{"id":19753,"date":"2025-04-28T06:00:22","date_gmt":"2025-04-28T04:00:22","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19753"},"modified":"2025-04-28T14:00:36","modified_gmt":"2025-04-28T12:00:36","slug":"bonheur-doccasion-gabrielle-roy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19753","title":{"rendered":"Bonheur d&rsquo;Occasion -Gabrielle ROY"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19762\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/IMG_0645-scaled-e1739890654859-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9ditions de l&rsquo;Olivier,413 pages, octobre 2024, premi\u00e8re \u00e9dition en 1945<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/club-de-lecture-de-dinard\">club de lecture<\/a>\u00a0de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<h3><em><strong>La France est comme les \u00e9toiles qui donnent encore de la clart\u00e9 la nuit, quand il fait ben noir\u00a0<\/strong><\/em><\/h3>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>D\u00e9j\u00e0 en 2013 le club de lecture m&rsquo;avait fait lire un roman de cette \u00e9crivaine&#160;: \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=152\">la petite poule d&rsquo;eau<\/a>\u00ab&#160;. Ce roman-ci est un grand succ\u00e8s de la litt\u00e9rature canadienne, il para\u00eet la premi\u00e8re fois en 1945 . C&rsquo;est un roman tr\u00e8s surprenant pour la lectrice que je suis aujourd&rsquo;hui, une plong\u00e9e dans le monde mis\u00e9rable de Montr\u00e9al, au d\u00e9but de la deuxi\u00e8me guerre mondiale. Surprenant, car c&rsquo;est un style incroyablement d\u00e9mod\u00e9, personne n&rsquo;\u00e9crit plus comme \u00e7a, en d\u00e9taillant par le menu toutes les circonvolutions psychologiques des diff\u00e9rents personnages. La mis\u00e8re dans laquelle est plong\u00e9e les gens pauvres du Qu\u00e9bec est vraiment saisissante, nous suivons une famille celle de Rose-Anna et Azarius Latour, qui ont beaucoup d&rsquo;enfants, dont un petit Daniel qui est atteint de Leuc\u00e9mie, et Florentine une jeune fille d\u00e9cid\u00e9e et qui rapporte toute sa paye de vendeuse \u00e0 sa famille. Azarius est un homme bon mais incapable de faire vivre sa trop nombreuse famille, Rose-Anna est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et travaille sans arr\u00eat pour \u00e9conomiser le moindre centime. Les histoires d&rsquo;amour de Florentine, occupent une grande partie du roman, cela nous vaut de conna\u00eetre Jean L\u00e9v\u00eaque un homme sans c\u0153ur, mais Florentine tombera follement amoureuse de lui. Cette histoire d&rsquo;amour racont\u00e9e dans le moindre d\u00e9tail m&rsquo;a replong\u00e9e dans des romans que j&rsquo;ai lus dans ma jeunesse, sans \u00eatre mi\u00e8vre, car les personnages sont complexes, c&rsquo;est quand m\u00eame tr\u00e8s convenu et en plus il y a le bel Emmanuel un homme bien sous tout rapport avec qui elle finira par se marier sans lui dire qu&rsquo;elle attend un enfant de Jean.<\/p>\n<p>Racont\u00e9 comme \u00e7a, je doute que vous ayez envie de lire ce roman, mais il y a un charme certain \u00e0 la langue et aux descriptions des paysages si rudes. J&rsquo;ai quand m\u00eame eu du mal \u00e0 ne pas secouer la pauvre Florentine et ses id\u00e9es de l&rsquo;amour, s&rsquo;attacher \u00e0 un homme qui vous m\u00e9prise n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 mon fort. L&rsquo;autrice s&rsquo;attache \u00e0 rendre chaque personnage complexe et m\u00eame le fameux Jean L\u00e9v\u00eaque le s\u00e9ducteur qui m\u00e9prise les femmes qui s&rsquo;attachent \u00e0 lui, a le droit \u00e0 une pr\u00e9sentation nuanc\u00e9e. il a eu le malheur de perdre ses parents alors qu&rsquo;il avait quatre ans, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;abord dans un orphelinat puis dans une famille d&rsquo;adoption sans conna\u00eetre la moindre tendresse. Est ce pour cela qu&rsquo;il est incapable de se laisser aller \u00e0 la tendresse&#160;?<\/p>\n<p>J&rsquo;ai eu aussi du mal \u00e0 accepter que finalement pour tous les personnages, la guerre les sauvera de la mis\u00e8re ou d&rsquo;une passion amoureuse si mal partie.<\/p>\n<p>Sur Luocine, deux livres sur la mis\u00e8re et la difficult\u00e9 de vivre dans des r\u00e9gions inhospitali\u00e8res, celui de Jo\u00ebl Elgloff fait 147 pages et celui-l\u00e0 413 pages, dans le premier tout est \u00e9voqu\u00e9 dans une langue po\u00e9tique et envoutante, dans celui-ci vous aurez le poindre d\u00e9tail des h\u00e9sitations et des disputes amoureuses ou des conversations de bistrots. Je pense que le premier correspond plus \u00e0 la sensibilit\u00e9 des lectrices et lecteurs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits.<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00c0 cette heure, Florentine s&rsquo;\u00e9tait prise \u00e0 guetter la venue du jeune homme qui, la veille, entre tant de propos railleurs, lui avait laiss\u00e9 entendre qu&rsquo;il la trouvait jolie.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>Personnalit\u00e9 de Jean et id\u00e9e du style .<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Le regard du jeune homme effleura le campanile de Saint-Thomas-d&rsquo;Aquin, la tourelle \u00e0 colonnade du couvent, la fl\u00e8che de Saint-Henri, et monta directement aux flancs de la montagne. Il aimait \u00e0 s&rsquo;arr\u00eater sur cette voie et \u00e0 regarder, le jour, les grands portails froids, les belles demeures de pierre grise et rose qui se d\u00e9gageaient nettement l\u00e0-haut, et, la nuit, leurs feu qui brillaient lointains, comme des signaux sur la route. Ses ambitions, ses griefs se levaient et l&rsquo;enserraient alors de leur r\u00e9seau familier d&rsquo;angoisse. Il \u00e9tait \u00e0 la fois haineux et puissant devant cette montagne qui le dominait.<\/em><\/div>\n<div><em>De la rue Saint-Antoine monta de nouveau cet \u00e9cho de pas scand\u00e9s qui devenait comme la trame secr\u00e8te de l&rsquo;existence dans le faubourg. La guerre&#160;! Jean y avait d\u00e9j\u00e0 song\u00e9 avec une furtive et imp\u00e9n\u00e9trable sensation de joie. Est-ce que ce n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement o\u00f9 toutes ses forces en disponibilit\u00e9 trouveraient leur emploi&#160;? Combien de talent qui n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s seraient maintenant requis&#160;? Soudain il entrevoit la guerre comme une chance vraiment personnelle, sa chance \u00e0 lui d&rsquo;une ascension rapide.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Image du Canadien fran\u00e7ais.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Ce n&rsquo;\u00e9tait pas que le patron f\u00fbt bougon ou bien hautain, mais comme la plupart des Canadiens fran\u00e7ais, il r\u00e9pugnait au service de restaurateur qui exige une d\u00e9f\u00e9rence tout \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de leur nature.<\/em><\/div>\n<div><em>Au fond Sam Latour restait toujours comme humili\u00e9 lorsque son commerce l&rsquo;entra\u00eenait, par exemple, \u00e0 laisser une belle discussion en plan pour aller dans l&rsquo;arri\u00e8re-cuisine r\u00e9chauffer une tasse de caf\u00e9 ou un bol de soupe.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>L&rsquo;amour destructeur.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Un instant, un tr\u00e8s bref instant, elle fut travers\u00e9e d&rsquo;une nostalgie\u00a0&#160;: elle pensa prier pour que f\u00fbt extirp\u00e9 de son c\u0153ur cet amour qui la rongeait. Mais pench\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 toucher de son front le bord du banc, elle revit Jean, de dos, s&rsquo;en allant. Et alors, elle s&rsquo;accrocha \u00e0 son tourment, elle s&rsquo;y tint comme une noy\u00e9e \u00e0 son \u00e9pave.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>La mis\u00e8re.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\n<p><em>Elle, silencieuse, songeait que la pauvret\u00e9 est comme un mal qu&rsquo;on endort en soi et qui ne donne pas trop de douleur, \u00e0 condition de ne pas trop bouger. On s&rsquo;y habitue, on finit par ne plus y prendre garde tant qu&rsquo;on reste avec elle tapie dans l&rsquo;obscurit\u00e9&#160;; mais qu&rsquo;on s&rsquo;avise de la sortir au grand jour, et on s&rsquo;effraie d&rsquo;elle, on la voit enfin, si sordide qu&rsquo;on h\u00e9site \u00e0 l&rsquo;exposer au soleil.<\/em><\/p>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditions de l&rsquo;Olivier,413 pages, octobre 2024, premi\u00e8re \u00e9dition en 1945 Lu dans le cadre du\u00a0club de lecture\u00a0de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. &nbsp; La France est comme les \u00e9toiles qui donnent encore de la clart\u00e9 la nuit, quand il fait ben noir\u00a0 &nbsp; D\u00e9j\u00e0 en 2013 le club de lecture m&rsquo;avait fait lire un roman de <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=19753\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[401,44,354,52,277,49],"tags":[],"class_list":["post-19753","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-401","category-3-coquillages","category-amour","category-canada","category-club-de-lecture-dinard","category-roman"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19753","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19753"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19753\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19993,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19753\/revisions\/19993"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}