{"id":20062,"date":"2025-06-30T06:04:48","date_gmt":"2025-06-30T04:04:48","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20062"},"modified":"2025-06-30T12:05:41","modified_gmt":"2025-06-30T10:05:41","slug":"prisonnier-du-reve-ecarlate-andrei-makine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=20062","title":{"rendered":"Prisonnier du r\u00eave \u00e9carlate  &#8211; Andre\u00ef MAKINE"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-20079\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0678-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions Grasset, 414 pages, janvier 2025.<\/em><\/p>\n<p>Deux livres du m\u00eame auteur \u00e0 suivre, c&rsquo;est un hasard mais qui montre aussi que j&rsquo;aime beaucoup lire les romans de cet auteur dont voici la liste que vous trouverez sur luocine,<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=1976\">La vie d&rsquo;un homme inconnu.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=457\">Le livre des br\u00e8ves amours \u00e9ternelles.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=9871\">l&rsquo;archipel d&rsquo;une autre vie.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=17933\">La femme qui attendait<\/a> .<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=20033\">Une femme aim\u00e9e.<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Il m&rsquo;arrive parfois d&rsquo;avoir de l\u00e9g\u00e8res r\u00e9serves, cela vient aussi du choc qu&rsquo;avait repr\u00e9sent\u00e9 pour moi, \u00ab&#160;le Testament fran\u00e7ais&#160;\u00bb, ensuite j\u2019ai trouv\u00e9 qu&rsquo;il se r\u00e9p\u00e8tait un peu, mais cette critique est injuste car si chaque roman de cet auteur \u00e9tait le premier que je lisais de lui , je lui attribuerais \u00e0 chaque fois 5 coquillages. Ce que je fais pour celui-ci.<br \/>\nOn pourrait sous titrer ce roman \u00ab&#160;les multiples vies de Lucien Baert&#160;\u00bb, l&rsquo;ouvrier communiste de Douai. Car cet homme va conna\u00eetre un destin tr\u00e8s particulier, tout cela \u00e0 cause d&rsquo;un voyage que le partit communiste organise en 1939 en URSS, pour contrecarrer la propagande capitaliste qui dit que les ouvriers russes sont malheureux, tr\u00e8s pauvres, et vivent sous la botte d&rsquo;un dictateur Joseph Staline. La Russie de l&rsquo;\u00e9poque sait parfaitement organiser des voyages de propagande o\u00f9 des convaincus pas trop curieux voient ce qu&rsquo;ils veulent bien voir. (Ma g\u00e9n\u00e9ration a bien connu cela avec les retours \u00e9merveill\u00e9s des convaincus de la Chine mao\u00efste en pleine r\u00e9volution culturelle&#160;!) .<\/p>\n<p>Lucien rate son train dans une gare isol\u00e9e de Russie, ses amis repartent sans lui, commence alors sa seconde vie, celle d&rsquo;un suppos\u00e9 espion fran\u00e7ais dans les ge\u00f4les de Staline, comme la guerre est d\u00e9clar\u00e9e on envoie des \u00ab&#160;volontaires&#160;\u00bb que l&rsquo;on sort du goulag se faire tuer sur le front. Au milieu des horreurs de cette guerre, un soldat russe comprend que tant que cet homme gardera une identit\u00e9 fran\u00e7aise, il ne sortira jamais du goulag , il lui propose de changer d&rsquo;identit\u00e9 s&rsquo;il meurt avant lui. Lucien commence alors une troisi\u00e8me vie sous l&rsquo;identit\u00e9 de Matve\u00ef Belov condamn\u00e9 politique . Lucien-Matve\u00ef est pris par les allemands , tortur\u00e9, puis repris par les sovi\u00e9tiques de nouveau tortur\u00e9 et remis au goulag pour y finir sa peine. lorsque le rapport Kroutchev d\u00e9nonce les crimes de Staline le r\u00e9gime du goulag s&rsquo;all\u00e8ge un