{"id":21525,"date":"2026-05-28T06:45:53","date_gmt":"2026-05-28T04:45:53","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21525"},"modified":"2026-05-21T20:16:23","modified_gmt":"2026-05-21T18:16:23","slug":"les-yeux-dans-les-arbres-barbara-kingslover","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21525","title":{"rendered":"Les yeux dans les arbres    &#8211; Barbara KINGSLOVER"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/IMG_0846-1-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21538\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/IMG_0846-1-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/IMG_0846-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21537\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/IMG_0846-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/IMG_0846-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/IMG_0846-300x225.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n<em>\u00c9ditions Albin Michel, 578 pages, octobre 2025<\/em><\/p>\n<p><em>traduction r\u00e9vis\u00e9e de l&rsquo;am\u00e9ricain par Guillemette Belleteste<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a> De cette \u00e9crivaine am\u00e9ricaine j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 lu \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=13063\">des vies \u00e0 d\u00e9couvert<\/a>\u00ab&#160;, j&rsquo;ai assez bien aim\u00e9 ce roman, mais que c&rsquo;est long&#160;! Il y a vraiment quelque chose qui ne passe pas entre les romans am\u00e9ricains et moi. Les auteurs ont besoin de tellement de pages pour installer leur r\u00e9cit, que j&rsquo;y vois une forme de pr\u00e9tention, comme si, ce qu&rsquo;ils \u00e9crivaient, m\u00e9ritaient bien que les lectrices ou lecteurs restent avec leur \u0153uvre plus longtemps que pour un roman europ\u00e9en&#160;: on est en Am\u00e9rique, pays o\u00f9 tout est plus grand qu&rsquo;ailleurs m\u00eame les romans.<\/p>\n<p>Mon agacement \u00e9tant pass\u00e9, je dois dire que j&rsquo;ai bien aim\u00e9 cette lecture et la fa\u00e7on dont cette autrice raconte les \u00e9v\u00e8nements qui ont secou\u00e9 le Congo lors de son ind\u00e9pendance en 1961. La famille d&rsquo;un pasteur compl\u00e8tement azimut\u00e9 entra\u00eene sa famille au Congo pour annoncer la bonne parole de J\u00e9sus \u00e0 une population qui n&rsquo;en a rien \u00e0 faire, et qui surtout refuse le bapt\u00eame dans une rivi\u00e8re infest\u00e9e de crocodiles. Le roman est racont\u00e9 du point de vue de sa femme, Orleanna, leur a\u00een\u00e9e Rachel, les jumelles, Adah et Leah, et la petite derni\u00e8re Ruth May.<\/p>\n<p>Quand ils arrivent en 1959, toute la famille vit sous la f\u00e9rule de ce Pasteur intransigeant et les enfants ne remettent pas en cause ses principes religieux. L&rsquo;Afrique va tr\u00e8s vite attaquer tous les beaux discours de ce Nathan, plus abruti que la moyenne des pasteurs baptistes. Il refusera de partir au moment de l&rsquo;ind\u00e9pendance mettant sa famille dans une situation proche de la famine. Finalement la mort de le petite derni\u00e8re provoquera le d\u00e9part de sa femme avec Adah.<\/p>\n<p>Chaque protagoniste de cette histoire apporte un \u00e9clairage diff\u00e9rent&#160;:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Rachel l&rsquo;a\u00een\u00e9 est l&rsquo;adolescente typique am\u00e9ricaine , elle est sotte et ne pense qu&rsquo;\u00e0 ses beaux yeux bleus et ses cheveux blonds , si, d\u00e9j\u00e0, l&rsquo;auteure avait \u00e9vit\u00e9 ce personnage peu cr\u00e9dible, elle aurait all\u00e9g\u00e9 d&rsquo;autant son r\u00e9cit.<\/li>\n<li>Leah, est une enfant intelligente et qui veut comprendre le monde qui l&rsquo;entoure , elle est au d\u00e9part compl\u00e8tement soumise \u00e0 son p\u00e8re, mais c&rsquo;est elle qui le rejettera le plus fort et c&rsquo;est aussi gr\u00e2ce \u00e0 elle que le lecteur comprendra le mieux ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 au moment de l&rsquo;ind\u00e9pendance. Elle se marie avec un congolais et fera sa vie avec lui plut\u00f4t en Angola pour \u00e9viter la milice de Mobutu.<\/li>\n<li>Adah sa s\u0153ur jumelle est n\u00e9e avec un demi cerveau et ne parle pas, mais on apprendra plus tard qu&rsquo;en fait elle est tout \u00e0 fait normale et deviendra m\u00e9decin gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9tudes brillantes aux USA.