{"id":22052,"date":"2026-08-26T06:36:53","date_gmt":"2026-08-26T04:36:53","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=22052"},"modified":"2026-08-25T16:19:50","modified_gmt":"2026-08-25T14:19:50","slug":"wilderness-lance-weller","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=22052","title":{"rendered":"Wilderness &#8211; Lance WELLER"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-22060\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_0013-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Gallmeister, 347 pages, octobre 2017<\/em><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;am\u00e9ricain par Fran\u00e7ois Happe.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;ai rarement lu un roman aussi \u00e9prouvant. Un soldat qui a r\u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mort pendant la guerre civile am\u00e9ricaine, celle que nous appelons, \u00e0 tort sans doute, \u00ab&#160;s\u00e9cession \u00ab&#160;, ne se remet pas des horreurs qu&rsquo;il a v\u00e9cues en particulier \u00e0 la bataille de Wilderness. Tous ses amis y sont morts et lui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 que gr\u00e2ce \u00e0 deux noirs esclaves en fuite. Il faudra tout le roman pour qu&rsquo;Abel quitte peu \u00e0 ses pr\u00e9jug\u00e9s d&rsquo;homme du sud, et finisse par comprendre que ni la couleur de peau, ni la race ne peuvent d\u00e9finir une personne. Le roman est construit sur deux temporalit\u00e9s, en 1864 pendant la guerre lors de la bataille de Wilderness, et en 1899 lorsqu&rsquo;Abel part \u00e0 la recherche de son chien et se r\u00e9concilie \u00e0 la fin avec l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour la bataille, durant laquelle 17 000 hommes du nord perdirent la vie et 10 000 du sud, on suit Abel et ses amis , c&rsquo;est un carnage, et si cette bataille a \u00e9t\u00e9 importante du point de vue tactique, \u00e0 hauteur du soldat c&rsquo;est une pure boucherie&#160;; avec en plus la peur pour les noirs d&rsquo;\u00eatre du mauvais c\u00f4t\u00e9, car le racisme est \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre m\u00eame dans les pires moments. Le couple qui va recueillir et sauver Abel, a \u00e9t\u00e9 pour l&rsquo;homme victime d&rsquo;une castration car il avait os\u00e9 regard\u00e9 la ma\u00eetresse blanche dans les yeux, et pour la femme victime de coups dans le ventre, elle a perdu son b\u00e9b\u00e9 qui est mort n\u00e9.<\/p>\n<p>Abel avait trouv\u00e9 une lettre sur le corps d&rsquo;un soldat du nord qui parle d&rsquo;un coin merveilleux dans l&rsquo;Oregon, et cela l&rsquo; a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 se r\u00e9fugier en ermite sur la c\u00f4te Nord-Ouest du pacifique. Il y a v\u00e9cu une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es, quand commence le roman , il est vieux et malade et d\u00e9cide de revenir vers la for\u00eat et les hommes avec son chien. H\u00e9las&#160;! pour lui deux hommes, un indien et un blanc, qui ont \u00e0 leur actif un nombre de viols et de meurtres cons\u00e9quent, lui volent son chien et le laissent pour mort. Il est recueilli par un couple, une femme blanche mari\u00e9e \u00e0 un noir. Il repartira \u00e0 la recherche de son chien, et la boucle se terminera quand il arrivera \u00e0 sauver une petite fille chinoise qui \u00e9tait menac\u00e9e de mort par l&rsquo;Indien qui lui avait vol\u00e9 son chien.<\/p>\n<p>Tout ce roman baigne dans des descriptions de la nature absolument grandiose mais tellement rude. On a froid au point que des yeux peuvent geler, on a faim, on est \u00e9puis\u00e9 de fatigue, et par dessus tout \u00e7a les hommes s&rsquo;entretuent soit \u00e0 la guerre, soit parce que vous n&rsquo;avez pas la bonne couleur de peau .<\/p>\n<p>On comprend aussi pourquoi le mot guerre civile est plus appropri\u00e9, car Abel est incapable de d\u00e9tester les soldats nordistes. C&rsquo;\u00e9tait bien une guerre entre Am\u00e9ricains, mais il mettra du temps \u00e0 bien vouloir consid\u00e9rer que l&rsquo;esclavage est une horreur.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai d\u00fb aussi relire le prologue qui est en r\u00e9alit\u00e9 un \u00e9pilogue, car l&rsquo;enfant qu&rsquo;Abel a sauv\u00e9 raconte sa vie en 1965, j&rsquo;aurais trouv\u00e9 plus judicieux d&rsquo;en faire un \u00e9pilogue.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas fait de ce roman un coup de c\u0153ur car je l&rsquo;ai trouv\u00e9 trop \u00e9prouvant. La guerre aurait suffi, confronter son personnage \u00e0 la noirceur de la pire racaille qui soit ont rendu ma lecture tr\u00e8s difficile . Mais c&rsquo;est un roman indispensable pour tous ceux qui s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 ls guerre civile am\u00e9ricaine. Et aux USA en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<h3>D\u00e9but du prologue.