{"id":20712,"date":"2025-12-11T06:41:03","date_gmt":"2025-12-11T05:41:03","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20712"},"modified":"2025-12-16T17:54:05","modified_gmt":"2025-12-16T16:54:05","slug":"une-odeur-de-gingembre-oswald-wynd","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20712","title":{"rendered":"Une odeur de gingembre   -Oswald WYND"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-20714\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0776-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition folio (473 pages -\u00e9criture petits caract\u00e8res) (mai 2006 premi\u00e8re \u00e9dition en 1972)<\/em><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;anglais par Sylvie Servan-Shreiber<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Une amie est venue passer un petit Week End avec moi, et m&rsquo;a offert ce roman, quel plaisir de lecture, et cela ne m&rsquo;\u00e9tonne pas que ce soit elle qui m&rsquo;ait offert ce livre, elle adore tout ce qui vient de Grande Bretagne et adore les civilisations \u00e9trang\u00e8res. Un grand merci pour ce plaisir partag\u00e9.<\/p>\n<p>Je suppose que vous \u00eates nombreuses \u00e0 avoir d\u00e9j\u00e0 lu ce roman, je rappelle la trame narrative&#160;: Mary Mackenzie se marie avec Richard attach\u00e9 militaire en Chine, nous sommes en 1903. Son voyage est tr\u00e8s long (et un peu long \u00e0 lire aussi), mais d\u00e8s qu&rsquo;elle arrive en Chine, la fa\u00e7on dont elle d\u00e9crit ce pays rend son r\u00e9cit passionnant, tellement plus que son mariage. Elle aura une petite fille mais son mari est si peu pr\u00e9sent, qu&rsquo;elle vit un grand amour avec un chef militaire japonais dont elle attend un enfant. Son mari la chasse et lui enl\u00e8ve sa fille.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me partie du r\u00e9cit se passe au Japon car son amant avait suivi le parcours de sa ma\u00eetresse et elle peut vivre dans une petite maison , elle aura un fils Tomo qui comble de l&rsquo;horreur, lui sera retir\u00e9 par son mari. La voil\u00e0 seule au Japon o\u00f9 elle arrivera \u00e0 mener une vie ind\u00e9pendante le c\u0153ur d\u00e9chir\u00e9 par l&rsquo;absence de son enfant.<\/p>\n<p>Ce que je viens de dire n&rsquo;est qu&rsquo;une toute petite partie de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du roman. L&rsquo;auteur a lui m\u00eame une double origine&#160;: japonais et anglaise, il raconte tr\u00e8s bien \u00e0 la fois la culture \u00e9cossaise, britannique et les civilisations d&rsquo;Asie, chinoise et japonaise. Le roman m\u00e9lange les lettres que Mary a envoy\u00e9es \u00e0 sa m\u00e8re et son journal intime, elle d\u00e9crit la mis\u00e8re en Chine et le monde des d\u00e9l\u00e9gations \u00e9trang\u00e8res. On est si loin du regard habituel des colonisateur dominants, ou de touristes attir\u00e9s par l&rsquo;exotisme, Mary sait voir la mis\u00e8re et la d\u00e9crire, et s&rsquo;\u00e9tonner des pouvoirs exorbitants de l&rsquo;Angleterre ou de la France. Comme celui de pouvoir s&rsquo;attribuer une partie du territoire chinois. Elle raconte aussi ses rencontres avec du personnel des diff\u00e9rentes ambassades. Mais la partie la plus int\u00e9ressante se passe au Japon. Ce pays y est d\u00e9crit de 1905 \u00e0 1942. Elle va r\u00e9ussir \u00e0 survivre en se d\u00e9brouillant pour travailler dans ce pays . Elle commence par travailler dans un grand magasin en vendant des robes \u00e0 la mode anglaise pour des femmes qui ont envie de s&rsquo;occidentaliser. Mais tr\u00e8s vite, un peu trop pour elle, les Japonais, arrivent \u00e0 fabriquer eux m\u00eames sans avoir besoin des services d&rsquo;une femme occidentale qui de plus a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pudi\u00e9e par son mari britannique et qui a \u00e9t\u00e9 la ma\u00eetresse d&rsquo;un Japonais . Tout cela se sait, et on s&rsquo;en sert contre elle \u00e0 chaque fois qu&rsquo;on a envie de se d\u00e9barrasser d&rsquo;elle. Elle va finir par bien gagner sa vie et se trouver une maison ancienne au bord de la mer. Elle arrive \u00e0 comprendre ce pays dont elle a r\u00e9ussi \u00e0 apprendre la langue et sent combien ce pays est travers\u00e9 par des tensions nationalistes tr\u00e8s dangereuses surtout pour les pays voisins. Elle rencontrera des personnalit\u00e9s \u00e9tonnantes comme cette noble qui refuse la place traditionnelle de la femme et qui voudrait que les Japonais sache que leur empereur