{"id":21818,"date":"2026-07-22T06:15:35","date_gmt":"2026-07-22T04:15:35","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21818"},"modified":"2026-07-22T09:36:27","modified_gmt":"2026-07-22T07:36:27","slug":"le-sigisbee-mathilde-desache","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21818","title":{"rendered":"Le Sigisb\u00e9e   &#8211; Mathilde DESACH\u00c9"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21826\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_0905-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Finitude, 151 pages, novembre 2025<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\">m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/a>.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\"><em>Nous avons le droit de para\u00eetre idiote, si ce n&rsquo;est souvent le devoir&#8230; mais nous ne devons pas l&rsquo;\u00eatre. Savoir compter, pour une femme, c&rsquo;est capitale.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Voici un deuxi\u00e8me petit roman \u00e9pistolaire r\u00e9ussi. Il avait \u00e9videmment toute sa place dans le th\u00e8me roman historique de notre club de lecture.<\/p>\n<p>\u00a0Est ce que je suis la seule \u00e0 avoir d\u00e9couvert ce mot \u00ab&#160;sigisb\u00e9e&#160;\u00bb avec ce roman&#160;?<br \/>\nL&rsquo;\u00e9crivaine a beaucoup de talent pour nous expliquer le r\u00f4le de ces hommes dans la R\u00e9publique de Venise&#160;: ils \u00e9taient les compagnons des femmes de la haute soci\u00e9t\u00e9 et les suivaient toute la journ\u00e9e plus proches souvent que leur \u00e9poux. Il est bon de rappeler que ces jeunes femmes \u00e9taient souvent mari\u00e9es \u00e0 des hommes tr\u00e8s vieux (toujours riches) et certains aimaient que leurs \u00e9pouses fr\u00e9quentent des salons, des th\u00e9\u00e2tres, des bals avec leur sigisb\u00e9e sans eux. De l\u00e0, \u00e0 supposer des mariages \u00e0 trois, il y a un pas que la romanci\u00e8re a bien le droit de franchir pour notre plus grand plaisir&#160;! Ce qui est vrai c&rsquo;est que l&rsquo;existence des sigisb\u00e9es ont donn\u00e9 aux v\u00e9nitiennes la r\u00e9putation de femmes aux m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res et (notre grand&#160;!) Napol\u00e9on en d\u00e9truisant la R\u00e9publique de Venise, a contribu\u00e9 \u00e0 supprimer cette tradition.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteure invente un pass\u00e9 \u00e0 une femme tendrement aim\u00e9 par Henri Beyle, Giulia Reinieri, (ou Quierini) pour notre roman.<\/p>\n<p>C&rsquo;est sa m\u00e8re, Caterina Contarini Querini, qui \u00e9crit des lettres adress\u00e9es \u00e0 Henri Beyle, \u00e0 Giulia et aussi \u00e0 Fran\u00e7ois de La Motte qui fut son Sigisb\u00e9e. On d\u00e9couvre une femme courageuse, issue d&rsquo;une famille tr\u00e8s riche de la noblesse v\u00e9nitienne, son p\u00e8re la marie \u00e0 Giovanni Querini, dont elle est follement amoureuse. H\u00e9las cet homme est un joueur compulsif et ruinera sa famille, malgr\u00e9 leur \u00e9norme fortune.<\/p>\n<p>Pendant 150 pages, on d\u00e9couvre la vie des nobles de Venise, leurs distractions, mais aussi la chute de leur ch\u00e8re R\u00e9publique quand Napol\u00e9on a d\u00e9cid\u00e9 de s&#8217;emparer de leur ville. On d\u00e9couvre aussi combien le statut des femmes peut basculer rapidement, sans le soutien de son fils, Caterina aurait finie dans un couvent enferm\u00e9e \u00e0 tout jamais.<\/p>\n<p>Une fiction certes qui ne s&rsquo;appuie que sur l&rsquo;amour de Stendhal et de Giulia, mais une fiction que cette auteure rend cr\u00e9dible, j&rsquo;ai trouv\u00e9 le portrait de Giulia sur un article de Wikip\u00e9dia et o\u00f9 on peut lire aussi la phrase qui sous-tend le roman&#160;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab&#160;Je sais bien et depuis longtemps que tu es laid et vieux, mais je t\u2019aime&#160;\u00bb<\/em><sup id=\"cite_ref-98\" class=\"reference\"><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/1\/18\/Giulia_Rinieri_de%27_Rocchi.jpg\/250px-Giulia_Rinieri_de%27_Rocchi.jpg\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un moment de lecture agr\u00e9able et un v\u00e9ritable talent pour faire revivre une \u00e9poque, c&rsquo;est un premier roman tr\u00e8s prometteur.