{"id":20652,"date":"2025-12-04T06:24:09","date_gmt":"2025-12-04T05:24:09","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20652"},"modified":"2025-12-02T19:45:39","modified_gmt":"2025-12-02T18:45:39","slug":"les-fleuves-du-ciel-elif-shafak","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20652","title":{"rendered":"Les Fleuves du Ciel   -Elif  SHAFAK"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-20654\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/IMG_0773-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Flammarion, 497 pages, Aout 2025.<\/em><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;anglais par Dominique Goy-Blanquet<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du club de lecture de la <a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\">m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Un roman historique comme je les aime, qui emporte le lecteur dans un lointain pass\u00e9, et qui le ram\u00e8ne \u00e0 la force du courant qui traverse l&rsquo;Histoire jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Nous suivons, comme l&rsquo;indique l&rsquo;image de la couverture, l&rsquo;histoire d&rsquo;une goute d&rsquo;eau&#160;: celle qui aurait annonc\u00e9e le d\u00e9luge, en tombant sur la t\u00eate du roi sanguinaire et \u00e9rudit, Assurbanipal et qui a d\u00e9truit la civilisation des Assyriens, goutte d&rsquo;eau qui se retrouve dans la Tamise qui sert d&rsquo;\u00e9gout \u00e0 ciel ouvert au XIX si\u00e8cle aux Londoniens, puis dans le Tibre au XX\u00b0 si\u00e8cle dont la Turquie veut d\u00e9tourner l&rsquo;eau \u00e0 son profit, et enfin aujourd&rsquo;hui dans une Tamise \u00e0 peu pr\u00e8s propre et qui devenue un lieu d&rsquo;un habitat luxueux pour la nouvelle bourgeoisie londonienne.<\/p>\n<p>Mais le th\u00e8me c&rsquo;est aussi la l\u00e9gende de Gilgamesh, dont un jeune londonien Artur, originaire des bas-fonds de la ville a r\u00e9ussi \u00e0 lire le r\u00e9cit sur des tablettes venant de M\u00e9sopotamie. Arthur (roi des \u00e9gouts et des taudis) sera un des personnages de ce r\u00e9cit, jeune enfant tr\u00e8s intelligent, il a le malheur de na\u00eetre dans la mis\u00e8re la plus totale. L&rsquo;auteure d\u00e9crit avec un grand talent le Londres de cette \u00e9poque et l&rsquo;accident le plus improbable que repr\u00e9sente le destin d&rsquo;Arthur qui pourtant s&rsquo;inspire d&rsquo;un personnage r\u00e9el, sortir de la mis\u00e8re \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait plus que hautement improbable.<\/p>\n<p>Enfin le destin des Y\u00e9zidis est racont\u00e9 d&rsquo;abord en 1850 lorsqu&rsquo;ils sont chass\u00e9s de leur terre natale par un massacre organis\u00e9 par des fanatiques, quelques survivants se retrouvent en Turquie, et puis comme on le sait en 2014 Daesh les poursuit sans piti\u00e9 et leur sort n&rsquo;est qu&rsquo;une succession de crime de masse, de viols, de femmes r\u00e9duites en esclavage .<\/p>\n<p>Toutes ces destin\u00e9es se retrouvent dans l&rsquo;Angleterre aujourd&rsquo;hui \u00e0 travers une famille tr\u00e8s riche, dont le p\u00e8re collectionne les antiquit\u00e9s, et dont la ni\u00e8ce est une ing\u00e9nieure sp\u00e9cialiste de l&rsquo;eau. L&rsquo;auteure s\u00e8me dans son roman des indices qui traversent les \u00e9poques&#160;; les tablettes de la biblioth\u00e8que d&rsquo;Assurbanipal, permettent au jeune Arthur de d\u00e9couvrir la l\u00e9gende de Gilgamesh, elles sont de nouveau vendues par Daesh qui a pill\u00e9 les mus\u00e9es en Irak. Le p\u00e8re d&rsquo;Arthur qui est un alcoolique violent \u00e9tait aussi un menuisier de talent et la commode qu&rsquo;il a construite pour un bourgeois du XIX \u00b0 si\u00e8cle et qui ne lui a jamais \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e est maintenant une des plus belles pi\u00e8ces de la collection du riche Londonien. Et si, en fouillant la Tamise devenue propre, on trouve des ossement de tortue c&rsquo;est parce que la reine Victoria a lanc\u00e9 la mode du consomm\u00e9 de tortue pour les riches nobles et riches anglais.