{"id":19828,"date":"2025-05-08T06:44:45","date_gmt":"2025-05-08T04:44:45","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19828"},"modified":"2025-05-07T17:36:50","modified_gmt":"2025-05-07T15:36:50","slug":"mon-vrai-nom-est-elisabeth-adele-yon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19828","title":{"rendered":"Mon vrai nom est Elisabeth  &#8211; Ad\u00e8le YON"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19834\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0650-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions du sous sol, 388 pages, f\u00e9vrier 2025<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/club-de-lecture-de-dinard\">club de lecture<\/a>\u00a0de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Je voulais lire ce roman pour son titre, comme tant d&rsquo;\u00c9lisabeth , le personnage principal a supporter un dimunitif toute sa vie, pour elle c&rsquo;\u00e9tait Betsy. Je connais bien ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Peut-on \u00eatre la m\u00eame personne quand on vous vous appelez \u00c9lisabeth, mais que votre entourage d\u00e9forme en Betsy, Babeth, Zabou ou Zabeth&#160;?<\/p>\n<p>Cette remarque, toute personnelle, a peu de choses \u00e0 voir avec ce roman qui raconte encore, une fois, une souffrance familiale scrut\u00e9e par une \u00e9crivaine qui sait que son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, Betsy a \u00e9t\u00e9 lobotomis\u00e9e pour la \u00ab&#160;gu\u00e9rir&#160;\u00bb de sa schizophr\u00e9nie. Cette maladie mentale plane dans toute la famille, cela procure en particulier chez les femmes une peur sourde et latente de porter en elles, cette folie.<\/p>\n<p>Ad\u00e8le Yon part \u00e0 la recherche de ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 pour Betsy, jeune femme fianc\u00e9e \u00e0 Andr\u00e9, s\u00e9par\u00e9e de son fianc\u00e9 par la guerre 39\/45 , puis mari\u00e9e, accouchant de six enfants, et faisant des d\u00e9pressions gravissimes et des crises de \u00ab&#160;folie&#160;\u00bb. \u00c0 la demande de son mari, elle finit par subir une lobotomie et est intern\u00e9e loin de sa famille dans la Sarthe. Avec l&rsquo;\u00e9volution de la psychiatrie, elle ressortira de ce mouroir pour \u00ab&#160;fous&#160;\u00bb, et reviendra non pas aupr\u00e8s de son mari et de ses enfants mais dans sa propre famille maternelle.<\/p>\n<p>L&rsquo;autrice tape \u00e0 toutes les portes pour faire la lumi\u00e8re sur la vie de Betsy. Le livre raconte tout et cela donne un aspect un peu fouillis, pas d\u00e9sagr\u00e9able mais qui demande au lecteur une certaine vigilance. Le r\u00e9cit de l&rsquo;\u00e9crivaine est en caract\u00e8res graphiques habituels, les interviews, les lettres, les mails sont dans une autre typographie. On passe par tous les moments de cette enqu\u00eate pas toujours passionnante, les archives des h\u00f4pitaux psychiatriques m&rsquo;ont carr\u00e9ment ennuy\u00e9es . L&rsquo;autrice semble vouloir abandonner son enqu\u00eate et part travailler en boucherie industrielle, elle le raconte bien , mais franchement la comparaison entre la lobotomie et le d\u00e9coupage du porc m&rsquo;a sembl\u00e9 pour le moins inutile voire d\u00e9plac\u00e9e&#160;!<\/p>\n<p>Il appara\u00eet de fa\u00e7on \u00e9vidente que le mari de Betsy n&rsquo;a pas voulu prendre en charge sa femme et que, les six grossesses n&rsquo;ont pas aid\u00e9 cette pauvre femme \u00e0 aller mieux. Le plus dur pour elle , c&rsquo;est de n&rsquo;\u00eatre pas retourn\u00e9e vivre avec son mari quand les psychiatres plus humains l&rsquo;ont d\u00e9clar\u00e9e apte \u00e0 vivre en dehors de l&rsquo;h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Les recherches que l&rsquo;auteure a men\u00e9es autour de la lobotomie m&rsquo;ont beaucoup int\u00e9ress\u00e9e. C&rsquo;est la raison pour laquelle j&rsquo;ai mis quatre coquillages, alors que pour l&rsquo;ensemble j&rsquo;aurais plut\u00f4t mis 3 coquillages. La lobotomie est une pratique qui a eu beaucoup de succ\u00e8s aux USA, un peu moins en France et qui n&rsquo;est toujours pas interdite. 85&#160;% des personnes lobotomis\u00e9es \u00e9taient des femmes, et c&rsquo;\u00e9tait une pratique dangereuse qui n&rsquo;a jamais gu\u00e9ri personne mais qui, dans le meilleur des cas, calmait les malades.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;\u00e9crivaine qui a ouvert tous les placards \u00e0 secrets de sa famille, elle d\u00e9crit le p\u00e8re de Betsy comme autoritaire et harceleur si ce n&rsquo;est incestueux, le mari comme quelqu&rsquo;un incapable d&rsquo;aider sa femme et responsable de cette lobotomie qui a emp\u00each\u00e9 tout progr\u00e8s pour la sant\u00e9 de son \u00e9pouse qu&rsquo;il a abandonn\u00e9e dans un hospice sordide.<\/p>\n<p>Une fois encore, l&rsquo;autrice pense que ce lire l&rsquo;a aid\u00e9e \u00e0 gu\u00e9rir de sa peur de la folie et elle le d\u00e9die \u00e0 toute celles qui ont la m\u00eame peur qu&rsquo;elle&#160;:<\/p>\n<blockquote><p><em>Je remercie enfin toutes les femmes qui, au cours de ce voyage et au-del\u00e0, m&rsquo;ont fait part de leur exp\u00e9rience de la maladie mentale, de la peur, de la menace, du d\u00e9couragement, du poids familial, du silence, de la col\u00e8re. Je remercie toutes celles et ceux qui apercevront leur histoire dans le creux de celle-ci. Ce livre est pour nous&#160;: qu&rsquo;il nous lib\u00e8re.