peu, malheureusement pour lui , il participe \u00e0 une r\u00e9volte donc est condamn\u00e9 \u00e0 quelques ann\u00e9es de plus. Enfin lib\u00e9r\u00e9, il commence une vie de \u00ab&#160;russe ancien prisonnier&#160;\u00bb dans la Ta\u00efga avec Daria un femme qu&rsquo;il sauve d&rsquo;une mort atroce . Ensemble, ils m\u00e8nent une vie simple et sont presque heureux . Mais son pass\u00e9 fran\u00e7ais le hante et Daria le pousse \u00e0 retrouver ses racines. il parvient \u00e0 se sauver sur un navire fran\u00e7ais. L&rsquo;indiff\u00e9rence des touristes occidentaux qu&rsquo;il cherche \u00e0 aborder \u00e0 L\u00e9ningrad est caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme des touristes qui ne veulent en aucun cas l&rsquo;aider. Il parvient finalement \u00e0 fuir l&rsquo;URSS gr\u00e2ce \u00e0 un capitaine d&rsquo; un navire fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Commence alors une troisi\u00e8me vie, cette d&rsquo;un transfuge des camps qui va \u00e9clairer les intellectuels fran\u00e7ais sur la r\u00e9alit\u00e9 sovi\u00e9tique. Apr\u00e8s une p\u00e9riode d&rsquo;engouement, peu \u00e0 peu Lucien Baert n&rsquo;int\u00e9resse plus personne et lui sent qu&rsquo;il perd pied dans ce monde si futile, il devient infr\u00e9quentable et pour tout dire un peu fou. Il retournera en Russie pour y finir sa vie aupr\u00e8s de Daria sous le nom de Matve\u00ef Belov et connaitra l&rsquo;horrible p\u00e9riode o\u00f9 son pays est livr\u00e9 aux mafia qui ne cherchent qu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;enrichir par tous les moyens.<\/p>\n<p>Cette travers\u00e9e dans un demi-si\u00e8cle de nos deux soci\u00e9t\u00e9 est une plong\u00e9e dans un d\u00e9sespoir sans fond, sauf sans doute la sinc\u00e9rit\u00e9 de gens simples qui ne veulent plus d&rsquo;id\u00e9ologie et qui essaient de se construire un monde heureux \u00e0 leur port\u00e9e sans illusion sur les valeurs humaines. La description de l&rsquo;intelligentsia fran\u00e7aise est sans complaisance et malheureusement assez r\u00e9aliste, la col\u00e8re de Lucien \u00e0 une de leur soir\u00e9e est m\u00e9rit\u00e9e mais va l&rsquo;enfoncer un peu plus dans son isolement.<\/p>\n<p>En refermant ce roman , je me suis demand\u00e9 ce qui \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable pour l&rsquo;auteur&#160;: la force brutale des Russes ou l&rsquo;hypocrisie l\u00e9nifiante des intellectuels fran\u00e7ais . Je ne sais pas si ce roman r\u00e9pond \u00e0 cette question mais en tout cas depuis , elle me hante et comme la force des Russes est de nouveau aux portes de l&rsquo;Europe , elle me fait aussi tr\u00e8s peur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<h3>D\u00e9but du prologue.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>\u00c9cras\u00e9 sous le fardeau de sa vie un homme un fleur la mis\u00e9ricorde. Dieu le conduit \u00e0 un amas o\u00f9 sont d\u00e9pos\u00e9s les croix des destins. Le malheureux jette la sienne, en soul\u00e8ve une autre&#160;: non trop lourde\u00a0&#160;! Et celle-ci.&#160;? Ah, pleine d&rsquo;\u00e9chardes&#160;! La troisi\u00e8me, la suivante, encore une &#8230; Enfin, au coucher du soleil, la croix qu&rsquo;il choisit lui para\u00eet lisse et l\u00e9g\u00e8re.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0&#160;\u00bb Je la prends, elle ne p\u00e8se rien&#160;!&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<div><em>&#160;\u00bb C&rsquo;est celle que tu portais ce matin&#160;\u00bb, lui r\u00e9pond Dieu .