{"id":20197,"date":"2025-07-28T06:43:54","date_gmt":"2025-07-28T04:43:54","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20197"},"modified":"2025-07-29T15:09:22","modified_gmt":"2025-07-29T13:09:22","slug":"la-colline-qui-travaille-philippe-manevy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20197","title":{"rendered":"La colline qui travaille    &#8211; Philippe MANEVY"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-20209\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0733-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions \u00ab&#160;le bruit du monde&#160;\u00bb, 352 pages, janvier 2025<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Parfois je me dis que 5 coquillages, c&rsquo;est bien pauvre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du plaisir que j&rsquo;ai \u00e9prouv\u00e9 en lisant un livre. J&rsquo;ai savour\u00e9 cette lecture , propos\u00e9e par ma s\u0153ur, et j&rsquo;ai ralenti le rythme de ma lecture pour ne pas quitter trop vite la famille de Philippe Manevy. J&rsquo;ai h\u00e2te de savoir ce que Dominique la blogueuse lyonnaise a pens\u00e9 de ce livre. Car en effet pour tous ceux et celles qui connaissent Lyon le plaisir doit \u00eatre encore plus fort. L\u2019auteur d\u00e9crit les diff\u00e9rents quartiers de cette ville en particulier les quartiers qui autrefois \u00e9taient habit\u00e9s par les ouvriers&#160;: la croix rousse et ses \u00ab&#160;traboules&#160;\u00bb.<\/p>\n<p>Cet auteur vit au Qu\u00e9bec , o\u00f9 il enseigne la litt\u00e9rature, cet \u00e9loignement a cr\u00e9\u00e9 en lui une rupture qui lui a permis de se plonger dans sa vie familiale avec le recul n\u00e9cessaire pour la faire revivre pour nous. Mais plus qu&rsquo;un roman familial, cet auteur sait aussi expliquer l&rsquo;acte d&rsquo;\u00e9crire, et c&rsquo;est absolument passionnant. Sa famille est-elle plus importante qu&rsquo;une autre&#160;? non. Est- elle pire ou meilleure qu&rsquo;une autre&#160;? Non . Peut-elle int\u00e9resser un lecteur aujourd&rsquo;hui&#160;? Oui . Parce que nous nous retrouvons dans l&rsquo;\u00e9vocation des diff\u00e9rentes personnalit\u00e9 des composantes de cette famille. Bien s\u00fbr on ne peut pas dire \u00ab&#160;c&rsquo;est bien moi \u00e7a&#160;\u00bb , mais on sent que cet \u00e9clairage permet de mieux retrouver en nous ce qui a constitu\u00e9 notre vie. Un peu \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;\u0153uvre si importante pour lui d&rsquo;Annie Ernaux, cette grande auteure aujourd&rsquo;hui prix Nobel a permis de cerner ce qu&rsquo;\u00e9tait un transfuge de classe sociale, Philippe Manevy \u00e0 travers une famille d&rsquo;origine ouvri\u00e8re \u00e0 Lyon, construit la g\u00e9n\u00e9alogie de beaucoup de fran\u00e7ais&#160;: sa grand m\u00e8re Alice a travaill\u00e9 dans un des dernier atelier de tissage de la soie toute sa vie, et son grand p\u00e8re \u00e9tait imprimeur. Tout en ne faisant pas un livre sur la condition ouvri\u00e8re, la pr\u00e9sentation de ces deux personnalit\u00e9s ont construit une famille dans laquelle chacun peut reconna\u00eetre un bout de la sienne. Chaque chapitre est l&rsquo;objet \u00e0 la fois d&rsquo;une \u00e9vocation d&rsquo;un personnage de sa g\u00e9n\u00e9alogie mais aussi d&rsquo;une r\u00e9flexion qui entra\u00eene le lecteur dans des remarques int\u00e9ressantes. C&rsquo;est encore plus vrai quand il parle des gens qu&rsquo;il a, personnellement, connus, les sentiments de ce petit fils avec son grand p\u00e8re sont touchants et finement analys\u00e9s. Par exemple , pour faire le bonheur de ses parents, sa m\u00e8re a priv\u00e9 son p\u00e8re du seul endroit o\u00f9 il \u00e9tait pleinement heureux (un chalet dans le cantal, \u00ab&#160;Mordon&#160;\u00bb) , Alice la grand-m\u00e8re qui peut sembler insupportable a toujours tendrement aim\u00e9 de son mari et r\u00e9ciproquement. L&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;auteur lui permet d&rsquo;aller toujours un peu plus loin que les apparences.