<\/li>\n<li>Ruth May joue avec les petits congolais et semble heureuse parmi eux, malheureusement elle ne prend pas ses m\u00e9dicaments contre la malaria. Elle sera tr\u00e8s malade et finalement mourra d&rsquo;une morsure de serpent. Sa mort provoquera , enfin, le r\u00e9veil de sa m\u00e8re.<\/li>\n<li>La m\u00e8re est de plus en plus paniqu\u00e9e par la peur pour ses filles, elle doute de plus en plus des capacit\u00e9s de son mari et ressent une \u00e9norme culpabilit\u00e9 \u00e0 ne pas \u00eatre partie plus vite. Elle a un regard plus ouvert que son mari sur les Africains et \u00e0 son retour elle luttera pour les droits civiques des noirs aux USA.<\/li>\n<li>Nathan le p\u00e8re n&rsquo;est racont\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort seul dans une for\u00eat, \u00f4 combien inhospitali\u00e8re, par ces cinq femmes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo; int\u00e9r\u00eat du roman, c&rsquo;est le r\u00e9cit des \u00e9v\u00e8nements lors de l&rsquo;ind\u00e9pendance de ce pays qui avait \u00e9t\u00e9 colonis\u00e9 par la Belgique. Les Congolais \u00e9taient ravis d&rsquo;avoir vot\u00e9 pour Patrice Lumumba, qui est devenu pr\u00e9sident de la r\u00e9publique. Les Am\u00e9ricains qui avaient peur que la richesse de ce pays passent dans les mains des communistes russes, fomentent un coup d&rsquo;\u00e9tat et impose le tristement c\u00e9l\u00e8bre le dictateur Mobutu. Commence alors une r\u00e9pression f\u00e9roce dont sera victime Anatole l&rsquo;instituteur mari de Leah.<\/p>\n<p>On voit aussi dans ce roman la difficult\u00e9 de vivre dans un pays entour\u00e9 d&rsquo;une nature totalement hostile, et dont la population est aussi victime de pr\u00e9jug\u00e9s bien ancr\u00e9 dans des traditions que rien ne peut affaiblir.<\/p>\n<p>Je recommande ce roman, si vous avez beaucoup de temps devant vous et que vous pouvez plus calmement que moi supporter le comportement \u00e9troit, stupide, raciste, pervers de Nathan Price pasteur de son \u00e9tat et am\u00e9ricain de surcroit .<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Imagine une ruine si \u00e9trange qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait jamais d\u00fb \u00eatre. D&rsquo;abord, repr\u00e9sente toi la for\u00eat. Je veux que tu en sois la conscience, que tu sois les yeux dans les arbres. Des f\u00fbts d&rsquo;\u00e9corce lisse et mouchet\u00e9e telles des b\u00eates musculeuses qui auraient pouss\u00e9 en d\u00e9pit du bon sens. Le moindre espace fourmille de vie&#160;: de d\u00e9licates grenouilles venimeuses aux peintures de guerre en forme de squelette, accol\u00e9es en pleine copulation, s\u00e9cr\u00e9tant leurs \u0153ufs pr\u00e9cieux sur les feuilles ruisselantes. Des lianes \u00e9tranglant leurs semblables dans leur \u00e9ternelle lutte pour la lumi\u00e8re du soleil. La respiration des singes. Le glissement du ventre d&rsquo;un serpent sur une branche. Une arm\u00e9e de fourmis d\u00e9bitant un arbre g\u00e9ant en grains uniformes qu&rsquo;elles entra\u00eenent vers d&rsquo;obscures profondeurs \u00e0 destination de leur reine vorace. \u00c0 laquelle r\u00e9pond un c\u0153ur de jeune plans surgit de souches pourries aspirant la vie de la mort. Cette for\u00eat se d\u00e9vore elle-m\u00eame, vivante \u00e0 jamais.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Arriv\u00e9e au village au Congo.(pour pouvoir emporter en avion toutes leurs affaires, la m\u00e8re et les filles portent le maximum d&rsquo;objets sur elles )<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Nous sommes rest\u00e9s un moment \u00e0 cligner des yeux, \u00e0 regarder fixement \u00e0 travers la poussi\u00e8re, une centaine de villageois sombres, minces et silencieux, qui oscillaient l\u00e9g\u00e8rement tels des arbres. Nous avions quitt\u00e9 la G\u00e9orgie au milieu d&rsquo;un \u00e9t\u00e9 de p\u00eachers en fleur, et nous nous retrouvions dans un inqui\u00e9tant brouillard ocre et sec, qui ne ressemblait strictement \u00e0 rien de ce que nous connaissions en mati\u00e8re de saison. Avec toutes nos couches de v\u00eatements nous devions ressembler \u00e0 une famille d&rsquo;Esquimaux l\u00e2ch\u00e9s dans la jungle.