est un homme et pas un Dieu. Elle a fait de la prison car elle a <strong>OS\u00c9<\/strong> regarder l&#8217;empereur au lieu de se prosterner \u00e0 son passage. Ah l&rsquo;art des courbettes &#8230; je vous ai recopi\u00e9 le passage o \u00f9 elle le raconte. Mais il y en a tant dans ce roman, de d\u00e9tails de la vie des puissants et des petites gens<\/p>\n<p>Evidemment en 1942, elle est oblig\u00e9e de partir et le roman se termine, et sans rien vous d\u00e9voiler de l&rsquo;intrigue sachez qu&rsquo;il sera de nouveau question de ses deux enfants. Et que la turpitude de son mari est encore pire que ce qu&rsquo;elle avait imagin\u00e9. Quel roman je suis certaine de relire certains passages juste pour le plaisir&#160;!<\/p>\n<p>En 2011 <a href=\"https:\/\/ya-dla-joie.over-blog.com\/article-une-odeur-de-gingembre-67184893.html\">Choup<\/a> avait fait un billet avec plus de r\u00e9serves que moi.<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 malade hier pour mon anniversaire, alors que je n&rsquo;avais pas eu le mal de mer pendant la travers\u00e9e de la baie de Biscaye*, ni m\u00eame \u00e0 Malte pendant cette temp\u00eate. C&rsquo;est un peu b\u00eate d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 malade sur une mer aussi petite que la mer Rouge, mais quand je suis mont\u00e9e au coucher du soleil sur le pont &#8211; pour \u00e9chapper au g\u00e9missement de Mme Carswell &#8211; le second est venu s&rsquo;accouder pr\u00e8s de moi et il m&rsquo;a dit que je n&rsquo;avais pas support\u00e9 les lames de fond de Somalie.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>(La baie de Biscaye que les fran\u00e7ais appellent le golf de Gasconne)<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Mariage \u00e0 partir d&rsquo;une photo.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je me suis demand\u00e9 pourquoi j&rsquo;allais en Chine \u00e9pouser Richard, et je n&rsquo;ai trouv\u00e9 aucune r\u00e9ponse, rien qu&rsquo;une impression d\u00e9sesp\u00e9rante de vide absolu. Je ne voyais m\u00eame pas son visage, comme si ma m\u00e9moire se refusait, \u00e0 pr\u00e9senter son image. Ce qui est affreux, c&rsquo;est que m\u00eame maintenant quand j&rsquo;essaie d&rsquo;imaginer ses traits, je n&rsquo;y arrive pas. Nous n&rsquo;avons pas \u00e9chang\u00e9 de photographies. Je ne poss\u00e8de qu&rsquo;un petit instantan\u00e9 de lui dans les Highlands, debout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du cheval qu&rsquo;il venait de monter. Mais c&rsquo;est surtout le cheval que l&rsquo;on voit bien.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Concessions en Chine.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Mon h\u00f4tel est dans la concession fran\u00e7aise. Je n&rsquo;avais jamais entendu parler des concessions et c&rsquo;est le vice-consul venu \u00e0 ma rencontre, qui m&rsquo;a expliqu\u00e9 de quoi il s&rsquo;agissait. Apparemment, les grandes puissances ont pris des morceaux de Chine et y ont \u00e9tabli leurs propres lois, les autochtones ne pouvant y p\u00e9n\u00e9trer que comme des \u00e9trangers, ce qui semble assez bizarre.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les r\u00e8gles.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Je me suis r\u00e9veill\u00e9 ce matin avec un mal de t\u00eate et dans cet \u00e9tat, que les femmes doivent supporter.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>\u00a0Habitudes vestimentaires.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il y a aussi un grand \u00e9talage de bijoux qui frisent presque la vulgarit\u00e9, quoique je me sois rendu compte, en rendant visite \u00e0 la famille de Richard, \u00e0 Norfolk, que c&rsquo;\u00e9tait une habitude convenable en soci\u00e9t\u00e9 pour le d\u00eener dans les campagnes anglaises. Ils s&rsquo;habillent tr\u00e8s ordinairement dans la journ\u00e9e, ils se transforme en paons le soir. Moi, je me sentais comme une faisane \u00e9cossaise, mais je n&rsquo;avais \u00e9videmment pas ma belle robe en soie bleue ce jour-l\u00e0.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Vie sexuelle d&rsquo;une dame anglaise.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je me demande si Richard n&rsquo;a gu\u00e8re envie de me voir le matin parce qu&rsquo;il ne tient pas \u00e0 se souvenir de la nuit et de sa visite dans ma chambre. Je ne tiens pas non plus \u00e0 me le rappeler.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Dans l&rsquo;ambassade russe.