{"id":20995,"date":"2026-02-12T06:30:33","date_gmt":"2026-02-12T05:30:33","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20995"},"modified":"2026-02-04T20:24:37","modified_gmt":"2026-02-04T19:24:37","slug":"le-nom-des-rois-charif-majdalani","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20995","title":{"rendered":"Le nom des rois   &#8211; Charif MAJDALANI"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21100\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/IMG_0798-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Stock, 215 pages, ao\u00fbt 2025.<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/club-de-lecture-de-dinard\">club de lecture<\/a>\u00a0de la\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\">m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Cet auteur a les honneurs de ma m\u00e9diath\u00e8que car c&rsquo;est dans le cadre du club de lecture que j&rsquo;ai lu&#160;: <a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=5682\">Villa des femmes<\/a> , <a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=10544\">Des vies possibles<\/a> , et en poche, j&rsquo;avais d\u00e9couvert avec grand plaisir <a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=10544\">L&#8217;empereur \u00e0 pied<\/a> .<\/p>\n<p>Ce livre-ci analyse avec une grande honn\u00eatet\u00e9 ce qu&rsquo;a repr\u00e9sent\u00e9 pour un jeune Libanais la guerre au milieu des ann\u00e9es 1970. Dans la premi\u00e8re partie, l&rsquo;enfant est encore au coll\u00e8ge et c&rsquo;est un jeune p\u00e9dant qui se distingue par une passion pour les faits de guerre de Napol\u00e9on et des diff\u00e9rents conqu\u00e9rants comme Alexandre. Il s&rsquo;amuse \u00e0 devenir un hyper sp\u00e9cialiste de ces p\u00e9riodes. Il a une autre passion, chercher les noms des rois dont les dynastie ont \u00e9t\u00e9 bien oubli\u00e9es. Il vit dans un milieu de commer\u00e7ant libanais o\u00f9 l&rsquo;argent est abondant et la vie tr\u00e8s facile. Ses parents re\u00e7oivent le tout Beyrouth et parfois des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s parisiennes. On sent dans la description qu&rsquo;il fait de la vie d&rsquo;alors, tout les regrets qu&rsquo;il \u00e9prouve de ce monde \u00e0 jamais disparu&#160;: le Liban (\u00ab&#160;la Suisse du Moyen Orient&#160;\u00bb) a \u00e9t\u00e9 un paradis et tous mes amis me l&rsquo;ont si souvent racont\u00e9.<\/p>\n<p>La famille s&rsquo;habitue peu \u00e0 peu aux \u00e9ruptions de violence et se r\u00e9fugie dans la montagne tenue par des milices chr\u00e9tiennes, la guerre semble encore assez loin. Quand la guerre, avec ses cohortes de violence, fera irruption dans la vie de la famille du narrateur&#160;; celui-ci rencontrera aussi l&rsquo;amour, mais surtout perdra toutes ses illusions sur la grandeur des conqu\u00e9rants qu&rsquo;il a tant admir\u00e9s dans son enfance. On peut dire qu&rsquo;il est devenu un homme avec dans le c\u0153ur les regrets que son cher pays n&rsquo;ait pas pu rester le paradis de son enfance.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un roman qui se lit tr\u00e8s facilement, le personnage m&rsquo;aga\u00e7ait dans la premi\u00e8re partie, cet enfant trop g\u00e2t\u00e9, et qui cherche \u00e0 se faire remarquer par un savoir qui ne sert qu&rsquo;\u00e0 le distinguer des autres, mais la deuxi\u00e8me partie permet de comprendre ce que l&rsquo;auteur a voulu expliquer. Comme son personnage, la guerre ,tant qu&rsquo;elle est loin de nous semble virtuelle et faite d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme et de coups d&rsquo;\u00e9clat. Mais quand on la vit au quotidien alors tout devient sale, honteux et m\u00eame sordide.<\/p>\n<p>Bref un livre important.<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je vivais dans la pourpre, au milieu des souverains azt\u00e8que et palmyr\u00e9ens, dans la folie des r\u00eaves d&rsquo;Alexandre le Grand et de Napol\u00e9on, mais ce devait \u00eatre une compagnie trop prenante car je fus longtemps tenu pour un gar\u00e7on solitaire, non seulement par mes parents, mais aussi par mes tantes paternelles, par les amies de ma m\u00e8re et m\u00eame par Nawal, notre cuisini\u00e8re, qui d\u00e9clarait sentencieusement, comme si c&rsquo;\u00e9tait sa propre d\u00e9couverte et son propre jugement, que je ferais bien de sortir un peu de tous ces livres qui m&rsquo;ab\u00eemaient les yeux et me rendaient idiot, pensant que je lisais des romans semblables aux feuilletons qu&rsquo;elle suivait le soir \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision quand mes parents sortaient.