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Mais c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 notre fardeau et nous avions besoin de tant de choses ici. Chacune de nous arrivait charg\u00e9e en outre d&rsquo;un objet qui la meurtrissait sous ses v\u00eatements&#160;: un marteau \u00e0 pied de biche, un recueil de cantiques baptistes, ces pr\u00e9cieux objets occupant l&rsquo;espace lib\u00e9r\u00e9 par quelques frivolit\u00e9s que nous avions trouv\u00e9 la force de laisser derri\u00e8re nous. Notre voyage s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une difficile recherche d&rsquo;\u00e9quilibre. Mon p\u00e8re, bien s\u00fbr apportait la parole de Dieu, qui, elle, heureusement ne p\u00e8se rien du tout&#8230;<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Les noirs vus par la plus jeune.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>No\u00e9 a condamn\u00e9 tous les enfants de Cham \u00e0 \u00eatre des esclaves pour toujours, toujours. C&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;ils sont devenus noirs.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Chez nous, en G\u00e9orgie, ils ont leur \u00e9cole \u00e0 eux, comme \u00e7a ils peuvent pas faire les malins \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Rachel ou \u00e0 celle de L\u00e9a et Adah. L\u00e9a et Adah sont surdou\u00e9es, mais il faut quand m\u00eame qu&rsquo;elles aillent \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole comme tout le monde. Mais pas les enfants de couleur, le monsieur de l&rsquo;\u00e9glise dit qu&rsquo;ils sont pas comme nous, qu&rsquo;ils doivent rester de leur c\u00f4t\u00e9. Jimmy Crow a dit \u00e7a, et c&rsquo;est lui qui fait le r\u00e8glement. Ils ont pas loin non plus d&rsquo;entrer au restaurant de White Castel, ou maman nous emm\u00e8nent boire du Coca ou au zoo. Leur jour de zoo, c&rsquo;est jeudi. C&rsquo;est dans la Bible..<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Le perroquet, Mathusalem, jour de pluie. Humour<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00c0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, nous disposons d&rsquo;une longue galerie ombreuse que notre m\u00e8re originaire du Mississipi appelle \u00ab&#160;v\u00e9randa&#160;\u00bb. Mes s\u0153urs et moi, nous adorons tra\u00eener l\u00e0 dans nos hamacs, et nous avions h\u00e2te d&rsquo;y retourner m\u00eame le jour de notre premi\u00e8re pluie. Mais les rafales soufflaient en diagonale, fouettant les murs et le pauvre Mathusalem indistinctement. Lorsque ses cris devinrent par trop path\u00e9tiques et insupportables, notre m\u00e8re, le visage ferm\u00e9, rentra sa cage \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et la posa pr\u00e8s de la fen\u00eatre, o\u00f9 l&rsquo;oiseau poursuivit ses commentaires \u00e9tatiques. Le r\u00e9v\u00e9rend se mit \u00e0 soup\u00e7onner cette tapageuse cr\u00e9ature, non contente d&rsquo;\u00eatre papiste, de f\u00e9minitude latente.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>D&rsquo;o\u00f9 le titre.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>J&rsquo;examine mes filles, aujourd&rsquo;hui adultes, cherchant chez elles le signe d&rsquo;une certaine forme de paix.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Comment est-elle fait, alors je suis rest\u00e9 traqu\u00e9e par la crainte d&rsquo;\u00eatre jug\u00e9e&#160;? Les yeux dans les arbres donnent sur mes r\u00eaves. De jour, ils surveillent mes mains d\u00e9form\u00e9e pendant que je gratte le sol de mon petit jardin humide. Qu&rsquo;attends-tu de moi&#160;? Quand je l\u00e8ve les yeux avec mon regard de vieille folle, quand je parle toute seule que veux-tu que je te dise&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div>\n<h3>Charmant programme&#160;!<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>La Bible dit&#160;:<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0\u00ab&#160;Dieu dit aussi \u00e0 la femme&#160;: Je vous affligerai de plusieurs maux pendant votre grossesse&#160;; vous enfanterez dans la douleur. Vous serez sous la puissance de votre mari et il vous dominera.&#160;\u00bb<br \/>\n<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>L&rsquo;horrible pasteur.