{"id":21245,"date":"2026-04-02T06:48:14","date_gmt":"2026-04-02T04:48:14","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21245"},"modified":"2026-02-10T11:53:18","modified_gmt":"2026-02-10T10:53:18","slug":"la-tournee-maxime-rossi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21245","title":{"rendered":"La tourn\u00e9e. &#8211; Maxime Rossi"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21251\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_0820-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>\u00c9dition l\u2019iconoclaste, 180 pages, octobre 2025.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Une fois encore, c\u2019est <a href=\"https:\/\/bookin-ingannmic.blogspot.com\/2026\/01\/la-tournee-maxime-rossi.html\">Ingannmic<\/a> qui a pr\u00e9sent\u00e9 ce roman et m\u2019a tent\u00e9e. Maxime Rossi d\u00e9crit une journ\u00e9e d\u2019un infirmier lib\u00e9ral qui, en Ard\u00e8che, se rend chez ses patients pour leur apporter r\u00e9confort et soins. Il y a beaucoup de l\u2019\u00e9crivain dans ce roman, car il a puis\u00e9 son inspiration dans sa vie&#160;: comme lui l\u2019infirmier est un ancien libraire, comme lui, il exerce en Ard\u00e8che, mais l\u2019auteur tient \u00e0 dire que c\u2019est un roman que, chaque personne et chaque situation sont la quintessence de ce qu\u2019il a connu sans en \u00eatre l\u2019exacte repr\u00e9sentation. Maxime Rossi sait tr\u00e8s bien raconter la France rurale qui se meurt sans bruit. Ses descriptions de la nature sont tr\u00e8s belles, et l\u2019humanit\u00e9 est r\u00e9confortante m\u00eame quand elle souffre. La galerie de portraits des gens qu\u2019ils croisent ont en commun de beaucoup souffrir, et d\u2019\u00eatre d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration compl\u00e8tement diff\u00e9rente de celle d\u2019aujourd\u2019hui. Cette g\u00e9n\u00e9ration avait un savoir manuel inutile aujourd\u2019hui, elle avait su mettre en valeur une r\u00e9gion ingrate pour nourrir la population des alentours. Ce livre est riche de tous les humains qu\u2019il croise, et je lis et relis avec plaisir certains portraits, surtout ceux des femmes qui ont lutt\u00e9 toute leur vie pour rester optimistes.<\/p>\n<p>L\u2019infirmier voit aussi la nature reprendre ses droits sur les am\u00e9nagements que les g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es avaient construites \u00e0 force d\u2019efforts titanesques&#160;: comme les terrasses appel\u00e9es \u00ab&#160;fa\u00efsses&#160;\u00bb. Pendant ses trajets , il \u00e9coute de la musique, plut\u00f4t une musique l\u00e9g\u00e8re et entra\u00eenante.<\/p>\n<p>La fa\u00e7on dont ce roman raconte les corps vieillissants m\u2019a beaucoup touch\u00e9e. L\u2019auteur doute beaucoup du r\u00f4le des h\u00f4pitaux et des Ehpads dans les soins. Ce qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 avoir des doutes \u00e0 propos du suicide assist\u00e9, il pense que ce qu\u2019il conna\u00eet des h\u00f4pitaux actuels ne sauront pas accompagner humainement la fin de vie des patients.<br \/>\nTout le roman, l\u2019auteur d\u00e9crit aussi, sa propre famille, avec un p\u00e8re alcoolique qui fait tout pour se d\u00e9truire. Heureusement, il a aussi une \u00e9pouse institutrice qui est un vrai de rayon de soleil.<\/p>\n<p>Un beau roman, tr\u00e8s sensible et qui ouvre beaucoup de questions, sur la solitude en milieu rural, sur le vieillissement des corps et la fin de vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but .<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Tout passe, c&rsquo;est ce que m&rsquo;a enseign\u00e9 la rivi\u00e8re. Les images et les voix, les sensations se maintiennent vivantes, un temps pour venir au secours de notre tristesse, puis elle s&rsquo;en vont doucement, sans s&rsquo;effacer, elles deviennent des s\u00e9diments de la m\u00e9moire &#8211; notre m\u00e9moire semblable \u00e0 un paysage de rivi\u00e8re, perp\u00e9tuellement remodel\u00e9 par les crues, les d\u00e9bordements qui s&rsquo;\u00e9panchent dans les larmes, les cris ou le silence, le moyen qu&rsquo;a chacun d&rsquo;exprimer sa souffrance. J&rsquo;ai tant de visage en t\u00eate&#160;; mais je n&rsquo;ai pas pleur\u00e9 depuis bien longtemps.