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>Se lever \u00e0 nouveau<\/em><\/div>\n<div><em>1965<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Elle se r\u00e9veille avec un sentiment d&rsquo;urgence qu&rsquo;elle ne comprend pas tout de suite, abandonnant l&rsquo;\u00e9clat \u00e9blouissant du rivage de son r\u00eave pour la nuit aveugle de la journ\u00e9e qui commence..<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<h3>D\u00e9but du roman.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>1<\/em><\/div>\n<div><em>Faire revenir ces hommes.<\/em><\/div>\n<div><em>1899<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0\u00c0 l&rsquo;automne de cette ann\u00e9e, un vieil homme partit \u00e0 pied et s&rsquo;enfon\u00e7a plus profond\u00e9ment dans la for\u00eat et plus haut dans les collines, qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait fait depuis sa jeunesse, quand sa vie \u00e9tait encore teint\u00e9e de rouge et remplie de violences. Il marcha plus longtemps et plus loin qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait fait depuis l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait soldat, participant en campagne de l&rsquo;arm\u00e9e de Virginie du nord, dans la grande guerre de la r\u00e9bellion, quand le monde n&rsquo;avait pas encore bascul\u00e9 et que son corps n&rsquo;\u00e9tait pas encore bris\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Traumatisme de guerre.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Le vieil homme se mit \u00e0 trembler, bien que le vent f\u00fbt encore doux et la pluie encore ti\u00e8de. Il ne pouvait pas s&#8217;emp\u00eacher de revoir, une fois de plus, les images de la guerre, d&rsquo;entendre les bruits de la guerre, et de prendre conscience, une fois de plus, des cadeaux empoisonn\u00e9s que fait la guerre et avec lesquels il est si difficile de vivre une fois qu&rsquo;elle est finie.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Le d\u00e9but de la bataille.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Au bout du champ, des silhouettes sombres \u00e9quip\u00e9es pour la bataille s&rsquo;avan\u00e7aient en rang parfaitement rectilignes. Les soldats quitt\u00e8rent l&rsquo;obscurit\u00e9 du bois pour la clart\u00e9 du champ, et la lumi\u00e8re qui se r\u00e9fl\u00e9chissait sur les canons des fusils et les ba\u00efonnettes, les \u00e9claboussa de tous ses miroitements Abel se pencha pour cracher.<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; Les voil\u00e0, dit David, doucement<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>La fin de la bataille.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Regardez, vous ne pouvez pas vous en emp\u00eacher. Regardez, et vous verrez des hommes morts ou bless\u00e9s, des hommes fracass\u00e9s ou br\u00fbl\u00e9s. Des hommes debout qui se battent, une sinistre d\u00e9termination se lisant sur leur visage fig\u00e9 comme s&rsquo;ils avaient d\u00e9couvert en eux, des choses avec lesquelles il sera difficile de vivre, plus tard, et des hommes effray\u00e9s \u00e0 en perdre la raison, \u00e9tendu face contre terre, pleurant dans l&rsquo;herbe. Des soldats de l&rsquo;Union qui battent en retraite dans le champ des hurlements, et des masses de soldats des deux camps, \u00e9tendus, serr\u00e9s les uns contre les autres dans le foss\u00e9 humide, entre les lignes, se passant et se repassant des bouteilles. Des fanions, des \u00e9tendards et des drapeaux d\u00e9chir\u00e9s par les balles faisant tous flotter fi\u00e8rement leurs couleurs vives au milieu de la fum\u00e9e et des flammes. Dans les bois de part et d&rsquo;autre du champ, les drapeaux verts et jaunes des h\u00f4pitaux de campagne que le vent fait onduler surgissent \u00e7a et l\u00e0, attirant les bless\u00e9s vers eux, comme d&rsquo;horribles fleurs h\u00e9liotropes. Les chirurgiens sont au travail, les bras nus, Leurs poings blancs serrant fort les poign\u00e9es de leur scies.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>La condition d&rsquo;esclave.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Dexter ferme les yeux, les ouvre \u00e0 nouveau. Il ne s&rsquo;appelle plus Dexter. Ils lui ont pris cette identit\u00e9 il y a six mois, quand ils l&rsquo;ont mutil\u00e9, parce qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas baiss\u00e9 les yeux assez vite au moment o\u00f9 la ma\u00eetresse \u00e9tait sortie dans la cour. Le ma\u00eetre avait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement inquiet, particuli\u00e8rement attentif \u00e0 la fa\u00e7on dont la guerre se d\u00e9roulait et il avait fait emmener Dexter dans la grange. Ils l&rsquo;avaient immobilis\u00e9e. Le souvenir bref de la lame. Une courbe m\u00e9tal, argent\u00e9e et cruelle comme un croissant de lune, vive et glac\u00e9e contre ses cuisses, et puis la chaleur de son sang, qui se r\u00e9pand dessus..<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Gallmeister, 347 pages, octobre 2017 Traduit de l&rsquo;am\u00e9ricain par Fran\u00e7ois Happe. 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