<\/p>\n<p>Mais si j&rsquo;ai tant aim\u00e9 ce livre, c&rsquo;est bien \u00e9videmment pour la qualit\u00e9 de son \u00e9criture. Il a un style alerte qui se lit bien et qui fait du bien . J&rsquo;aime ses phrases et les anecdotes qui pars\u00e8ment son livre , \u00e0 vous de juger \u00e0 travers tous les extraits que j&rsquo;ai recopi\u00e9s. J&rsquo;en ai mis beaucoup mais j&rsquo;aurais parfois eu envie de recopier des chapitres entiers.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/etsionbouquinait.com\/2025\/06\/23\/la-colline-qui-travaille-philippe-manevy\/\">Patrice<\/a> a bien aim\u00e9, peut-\u00eatre moins enthousiaste que moi.<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Nous avons tous pens\u00e9 que cette tentative serait la bonne.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Pendant pr\u00e8s de dix ans elle avait tout essay\u00e9&#160;: la volont\u00e9 d&rsquo;abord, puis les timbres de nicotine, la m\u00e9decine douce, l&rsquo;hypnose, l&rsquo;acupuncture et les traitements miraculeux qui arrivaient r\u00e9guli\u00e8rement sur le march\u00e9. Elle avait tenu quelques jours, quelques semaines parfois durant lesquelles elle perdait patiences au moindre incident se supportait \u00e0 peine, devenait injuste avec nous et plus encore avec elle-m\u00eame. Puis elle replongeait et c&rsquo;\u00e9tait presque un soulagement. Bien s\u00fbr, que nous savions que la cigarette risquait de la tuer, qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas raisonnable de continuer ainsi au-del\u00e0 de quarante ans, mais nous avions aussi le sentiment \u00e9trange de la retrouver lorsqu&rsquo;elle d\u00e9chirait l&rsquo;enveloppe plastifi\u00e9e de son paquet de Peter Stuyvesant, puis fouillait avec fracas les tiroirs de la cuisine pour d\u00e9nicher le briquet qu&rsquo;elle avait cach\u00e9 quelque part, jamais tr\u00e8s loin.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Oral\/\u00e9crit.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je parle trop, trop vite. Je parle mal. \u00c0 l&rsquo;oral, j&rsquo;ai souvent \u00e9t\u00e9 maladroit, parfois blessant sans le vouloir&#160;: les mots m&rsquo;\u00e9chappent et s&rsquo;\u00e9loignent de mon intention premi\u00e8re au point qu&rsquo;il devient impossible de les rattraper sans cr\u00e9er de nouveaux d\u00e9g\u00e2ts. Quand j&rsquo;\u00e9cris, quand je parviens apr\u00e8s de longs efforts \u00e0 construire une phrase qui me semble sonner juste, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;atteindre une v\u00e9rit\u00e9 int\u00e9rieure qui depuis longtemps, attendait d&rsquo;\u00eatre fix\u00e9e pour exister vraiment.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>J&rsquo;adore ce passage.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Quand j&rsquo;ai publi\u00e9 mon premier livre, j&rsquo;ai connu le sort de bien des \u00e9crivains d\u00e9butants. Ma m\u00e8re a achet\u00e9 des dizaines d&rsquo;exemplaires pour les distribuer autour d&rsquo;elle. J&rsquo;ai re\u00e7u des encouragements de la part de membres de ma famille, d&rsquo;amis, de coll\u00e8gues. Mon nom est apparu dans le journal, avec une faute qui le rendait difficilement reconnaissable. Et comme il y avait aussi une erreur sur le titre, c&rsquo;\u00e9tait fichu pour la post\u00e9rit\u00e9. Je n&rsquo;\u00e9tais ni surpris ni franchement d\u00e9\u00e7u, car je vis avec une \u00e9crivaine depuis pr\u00e8s de vingt ans. Je sais donc que les chemins de la litt\u00e9rature sont d\u00e9fonc\u00e9s, encombr\u00e9s de ronces, qu&rsquo;ils rel\u00e8vent du marathon plus que de la promenade de sant\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La famille source d&rsquo;\u00e9criture.