{"id":19272,"date":"2024-12-27T06:53:46","date_gmt":"2024-12-27T05:53:46","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19272"},"modified":"2025-02-08T20:26:59","modified_gmt":"2025-02-08T19:26:59","slug":"coeur-thibault-de-montaigu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19272","title":{"rendered":"C\u0153ur  &#8211; Thibault de MONTAIGU"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19281\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/IMG_0598-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Albin Michel, 328 pages, mai 2024.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong><em>Les fils sont l\u00e0 pour continuer les p\u00e8res.<\/em><\/strong><\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Le p\u00e8re de Thibault de Montaigu va mourir et son fils lui offre ce roman, l&rsquo;\u00e9crivain va le faire revivre pour ses lecteurs. Son p\u00e8re est un personnage odieux, brillant mais odieux. Il aurait pu gagner correctement sa vie mais il s&rsquo;est lanc\u00e9 dans des affaires qui ont toujours fait faillite, et il n&rsquo;a v\u00e9cu que gr\u00e2ce aux femmes. C&rsquo;est un s\u00e9ducteur hors pair et m\u00eame \u00e0 la fin de sa vie il s\u00e9duira une femme remarquable qui l&rsquo;accompagnera tout au long de la fin de sa vie. Son p\u00e8re demande \u00e0 son fils a\u00een\u00e9 \u00e9crivain, notre narrateur, de raconter l&rsquo;histoire de Louis l&rsquo;a\u00efeul qui est mort \u00e0 la guerre 14\/18, suite \u00e0 une charge sabre au clair.<\/p>\n<p>La recherche de la v\u00e9rit\u00e9 sur ce glorieux soldat va permettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain de mieux comprendre l&rsquo;ensemble de sa famille . Il mettra du temps \u00e0 comprendre le pass\u00e9 de Louis, qui a rat\u00e9 l&rsquo;entr\u00e9e de Saint Cyr , un peu comme son p\u00e8re a rat\u00e9 les grandes \u00e9coles. Brillant mais m\u00e9prisant le travail des laborieux. Louis r\u00e9ussira \u00e0 revenir dans les cadres de l&rsquo;arm\u00e9e mais par la petite porte et gr\u00e2ce \u00e0 ses talents de cavalier. Mais il partira de l&rsquo;arm\u00e9e pour en revenir juste avant la guerre. On d\u00e9couvrira que lui aussi a fait de mauvaises affaires, et sa charge sabre au clair n&rsquo;est peut \u00eatre pas une simple preuve de bravoure. Le courage des femmes dans cette famille est incroyable, elles sont souvent riches mais leur richesse est engloutie dans la volont\u00e9 de gloire des Montaigu .<\/p>\n<p>Notre narrateur est fragile, il est \u00e0 la recherche de la reconnaissance de son p\u00e8re, et m\u00eame s&rsquo;il est capable de voir tous les d\u00e9fauts de son p\u00e8re il ne peut pas s&#8217;emp\u00eacher de l&rsquo;aimer et d&rsquo;admirer son courage face \u00e0 la maladie et la mort.<\/p>\n<p>Le livre se lit facilement , on y retrouve l&rsquo;analyse des aristocrates pauvres mais \u00ab&#160;glorieux&#160;\u00bb . J&rsquo;ai souri de ce descendant de de la famille de sa m\u00e8re&#160;: Hubert Parent du Ch\u00e2telet, qui vit dans un lotissement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Ch\u00e2teaubriant dans une petite maison, dans laquelle une \u00e9norme chemin\u00e9e occupe trop de place dans un petit salon. La raison &#160;: ce Hubert a fait construire cette maison autour d&rsquo;une plaque de fonte avec les armes de la famille Choiseul dont il descend &#8230;<\/p>\n<p>J&rsquo;ai souvent souri, j&rsquo;ai d\u00e9test\u00e9 son p\u00e8re, j&rsquo;ai souvent trouv\u00e9 que son fils n&rsquo;avait pas la dent assez dure pour ce personnage, mais j&rsquo;ai bien aim\u00e9 cet amour filial. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 sensible par l&rsquo;authenticit\u00e9 de la d\u00e9marche de cet \u00e9crivain, je le crois sinc\u00e8re. Le jour o\u00f9 j&rsquo;\u00e9cris ce billet je vois que ce roman a obtenu le prix \u00ab&#160;interalli\u00e9&#160;\u00bb , il trouvera donc son public et cela ne m&rsquo;\u00e9tonne pas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0\u00c0 chaque fois, que je pousse la porte je me demande si mon p\u00e8re n&rsquo;est pas mort. Il est toujours assis au m\u00eame endroit, sur son fauteuil au ressort effondr\u00e9 dont le faux cuir, d\u00e9chir\u00e9 \u00e7\u00e0 et l\u00e0 laisse s&rsquo;\u00e9chapper des \u00e9toupes de coton . T\u00eate baiss\u00e9e, le visage atone, ses beaux yeux bleus perdus dans le vague, il n&rsquo;esquisse pas un geste. Pas m\u00eame un clignement. Dans la pi\u00e8ce en d\u00e9sordre, un vieux poste gris \u00e0 molette r\u00e9sonne \u00e0 tue-t\u00eate et je dois r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 plusieurs reprises \u00ab&#160;salut Papa, c&rsquo;est moi. Papa&#160;?&#160;\u00bb Pour qu&rsquo;enfin un frisson parcoure ce masque aux minces cheveux blancs peign\u00e9s en arri\u00e8re. Ses l\u00e8vres se tordent, sa pupille s&rsquo;affole tandis que d&rsquo;une main il t\u00e2tonne en direction de la radio pour l&rsquo;\u00e9teindre.