<\/em><\/div>\n<div><em> J&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 ce vieux conte en feuilletant un carnet qui, \u00e0 travers la Russie r\u00e9pertoriait des dizaines de noms&#160;: les futurs h\u00e9ros d&rsquo;un documentaire con\u00e7u par Stas Podlaski, un cin\u00e9aste \u00ab&#160;franco-polonais&#160;\u00bb a-t-il sp\u00e9cifi\u00e9. Des amis communs m&rsquo;ont demand\u00e9 de jouer les guides.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>D\u00e9but du roman.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>L&rsquo;homme surgissait au soir, avan\u00e7ait sans h\u00e2te, mais ne se laissait pas approcher. Plus d&rsquo;une fois, Matve\u00ef eut envie de le rejoindre, d&rsquo;engager la conversation. La distance entre eux se r\u00e9duisait, le vagabond semblait sur le point de se retourner. Et, soudain, il disparaissait au milieu des arbres.<\/em><\/div>\n<div><em>&#160;\u00bb C&rsquo;est dans ma t\u00eate, tout \u00e7a. Je suis crev\u00e9, je dors peu, alors je vois ce fant\u00f4me qui me tient compagnie&#8230;&#160;\u00bb se disait Matve\u00ef, s&rsquo;effor\u00e7ant de chasser une id\u00e9e insidieuse&#160;: l&rsquo;inconnu qui le pr\u00e9c\u00e9dait \u00e9tait&#8230; Son double&#160;!<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La vision des prison russe en 1930 par les \u00ab&#160;bons&#160;\u00bb communistes fran\u00e7ais.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Elle cite le t\u00e9moignage, dans \u00ab&#160;L&rsquo;Humanit\u00e9&#160;\u00bb , de Marie-Claude Vaillant Couturier qui vient de visiter Moscou&#160;:&#160;\u00bb Les condamn\u00e9s en URSS touchent un salaire et peuvent tout acheter, sauf des boissons alcoolis\u00e9es. Ils peuvent se payer une chambre individuelle, ils lisent, \u00e9crivent, voient des films, font de la musique&#8230;&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div>\n<h3>Les russes anciens prisonniers de guerre.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il est envoy\u00e9 non pas dans le camp o\u00f9 il \u00e9tait emprisonn\u00e9 avant la guerre, celui de l&rsquo;Oural, mais plus \u00e0 l&rsquo;ouest, \u00e0 la construction d&rsquo;une voie ferr\u00e9e \u00e0 travers la ta\u00efga et les mar\u00e9cages.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Les raisons de poursuivre cette vie n&rsquo;existent plus. Les moyens d&rsquo;en finir sont abondants et le nombre de prisonniers qui se suicident le surprend. Souvent, ce sont d&rsquo;anciens militaires qui ont eu le malheur comme lui d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s par les Allemands. Il conna\u00eet le verdict de Staline&#160;: \u00ab&#160;Je n&rsquo;ai pas de soldats fait prisonniers.&#160;\u00bb Donc, captur\u00e9, on doit lutter et mourir.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Ce que savait l&rsquo;Am\u00e9rique du syst\u00e8me totalitaire sovi\u00e9tique.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>C&rsquo;est \u00e0 Boston qu&rsquo;il fait un constat stup\u00e9fiant&#160;: un universitaire qui n&rsquo;a jamais mis le pied en Russie est plus renseign\u00e9 qu&rsquo;un prisonnier ayant pass\u00e9 de longues ann\u00e9es derri\u00e8re les barbel\u00e9s. Ce professeur lui parle comme s&rsquo;il s&rsquo;adressait \u00e0 un \u00e9tudiant un peu lent \u00e0 comprendre. Julia traduit&#160;: &#160;\u00bb J&rsquo;ai consacr\u00e9 mon doctorat au ph\u00e9nom\u00e8ne totalitaire et permettez-moi de vous signaler que d\u00e8s les abus d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 30, les \u00e9conomistes am\u00e9ricains, ignorant tout des camps sovi\u00e9tiques, en ont d\u00e9montr\u00e9 la probable existence. Ils ont analys\u00e9 le commerce des mati\u00e8res premi\u00e8res et les prix plus bas, qu&rsquo;un simple \u00ab&#160;dumping&#160;\u00bb, pratiquer par l&rsquo;URSS. Cela supposait une main-d&rsquo;\u0153uvre quasi b\u00e9n\u00e9vole ou, plut\u00f4t, une masse d&rsquo;ouvriers sans salaire. Bref un r\u00e9servoir d&rsquo;esclaves&#160;!