<\/p>\n<p>Un bon roman historique avec une fin qui est troublante mais vous en jugerez par vous m\u00eame. J&rsquo;ai une petite r\u00e9serve, je pense que ce roman aurait gagn\u00e9 \u00e0 \u00eatre plus rapide, c&rsquo;est un peu lent et trop touffu, l&rsquo;auteure a sans doute trop voulu tout dire et tout nous expliquer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Chant du Tigre, dans l&rsquo;ancien temps.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Longtemps apr\u00e8s, quand l&rsquo;orage aura pass\u00e9, chacun parlera des ravages qu&rsquo;il a laiss\u00e9s derri\u00e8re lui, alors que personne, pas m\u00eame le roi, ne se souviendra que tout cela a commenc\u00e9 par une seule goutte de pluie.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Cruaut\u00e9 des puissants.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Mais Assurbanipal ne tuera pas son vieux ma\u00eetre. Il n&rsquo;a jamais eu le go\u00fbt de mener la charge sur un champ de bataille, pr\u00e9f\u00e9rant commander les massacres, d\u00e9molitions, pillages et viols, assis en s\u00e9curit\u00e9 sur son tr\u00f4ne -ou comme souvent, dans la qui\u00e9tude de sa biblioth\u00e8que. Il a maintes fois supervis\u00e9 le sac d&rsquo;une cit\u00e9 et condamn\u00e9 sa population enti\u00e8re \u00e0 la famine, ne leur laissant d&rsquo;autre choix que de d\u00e9vorer les cadavres de leurs proches&#160;; \u00e9cras\u00e9 les villes, r\u00e9duit les temples en poussi\u00e8re, r\u00e9pandue du sel sur les champs fra\u00eechement labour\u00e9s&#160;; \u00e9corch\u00e9 les chefs rebelles et pendu leurs partisans \u00e0 des pays poteaux, nourri de leur chair, les oiseaux du ciel, les poissons des eaux profondes&#160;; ensanglant\u00e9 \u00e0 coups de cha\u00eene les m\u00e2choires de ses rivaux qu&rsquo;il a enferm\u00e9s dans des chenils&#160;; profan\u00e9 les tombes des anc\u00eatres de ses ennemis si sauvagement que m\u00eame leurs fant\u00f4mes ne pouvaient reposer en paix -tous ces actes et bien d&rsquo;autres, il les a dirig\u00e9s depuis sa salle de lecture. Il ne va pas se salir les mains. C&rsquo;est un roi \u00e9rudit, un intellectuel qui a \u00e9tudi\u00e9 les pr\u00e9sages c\u00e9lestes et terrestres.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La Tamise en 1840.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Tout l&rsquo;ind\u00e9sirable, on le jette dans le fleuve. Orge us\u00e9e des brasseries, pulpe des moulins \u00e0 papier, visc\u00e8res des abattoirs, rognures des tanneries, effluent des distilleries, chutes des teintureries, vidange des puisards et d\u00e9charge des chasse d&rsquo;eau (les inventions nouvelles dont jouissent les riches et les privil\u00e9gi\u00e9s) se diverse dans la Tamise, tuent les poissons, tuent les plantes aquatiques, tuent l&rsquo;eau.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les Yezidis.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>&#8211; <em>La haine est un poison vers\u00e9 dans trois coupes. La premi\u00e8re, c&rsquo;est quand les gens m\u00e9prisent ceux qu&rsquo;ils envient -parce qu&rsquo;ils veulent les avoir en leur possession. Tout cela, c&rsquo;est de l&rsquo;orgueil d\u00e9mesur\u00e9&#160;! La deuxi\u00e8me, c&rsquo;est quand ils ha\u00efssent ceux qu&rsquo;ils ne comprennent pas. C&rsquo;est de la peur.&#160;! Et puis il y a la troisi\u00e8me, esp\u00e8ce.-quand les gens ha\u00efssent ceux qu&rsquo;ils ont fait souffrir&#160;?<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0-Mais pourquoi&#160;?