{"id":19437,"date":"2025-02-06T06:22:21","date_gmt":"2025-02-06T05:22:21","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19437"},"modified":"2025-02-08T12:56:28","modified_gmt":"2025-02-08T11:56:28","slug":"la-saga-des-emigrants-vilhelm-moberg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19437","title":{"rendered":"La saga des \u00e9migrants    &#8211; Vilhelm Moberg"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19441\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/IMG_0612-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Ga\u00efa, 1999, traduit du su\u00e9dois par Philippe Bouquet.<\/em><\/p>\n<p><em>Tome 1, Au pays, 315 pages<\/em><\/p>\n<p><em>Tome 2, La travers\u00e9e, 267 pages<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>C&rsquo;est <a href=\"https:\/\/des-romans-mais-pas-seulement.fr\/romans\/au-pays-la-saga-des-emigrants-i-vilhelm-moberg\/\">Sacha<\/a> qui m&rsquo;a donn\u00e9 envie de lire cette Saga , et elle \u00e9tait \u00e0 la M\u00e9diath\u00e8que de Dinard, mais surprise elle \u00e9tait dans les r\u00e9serves, c&rsquo;est \u00e0 dire en passe de dispara\u00eetre. C&rsquo;est incroyable la vitesse \u00e0 laquelle les livres ne sont plus lus dans une m\u00e9diath\u00e8que qui ne peut \u00e9videmment pas tout garder sur ses rayons . Dommage pour cette Saga qui est vraiment formidable, depuis j&rsquo;ai vu que <a href=\"https:\/\/etsionbouquinait.com\/2016\/07\/03\/vilhelm-moberg-la-saga-des-emigrants\/\">Patrice<\/a> avait, aussi, recommand\u00e9 cette lecture.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai finalement d\u00e9cid\u00e9 de mettre les tomes au fur et \u00e0 mesure de mes lectures, les deux premiers m&rsquo;ont carr\u00e9ment enchant\u00e9e. Dans le premier, on comprend pourquoi au milieu du XIX\u00b0 si\u00e8cle des paysans su\u00e9dois se sont exil\u00e9s vers les USA . L&rsquo;auteur prend son temps pour nous faire comprendre les raisons de la mis\u00e8re de la paysannerie su\u00e9doise. La premi\u00e8re famille que nous suivrons est celle de Karl Oskar et de Kristina dans la ferme de Korpamoen et leur jeune fr\u00e8re Robert valet maltrait\u00e9 dans une autre ferme. Robert y rencontrera Arvid, qui deviendra son meilleur ami .<br \/>\nLes familles sont nombreuses et les fermes sont loin d&rsquo;\u00eatre extensibles, elles permettent de survivre mais il suffit d&rsquo;une mauvaise r\u00e9colte pour que le fragile \u00e9quilibre s&rsquo;effondre. Oskar est un homme d\u00e9termin\u00e9 mais son courage ne suffit pas \u00e0 conjurer tout ce qui se ligue contre lui, alors quand son jeune fr\u00e8re Robert revient le dos en sang car il a \u00e9t\u00e9 fouett\u00e9 par un propri\u00e9taire pervers et brutal, vient vers lui et lui dit qu&rsquo;il veut s&rsquo;exiler en Am\u00e9rique, Karl Oskar lui avoue qu&rsquo;il en a lui m\u00eame le projet. Il lui reste \u00e0 convaincre sa femme qui a tr\u00e8s peur de partir vers un lieu dont on ne sait rien ou presque. La mort pratiquement de faim de leur fille a\u00een\u00e9e sera la goutte d&rsquo;eau qui d\u00e9cidera le couple \u00e0 partir. Robert et Arvid seront de la partie.<\/p>\n<p>Une autre famille partira avec eux, c&rsquo;est celle d&rsquo;un pasteur qui s&rsquo;oppose au clerg\u00e9 traditionnel, car Danjel Andreasson a vu Dieu et en plus il accueille chez lui tous les r\u00e9prouv\u00e9s du village&#160;? On y retrouve Arvid qui a fui son ma\u00eetre violent et surtout la rumeur lanc\u00e9e par une la m\u00e8re de la fermi\u00e8re qui fait croire qu&rsquo;il a eu des rapports sexuels avec une g\u00e9nisse. Cette rumeur lui rend la vie impossible et il sera si heureux de mettre l&rsquo;oc\u00e9an entre lui et ce surnom qui le fait tant souffrir \u00ab&#160;Arvid le taureau&#160;\u00bb. Le pasteur a aussi recueilli la prostitu\u00e9e du village et sa fille . Ce personnage nous permet de comprendre toute la rigueur de l&rsquo;\u00e9glise officielle mais aussi la fa\u00e7on dont d&rsquo;autres pouvaient facilement s&rsquo;imposer comme ayant vu Dieu.