&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Lucien s&#8217;empresse de partager cet avis&#160;: c&rsquo;est vrai un prisonnier ne co\u00fbtait pas cher, travaillait douze heures par jour et mourait vite, ce qui \u00e9vitait les \u00e9ventuels frais m\u00e9dicaux et, plus tard, le paiement d&rsquo;une retraite.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0L&rsquo;\u00e9rudition de ces \u00ab&#160;sovi\u00e9tologues&#160;\u00bb l&#8217;embarrasse&#160;: si gr\u00e2ce aux calculs financiers, on peut d\u00e9duire l&rsquo;existence des camps, a-t-on besoin des t\u00e9moins comme lui&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La fracture entre l&rsquo;ancien prisonnier de Staline et des intellectuels parisiens.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Toujours muet, il sait qu&rsquo;aucun t\u00e9moignage ne pourra \u00e9branler les jugements paresseux qui circulent dans ce salon. Un r\u00e9cit s&rsquo;\u00e9gr\u00e8ne en lui&#160;: ses camarades des unit\u00e9s disciplinaires, les attaques qui ne laissaient que quelques survivants. Des visages qui disparaissaient avant qu&rsquo;on puisse retenir leurs traits, des aveux dont le souvenir continuait \u00e0 r\u00e9sonner en lui, sans qu&rsquo;il sache qui les avait prononc\u00e9s. Et d&rsquo;autres visages, impossibles \u00e0 reconna\u00eetre car trop d\u00e9figur\u00e9s par les blessures comme celui de Martve\u00ef B\u00e9lov. Et les d\u00e9bris des corps qui s&rsquo;enla\u00e7aient, m\u00ealant leurs entrailles. Et ce cri \u00ab&#160;Pour la Patrie pour Staline&#160;!&#160;\u00bb, sortant des poumons de ceux qui ha\u00efssaient Staline mais qui, se jetant \u00e0 l&rsquo;assaut n&rsquo;avait que ce cri pour d\u00e9fier la mort.<\/em><\/div>\n<div><em>Ses mots silencieux expriment un constat qu&rsquo;il pourrait adresser aux invit\u00e9s\u00a0&#160;: si vous \u00eates tranquillement assis dans ce beau salon, c&rsquo;est gr\u00e2ce au jeune Alta\u00ef qui refusait de tuer ses semblables, m\u00eame s&rsquo;ils \u00e9taient allemands. Et aussi gr\u00e2ce \u00e0 un soldat qui avant de mourir m&rsquo;a offert son identit\u00e9. Vous pouvez mener vos causeries d&rsquo;intellos, d\u00e9signer les ennemis du progr\u00e8s, jouer \u00e0 vos petites r\u00e9volutions culturelles ou sexuelles, \u00e9crire dans vos journaux qui censurent tout ce qui ne vous pla\u00eet pas. Oui, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 ce disciplinaire au visage arrach\u00e9 que vous pouvez boire, manger, fumer vos clopes qui endorment toute v\u00e9rit\u00e9 g\u00eanante et puis aller copuler, \u00e0 deux ou \u00e0 plusieurs puisque la vie vous doit cela. Mais vous n&rsquo;\u00eates pas des gagnants, non car vous \u00eates tr\u00e8s laids. D&rsquo;une laideur incurable&#160;! En vivant, en mentant, en baisant comme vous le faites, on vit sans aimer&#8230; Donc on ne vit pas&#160;!<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions Grasset, 414 pages, janvier 2025. Deux livres du m\u00eame auteur \u00e0 suivre, c&rsquo;est un hasard mais qui montre aussi que j&rsquo;aime beaucoup lire les romans de cet auteur dont voici la liste que vous trouverez sur luocine, La vie d&rsquo;un homme inconnu. Le livre des br\u00e8ves amours \u00e9ternelles. l&rsquo;archipel d&rsquo;une autre vie. 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