{"id":21198,"date":"2026-03-19T06:52:32","date_gmt":"2026-03-19T05:52:32","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21198"},"modified":"2026-03-16T09:23:14","modified_gmt":"2026-03-16T08:23:14","slug":"le-monde-est-fatigue-joseph-incardona","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=21198","title":{"rendered":"Le monde est fatigu\u00e9  &#8211; Joseph INCARDONA"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21205\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/IMG_0813-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Finitude, 213 pages, septembre 2025<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\">m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/a><\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 un peu perdue dans un autre roman de cet auteur&#160;: <a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=19951\">Stella et l&rsquo;Am\u00e9rique,<\/a> mais j&rsquo;ai lu avec int\u00e9r\u00eat celui-ci, beaucoup moins d\u00e9jant\u00e9. Il est construit autour d\u2019un suspens classique mais bien men\u00e9&#160;: le r\u00e9cit d\u2019une vengeance. Une jeune femme suisse a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9e par le conducteur d&rsquo;une voiture tr\u00e8s puissante, une Lamborghini, alors qu&rsquo;elle \u00e9tait enceinte, elle est rest\u00e9e dans le coma pendant plusieurs ann\u00e9es et a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement reconstruite par la chirurgie, mais a perdu ses deux jambes au niveau des genoux, elle n&rsquo;a qu&rsquo;un but revoir au moins une fois sa fille qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e et se venger de celui qui l&rsquo;a rendue infirme. Un homme va l&rsquo;aider Matt&#160;: un homme ob\u00e8se d\u00e9tective priv\u00e9 qui est secr\u00e8tement amoureux d&rsquo;elle. En attendant , elle s&rsquo;est reconstruite en devenant une sir\u00e8ne qui se donne en spectacle dans le monde entier.<\/p>\n<p>Ce roman permet de d\u00e9crire, le pouvoir de l&rsquo;argent, la pollution de la mer par le plastique, et puis cette femme, on finit par la conna\u00eetre et s&rsquo;attacher \u00e0 elle. L\u2019auteur a gard\u00e9 un style particulier, il intervient dans son r\u00e9cit et ne se prend pas vraiment au s\u00e9rieux. Mais il d\u00e9crit tr\u00e8s bien la vie de la sir\u00e8ne et la difficult\u00e9 de cette activit\u00e9, en particulier l&rsquo;apn\u00e9e pendant plusieurs minutes. La description de l&rsquo;absurdit\u00e9 de la vie \u00e0 Duba\u00ef, cette ville construite dans un d\u00e9sert et visiter par tant de gens alors qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien \u00e0 voir, cela m&rsquo;a vraiment bien plu.<\/p>\n<p>La fin permet \u00e0 l&rsquo;auteur de faire revivre son talent d\u00e9jant\u00e9 , c&rsquo;est une v\u00e9ritable apoth\u00e9ose, mais j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s contente que \u00e7a se termine comme \u00e7a, m\u00eame si ce n&rsquo;est pas cr\u00e9dible. Un roman tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 lire, et qui correspond bien \u00e0 son titre, l&rsquo;auteur d\u00e9crit vraiment une monde fatigu\u00e9, voire \u00e9puis\u00e9 par l&rsquo;argent.<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Signe de temps, le Uber qui la conduit est un v\u00e9hicule hybride et le chauffeur m\u00e9tis s&rsquo;oriente avec un GPS. Son pr\u00e9nom \u00e0 elle, \u00cave, est un pseudonyme avec circonflexe sur le premier \u00ab&#160;e&#160;\u00bb&#160;: chacun est diff\u00e9rent, unique \u00e0 sa fa\u00e7on, et il faut le faire savoir.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<h3>\u00cave la sir\u00e8ne.<\/h3>\n<div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Les pales de l&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8re se sont immobilis\u00e9es, le moteur s&rsquo;est tu, remplac\u00e9 par les cris aigus des gamines surexcit\u00e9e. De jeunes connes pourries g\u00e2t\u00e9es qui deviendront de vieilles connes g\u00e2teuses. Mais \u00cave s&rsquo;en fout, supporte sans probl\u00e8me. Elle a un but dans la vie.<\/em><\/div>\n<div><em>Elle a un but.<\/em><\/div>\n<div><em>Et tout, tout, concourt \u00e0 cela.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00cave se tra\u00eene jusqu&rsquo;au petit bassin int\u00e9rieur reli\u00e9 \u00e0 la piscine. Les filles ne seront pas pr\u00eates avant une demi-heure, elle a le temps de nager librement, de s&rsquo;\u00e9chauffer dans l&rsquo;eau transparente.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>\u00cave glisse dans l&rsquo;eau ti\u00e8de, suit le faible courant menant au bassin qu&rsquo;elle rejoint en deux coups de nageoire, plonge d\u00e8s que le fond le permet. Elle se retourne, voit le ciel au-dessus de l&rsquo;eau, n&rsquo;entend plus ni les cris ni les voix aux intonations stupides.