{"id":19334,"date":"2025-01-13T06:39:33","date_gmt":"2025-01-13T05:39:33","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19334"},"modified":"2025-02-08T13:00:28","modified_gmt":"2025-02-08T12:00:28","slug":"peau-de-sang-audree-wilhelmy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19334","title":{"rendered":"Peau-de-Sang   &#8211; Audr\u00e9e  WILHELMY"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19341\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/IMG_0603-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Le tripode, 234 pages, avril 2024.<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/club-de-lecture-de-dinard\">club de lecture<\/a>\u00a0de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 ce clan si actif des \u00ab&#160;antidivulag\u00e2cheuses&#160;\u00bb en lisant les premi\u00e8res pages du livre qui raconte la fin de l&rsquo;histoire&#160;: la plumeuse meurt pendue au croc o\u00f9, d&rsquo;habitude, elle suspend les oies avant de les plumer . c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cette morte qui va nous raconter son histoire.<\/p>\n<p>Vous connaissez donc la fin, est-ce que cela vous emp\u00eachera d&rsquo;appr\u00e9cier ce roman&#160;? En tout cas certainement pas pour cette raison. Au cas o\u00f9 ce roman vous s\u00e9duirait ce sera par son \u00e9criture si particuli\u00e8re. Il faut souvent le lire \u00e0 haute voix pour entendre celle de l&rsquo;auteure-narratrice. J&rsquo;ai, parfois, \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par son propos mais agac\u00e9e aussi par des proc\u00e9d\u00e9s que je trouve bien inutiles&#160;: l&rsquo;auteure ne met aucun point ni aucune majuscule. Mais va souvent \u00e0 la ligne ce qui permet au lecteur de suivre le souffle de la narration. Elle ne dit jamais, non plus, qui prend la parole ni m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit de dialogues.<\/p>\n<p>Ce roman raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme libre de son corps et qui pense que si les hommes et le femmes avaient acc\u00e8s au plaisir, ils vivraient tous mieux . Cela se passe dans un village isol\u00e9 au Canada \u00e0 une \u00e9poque ind\u00e9termin\u00e9e, cette femme vit en dehors de la petite ville de Kangoq entour\u00e9e d&rsquo;une nature habit\u00e9e par des animaux sauvages qui fournissent plumes et fourrures \u00e0 une petite industrie d&rsquo;\u00e9dredon. L&rsquo;ambiance de la plumerie faite de chaleur et d&rsquo;\u00e9rotisme troublent les hommes et \u00e9duquent les femmes. Les femmes dignes \u00e9pouses de ces hommes qui fr\u00e9quentent la femme lui en veulent bien s\u00fbr mais auront-elles le courage de tuer la \u00ab&#160;plumeuse&#160;\u00bb&#160;? Ce roman raconte aussi la mis\u00e8re des petites ouvri\u00e8res, et \u00e9voque aussi les pauvres jeunes filles qui sont enferm\u00e9es et meurent peu \u00e0 peu \u00e0 l&rsquo;abri des regards de ceux qui ne veulent pas les voir.<\/p>\n<p>Mes r\u00e9serves sur l&rsquo;histoire viennent surtout de mes propres limites, rien de rationnel dans le fil narratif, on ne sait jamais qui fait quoi, je ne risque pas vous d\u00e9voiler qui a assassin\u00e9 \u00ab&#160;la plumeuse&#160;\u00bb car je ne suis pas certaine d&rsquo;avoir bien compris qui a fait ce geste atroce.<\/p>\n<p>Mes extraits vous donneront une id\u00e9e du style, si vous y \u00eates sensibles, n&rsquo;h\u00e9sitez pas car vous aimerez ce roman. Je ne peux pas vous pousser plus \u00e0 choisir de lire ce roman qui est tr\u00e8s clivant. Certains aimeront et d\u2019autres, comme moi seront d\u00e9rout\u00e9es par l\u2019absence d\u2019informations concr\u00e8tes pour tout comprendre.<br \/>\nJe respecte le point de vue de cette auteure&#160;: face aux duret\u00e9s de la condition de vie des plus pauvres, elle a choisi de nous les faire comprendre comme dans un conte plut\u00f4t que de fa\u00e7on r\u00e9alistes.<br \/>\nCe n\u2019est pas ce que je pr\u00e9f\u00e8re et malgr\u00e9 le r\u00e9el talent de cette \u00e9crivaine pour manier la langue, j\u2019ai eu bien du mal \u00e0 me retrouver dans ce r\u00e9cit&#160;: \u00e0 vous de vous faire votre id\u00e9e.<\/p>\n<p>Je vais mettre \u00e0 la fin des extraits un lien pour l&rsquo;\u00e9couter au \u00ab&#160;Festival des grands voyageurs&#160;\u00bb elle donne des cl\u00e9s qui peuvent aider \u00e0 la lecture.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;avis d&rsquo;<a href=\"https:\/\/aleslire.wordpress.com\/2024\/06\/08\/peau-de-sang-audree-wilhelmy\/\">Athalie<\/a> qui a beaucoup aim\u00e9<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but et id\u00e9e du style<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Longtemps j&rsquo;ai enseign\u00e9 ma fin<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0\u00e0 l&rsquo;heure de ma mort, je pends entre mes b\u00eates, cheveux et corps et mains, mon visage bascul\u00e9 vers le plafond, mes yeux aval\u00e9s par la p\u00e9nombre&#160;; dans la rue, les hommes<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; combien&#160;?