{"id":20129,"date":"2025-07-10T06:48:39","date_gmt":"2025-07-10T04:48:39","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20129"},"modified":"2025-07-19T22:10:42","modified_gmt":"2025-07-19T20:10:42","slug":"la-gourmandise-muriel-barbery","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20129","title":{"rendered":"Une gourmandise  Muriel BARBERY"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-20136\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/IMG_0727-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Folio, 166 pages , premi\u00e8re \u00e9dition chez Gallimard en 2000, en poche 2011<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Apr\u00e8s <a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=606\">l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance du H\u00e9risson<\/a> et <a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=12647\">Une rose seule<\/a>, voici un troisi\u00e8me roman de cette auteure qui en r\u00e9alit\u00e9 est le premier qu&rsquo;elle a fait para\u00eetre.<\/p>\n<p>Je dois cette lecture a une rencontre peine de charme, dans une petite libraire au Mordreuc, \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/www.auchienquilit.com\/\">Au chien qui lit<\/a>&#160;\u00bb , restaurant et salon de th\u00e9, le mercredi 21 mai vers 16 heures, la libraire attendait les lectrices qui voulaient bien parler de leur coups de c\u0153ur autour du th\u00e8me&#160;: le restaurant.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais apport\u00e9 \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/www.auchienquilit.com\/\">Une soupe \u00e0 la grenade&#160;\u00bb, <\/a>et une des participantes ce roman qu&rsquo;elle a bien voulu me pr\u00eater.<\/p>\n<p>On retrouve dans ce roman l&rsquo;annonce de son grand succ\u00e8s \u00ab&#160;l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance du h\u00e9risson&#160;\u00bb, les personnages \u00e0 la limite de la caricature sont tous l\u00e0&#160;: la concierge, le riche bourgeois, la femme amoureuse et soumise, les enfants malheureux et incompris. Mais on y retrouve surtout son style des \u00e9num\u00e9rations assez longues et pourtant agr\u00e9able \u00e0 lire. Le sujet est int\u00e9ressant&#160;: un chroniqueur litt\u00e9raire va mourir , et il est \u00e0 la recherche de son premier \u00e9moi gustatif. Cela nous vaut une balade dans les diff\u00e9rents plats qui ont \u00e9maill\u00e9 sa jeunesse. En m\u00eame temps, on voit cet homme enti\u00e8rement tourn\u00e9 vers ses plaisirs alimentaires devenir un tyran. Il est redout\u00e9 de tous les restaurateurs, de sa femme qu&rsquo;il trompe souvent, de ses ma\u00eetresses qu&rsquo;il ne respecte pas plus que sa femme, de son fils qu&rsquo;il a d\u00e9truit, mais lui, qui est-il&#160;?<\/p>\n<p>Sans doute ce petit enfant \u00e0 qui on a mis une tomate du jardin dans la bouche et qui tr\u00e8s t\u00f4t a aim\u00e9 les plats propos\u00e9s par toutes celles qui faisaient la cuisine pour lui et sa famille sans oublier les ambiances autour des fourneaux.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas trop \u00e9t\u00e9 convaincu par le personnage principal mais en revanche, j&rsquo;ai vraiment appr\u00e9ci\u00e9 la description des diff\u00e9rents plaisirs de mets parfois tr\u00e8s simples, comme lui j&rsquo;adore les sardines grill\u00e9es sur le feu de bois&#160;; mais je ne saurai pas en parler aussi bien &#8230; J&rsquo;ai peu de go\u00fbt pour la mayonnaise mais j&rsquo;ai presque eu envie de m&rsquo;en faire une pour la go\u00fbter avec des l\u00e9gumes crus tant l&rsquo;auteure la d\u00e9crit avec sensualit\u00e9.<\/p>\n<p>Un premier roman prometteur et je ne suis pas surprise que cette femme, qui \u00e9tait alors toute jeune, continue \u00e0 \u00e9crire des romans \u00e0 succ\u00e8s.<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Quand je prenais possession de la table, c&rsquo;\u00e9tait en monarque. Nous \u00e9tions les rois, les soleils de ces quelques heures de festin qui d\u00e9cideraient de leur avenir, qui d\u00e9cideraient de leur avenir, qui dessineraient l&rsquo;horizon, tragiquement proche ou d\u00e9licieusement lointain et radieux, de leurs espoirs de chefs. Je p\u00e9n\u00e9trais dans la salle comme le consul entre dans l&rsquo;ar\u00e8ne pour \u00eatre acclam\u00e9 et j&rsquo;ordonnais que la f\u00eate commence.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Sa femme.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0J&rsquo;aime ma femme, comme j&rsquo;ai toujours aim\u00e9 les beaux objets de ma vie. C&rsquo;est ainsi. En propri\u00e9taire j&rsquo;ai v\u00e9cu, en propri\u00e9taire je mourrai, sans \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me ni go\u00fbt pour la sentimentalit\u00e9, sans remords aucun d&rsquo;avoir ainsi accumul\u00e9 les biens, conquis les \u00e2mes et les \u00eatres comme on acquiert un tableau de prix Les \u0153uvres d&rsquo;art ont une \u00e2me. Peut-\u00eatre est-ce parce que je sais qu&rsquo;on ne peut les r\u00e9duire \u00e0 une simple vie min\u00e9rale, aux \u00e9l\u00e9ments sans vie qui les composent, que je n&rsquo;ai jamais \u00e9prouv\u00e9 la moindre honte \u00e0 consid\u00e9rer Anna comme la plus belle de toutes, elle qui, quarante ans durant, a \u00e9gay\u00e9 de sa beaut\u00e9 cisel\u00e9e et de sa tendresse les pi\u00e8ces de mon royaume.