<\/p>\n<p>Il m&rsquo;a manqu\u00e9 un petit rien pour lui attribuer 5 coquillages.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<p>D\u00e9but du prologue.<\/p>\n<blockquote>\n<div><em>\u00ab&#160;Couvent de San Zaccaria,Venise,<\/em><\/div>\n<div><em>Le 28 septembre 1813<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>Signora,<\/em><\/div>\n<div><em>Je m&rsquo;appelle Caterina Contarini Querini, un nom qui, probablement ne vous dit rien. J&rsquo;ai imagin\u00e9 mille mani\u00e8res de vous dire qui je suis avant de me r\u00e9soudre \u00e0 commencer par le plus important je suis votre m\u00e8re., vous \u00eates mon enfant perdu depuis quinze ans.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<h3>D\u00e9but du roman.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00ab&#160;Ca&rsquo;Querini, Venise<\/em><\/div>\n<div><em>Le 27 janvier 1827<\/em><\/div>\n<div><em>Signor Beyle,<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Votre lettre, bien trop br\u00e8ve, m&rsquo;est parvenue ce jour. Enfin&#160;! Il vous aura fallu presque quinze ans pour retrouver Giulia. Et encore, par hasard, me dites-vous. Vous y voyez un signe de la mis\u00e9ricorde de notre Seigneur. Pas moi. Qu&rsquo; Il m&rsquo;ait fait attendre presque trente ans pour retrouver ma fille, trente ans pour m&rsquo;absoudre de mes p\u00e9ch\u00e9s, je Le trouve bien cruel. Je ne m\u00e9ritais pas une telle punition, d&rsquo;autant que la vie, qui s&rsquo;est bien charg\u00e9 de me faire payer le prix de mes erreurs.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Statut des femmes et de leur sigisb\u00e9e avant Napol\u00e9on.<\/h3>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Giovanni \u00e9tait mon \u00e9poux. Fran\u00e7ois \u00e9tait mon sigisb\u00e9e, il avait un statut reconnu par ma famille, par nos relations, par l&rsquo;\u00c9glise v\u00e9nitienne et par la R\u00e9publique. On ne pouvait que lui reprocher sa condition d&rsquo;\u00e9tranger, cela s&rsquo;av\u00e9rait contraire aux usages, mais au moins, \u00e9tait-il d&rsquo;ascendance noble et n&rsquo;\u00e9tait pas militaire, rien de scandaleux donc. Qu&rsquo;il exist\u00e2t ou non des sentiments autres que du respect et de l&rsquo;admiration entre nous deux, entre nous trois devrais-je dire, relevait de la sph\u00e8re priv\u00e9e et ne concernait personne d&rsquo;autre que Giovanni, lui et moi. Dans la Venise de l&rsquo;\u00e9poque, celle d&rsquo;avant l&#8217;empereur Napol\u00e9on, celle que j&rsquo;appelle ma Venise, nous \u00e9tions libres d&rsquo;aimer, nous, les femmes.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0J&rsquo;aimais pencher ma t\u00eate dans le creux du cou de l&rsquo;un pour lui chuchoter une fac\u00e9tie, voir sa bouche s&rsquo;\u00e9tirer en un sourire et humer son parfum d&rsquo;homme. J&rsquo;aimais me hisser sur la pointe des pieds pour d\u00e9poser un baiser sur la joue de l&rsquo;autre. Je serrais fermement leurs bras pour marquer mon territoire, pour me rassurer&#160;: ces hommes \u00e9taient \u00e0 moi.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;amour.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>M\u00eame l&rsquo;amour ne change pas les hommes. Il ne change que le regard, que l&rsquo;on porte sur eux. Il faut du temps pour le comprendre et l&rsquo;accepter&#8230;<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Le r\u00f4le d&rsquo;un sigisb\u00e9e.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Un bon sigisb\u00e9e assistait au petit d\u00e9jeuner et \u00e0 la toilette de sa dame, et lui faisait la conversation tout du long, afin que lui ait fait de lui \u00e9viter la lassitude in\u00e9luctable, r\u00e9sultant de ses t\u00e2ches quotidiennes. En toute pudeur, bien s\u00fbr, il y avait toujours une femme de chambre, et des paravents pour masquer ce qu&rsquo;il y avait \u00e0 masquer et respecter les convenances.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Finitude, 151 pages, novembre 2025 Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. &nbsp; Nous avons le droit de para\u00eetre idiote, si ce n&rsquo;est souvent le devoir&#8230; mais nous ne devons pas l&rsquo;\u00eatre. Savoir compter, pour une femme, c&rsquo;est capitale. Voici un deuxi\u00e8me petit roman \u00e9pistolaire r\u00e9ussi. 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