<br \/>\nIl me reste \u00e0 vous pr\u00e9senter l&rsquo;homme qui ne s&rsquo;entendait plus du tout avec sa femme , un couple terrible o\u00f9 la haine a remplac\u00e9 l&rsquo;amour, l&rsquo;homme partira seul. Nous sommes au d\u00e9but de l&rsquo;exode des Su\u00e9dois et tout le tome expose en d\u00e9tail la difficult\u00e9 de se lancer dans un voyage aussi aventureux&#160;: on comprend tr\u00e8s bien qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 la mis\u00e8re fait parfois qu&rsquo;on n&rsquo;a pas le choix, et Robert est tellement persuad\u00e9 que l&rsquo;Am\u00e9rique est un eldorado o\u00f9 tout est possible&#160;! Evidemment, on pense \u00e0 tous les malheureux qui meurent dans les flots de le M\u00e9diterran\u00e9e ou de la Manche , il y a des points communs dans la n\u00e9cessit\u00e9 absolue de partir et aussi beaucoup de diff\u00e9rences.<\/p>\n<p>Le tome se termine sur les quais du de Karlshamm. Et \u00e9videmment on veut conna\u00eetre la suite.<\/p>\n<p><strong>La suite, le tome 2,<\/strong> c&rsquo;est donc la travers\u00e9e et j&rsquo;ai tout autant ador\u00e9. 78 Su\u00e9dois s&rsquo;entassent sur un vieux navire \u00ab&#160;la Charlotta&#160;\u00bb un brick men\u00e9 par un capitaine taiseux mais bon marin. Le voyage \u00e9tait pr\u00e9vu pour trois ou quatre semaine mais il va durer presque trois mois. Les voyageurs conna\u00eetront une temp\u00eate terrible et surtout des vents contraires qui ralentiront l&rsquo;avanc\u00e9e du bateau. L&rsquo;auteur d\u00e9crit tr\u00e8s bien le choc pour des hommes et des femmes qui ont pass\u00e9 toutes leur vie \u00e0 travailler \u00e0 se voir confiner dans un espace si petit et surtout ne rien faire. On sent aussi toute l&rsquo;incompr\u00e9hension entre les marins navigateurs et les paysans si terriens .<\/p>\n<p>La famille de Karl Oskar est \u00e9prouv\u00e9e car Kristina a un mal de mer terrible amplifi\u00e9e parce qu&rsquo;elle est enceinte, elle est persuad\u00e9e qu&rsquo;elle va mourir sur ce bateau. Son mari est toujours aussi d\u00e9termin\u00e9 mais la sant\u00e9 de sa femme le fera douter.<\/p>\n<p>Robert a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;apprendre l&rsquo;anglais , et s&rsquo;oppose pour cela au clan du pasteur&#160;: Danjel (l&rsquo;homme qui a vu Dieu) a persuad\u00e9 ses ouailles que Dieu leur permettra de parle l&rsquo;anglais d\u00e8s leur arriv\u00e9e car le miracle de la Pentec\u00f4te se reproduira pour tous ceux qui ont la foi &#8230;<\/p>\n<p>La promiscuit\u00e9 sur le bateau donne des tensions entre les exil\u00e9s, en particulier entre Kristina et Ulrika l&rsquo;ancienne prostitu\u00e9e. Et lorsque les gens d\u00e9couvriront qu&rsquo;ils ont des poux tout le monde accusera \u00ab&#160;la catin&#160;\u00bb , c&rsquo;est pourtant la seule qui n&rsquo;en a pas&#160;! Le r\u00e9cit du pass\u00e9 d&rsquo;Ulrika est d&rsquo;une tristesse incroyable et m\u00e9rite si peu l&rsquo;opprobre des gens dits \u00ab&#160;honn\u00eates&#160;\u00bb qui n&rsquo;ont jamais aid\u00e9 la pauvre petite orpheline qui a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par son patron&#160;!<\/p>\n<p>Nous connaissons bien maintenant ce petit monde d&rsquo;exil\u00e9s et la description de ce voyage terrible a \u00e9t\u00e9 si bien racont\u00e9, j&rsquo;ai vraiment h\u00e2te de lire la suite et de voir comment ils vont r\u00e9ussir \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 la vie am\u00e9ricaine, j&rsquo;esp\u00e8re que le pire est enfin derri\u00e8re eux&#160;!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but tome 1<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Voici l&rsquo;histoire d&rsquo;un certain nombre de gens qui ont quitt\u00e9 leur foyer de Ljuder, dans le Sm\u00e2land, pour \u00e9migrer en Am\u00e9rique du Nord.