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je suis all\u00e9e \u00e0 la l\u00e9gation russe mais pas pour rencontrer leur ambassadeur qui est en ce moment \u00e0 Vladivostok. Notre h\u00f4te \u00e9tait le premier secr\u00e9taire, un comte qui porte assez de m\u00e9dailles pour avoir fait dix guerres, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;a pas l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre le genre \u00e0 avoir jamais pris part \u00e0 un combat. Comme Marie m&rsquo;en avait pr\u00e9venue, la conversion \u00e9tait parfaitement inint\u00e9ressante et les hommes ont bu trop de vodka, qui est leur whisky, mais semble insipide. J&rsquo;\u00e9tais en train de me demander quel int\u00e9r\u00eat, il pouvait bien y avoir \u00e0 en boire, quand Richard m&rsquo;a emmen\u00e9e tr\u00e8s subitement, parce que comme Marie me l&rsquo;a expliqu\u00e9 par la suite, nos coll\u00e8gues russes \u00e9taient tout \u00e0 coup un peu trop d\u00e9tendus<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>les mains de l&rsquo;imp\u00e9ratrice de Chine.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une main ordinaire, mais un \u00e9blouissement de griffes en or. J&rsquo;avais entendu parler de ses \u00e9tuis \u00e0 ongles mais les voir pour la premi\u00e8re fois m&rsquo;a quand m\u00eame donner un choc. Ils avaient au moins trente centim\u00e8tres de long sinon plus sur les doigts principaux, et m\u00eame si l&rsquo;or en \u00e9tait aussi fin que possible, ces \u00e9tuis prot\u00e9geant des ongles qui n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s devaient \u00eatre affreusement lourds. L&rsquo;imp\u00e9ratrice ne peut rien faire toute seule \u00e0 cause d&rsquo;eux. Elle doit \u00eatre nourrie, habill\u00e9e, servie en tout et en permanence par les dames de la cour&#160;; elle doit m\u00eame se coucher sans \u00f4ter ses \u00e9tuis \u00e0 ongles. Je suis rest\u00e9 une minute ou deux \u00e0 me poser des questions \u00e0 leur propos, les yeux riv\u00e9s sur ces mains qui reposaient \u00e0 nouveau sur ses genoux, comme les nervures repli\u00e9es d&rsquo;un \u00e9ventail. Chacune des bouch\u00e9es qu&rsquo;elle avale doit \u00eatre mise dans sa bouche par quelqu&rsquo;un, et l&rsquo;imp\u00e9ratrice qui r\u00e8gne sur le plus grand nombre de sujets sur terre apr\u00e8s le roi \u00c9douard est aussi d\u00e9pendante qu&rsquo;un infirme sans bras. Il ne faut donc sans doute pas s&rsquo;\u00e9tonner qu&rsquo;elle se conduise de temps \u00e0 haute comme une d\u00e9mente.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le th\u00e9\u00e2tre japonais.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>J&rsquo;ai vraiment beaucoup aim\u00e9 ce th\u00e9\u00e2tre, o\u00f9, tandis qu&rsquo;un acteur \u00e9tait sur le point de s&rsquo;\u00e9ventrer sur sc\u00e8ne, avec \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan un d\u00e9cor en papier de cerisiers en fleur, les gens de la loge voisine pouvaient \u00eatre compl\u00e8tement absorb\u00e9s par la n\u00e9cessit\u00e9 de faire passer le hoquet du grand papa, visiblement du \u00e0 une trop grande consommation d&rsquo;alcool de riz.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les courbettes.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je commence \u00e0 en savoir long sur les courbettes japonaises. On pourrait \u00e9crire un livre sur l&rsquo;art des courbettes, qui est soumis \u00e0 des r\u00e8gles encore plus strictes que la composition florale. Il y a des courbettes pour ceux qui vous sont socialement \u00e9gaux, selon les circonstances de la rencontre, il y en a pour les sup\u00e9rieurs, pour les domestiques, pour les commer\u00e7ants, et m\u00eame pour les conducteurs de tramway. Il y a des courbettes, des hommes aux femmes toujours l\u00e9g\u00e8res, et celles des femmes aux hommes, toujours tr\u00e8s profondes. Plus une collection impressionnante de courbette aux femmes entre elles, qui sont un langage en elle-m\u00eame. Sans prononcer un seul mot, une dame peut vous placer exactement au rang qu&rsquo;elle estime \u00eatre le v\u00f4tre et vous ridiculiser parfaitement si vous n&rsquo;avez pas compris le statut qui vous \u00e9tait assign\u00e9, ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement le cas, pour les nouveaux venus dans ce pays qui est le plus poli au monde.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les villes japonaises.