<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0&#8211; Parce que le tronc se souvient de ce que la hache oublie<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0&#8211; Qu&rsquo;est-ce que \u00e7a veut dire<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0&#8211; Que ce n est pas le malfaisant qui porte les cicatrices, mais celui qu&rsquo;il a bless\u00e9. Pour nous autres, la m\u00e9moire c&rsquo;est tout ce que nous poss\u00e9dons. Si tu veux savoir qui tu es, tu dois apprendre les histoires de tes anc\u00eatres. Depuis des temps imm\u00e9moriaux, les Y\u00e9zidis ont \u00e9t\u00e9 incompris, diffam\u00e9s, maltrait\u00e9s. Notre histoire n&rsquo;est que souffrance et pers\u00e9cution. \u00c0 soixante douze reprises, on nous a massacr\u00e9s. Le Tigre a pris la teinte rouge de notre sang, le sol s&rsquo;est dess\u00e9ch\u00e9 de notre chagrin -e t ils n&rsquo;ont toujours pas fini de nous ha\u00efr..<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Cette \u00e9crivaine sait d\u00e9crire des ambiances.<\/h3>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Londres est drap\u00e9e ce matin dans un suaire de brouillard. Il r\u00e8gne dans ses rues et ses parcs une qui\u00e9tude insolite, un silence pesant qui se referme sur lui-m\u00eame, comme une bourse ferm\u00e9e par des cordons bien serr\u00e9s. M\u00eame si les cloches de l&rsquo;\u00e9glise voisine viennent de sonner dix heures, on croirait plut\u00f4t que le cr\u00e9puscule est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Ni gris ni blanc, l&rsquo;air est d&rsquo;un ocre sirupeux qui verdit par endroits. Des particules de suie et de cendre voltigent, tandis que les po\u00eales domestiques au charbon et les chemin\u00e9e d&rsquo;usine vomissent des panaches de fum\u00e9es charg\u00e9es de soufre, encrassant les poumons des Londoniens \u00e0 chaque inspiration.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Humiliation du p\u00e8re.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Arthur sent que son p\u00e8re peut faire toute la l\u00e8che possible \u00e0 ces deux messieurs si \u00e9l\u00e9gamment v\u00eatus, en gilet brod\u00e9 et cravate de soie, il n&rsquo;a aucune chance. Ils l&rsquo;observent avec un d\u00e9dain manifeste, leurs yeux n&rsquo;expriment que du m\u00e9pris. D&rsquo;en \u00eatre t\u00e9moin attriste le gar\u00e7on. Personne n&rsquo;aime voir ses parents d\u00e9voiler leurs faiblesses \u00e0 d&rsquo;autres. Leurs \u00e9checs, c&rsquo;est notre affaire priv\u00e9e, un secret qu&rsquo;on pr\u00e9f\u00e9rerait garder pour soi&#160;: quand ils s&rsquo;affichent en public, livr\u00e9s en p\u00e2ture \u00e0 tous, nous ne sommes plus les enfants que nous \u00e9tions nagu\u00e8re.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La pauvret\u00e9.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Si la pauvret\u00e9 \u00e9tait un lieu, un paysage hostile dans lequel on tomberait accidentellement ou par une pouss\u00e9e d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, ce serait une for\u00eat maudite &#8211; un bois sauvage, humide et lugubre suspendu dans le temps. Les branches vous happent, les troncs vous bloquent le passage, les ronces s&rsquo;agrippent \u00e0 vous, r\u00e9solues \u00e0 vous emp\u00eacher de partir. M\u00eame si vous parvenez \u00e0 surmonter un obstacle, il est aussit\u00f4t remplac\u00e9 par un autre. Vous vous arrachez la peau des mains en vous effor\u00e7ant de d\u00e9gager un chemin alternatif, mais d\u00e8s que vous tournez le dos aux arbres, ils resserrent les rangs derri\u00e8re vous. La pauvret\u00e9 mine, votre volont\u00e9, peu \u00e0 peu.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les villes et les rivi\u00e8res.