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>\u00c9loge de la sardine grill\u00e9e au feu de bois.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il y a dans la chair du poisson grill\u00e9, du humble des maquereaux au plus raffin\u00e9 des saumons, quelque chose qui \u00e9chappe \u00e0 la culture. C&rsquo;est ainsi que les hommes apprenant \u00e0 cuire leur poisson, durent \u00e9prouver pour la premi\u00e8re fois leur humanit\u00e9, dans cette mati\u00e8re dont le feu r\u00e9v\u00e9lait conjointement la puret\u00e9 et la sauvagerie essentielles. Dire de cette chair qu&rsquo;elle est fine, que son go\u00fbt est subtil et expansif \u00e0 la fois, qu&rsquo;elle excite les gencives, \u00e0 mi-chemin entre la force et la douceur, dire que l&rsquo;amertume l\u00e9g\u00e8re de la peau grill\u00e9e alli\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame onctuosit\u00e9 des tissus serr\u00e9s, solidaires et puissants qui emplissent la bouche d&rsquo;une saveur d&rsquo;ailleurs fait de la sardine grill\u00e9e une apoth\u00e9ose culinaire, c&rsquo;est tout au plus \u00e9voquer la vertu dormitive de l&rsquo;opium Car ce qui se joue l\u00e0, ce n&rsquo;est ni finesse, ni douceur, ni force, ni onctuosit\u00e9 mais sauvagerie. Il faut \u00eatre une \u00e2me forte pour s&rsquo;affronter \u00e0 ce go\u00fbt-ci&#160;; il rec\u00e8le bien en lui, de la mani\u00e8re la plus exacte, la brutalit\u00e9 primitive au contact de laquelle notre une humanit\u00e9 se forge .<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Le portrait d&rsquo;un paysan vigneron, caricatural&#160;?. (Plus proche de la BD que du roman. )<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div> <em>Et puis, avec son pantalon de travail, ses larges bretelles noires, sa chemise \u00e0 carreaux rouges aussi color\u00e9es que son nez et ses joues, et son b\u00e9ret noir, il me plaisait bien cet homme-l\u00e0, et je n&rsquo;avais pas envie de lui mentir.<\/em><\/div>\n<div><em>Tout homme est, en quelque fa\u00e7on ma\u00eetre en son ch\u00e2teau. Le plus frustre des paysans, le plus inculte des vignerons, le plus minable des employ\u00e9s, le plus miteux des commer\u00e7ants, le plus paria parmi les parias de tous ceux qui, de la consid\u00e9ration sociale, on d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 exclus et m\u00e9connus le plus simple des hommes donc poss\u00e8de toujours par-devers lui le g\u00e9nie propre qui lui donnera son heure de gloire. \u00c0 fortiori Gaston qui n&rsquo;\u00e9tait pas un paria. Ce simple travailleur, n\u00e9gociant prosp\u00e8re certes mais avant tout paysan reclus en ces arpents de vignoble, devint en un instant pour moi prince parmi les princes, parce que en toute activit\u00e9 noble ou d\u00e9cri\u00e9e, il y a toujours la place pour une fulguration de toute-puissance.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>L&rsquo;art de d\u00e9crire le plaisir de la nourriture .<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Des madeleines aux f\u00e8ves Tonka ou de l&rsquo;art du raccourci cavalier\u00a0&#160;! Il serait insultant de croire qu&rsquo;un dessert chez Marquet p\u00fbt se contenter de coucher sur l&rsquo;assiette quelques \u00e9tiques madeleines \u00e9maill\u00e9es de f\u00e8ves en pluie. La p\u00e2tisserie n&rsquo;\u00e9tait gu\u00e8re qu&rsquo;un pr\u00e9texte, celui d&rsquo;un psaume sucr\u00e9, miell\u00e9, fondant et napp\u00e9 o\u00f9, dans la folie des biscuits, des confits, des gla\u00e7ages, des cr\u00eapes, du chocolat, du sabayon, des fruits rouges, des glaces et des sorbets se jouait une d\u00e9clinaison progressive de chauds et de froids par o\u00f9 ma langue experte, claquant d&rsquo;une satisfaction compulsive, dansait la gigue endiabl\u00e9e des bals de grande all\u00e9gresse. Les glaces et les sorbetss en particulier avaient toute ma faveur. J&rsquo;adore les glaces&#160;: cr\u00e8me glac\u00e9es satur\u00e9es de lait, de gras, de parfum artificiels, de morceaux de fruits, de grains caf\u00e9, de rhum, gelati italiens \u00e0 la solidit\u00e9 de velours et aux escaliers de vanille, de fraises ou de chocolat, coupes glac\u00e9es croulant sous la chantilly, la p\u00eache, les amandes et les coulis de toutes sortes, simples b\u00e2tonnets au napage craquant, fin et tenace \u00e0 la fois qu&rsquo;on d\u00e9guste dans la rue, entre deux rendez-vous, ou le soir en \u00e9t\u00e9 devant la t\u00e9l\u00e9vision, quand il est clair d\u00e9sormais que c&rsquo;est seulement ainsi, et pas autrement qu&rsquo;on aura un peu moins chaud, un peu moins soif, sorbets enfin, synth\u00e8ses r\u00e9ussies de la glace et du fruit, rafra\u00eechissements robustes s&rsquo;\u00e9vanouissant dans la bouche en une coul\u00e9e de glacier.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9ditions Folio, 166 pages , premi\u00e8re \u00e9dition chez Gallimard en 2000, en poche 2011 Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance du H\u00e9risson et Une rose seule, voici un troisi\u00e8me roman de cette auteure qui en r\u00e9alit\u00e9 est le premier qu&rsquo;elle a fait para\u00eetre. 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