{"id":19967,"date":"2025-06-12T06:00:17","date_gmt":"2025-06-12T04:00:17","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19967"},"modified":"2025-05-24T12:23:56","modified_gmt":"2025-05-24T10:23:56","slug":"laffaire-de-la-rue-transnonain-jerome-chantreau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19967","title":{"rendered":"L&rsquo;affaire de la rue Transnonain  &#8211; J\u00e9r\u00f4me CHANTREAU"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19978\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_0666-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em><br \/>\n\u00c9ditions la tribu, 459 pages, janvier 2025<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du club de lecture de\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\">la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;ai lu chez \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/jelisjeblogue.blogspot.com\/2025\/03\/laffaire-de-la-rue-transnonain-jerome.html\">je lis je blogue<\/a>&#160;\u00bb un billet \u00e0 propos de ce roman et il se trouve qu&rsquo;il \u00e9tait au programme du club dans le th\u00e8me&#160;\u00bb roman historique&#160;\u00bb.<\/p>\n<p>Je rappelle bri\u00e8vement le fait central&#160;: rue Transnonain, au 12 exactement, la nuit du 14 avril 1834, les troupes command\u00e9es de loin par un certain Bugeaud ob\u00e9issant \u00e0 Adolphe Thiers, entrent dans cet immeuble et tuent tout le monde&#160;: hommes, vieillards femmes et enfants. C&rsquo;est un crime d&rsquo;\u00e9tat et qui a d&rsquo;abord choqu\u00e9 l&rsquo;opinion publique et puis qui a \u00e9t\u00e9 bien oubli\u00e9. Il pr\u00e9figure ce que sera la r\u00e9pression de la Commune toujours men\u00e9e par Adolphe Thiers, ce boucher qui a encore tant de rues et de places \u00e0 son nom dans les villes fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Ce qui a sans doute rendu c\u00e9l\u00e8bre ce crime d&rsquo;\u00e9tat c&rsquo;est le dessin de Daumier plus que le texte de Ledru-Rollin qui, d\u00e9j\u00e0, d\u00e9non\u00e7ait ce crime sans raison de 12 parisiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/3\/39\/Rue_Transnonain%2C_le_15_Avril_1834.tif\/lossy-page1-1280px-Rue_Transnonain%2C_le_15_Avril_1834.tif.jpg\" alt=\"Description de cette image, \u00e9galement comment\u00e9e ci-apr\u00e8s\" \/><\/p>\n<p>\u00c0 partir de ce crime horrible, l&rsquo;auteur cr\u00e9e une fiction historique, tr\u00e8s int\u00e9ressante qui permet de se plonger dans le Paris de la mis\u00e8re sous Louis Philippe. Les deux personnages principaux, la prostitu\u00e9e, Annette Vacher, et l&rsquo;ancien policier Joseph Lutz ne sont pas des personnages de pure fiction mais tr\u00e8s librement interpr\u00e9t\u00e9s par l&rsquo;auteur. La trame principale de ce r\u00e9cit est de d\u00e9monter la propagande officielle de l&rsquo;\u00e9poque qui consistait \u00e0 faire porter le chapeau de cette tuerie aux habitants de cet immeuble qui auraient cach\u00e9 un homme qui a tu\u00e9 un officier de la garde. En r\u00e9alit\u00e9, le r\u00e8gne de Louis Philippe est secou\u00e9 par de multiples r\u00e9voltes dont celle des canuts \u00e0 Lyon, et le pouvoir, avec le tristement c\u00e9l\u00e8bre Thiers \u00e0 sa t\u00eate, veut remettre de l&rsquo;ordre . Pour cela, il faut museler la presse et mettre en prison tous les gens qui appartiennent \u00e0 des mouvements progressistes. Bugeaud pense qu&rsquo;il faut faire peur aux bourgeois, rien de telle qu&rsquo;une tuerie bien organis\u00e9e.<\/p>\n<p>Le monde de la mis\u00e8re est parfaitement d\u00e9crit en particulier celui de la prostitution. L&rsquo;auteur fait revivre deux femmes remarquables de l&rsquo;\u00e9poque&#160;: Suzanne Voilquin et Claire D\u00e9mar qui ont lutt\u00e9 toute leur vie pour la cause des femmes, trop t\u00f4t, sans \u00eatre le moindre du monde entendues \u00e0 leur \u00e9poque.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai une r\u00e9serve sur ce roman trop foisonnant. L&rsquo;auteur a voulu tout dire de l&rsquo;\u00e9poque . Le fil narratif est, de fa\u00e7on permanente, fait d&rsquo;aller et retour sans que cela se justifie. Pour moi, la chronologie aide \u00e0 la compr\u00e9hension et le contraire m&rsquo;a lass\u00e9e. Et puis le romanesque emporte l&rsquo;auteur dans des invraisemblances qui n&rsquo;apportent pas grand chose et surtout le personnage de la prostitu\u00e9e amoureuse d&rsquo;un jeune ouvrier occupe une tr\u00e8s grande partie du roman sans pour autant \u00eatre tr\u00e8s incarn\u00e9e&#160;: c&rsquo;est une tr\u00e8s belle coquille vide . Bref, quelques longueurs dans un roman qui vaut vraiment le peine d&rsquo;\u00eatre lu pour d\u00e9couvrir la mis\u00e8re du tout d\u00e9but de l&rsquo;industrialisation de la France.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00ab&#160;&#8230; on ne tue pas le monde comme \u00e7a. \u00ab&#160;<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Au num\u00e9ro 12 de la rue Transnonain, \u00e0 l&#8217;emplacement de l&rsquo;actuel 62, rue Beaubourg \u00e0 Paris, deux amants sont allong\u00e9s dans un lit. L&rsquo;un dort l&rsquo;autre veille. La jeune femme s&rsquo;appelle Annette Vacher. Elle doit avoir d\u00e9pass\u00e9 la vingtaine. Personne ne peut donner son \u00e2ge exact, mais tous se souviennent de ses yeux verts l\u00e9g\u00e8rement brid\u00e9s, de son \u00e9paisse chevelure d&rsquo;un rouge rabattu et de ses t\u00e2ches de rousseur. Quelque chose d&rsquo;excessif dans la f\u00e9minit\u00e9, de d\u00e9bordant. Madame Pajot, la concierge de l&rsquo;immeuble, est plus directe pour elle, \u00ab&#160;c&rsquo;est une fille&#160;\u00bb.