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Il m&rsquo;arrive de r\u00eaver \u00e0 ce merveilleux pays fleuri qu&rsquo;\u00e9voquaient pour moi ces livres sur le Japon que vous me donniez \u00e0 lire \u00e0 P\u00e9kin. Je ne dis pas \u00e7a par m\u00e9chancet\u00e9, Marie, mais vos voyages dans ce pays ont d\u00fb avoir lieu au moment de la floraison des cerisiers, et vos excursions partir des meilleurs h\u00f4tels. Je me souviens de votre extase \u00e0 propos de Nikko, o\u00f9 je ne suis pas encore all\u00e9e, mais il n&rsquo;est pas possible que les villes vous aient paru belles. De mon point de vue qui est probablement partial, surtout quand je pense \u00e0 Osaka, les villes japonaises sont les plus laides que je connaisse. Tokyo \u00e0 du charme, mais \u00e0 part le palais imp\u00e9rial avec ses grandes douves, il n&rsquo;y a pas grand-chose \u00e0 voir. De tous les c\u00f4t\u00e9s, en partant d&rsquo;un centre au magasin de briques rouges, s&rsquo;\u00e9tendent \u00e0 perte de vue ce qui semble \u00eatre des kilom\u00e8tres (quand on est dans un tramway qui cahote) de petites maisons grises \u00e0 deux \u00e9tages au toit de tuiles grises, avec pour seules d\u00e9corations d&rsquo;\u00e9normes poteaux surcharg\u00e9s de fils \u00e9lectriques et t\u00e9l\u00e9phoniques. Les all\u00e9es sont plus agr\u00e9ables, \u00e9troites et serpentantes, et j&rsquo;aime assez la mienne, mais ce n&rsquo;est franchement pas beau.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La modernisation du Japon.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>M\u00eame parmi mes \u00e9l\u00e8ves masculins \u00e0 l&rsquo;intelligence plut\u00f4t faible, apprendre ne concerne que les choses pratiques, et rien d&rsquo;autre et par \u00ab&#160;pratiques&#160;\u00bb on entend fabriquer au Japon le moindre objet, depuis des taille-crayons jusqu&rsquo;aux \u00e9normes paquebots, de fa\u00e7on \u00e0 ne bient\u00f4t plus d\u00e9pendre des pendre du monde ext\u00e9rieur, sauf pour les mati\u00e8res premi\u00e8res. Quand je suis rentr\u00e9 chez Mazukara, nous importions presque tout notre tissu d&rsquo;Europe, et quand j&rsquo;en suis partie, tout venait de fabriques locales, jusqu&rsquo;\u00e0 des imitations de tartan \u00e9cossais&#160;! C&rsquo;est la vitesse \u00e0 laquelle se fait ce changement qui est presque effrayante.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La fa\u00e7on dont une femme japonaise doit parler \u00e0 un sup\u00e9rieur homme.<\/h3>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Bien peu de femmes occidentales s&#8217;embarrassent de telles subtilit\u00e9s, mais je les ai offertes en all\u00e9geance \u00e0 un gras serviteur de la loi, lui expliquant que j&rsquo;\u00e9tais une pitoyable femme venue de Tokyo qui n&rsquo;avait d&rsquo;autre choix que de se jeter humblement \u00e0 ses pieds, en esp\u00e9rant qu&rsquo;il daignerait r\u00e9soudre son probl\u00e8me.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition folio (473 pages -\u00e9criture petits caract\u00e8res) (mai 2006 premi\u00e8re \u00e9dition en 1972) Traduit de l&rsquo;anglais par Sylvie Servan-Shreiber Une amie est venue passer un petit Week End avec moi, et m&rsquo;a offert ce roman, quel plaisir de lecture, et cela ne m&rsquo;\u00e9tonne pas que ce soit elle qui m&rsquo;ait offert ce livre, elle adore <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=20712\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[401,46,354,221,191,231,167,18,96,32,287,4,49,101],"tags":[],"class_list":["post-20712","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-401","category-5-coquillages","category-amour","category-charme-des-anciennes-demeures","category-civilisation-traditionnelle","category-colonisation","category-condition-de-la-femme","category-litterature-britannique","category-guerre-3945","category-litterature-japonaise","category-japon","category-mes-preferences","category-roman","category-roman-epistolaire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20712","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=20712"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20712\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20969,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20712\/revisions\/20969"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20712"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20712"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20712"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}