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Ils \u00e9taient les premiers \u00e0 partir. Leurs chaumi\u00e8re \u00e9taient petites sauf quand au nombre d&rsquo;enfants. C&rsquo;\u00e9tait des gens de la terre, h\u00e9ritiers d&rsquo;une lign\u00e9e cultivant depuis des mill\u00e9naires la r\u00e9gion qui laissait derri\u00e8re eux.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Instruction.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>La plupart des habitants, tant de sexe m\u00e2le que f\u00e9minin, savaient \u00e0 peu pr\u00e8s lire les caract\u00e8res imprim\u00e9s. Mais on rencontrait \u00e9galement, parmi les gens du commun, des personnes sachant \u00e9crire leur nom&#160;; ceux dont les capacit\u00e9s allaient au-del\u00e0 n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e9gion. Parmi les femmes, seul un petit nombre savait \u00e9crire&#160;: nul ne pouvait imaginer \u00e0 quoi cela pourrait servir pour des personnes de leur sexe.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les malheurs des paysans.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>En juillet, sit\u00f4t la fenaison, il se mit \u00e0 pleuvoir en abondance et une partie du foin fut emport\u00e9e par les eaux. Une fois ce d\u00e9luge termin\u00e9, le reste s&rsquo;av\u00e9ra enti\u00e8rement pourri et inutilisable. Il sentait si mauvais que nulle b\u00eate ne voulait le consommer et, de toute fa\u00e7on il n&rsquo;avait plus aucune valeur nutritive. Karl Oscar et Kristina durent donc vendre une de leurs vaches. Mais ce ne fut pas la fin de leur malheurs&#160;: une autre vache mit bas un veau mort-n\u00e9 et un de leurs moutons s&rsquo;\u00e9gara dans la for\u00eat et fut la proie des b\u00eates sauvages. \u00c0 l&rsquo;automne, on constata, dans toute la r\u00e9gion, que les pommes de terre avaient la maladie&#160;: quand on les sortait de terre pr\u00e8s d&rsquo;un tubercule sur deux \u00e9taient g\u00e2t\u00e9s et pour chaque panier de fruits sains que l&rsquo;on rapportait \u00e0 la ferme on en avait un de pourris au point qu&rsquo;on pouvait \u00e0 peine les donner \u00e0 manger au b\u00e9tail. Au cours de l&rsquo;hiver qui suivit, ils n&rsquo;eurent donc pas de pommes de terre \u00e0 mettre dans la marmite tous les jours.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Une id\u00e9e des prix.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Avec le lait de leur vache, Nils se M\u00e4rta faisaient du beurre et le vendaient afin de rassembler l&rsquo;argent n\u00e9cessaire pour acheter une Bible alors fils, lors de sa communion. Celle qu&rsquo;ils lui offrirent \u00e9tait reli\u00e9e en cuir et n&rsquo;avait pas co\u00fbt\u00e9 moins d&rsquo;un rixdale et trente-deux skillings, soit le prix d&rsquo;un veau nouveau-n\u00e9. Mais elle \u00e9tait solide et on pouvait en tourner les pages. Il fallait bien qu&rsquo;une Bible soit reli\u00e9e pleine peau, si on voulait qu&rsquo;elle vous accompagne toute votre existence.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Portrait des ma\u00eetres.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Aron \u00e9tait col\u00e9reux et, quand il s&#8217;emportait, il lui arrivait d&rsquo;assener \u00e0 ses valets des gifles ou des coups de pied&#160;; mais autrement c&rsquo;\u00e9tait un brave homme assez bonnasse qui ne faisait de mal \u00e0 personne. La ma\u00eetresse \u00e9tait plus difficile&#160;: elle battait tant son mari que les servantes, Aron avait peur d&rsquo;elle et n&rsquo;osait pas lui r\u00e9pliquer. Mais tous deux, \u00e0 leur tour, redoutaient la vieille, l&rsquo;ancienne fermi\u00e8re vivant dans une mansarde. Elle \u00e9tait si vieille qu&rsquo;elle aurait d\u00fb \u00eatre dans la tombe depuis longtemps, si le diable avait bien fait son travail. Mais sans doute avaient-ils peur d&rsquo;elle, lui aussi.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les premiers \u00e9migrants.