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>La vieillesse.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0La v\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est que loin d&rsquo;associer la vieillesse \u00e0 une d\u00e9cr\u00e9piccude, j&rsquo;ai toujours trouv\u00e9 qu&rsquo;elle magnifiait les corps, sans doute parce que j&rsquo;ai eu des grands-parents extraordinaires. Pour moi il est peu de choses aussi touchantes que la fragilit\u00e9 des vieux, leur mani\u00e8re de se mouvoir, comme \u00e9conome d&rsquo;une vie qu&rsquo;ils savent pr\u00e9cieuse. Il est peu de choses aussi belles qu&rsquo;un visage parchemin\u00e9, dont les sillons traduisent les souffrances et les joies, et dont les rides au coin des yeux ont \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9es par le bonheur de traverser l&rsquo;existence.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Son grand p\u00e8re .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Mon grand-p\u00e8re \u00e9tait m\u00e9decin de campagne et je l&rsquo;adorais tout autant. C&rsquo;\u00e9tait un humaniste pessimiste, d&rsquo;aucun dirait que c&rsquo;\u00e9tait un misanthrope, je dirais plut\u00f4t qu&rsquo;il \u00e9tait sans doute d\u00e9\u00e7u par l&rsquo;humain, pour l&rsquo;avoir c\u00f4toy\u00e9 jusque dans ces secrets inavouables. Lui et moi savions combien l&rsquo;individu peut se r\u00e9v\u00e9ler vil, et sa capacit\u00e9 \u00e0 oublier qu&rsquo;il l&rsquo;est. Et lui et moi savions combien l&rsquo;individu peut se r\u00e9v\u00e9ler bon, et parfois bon et vil par alternance, dans diff\u00e9rentes strates de l&rsquo;existence. Il s&rsquo;est empoisonn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quatre-vingt-huit ans. Ma m\u00e8re l&rsquo;a trouv\u00e9 sur le sol, un jus noir \u00e0 la bouche, nu comme au jour de sa naissance. Sur son bureau, l&rsquo;\u00e9valuation g\u00e9riatrique qui le condamnait \u00e0 l&rsquo;Ehpad, lui qui avait \u00e9t\u00e9 g\u00e9riatre d&rsquo;un petit h\u00f4pital. Au moins, avait-il le luxe de pouvoir se suicider.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Les Ehpads.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>En quittant ce coin de campagne, je passe devant la sinistre fa\u00e7ade de l&rsquo;Ehpad des Lavandes. Je n&rsquo;ai jamais compris pourquoi ces lieux ou la vie se fane, portent des noms floraux.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Les \u00ab&#160;\u00e9crivants&#160;\u00bb .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Les libraires ne connaissent que trop bien ce genre de personnages affili\u00e9 \u00e0 la caste des \u00ab&#160;\u00e9crivants&#160;\u00bb. Le genre de type qui parodient l&rsquo;intelligentsia des salons et vous disent avec onctuosit\u00e9 qu&rsquo;ils sont \u00ab&#160;entr\u00e9s en litt\u00e9rature&#160;\u00bb , comme on entrerait dans les ordres. Chaque fois je le vois, je ne peux pas m&#8217;emp\u00eacher de penser \u00e0 un ancien employeur qui avait fait fortune dans la publication \u00e0 compte d&rsquo;auteurs. \u00c0 la mani\u00e8re d&rsquo;un Christophe Rocquencourt des lettres, il ne cachait pas que la vanit\u00e9 des artistes \u00e9tait ce sur quoi il prosp\u00e9rait, et que dans ce domaine, le filon \u00e9tait in\u00e9puisable<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9dition l\u2019iconoclaste, 180 pages, octobre 2025. Une fois encore, c\u2019est Ingannmic qui a pr\u00e9sent\u00e9 ce roman et m\u2019a tent\u00e9e. Maxime Rossi d\u00e9crit une journ\u00e9e d\u2019un infirmier lib\u00e9ral qui, en Ard\u00e8che, se rend chez ses patients pour leur apporter r\u00e9confort et soins. 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