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>Premi\u00e8re page<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>Objet&#160;: Jean-Louis Important\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Date&#160;: 4 janvier 2023 \u00e0 02:18:49<\/em><\/div>\n<div><em>\u00c0&#160;: LA FILLE CADETTE<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>Quand tu liras ces mots, j&rsquo;aurai fini mes jours apr\u00e8s avoir bascul\u00e9 dans le vide depuis le balcon de l&rsquo;appartement que j&rsquo;ai lou\u00e9 au 7\u00b0 \u00e9tage.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>D\u00e9but du chapitre 1.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>L&rsquo;inventeur devenu millionnaire du Minitel rose pr\u00e9parait l&rsquo;op\u00e9ration depuis plusieurs mois. Il a mis en ordre ( jet\u00e9, donn\u00e9, br\u00fbl\u00e9) ses affaires, vendu sa maison du sud de la France, lou\u00e9 un appartement au septi\u00e8me \u00e9tage d&rsquo;un immeuble de la rue d&rsquo;Aligre, r\u00e9dig\u00e9 son testament, r\u00e9gl\u00e9 ses obs\u00e8ques, \u00e9crit un mail \u00e0 trois personnes, t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 la police pour l&rsquo;avertir qu&rsquo;il s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 sauter du septi\u00e8me \u00e9tage d&rsquo;un immeuble de la rue d&rsquo;Aligre et, le 4 janvier 2023 \u00e0 trois heures du matin, il a saut\u00e9 du septi\u00e8me \u00e9tage de l&rsquo;immeuble de la rue d&rsquo;Aligre, laissant derri\u00e8re lui en \u00e9vidence sur la table de la cuisine, les cl\u00e9s d&rsquo;une voiture de location Honda 245AWD32 gar\u00e9e dans le parking de l&rsquo;immeuble.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>La peur d&rsquo;\u00eatre folle.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il y a pour moi un risque g\u00e9n\u00e9tique&#160;: tout le monde sait que c&rsquo;est \u00e0 la sortie d&rsquo;adolescence que le risque de d\u00e9velopper une maladie mentale est le plus fort. Il n&rsquo;y a aucun doute c&rsquo;est ce qui est en train de m&rsquo;arriver. Ai-je moi-m\u00eame induit que mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re \u00e9tait schizophr\u00e8ne en une confusion qui n&rsquo;\u00e9tait pas sans pr\u00e9c\u00e9dent entre la folie en g\u00e9n\u00e9ral et la schizophr\u00e9nie en particulier&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Travail de boucherie<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>En boucherie, le couteau se tient comme un poignard que l&rsquo;on s&rsquo;appr\u00eaterait \u00e0 plonger dans un corps de dos, le poing serr\u00e9 vers l&rsquo;ext\u00e9rieur, la lame vers soi. Toute la force est concentr\u00e9e dans le poignet. Pour cette raison, les apprentis bouchers se rev\u00eatent d&rsquo;une cotte de mailles&#160;: un geste manqu\u00e9 finirait sans h\u00e9siter dans nos entrailles. En boucherie, on est soi-m\u00eame son propre ennemi, son meurtrier potentiel.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Fa\u00e7on de soigner la maladie psychiatrique.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Le d\u00e9veloppement de la chirurgie gyn\u00e9cologique rendent soudain possible de la gu\u00e9rison du mal \u00e0 la racine, ils permettent de l&rsquo;extraire comme un vulgaire kyste, une excroissance sans laquelle le corps demeure parfaitement intact. D\u00e9couper, sectionner, exciser, curateur, ablater, amputer&#160;: je suis frapp\u00e9e par la mani\u00e8re dont la psychochirurgie fait fond sur une th\u00e9orie de l&rsquo;exc\u00e8s selon laquelle l&rsquo;ablation de certaines parties du corps, comme de tumeurs malignes, permettrait au sujet malade de retrouver son \u00e9quilibre initial. D&rsquo;abord, ut\u00e9rus, clitoris&#160;; ensuite lobe frontal des parties \u00ab&#160;en trop&#160;\u00bb. La banalisation des violences envers les parties g\u00e9nitales des femmes ouvre naturellement la voie \u00e0 la banalisation des violences envers leurs cerveaux. D\u00e9couper l&rsquo;ut\u00e9rus, d\u00e9couper le cerveau&#160;: il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Je partage cela avec cette \u00e9crivaine.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>J&rsquo;ai une pi\u00e8tre ma\u00eetrise de la marche arri\u00e8re, mes roues se dirigent toujours \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ma pens\u00e9e<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9ditions du sous sol, 388 pages, f\u00e9vrier 2025 Lu dans le cadre du\u00a0club de lecture\u00a0de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. Je voulais lire ce roman pour son titre, comme tant d&rsquo;\u00c9lisabeth , le personnage principal a supporter un dimunitif toute sa vie, pour elle c&rsquo;\u00e9tait Betsy. Je connais bien ce ph\u00e9nom\u00e8ne. 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