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Pour ces gens le pays dont il est question n&rsquo;est encore qu&rsquo;une rumeur, une image dans leur esprit personne sur place ne le conna\u00eet, nul ne l&rsquo;a vu de ses propres yeux. Et la m\u00e8re qui les s\u00e9pare les effraie. Tout ce qui est lointain est dangereux, alors que le pays natal offre la s\u00e9curit\u00e9 de ce qui est familier. On conseille et on met en garde, on h\u00e9site et on ose, les t\u00e9m\u00e9raires s&rsquo;opposent aux h\u00e9sitants, les hommes aux femmes, les jeunes au vieux. Et ceux qui sont m\u00e9fiants et prudents ont une objection toute pr\u00eate&#160;: on ne sait pas \u00ab&#160;avec certitude&#160;\u00bb &#8230;<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Seuls les audacieux et entreprenants en savent assez long. Ce sont eux qui r\u00e9veillent les villages endormis, c&rsquo;est \u00e0 cause d&rsquo;eux que quelque chose se met \u00e0 vibrer sous l&rsquo;ordre immuable des si\u00e8cles.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Je ne connaissais pas le mot marguillier ni leur fonction &#8230;<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il demanda conseil \u00e0 Per Persson, qui \u00e9tait celui de ses marguilliers en qui il avait le plus confiance. Il n&rsquo;avait pas eu beaucoup de chance avec les autres&#160;: l&rsquo;un s&rsquo;introduisait dans la sacristie pendant les jours de la semaine et buvait le vin de messe au point qu&rsquo;un dimanche le pasteur avait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de renoncer \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer l&rsquo;office. Un autre arrivait ivre \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise et affichait le num\u00e9ro des psaumes la t\u00eate en bas, sur le tableau pr\u00e9vu \u00e0 cet effet . Un troisi\u00e8me s&rsquo;\u00e9tait, un matin du jour sacr\u00e9 de No\u00ebl, rendu dans un coin de la tribune et avait urin\u00e9 au vu de plusieurs femmes assises non loin de l\u00e0.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Conception de la religion.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Les gens simples faisaient mauvais usage de leurs lectures. Les autorit\u00e9s devaient se montrer vigilantes et s\u00e9v\u00e8res sur ce point&#160;: si l&rsquo;on accordait au peuple un savoir nouveau &#8211; qui \u00e9tait en soi un bien &#8211; il fallait veiller \u00e0 ce qu&rsquo;il n&rsquo;en m\u00e9suse pas. C&rsquo;\u00e9tait le devoir sacr\u00e9 des autorit\u00e9. Le peuple avait besoin de se sentir guid\u00e9 par une main paternelle et le premier devoir de tout ma\u00eetre spirituel \u00e9tait d&rsquo;implant\u00e9 dans l&rsquo;esprit de chacun l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;ordre \u00e9tabli l&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 selon la volont\u00e9 de Dieu et ne pouvait \u00eatre modifi\u00e9e sans son consentement.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div>\n<h3 id=\"yiv4990116837\">D\u00e9but tome 2<\/h3>\n<div id=\"yiv4990116837\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv4990116837\"><em>Le navire<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4990116837\"><em>\u00a0La \u00ab&#160;Charlotta&#160;\u00bb brick de cent soixante lastes, command\u00e9 par le capitaine Lorentz, appareilla de Karlshaml le 14 avril 1850 \u00e0 destination de New York. Il mesurait cent vingt-quatre pieds de long sur vingt de large. Son \u00e9quipage \u00e9tait constitu\u00e9 de quinze hommes&#160;: deux officiers, un ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9quipage, un charpentier, un voilier, un cuisinier, quatre matelots, deux matelots l\u00e9gers et trois novices. Il \u00e9tait charg\u00e9 de diverses marchandises parmi lesquelles des gueuses de fonte.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4990116837\"><em>\u00a0Il transportait soixante-dix-huit \u00e9migrants partant pour l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord et avait donc quatre-vingt-quatorze personnes \u00e0 son bord.