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Et pourtant c&rsquo;est vrai&#160;!<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>J&rsquo;habitais en ce temps-l\u00e0 un pays dont on se demande avec \u00e9tonnement aujourd&rsquo;hui s&rsquo;il a vraiment exist\u00e9. Les vieux march\u00e9s, la ville besogneuse que je traversais pour me rendre dans les magasins de mon p\u00e8re, le monde que recevait mes parents, tout cela \u00e9tait sur le point de dispara\u00eetre emport\u00e9 par la guerre et la violence. Mais nul ne s&rsquo;en souciaient vraiment, nul n&rsquo;y pensait, nul ne pouvait y croire ni m\u00eame l&rsquo;imaginer. \u00c0 ce moment-l\u00e0, et pour quelques ann\u00e9es encore, il s&rsquo;agissait de ce pays sur lequel j&rsquo;\u00e9crivais r\u00e9cemment que \u00ab&#160;nulle par ailleurs, les Trente s glorieuses ne m\u00e9rit\u00e8rent si \u00e9videmment leur nom. Tant \u00e0 cause des dates qui virent la naissance et la disparition du Liban de ce temps, entre 1945 et 1975, que pour les sommets atteints dans l&rsquo;opulence de ce bout de terre \u00e0 cette \u00e9poque.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>La guerre.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Le quotidien se transformait en quelque chose d&rsquo;in\u00e9dit, de neuf et de bizarre, une parenth\u00e8se au milieu de la normalit\u00e9, une mise \u00e0 mal de la routine, sans plus. Surtout, il y avait ce silence de l&rsquo;ext\u00e9rieur, la suspension de la rumeur de la ville, la rue totalement d\u00e9serte et par-dessus les toits, de temps \u00e0 autre, une rafale rageuse ponctu\u00e9e de loin en loin par une explosion, un ronflement p\u00e9nible, ou une d\u00e9tonation plus s\u00e8che qui interrompait bri\u00e8vement toutes nos activit\u00e9s, qui nous faisaient lever la t\u00eate et s&rsquo;interroger du regard les uns les autres.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Les premiers mois de ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas encore une guerre, ce monde ancien r\u00e9sista. Pourtant, lorsque je regarde aujourd&rsquo;hui les livres d&rsquo;histoire, je m&rsquo;aper\u00e7ois que ce que je vivais ne correspondait pas tout \u00e0 fait \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et qu&rsquo;indubitablement, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ce moment, tout semblait jou\u00e9, et nous nous pr\u00e9cipitions all\u00e8grement vers l&rsquo;ab\u00eeme. La violence que je ne pouvais soup\u00e7onner, et sur laquelle je ne me suis jamais pench\u00e9 en d\u00e9tail, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. Les enl\u00e8vements, la haine, les barricades, selon les livres, et les reportages photos nous enserraient d\u00e9j\u00e0. Mais dans la rue, au pied de l&rsquo;immeuble et m\u00eame au del\u00e0, dans la rue de Damas que je traversais pour aller jouer \u00e0 un jeu de soci\u00e9t\u00e9 chez Daussoy, tout \u00e9tait tranquille, comme sur l&rsquo;avenue qui arrivait du rond- point de Tayyoun\u00e9 et que je longeais pour monter chez Costa, achever une discussion sur la fin de la monarchie afghane ou sur la vraisemblance d&rsquo;une th\u00e9orie concernant la responsabilit\u00e9 sovi\u00e9tique dans l&rsquo;arrestation de Jean Moulin. Certes, la circulation \u00e9tait quasiment nulle, les rues ressemblaient \u00e0 de longs rubans de macadam vides bord\u00e9s de magasins ferm\u00e9s, et on pouvait marcher au milieu de la rue de Damas, qui habituellement \u00e9tait toujours en encombr\u00e9e. Certes aussi, on entendait des rafales tempestives et de sourdes explosions, mais cela semblait provenir d&rsquo;un autre espace g\u00e9ographique, d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 parall\u00e8le \u00e0 celle dans laquelle je continuais \u00e0 vivre.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9ditions Stock, 215 pages, ao\u00fbt 2025. 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