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Une fois priv\u00e9s de notre allocation et de tout contact avec le monde ext\u00e9rieur \u00e0 cause de l&rsquo;ind\u00e9pendance, il apparut que le projet de Dieu voulait que M\u00e8re et Ruth May soient malades \u00e0 en fr\u00f4ler le tr\u00e9pas. Br\u00fblantes, couvertes de taches, la langue charg\u00e9e, \u00e9puis\u00e9e \u00e9voluant au ralenti, elles atteignirent la limite la plus extr\u00eame de ce que l&rsquo;on imagine g\u00e9n\u00e9ralement, constituer un corps humain en vie.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Le r\u00e9v\u00e9rend semblait ne pas s&rsquo;en pr\u00e9occuper. Il poursuivait son \u0153uvre missionnaire, laissant ses trous a\u00een\u00e9es en charge du foyer, pendant qu&rsquo;il s&rsquo;en allait visiter les \u00e2mes en p\u00e9ril ou voir Anatole dans le but d&rsquo;imposer un enseignement biblique au jeune gar\u00e7on. Ah, cette fameuse bible ou n&rsquo;importe quelle \u00e2ne dot\u00e9 d&rsquo;une m\u00e2choire rencontre son heure de gloire. Anatole, \u00e9videmment n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s chaud. Souvent le r\u00e9v\u00e9rend se contentait de sortir et d&rsquo;arpenter seul la rive du fleuve pendant des heures, soumettant ses sermons aux jugements des lis des champs qui les comprenaient \u00e0 peu pr\u00e8s aussi bien que ses fid\u00e8les et qui, franchement se montraient un bien meilleur auditoire.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>La diff\u00e9rence entre le colonis\u00e9 et le colonisateur vu par une enfant.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\n<p>\u00a0<em>Je pensais \u00e0 la demeure des Underdown, , \u00e0 L\u00e9opoldville avec ses tapis persans son service \u00e0 th\u00e9 en argent et ses petits biscuits au chocolat, entour\u00e9 de kilom\u00e8tres de bidonvilles et d&rsquo;affam\u00e9s. Peut-\u00eatre que des jeunes aux pieds nus arpentaient cette maison au m\u00eame moment, pillant le placard \u00e0 provisions presque vide et mettant le feu aux rideaux dans une cuisine qui sentait encore le savon d\u00e9sinfectant de la ma\u00eetresse de maison. Je ne pouvais affirmer qui avait tort, qui avait raison. Je voyais bien ce que voulait dire Anatole en parlant de boa et de poules vivant au m\u00eame endroit&#160;: vous pouviez suivre \u00e0 la trace les \u00e9cailles ventrales de la haine. Je jetai nerveusement un coup d&rsquo;\u0153il vers notre propre habitation sans tapis ni argenterie, mais cela avait-il tant d&rsquo;importance&#160;? J\u00e9sus nous prot\u00e8gerait-Il&#160;? Lorsqu&rsquo;Il sonderait nos c\u0153urs pour juger de notre valeur, y trouverait-Il de l&rsquo;amour pour nos prochains congolais ou du d\u00e9dain.<\/em><\/p>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Albin Michel, 578 pages, octobre 2025 traduction r\u00e9vis\u00e9e de l&rsquo;am\u00e9ricain par Guillemette Belleteste De cette \u00e9crivaine am\u00e9ricaine j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 lu \u00ab&#160;des vies \u00e0 d\u00e9couvert\u00ab&#160;, j&rsquo;ai assez bien aim\u00e9 ce roman, mais que c&rsquo;est long&#160;! Il y a vraiment quelque chose qui ne passe pas entre les romans am\u00e9ricains et moi. Les auteurs ont besoin <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=21525\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[430,44,442,321,354,164,191,231,167,295,313,421,28,365,273,254,116,104,198,49,347],"tags":[],"class_list":["post-21525","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-430","category-3-coquillages","category-afrique","category-amitie","category-amour","category-cia","category-civilisation-traditionnelle","category-colonisation","category-condition-de-la-femme","category-destruction-de-la-nature","category-difference-sociale","category-engagement-politique-engagement-politique","category-auteur-americain","category-fanatisme","category-horreurs-de-la-guerre","category-monde-rural","category-nature","category-racisme","category-rapport-familaux","category-roman","category-violence"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21525","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21525"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21525\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21527,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21525\/revisions\/21527"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21525"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21525"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21525"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}