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4990116837\"><em>C&rsquo;\u00e9tait sa septi\u00e8me travers\u00e9e en tant que transport d&rsquo;\u00e9migrants<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Sur le bateau opposition paysan marin.<\/h3>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>On en a pour un bout de temps, sur ce bateau. Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 un des marins combien il restait. Il m&rsquo;a r\u00e9pondu qu&rsquo;il y avait encore aussi loin d&rsquo;ici, en Am\u00e9rique que d&rsquo;Am\u00e9rique ici ces quasiment tout pareil. J&rsquo;ai r\u00e9fl\u00e9chi un petit moment, je trouvais \u00e7a long. Mais il rigolait ce salaud-l\u00e0 et ceux qu&rsquo;\u00e9taient autour ils rigolaient aussi, eux autres, alors je me suis f\u00e2ch\u00e9 et pendant un moment j&rsquo;ai voulu lui taper sur la gueule pour lui faire sortir les harengs qu&rsquo;il a dans le bidon. Mais je lui ai seulement dit que je me fichais pas mal de savoir si c&rsquo;\u00e9tait encore loin. Un marin qu&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 fait le trajet plusieurs fois, il devrait \u00eatre capable de vous le dire, sinon il a pas \u00e0 venir faire le malin et se moquer des gens honn\u00eates. Va pas croire, je lui ai dit que nous autres de la campagne, on est plus b\u00eates que vous qu&rsquo;\u00eates tout le temps sur la mer. On comprend bien quand on se fiche de notre poire.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le pasteur illumin\u00e9.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Ma ch\u00e8re \u00e9pouse redoute la langue que l&rsquo;on parle en Am\u00e9rique. La peur d&rsquo;\u00eatre sourd et muet parmi les habitants de ce pays \u00e9tranger. Mais je te r\u00e9p\u00e8te Inga-Lena, ce que je t&rsquo;ai dit de nombreuses fois&#160;: D\u00e8s que nous parviendrons dans ce pays le Saint-Esprit se r\u00e9pandra sur nous et nous permettra de parler cette langue \u00e9trang\u00e8re comme si nous \u00e9tions n\u00e9s sur la terre d&rsquo;Am\u00e9rique.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Nous avons la promesse de notre Seigneur et nous avons la parole de la Bible que ce miracle interviendra, comme lors de la premi\u00e8re Pentec\u00f4te.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les pr\u00e9occupations de la femme au service du Pasteur illumin\u00e9.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>On dit que le Sauveur allait toujours pieds nus, quand il pr\u00eachait parmi les hommes. Mais je suppose qu&rsquo;en terre Sainte le sol est plus chaud qu&rsquo;ailleurs, puisqu&rsquo;il y pousse des figues de la vigne et toutes sortes de fruits. On peut comprendre que le Seigneur et ses ap\u00f4tres n&rsquo;est pas eu besoin de chaussettes de laine. Mon cher \u00e9poux attrape toujours mal \u00e0 la gorge, quand il a froid aux pieds, et il ne se soucie pas de son ventre comme il le devrait&#160;: celui-ci ne s&rsquo;ouvre pas tous les jours, dit-il. Il est pourtant un bon conseil qui fit&#160;: Vide boyaux et garde tes pieds au chaud.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le pass\u00e9 de la prostitu\u00e9e.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je me rappelle \u00e0 peu pr\u00e8s de tout depuis que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e, apr\u00e8s ench\u00e8res publiques, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quatre ans. J&rsquo;avais perdu mes parents et l&rsquo;enfant que j&rsquo;\u00e9tais devait \u00eatre confi\u00e9 \u00e0 quelqu&rsquo;un qui acceptait de la nourrir et de la v\u00eatir. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e au couple d&rsquo;\u00c5larum, car c&rsquo;\u00e9tait lui qui demandait le moins pour mon entretien&#160;: huit rixdales par an. Le mari a ensuite regrett\u00e9 d&rsquo;avoir consenti \u00e0 me prendre pour si peu&#160;: je mangeais trop et j&rsquo;usais trop de v\u00eatements pour huit rixdales par an. Et mon p\u00e8re a adoptif ma fait payer ses regrets. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de quatorze ans, il a exig\u00e9 de moi des compensations en nature. Et une gamine de quatorze ans qui \u00e9tait \u00e0 la charge de la commune avait un moyen tr\u00e8s simple de s&rsquo;acquitter&#160;: il suffisait d&rsquo;\u00e9carter les jambes et de se tenir tranquille.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>L&rsquo;inactivit\u00e9 sur le bateau.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Pendant pr\u00e8s des trois quarts de ces interminables journ\u00e9es en mer, la plupart d&rsquo;entre eux restaient inactifs livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames sans rien pour occuper leurs mains. Et ces gens du labeur n&rsquo;avaient jamais appris comment se comporter lorsqu&rsquo;on n&rsquo;a rien \u00e0 faire.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Ils \u00e9taient d\u00e9sempar\u00e9s pendant ces heures d&rsquo;oisivet\u00e9 et se demandaient, en regardant la mer&#160;: qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on pourrait faire&#160;? Cette eau et ces vagues \u00e9ternellement recommenc\u00e9es ne leur fournissaient aucune r\u00e9ponse. Il ne leur restait qu&rsquo;\u00e0 regarder l&rsquo;horizon. C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;\u00e9coulaient les jours, qui devenaient des semaines qui devenait alors tour des mois.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Mais il trouvait le temps long et la vie \u00e0 bord de la \u00ab&#160;Charlotta&#160;\u00bb monotone.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>La mer et les paysans<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Ils venaient de la terre et allaient vers la terre. La mer n&rsquo;\u00e9tait pour eux qu&rsquo;un moyen de transport dont ils se servaient, une \u00e9tendue d&rsquo;eau qu&rsquo;ils devaient traverser pour retrouver la terre. Ils ne l&#8217;empruntaient que pour aller d&rsquo;un pays \u00e0 un autre et ne comprenaient pas les marins qui n&rsquo;allaient nulle part, \u00e9taient toujours \u00e0 bord de ce bateau et ne faisaient que sillonner cette mer. Les paysans partaient dans un but pr\u00e9cis, les marins allaient et venaient sans but.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Ga\u00efa, 1999, traduit du su\u00e9dois par Philippe Bouquet. Tome 1, Au pays, 315 pages Tome 2, La travers\u00e9e, 267 pages C&rsquo;est Sacha qui m&rsquo;a donn\u00e9 envie de lire cette Saga , et elle \u00e9tait \u00e0 la M\u00e9diath\u00e8que de Dinard, mais surprise elle \u00e9tait dans les r\u00e9serves, c&rsquo;est \u00e0 dire en passe de dispara\u00eetre. C&rsquo;est <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=19437\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[401,46,133,191,167,313,95,331,158,4,254,398,198,16,397,54,60],"tags":[],"class_list":["post-19437","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-401","category-5-coquillages","category-amour-et-couple","category-civilisation-traditionnelle","category-condition-de-la-femme","category-difference-sociale","category-exil","category-famille","category-immigration","category-mes-preferences","category-monde-rural","category-navigation-theme","category-rapport-familaux","category-roman-historique","category-saga","category-suede","category-voyage"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19437","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19437"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19437\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19717,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19437\/revisions\/19717"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19437"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19437"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19437"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}