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Ordinaires, toutes les familles le sont, pourtant. Les rois et les reines, les h\u00e9ros et les tyrans ont des souvenirs d&rsquo;enfance qui n&rsquo;ont d&rsquo;int\u00e9r\u00eat que pour eux. S&rsquo;ennuient lors des d\u00e9jeuners du dimanche. Disent \u00e0 leurs parents des paroles blessantes qu&rsquo;ils ne regretteront pas vraiment. Disent \u00e0 leurs enfants des paroles anodines qui leur seront reproch\u00e9es des d\u00e9cennies plus tard. Sont en rivalit\u00e9 avec leurs fr\u00e8res et s\u0153urs pour des motifs futiles et insurmontables. Ne seront jamais suffisamment aim\u00e9s par ceux qui les connaissent le mieux. Ou jamais de la bonne mani\u00e8re, avec les mots qu&rsquo;il faudrait. Ou bien ces mots tend attendu arrive trop tard, lorsque tout est depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, irr\u00e9parable.<\/em><\/div>\n<div><em>D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, les familles les plus banales peuvent dissimuler des secrets dignes des Atrides, des blessures et des haines qui se transmettent d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre comme une maladie h\u00e9r\u00e9ditaire c&rsquo;est bien que, soudain, la violence explose comme un coup de tonnerre dans le ciel bleu, que l&rsquo;on se surprend \u00e0 vouloir tout d\u00e9truire dans un mouvement de rage. On est pr\u00eat \u00e0 mettre le feu \u00e0 cette somme de petits bonheurs patiemment accumul\u00e9s, trop bien rang\u00e9s trop propres.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le poids du pass\u00e9 de la collaboration.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Ainsi, dans le village de mon enfance, qui avait \u00e9t\u00e9 une zone de maquis, certains de mes camarades payaient encore pour les actions de leurs anc\u00eatres. Une r\u00e9probation muette entourait leurs familles&#160;: ils \u00e9taient les descendants de ceux qui avaient tir\u00e9 profitent de la guerre, collabor\u00e9 avec l&rsquo;ennemi, ou pire d\u00e9nonc\u00e9. On ne parlait jamais de ces actes, mais ils \u00e9taient dans toutes les m\u00e9moires, et les petits enfants, les arri\u00e8re-petits enfants, portaient encore le poids de la honte. Les descendants des h\u00e9ros, eux, affichaient une tranquillit\u00e9 sup\u00e9riorit\u00e9 morale ou croulaient sous le poids d&rsquo;une couronne trop lourde. \u00c0 certains, on avait l\u00e9gu\u00e9 la haine, comme cet ami qui refusait d&rsquo;apprendre d&rsquo;allemand parce que les boches avaient tu\u00e9 son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re. (&#8230;)<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Moi je suis convaincu d&rsquo;une chose&#160;: notre sens moral n&rsquo;existe pas dans l&rsquo;absolu, en dehors des circonstances particuli\u00e8res o\u00f9 nous devrons en faire usage, lorsque la r\u00e9alit\u00e9 cessera d&rsquo;\u00eatre ce milieu invisible dans lequel nous nous d\u00e9pla\u00e7ons avec une illusoire facilit\u00e9, et qu&rsquo;elle deviendra un mur en apparence infranchissable.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Retour des expatri\u00e9s.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Tous ceux qui ont mis des oc\u00e9ans entre eux et leurs proches le savent&#160;: les retours au pays ne sont pas seulement l&rsquo;occasion de joyeuses retrouvailles. Ils impliquent aussi une comptabilit\u00e9 impossible&#160;: combien de temps consacr\u00e9 \u00e0 la famille, aux amis&#160;? Dans quel ordre classer oncles et tantes&#160;? Combien de kilom\u00e8tres suis-je pr\u00eat \u00e0 parcourir pour rejoindre Untel&#160;? Puis-je me dispenser de retrouver cette ann\u00e9e ceux que j&rsquo;avais vus l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier&#160;? Un ami d&rsquo;enfance cela vaut-il autant qu&rsquo;un cousin&#160;? Et autant, cela veut dire quoi, exactement&#160;: un caf\u00e9&#160;? un apr\u00e8s-midi&#160;? un repas&#160;? un week-end entier, plusieurs jours, une semaine&#160;?<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Les expatri\u00e9s doivent quantifier leurs affections.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Sa m\u00e8re.