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Citations de la presse d&rsquo;opposition .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0La caricature, 17 avril 1834<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Pendant toute la journ\u00e9e, on voyait \u00e0 chaque instant sortir des cercueils des maisons d\u00e9mantel\u00e9es de la rue Transnonain&#160;; on avait oubli\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire dessus&#160;: laisser passer l&rsquo;ordre public.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>(plus loin)<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0L&rsquo;administration des pompes fun\u00e8bres a plac\u00e9, dit-on, au-dessus de son \u00e9tablissement l&rsquo;\u00e9criteau suivant&#160;: Au Pouvoir, les pompes fun\u00e8bres reconnaissantes.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Portrait d&rsquo;Adolphe Thiers.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Au moment des Trois Glorieuses, ils parie sur Louis Philippe. Dans les colonne du \u00ab&#160;National&#160;\u00bb, il le pousse sur le tr\u00f4ne. \u00c9lu d\u00e9put\u00e9, il s&rsquo;arrange pour envoyer le mari de sa ma\u00eetresse en poste dans le Nord et, ne pouvant mettre la main sur la m\u00e8re, \u00e9pouse la fille de seize ans. Le voil\u00e0 riche, le voil\u00e0 \u00e9lecteur, le voil\u00e0 \u00e9ligible. Gr\u00e2ce \u00e0 la fortune du beau-p\u00e8re, il s&rsquo;installe place Saint-Georges, dans un h\u00f4tel particulier en style n\u00e9ogothique, qui symbolisera aux yeux des Parisiens, ce que peuvent faire la ruse et le pouvoir r\u00e9unis en un seul personnage.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Le carnaval et les exc\u00e8s .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Son nom est Milord l&rsquo;Arsouille. Le fils b\u00e2tard d&rsquo;un riche Anglais qui vient d&rsquo;h\u00e9riter de cent mille livres sterling. Elles lui br\u00fblent les mains. Et pas que les siennes. Son jeu pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 consiste \u00e0 plonger une poign\u00e9e de pi\u00e8ces d&rsquo;or dans l&rsquo;huile de la friture et, muni d&rsquo;un mouchoir, de les lancer sur la foule. Il faut les voir s&rsquo;arracher la peau en paiement de leur lucre. Quand il a bien ri, il se bat. Peu importe la raison. Avec les bourgeois. les fiers-\u00e0-bras. Comme s&rsquo;ils voulaient se punir d&rsquo;avoir eu tant de chance.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Genre de sc\u00e8nes trop fr\u00e9quentes \u00e0 mon go\u00fbt.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Dans son dos les chaufourniers retroussent sa robe. La poussi\u00e8re lui entre dans les narines, les oreilles, les yeux. Par tous les orifices du corps. Il doit y en avoir sur le sexe en \u00e9rection parce que \u00e7a la br\u00fble de l&rsquo;int\u00e9rieur. Dans la cour les femmes parlent de plus en plus fort. Les enfants jappent comme des petits chiens. Les chaufourniers avaient et toussent, leur souffle si court qu&rsquo;Annette croit plusieurs fois qu&rsquo;ils vont mourir en elle.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>6 ans d&rsquo;une vie.<\/h3>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Elles arrivent ainsi de devant la barri\u00e8re d&rsquo;Italie. Celle par laquelle six ann\u00e9es plus t\u00f4t, Annette entrait dans Paris. Six ans c&rsquo;est peu &#8230; \u00e0 moins qu&rsquo;on n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de coucher avec des centaines d&rsquo;hommes, qu&rsquo;on n&rsquo;ait \u00e9borgn\u00e9 une femme, pass\u00e9 un an en prison, connu plusieurs r\u00e9volutions, \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un massacre, dormi sur des grabats, \u00e9prouve la faim, le froid rencontr\u00e9 l&rsquo;amour et tenu dans ses mains son cr\u00e2ne ouvert.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>La peur et l&rsquo;action .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Dimanche apr\u00e8s-midi quelques heures avant l&rsquo;assaut. La rue Beaubourg est remplie \u00e0 la gueule. Des familles enti\u00e8res qui musardent depuis la tour Saint-Jacques jusque dans le Marais. \u00c7a chante, \u00e7a prend du bon temps. C&rsquo;est pas comme \u00e7a qu&rsquo;on va faire la r\u00e9volution. Retiens bien mon avis, Lutz&#160;: la peur c&rsquo;est le seul combustible valable. Sans elle, autant rester chez soi.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions la tribu, 459 pages, janvier 2025 Lu dans le cadre du club de lecture de\u00a0la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard &nbsp; J&rsquo;ai lu chez \u00ab&#160;je lis je blogue&#160;\u00bb un billet \u00e0 propos de ce roman et il se trouve qu&rsquo;il \u00e9tait au programme du club dans le th\u00e8me&#160;\u00bb roman historique&#160;\u00bb. 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