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0New york, Vienne S\u00e3o Paulo, Sydney, P\u00e9kin, Moscou. Toronto&#8230; Il existe des fleuves perdus presque partout sur la plan\u00e8te. Peu d&rsquo;\u00e9trangers savent que Tokyo \u00e9tait autrefois une ville lacustre. \u00c7a reste un endroit incroyable, bien s\u00fbr, mais ils ont combl\u00e9 une centaine de cours d&rsquo;eau et de canaux pour construire des routes ou simplement les dissimuler sous la chauss\u00e9e. Ou bien prenez Ath\u00e8nes. Vous y \u00e9tiez tous les deux cet \u00e9t\u00e9. Et bien cette ville aujourd&rsquo;hui, malgr\u00e9 toute sa splendeur, n&rsquo;a pas le moindre cours d&rsquo;eau. Mais en fait, historiquement Ath\u00e8nes pouvaient se vanter d&rsquo;avoir non pas un, ni deux, mais trois fleuves.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les cultes et traditions y\u00e9zidies<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Grandma dit qu&rsquo;une vieille femme y\u00e9zidie, une voisine qui lui est ch\u00e8re a \u00e9migr\u00e9 avec ses enfants en Allemagne o\u00f9 la famille s&rsquo;est \u00e9tablie dans les ann\u00e9es 1990.\u00a0La femme a \u00e9t\u00e9 troubl\u00e9e et attrist\u00e9e d&rsquo;apprendre que les gens l\u00e0-bas remplissaient une baignoire d&rsquo;eau et s&rsquo;essayaient dedans pour se savonner. Elle ne pouvait pas croire qu&rsquo;il y ait des gens assez insens\u00e9s pour plonger dans de l&rsquo;eau propre sans \u00eatre lav\u00e9s auparavant.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Grandma dit qu&rsquo;on devrait aussi rendre hommage au soleil et \u00e0 la kune qui sont des fr\u00e8res c\u00e9lestes. Chaque matin \u00e0 l&rsquo;aube, elles monte sur le toit pour saluer la premi\u00e8re lueur, et quand elle prie elle se met fasse au soleil. Quand vient le soir, elle s&rsquo;adresse une pierre \u00e0 l&rsquo;orbe de la nuit. On doit toujours marcher sur la terre avec \u00e9merveillement, car elle est pleine de miracles qui n&rsquo;ont pas encore eu de t\u00e9moins. Quant aux arbres, il ne faut pas penser seulement \u00e0 ce qu&rsquo;ils sont au-dessus de sol, mais aussi \u00e0 ce qui reste invisible dessous. Oiseaux, rochers, touffes d&rsquo;herbe, bouquets d&rsquo;ajoncs, et m\u00eame les plus minuscules insectes doivent \u00eatre ch\u00e9ris.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Arch\u00e9ologie.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Travailler \u00e0 une fouille arch\u00e9ologique incite \u00e0 la modestie. Vous trimez dans la chaleur et la poussi\u00e8re arm\u00e9 d&rsquo;une brosse et d&rsquo;une truelle au fond d&rsquo;un trou, avan\u00e7ant par millim\u00e8tres \u00e0 travers des d\u00e9p\u00f4ts mill\u00e9naires. La fronti\u00e8re s\u00e9parant l&rsquo;instant pr\u00e9sent du pass\u00e9 lointain se dissout et voil\u00e0 que vous basculez dans un monde enfui qui bizarrement, bien que mort et enterr\u00e9, revient \u00e0 la vie. Vos perceptions changent&#160;: elles vous font comprendre la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de tout ce qui semble robuste et majestueux- palais, aqueduc, temple-, mais aussi la r\u00e9silience de tout ce qui parait petit et insignifiant -un anneau, une pi\u00e8ce en bronze, un br\u00e9chet&#8230;Rien n&rsquo;est d\u00e9risoire pour un arch\u00e9ologue. M\u00eame la d\u00e9couverte la plus banale est extraordinaire.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Flammarion, 497 pages, Aout 2025. Traduit de l&rsquo;anglais par Dominique Goy-Blanquet Lu dans le cadre du club de lecture de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. Un roman historique comme je les aime, qui emporte le lecteur dans un lointain pass\u00e9, et qui le ram\u00e8ne \u00e0 la force du courant qui traverse l&rsquo;Histoire jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. 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