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>En faisant les \u00e9tudes qui lui ont donn\u00e9 une \u00ab&#160;bonne situation&#160;\u00bb, en \u00e9pousant mon p\u00e8re, ma m\u00e8re est entr\u00e9e en bourgeoisie. Elle garde pourtant de ses origines une m\u00e9fiance instinctive pour tout ce qui rel\u00e8ve du snobisme ou de l&rsquo;entre-soi. Elle pr\u00e9f\u00e8re les brasseries aux restaurants gastronomiques, les simples h\u00f4tels aux quatre \u00e9toiles, les plages bond\u00e9es aux domaines priv\u00e9s, et une \u00e9l\u00e9gance ostentatoire provoquera invariablement de sa part, ce commentaire assassin&#160;:\u00a0&#160;: C&rsquo;est m&rsquo;as-tu-vu&#160;\u00bb.<\/em><\/div>\n<div><em>Elle fait partie de plusieurs associations caritatives mais a toujours fui les clubs, les d\u00eeners mondains, les cercles de notables, tous les lieux invent\u00e9s par l&rsquo;\u00e9lite sociale pour se rassembler \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du monde. Elle aime mieux les repas de famille et les f\u00eates de village, les r\u00e9unions enflamm\u00e9es.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Le Qu\u00e9bec et la France.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>La glorification de la classe moyenne n&rsquo;a pas de sente dans mon pays d&rsquo;origine, alors qu&rsquo;elle est frappante ici, au Qu\u00e9bec, o\u00f9 rien n&rsquo;est si recherch\u00e9 que de para\u00eetre commun, dans la norme&#160;: ni plus riche, ni plus intelligent, ni plus cultiv\u00e9, surtout que les autres. La familiarit\u00e9 vaut m\u00eame comme strat\u00e9gie politique&#160;: souvenir du \u00ab&#160;Bonjour tout le monde&#160;!&#160;\u00bb par lequel Fran\u00e7ois legault ouvrait ses conf\u00e9rences de presque quotidienne au temps de la Covid, comme s&rsquo;il arrivait \u00e0 un party de famille, tandis qu&rsquo;Emmanuel Macron semblait \u00e0 chacune de ses rares apparitions, rejouer l&rsquo;appel du 18 juin 1940.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les films super 8.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je n&rsquo;ai aucun souvenir personnel de \u00ab&#160;Mordon&#160;\u00bb. Tout ce que je raconte ici provient de photographies qui commencent \u00e0 jaunir et de films en super-huit, ces s\u00e9quences qui, par leur bri\u00e8vet\u00e9 l&rsquo;absence de son et le tressautement de l&rsquo;image, sont la nostalgie m\u00eame, mat\u00e9rialis\u00e9e. La bobine est pr\u00e9caire &#8211; la plupart des n\u00f4tres ont d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites, br\u00fbl\u00e9es par le projecteur dans des autodaf\u00e9s involontaires, et nous n&rsquo;osons plus les regarder. Et il faut imaginer ce qui pr\u00e9c\u00e8de le film, ce qui le suit, ce qui s&rsquo;y dit&#160;: l&rsquo;image reste, myst\u00e9rieuse, nimb\u00e9e d&rsquo;une lumi\u00e8re jaune et diffuse, mais les voix ch\u00e8res se tues. Le super-huit est de l&rsquo;ordre du r\u00eave, plus que de la trace.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Son grand p\u00e8re et la conduite .<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Faire des courses avec lui, par exemple, \u00e9tait une v\u00e9ritable \u00e9preuve qui commen\u00e7ait sur la route, o\u00f9 il fallait accepter sans broncher son interpr\u00e9tation toute personnelle de la signalisation. II consid\u00e9rait que les fl\u00e8ches dessin\u00e9es au sol avaient une vocation d\u00e9corative. Aussi passait-il librement d&rsquo;une voie \u00e0 l&rsquo;autre gratifiant d&rsquo;un puissant \u00ab&#160;couillon de la lune&#160;\u00bb tous ceux qui osaient se mettre sur son chemin.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions \u00ab&#160;le bruit du monde&#160;\u00bb, 352 pages, janvier 2025 &nbsp; Parfois je me dis que 5 coquillages, c&rsquo;est bien pauvre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du plaisir que j&rsquo;ai \u00e9prouv\u00e9 en lisant un livre. 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