<\/em><\/div>\n<div><em>Et elle devient \u00cave la Sir\u00e8ne.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Le monde virtuel.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>&#160;\u00bb Tout \u00e7a, me d\u00e9sole, fait Matt. Toute cette ineptie. Cette machinerie virtuelle qui \u00e9touffe le bon sens. L&rsquo;autre jour, j&rsquo;\u00e9tais dans un resto, le serveur \u00e9tait l\u00e0, mais j&rsquo;ai ai d\u00fb passer par une application pour commander mon repas. C&rsquo;est m\u00eame lui qui m&rsquo;a montr\u00e9 comment faire sur mon t\u00e9l\u00e9phone, alors que j&rsquo;aurais pu lui \u00ab&#160;dire&#160;\u00bb ce que je voulais. L&rsquo;humanit\u00e9 croit s&rsquo;all\u00e9ger, en r\u00e9alit\u00e9 on s&rsquo;alourdit&#8230;&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>L&rsquo;\u00e9crivain suisse.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Zurich, d\u00e9tient le (triste&#160;?) palmar\u00e8s de la ville la plus ch\u00e8re au monde avec Singapour. Ainsi, c&rsquo;est un double effort qu&rsquo;on demande \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain suisse&#160;: non seulement \u00e9crire mais \u00e9galement faire preuve d&rsquo;une imagination accrue. Peu s&rsquo;en sortent. Du coup, on \u00e9crit moins de romans et beaucoup sur soi.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>De temps en temps l&rsquo;\u00e9crivain se met en sc\u00e8ne dans son roman.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>\u00c0 partir de l\u00e0, on va faire comme eux, se laisser aller \u00e0 des images, une synth\u00e8se des meilleurs moments de leur travers\u00e9e. Un point de vue cin\u00e9matographique en \u00ab&#160;jumping cut&#160;\u00bb et c&rsquo;est facile, on porte tous le cin\u00e9ma en nous, sur notre \u00e9cran int\u00e9rieur.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Puis suivent deux pages d&rsquo;images de cin\u00e9ma de deux personnes jeunes et belles sur un bateau dans un d\u00e9cor de r\u00eave pour aboutir \u00e0 la sc\u00e8ne finale.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Ext.nuit. (la derni\u00e8re) \u00cave et Jay dansent sous les \u00e9toiles, \u00cave un peu statique sur ses proth\u00e8ses, se tient \u00e0 une drisse ou \u00e0 la b\u00f4me ou \u00e0 un importe quoi d&rsquo;autre pour ne pas tomber. Elle bouge peu, mais elle danse, \u00e7a se voit au mouvement de ses bras, de ses hanches, de sa t\u00eate. Jay, lui se d\u00e9cha\u00eene, fait des bons sur les riffs de guitare diffus\u00e9s par les enceintes du bateau.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Et puisqu&rsquo;il faut bien terminer ce voyage qui a \u00e9t\u00e9 parfaitement rond comme le cercle de Giotto dessin\u00e9 \u00e0 main lev\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire une forme possible de la perfection. \u00cave demande&#160;:<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; \u00ab&#160;Voudrais-tu mourir avec moi Jay&#160;?&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<div><em>Jay r\u00e9pond&#160;:\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>&#160;\u00bb Pourquoi pas mais dans longtemps, \u00cave.&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>La pollution de la mer par le plastique.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il y a cinq endroits comme celui ci sur l&rsquo;ensemble des oc\u00e9ans du globe. Au total, ce sont 300 millions de tonnes de plastique, pris dans les gyres, d&rsquo;\u00e9normes tourbillons oc\u00e9aniques ou convergent les courants marins. Ce que tu vois est une toute petite partie visible celle qui nous permet de faire des images chocs, le reste est essentiellement constitu\u00e9 d&rsquo;une myriade de fragments, des microplastiques d&rsquo;un diam\u00e8tre inf\u00e9rieur \u00e0 5 millim\u00e8tres en suspension jusqu&rsquo;\u00e0 30 m de profondeur. M\u00eame \u00e0 11000, m\u00e8tres, trois quarts des poissons et sp\u00e9cimens marins en contiennent. Le tout est r\u00e9introduit dans le cycle naturel de l&rsquo;eau, on ingurgite 5 grammes de plastique par semaine, l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;une carte bancaire&#8230;<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Finitude, 213 pages, septembre 2025 Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0m\u00e9diath\u00e8que de Dinard J&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 un peu perdue dans un autre roman de cet auteur&#160;: Stella et l&rsquo;Am\u00e9rique, mais j&rsquo;ai lu avec int\u00e9r\u00eat celui-ci, beaucoup moins d\u00e9jant\u00e9. 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