaient un air bon enfant, s&rsquo;\u00e9tait mise en marche, soulevant du bout de ses sabots, de petits nuages de vase au bord de l&rsquo;eau. Elle avait aussi un troisi\u00e8me \u0153il, non pas au milieu du front, mais sur sa croupe gauche, large et pleine. Le deuxi\u00e8me dala\u00ef-lama et son conseiller avaient tout autant \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9s qu&rsquo;effray\u00e9s par cette cr\u00e9ature, et, sur le chemin du retour, le souverain avait mand\u00e9 un peintre pour en faire le portrait.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Gallimard, 172 pages, juillet 2020 Comme beaucoup \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;avais ador\u00e9 \u00ab&#160;Balzac et la petite tailleuse chinoise&#160;\u00bb, depuis je lis r\u00e9guli\u00e8rement cet auteur , j&rsquo;avais beaucoup aim\u00e9, \u00ab&#160;L&rsquo;\u00e9vangile selon Yong Sheng\u00ab&#160;, et un peu moins \u00ab&#160;trois vies chinoises\u00ab&#160;. Ici, encore, mon avis est en mi teinte. 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