<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; ils ne se comptent plus<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; et les femmes, compte-les<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; conte aussi les femmes<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0se demandent s&rsquo;ils sont ouverts ou ferm\u00e9s, mes yeux&#160;; personne ne les voit&#160;; tout ce qu&rsquo;on distingue dans la lumi\u00e8re du quinquet, ce sont mes c\u00f4tes, mes seins \u00e9long\u00e9s, ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;une jupe de soie blanche&#160;; du sang tombe en gouttes noires sur les visc\u00e8res empil\u00e9s, sur les carcasses des oies, sur le cou mince des jars qui s&rsquo;amoncellent pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9tal<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; c&rsquo;est la saison\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>-le carnage de la chasse ach\u00e8ve<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Au-dessus de mon comptoir, je tiens accroch\u00e9 par la gueule et par les poignets&#160;: celui qui m&rsquo;a hiss\u00e9 l\u00e0 n&rsquo;a pas su comment bien s&rsquo;y prendre, il a d&rsquo;abord perc\u00e9 mon menton pour le bec du cane puis, se ravisant, a \u00e9tir\u00e9 mes bras plus haut, jusqu&rsquo;aux traverses du toit\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Ce n&rsquo;est pas simple \u00e0 comprendre .<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>en f\u00e9vrier, il neige, dedans l&rsquo;air est touffu et moite&#160;; depuis trois jours, j&rsquo;ai enfil\u00e9 toutes les peaux du d\u00e9sir&#160;: tant\u00f4t espi\u00e8gle, l\u00e0 femme-muraille, parfois g\u00e9ante qui tenait dans ses paumes des plumes minuscules et plus tard fauve, assez pour qu&rsquo;on m&rsquo;en donne le nom, \u00ab&#160;ma fauve, fauvesse, mon enfauv\u00e9e&#160;\u00bb&#160;: j&rsquo;ai emprunt\u00e9 la robe noire des panth\u00e8res et bondi, j&rsquo;ai port\u00e9 la jungle sur mon dos<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<h3>M\u00e9lange d&rsquo;\u00e9rotisme et du travail pour r\u00e9cup\u00e9rer la peau de la renarde.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>&#8211; elle observe de tous ses yeux le chasseur qui se retourne\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Le drap se perd dans son sillage, il dort d\u00e9sormais toute nudit\u00e9 offerte, sa verge pos\u00e9e sur sa cuisse droite, assoupie, d\u00e9tendue&#160;: Philom\u00e8ne d\u00e9couvre ce qu&rsquo;elle voulait\u00a0&#160;; elle se presse contre l&rsquo;orphelin, pendant que je tire en douceur la fourrure de la renarde, de son flanc \u00e0 sa gorge, une main agripp\u00e9e ferme \u00e0 la base de la queue, l&rsquo;autre \u00e0 la peau de l&rsquo;abdomen\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>La mis\u00e8re \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 travers ce passage.<\/h3>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Pierre les appelle des poup\u00e9es-mauvais-sort<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; c&rsquo;est \u00e0 cause de leurs yeux mauves, des v\u00eatements arrach\u00e9s au dos de b\u00e9b\u00e9 morts trop t\u00f4t, en ville et utiliser pour habiller les corps de porcelaine<\/em><br \/>\n<em>\u00a0La petite l&rsquo;ignore, bien s\u00fbr&#160;; elle coiffe la chevelure noire<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; lisse, lisse ma crini\u00e8re, belle enfant<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; peine et tresse et soigne ma d\u00e9ch\u00e9ance<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; les marchands de la ville ne disent pas que les cheveux ont \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9s \u00e0 m\u00eame vos cr\u00e2nes d&rsquo;adolescentes<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; belles indigentes qui ne faites rien d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00eatre l\u00e0, chevelures et corps disponibles\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; dans des pi\u00e8ces grises, enferm\u00e9es \u00e0 quinze, vingt\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; trop de poup\u00e9es, pas assez filles<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; le recel d&rsquo;adolescentes est un probl\u00e8me lointain\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; un probl\u00e8me de ville qui ne concerne pas les enfants<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; ni leurs grands-m\u00e8res qui ach\u00e8tent des cadeaux en versant toutes les pi\u00e8ces rondes qu&rsquo;il faut<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0le notaire, lui, sait&#160;: il se souvient de ses ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes, de la chambre close, terrifiante o\u00f9 des camarades l&rsquo;avaient entra\u00een\u00e9 un soir&#160;; il n&rsquo;a pas oubli\u00e9 les filles chauves, g\u00e9missantes sur le sol, qui tendaient des bras de sir\u00e8nes et l&rsquo;attiraient vers elles, vers les couches jet\u00e9es par terre&#160;; il se souvient de l&rsquo;odeur<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; sperme, urine, vomissure et sueur masqu\u00e9s par la puanteur ent\u00eatante des lys et du jasmin pendu au plafond<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Audrey Wilhelmy - Peau-de-Sang\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/CJskbBl0r5Q?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; 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