<\/em><\/div>\n<div><em>&#160;\u00bb Il y a quelqu&rsquo;un&#160;? demande il d&rsquo;une voix incertaine.<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; Oui, Papa. C&rsquo;est moi Thibault.<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; C&rsquo;est Thibault&#160;?<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; Oui ton fils a\u00een\u00e9.<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; Ah Thibault. C&rsquo;est sympa de venir voir ton vieux p\u00e8re. Tu m&rsquo;oublies, tu sais&#160;?&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Mort de P\u00e9guy.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Pour \u00e9viter un massacre, P\u00e9guy commande \u00e0 ses hommes de se coucher et de faire feu \u00e0 volont\u00e9 tandis qu&rsquo;il reste debout, jumelle aux yeux \u00e0 diriger le tir et \u00e0 haranguer ses troupes, arpentant la ligne de ses tirailleurs dans une attitude de d\u00e9fi. Rien ne semble pouvoir calmer sa ferveur, sauf la mort qui vient se loger soudain dans son cr\u00e2ne sous la forme une balle de Mauser. \u00ab&#160;Ah mon Dieu &#8230; mes enfants&#8230;&#160;\u00bb l\u00e2che-t-il avant de s&rsquo;\u00e9crouler. Il tombe en h\u00e9ros. \u00ab&#160;Mais n&rsquo;est-ce pas ce qu&rsquo;il d\u00e9sirait secr\u00e8tement&#160;?&#160;\u00bb se demanderont certains apr\u00e8s coup. Une mani\u00e8re de quitter en beaut\u00e9 ce monde dont il d\u00e9sesp\u00e9rait&#160;? De retrouver dans la mort la grandeur est le sacr\u00e9 dont la vie moderne soumise \u00e0 la technique et l&rsquo;argent \u00e9tait priv\u00e9e&#160;? Ou encore de se consoler de son amour impossible pour cette jeune agr\u00e9g\u00e9e d&rsquo;anglais, Blanche Rapha\u00ebl, alors que lui-m\u00eame est mari\u00e9, et demeure fid\u00e8le \u00e0 une femme qu&rsquo;il n&rsquo;aime pas&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>P\u00e8re et fils de 10 ans a re\u00e7u la croix de guerre \u00e0 la place de son p\u00e8re mort.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>De toute \u00e9vidence, cette histoire n&rsquo;est pas seulement celle de Louis et de Hubert, mais aussi celle de mon p\u00e8re et de moi-m\u00eame et de bien d&rsquo;autres peut-\u00eatre. C&rsquo;est la m\u00eame histoire depuis la nuit des temps et elle tient en une seule phrase que l&rsquo;auteur de la le\u00e7on de fran\u00e7ais a plac\u00e9 en exergue&#160;: \u00ab&#160;Les fils sont l\u00e0 pour continuer les p\u00e8res.&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<div><em> T\u00e2che \u00e9crasante. T\u00e2che impossible \u00e9videmment. Car les p\u00e8res sont des mythes auxquels les fils un jour ou l&rsquo;h\u00f4te cesseront de croire. Les p\u00e8res n&rsquo;existent pas. Et Hubert, du haut de ses dix ans le pressent d\u00e9j\u00e0. Il re\u00e7oit la croix de guerre \u00e0 la place d&rsquo;un disparu, mais comment prendre la place d&rsquo;un \u00eatre qui r\u00e9side hors hors de ce monde, au royaume du souvenir et de la l\u00e9gende&#160;? Comment mettre ses pas dans ceux d&rsquo;un mort&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>L&rsquo;art \u00e9questre et l&rsquo;\u00e9criture .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Donner l&rsquo;impression qu&rsquo;on ne fournit aucun effort, comme si son cheval se mouvait de lui-m\u00eame. L\u00e0 est tout l&rsquo;art. C&rsquo;est peut-\u00eatre la quintessence du style fran\u00e7ais, r\u00e9sum\u00e9 par L&rsquo;Hotte, et qui vaut aussi bien en \u00e9quitation que dans les arts&#160;: gommer le travail, cultiver le naturel, faire para\u00eetre simple et ais\u00e9 ce qui nous a co\u00fbt\u00e9 des jours et des jours de labeur forcen\u00e9.<\/em><\/div>\n<div><em>Ainsi aimerais-je \u00e9crire ce livre en tout cas.<\/em><\/div>\n<div><em>Calme, en avant, et droit.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Toasts des cavaliers de Saumur .<\/h3>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00ab&#160;\u00c0 nos chevaux, \u00e0 nos femmes et \u00e0 ceux qui les montent. \u00ab&#160;<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>La qu\u00eate des anc\u00eatres .<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Mais n&rsquo;est-ce pas le cas pour nous tous&#160;? Quand on part sur les traces de ses anc\u00eatres, on ne remonte pas le temps en r\u00e9alit\u00e9. On ne revient pas en arri\u00e8re. On fait voile vers notre avenir. Vers le lieu o\u00f9 r\u00e9side une part inexplor\u00e9e de nous-m\u00eame. L&rsquo;histoire que nous \u00e9crivons a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crite sous une autre forme, et notre vie loin d&rsquo;\u00eatre une page blanche, ressemble \u00e0 un palimpseste que chaque g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 tour de r\u00f4le efface et recommence. Ce qui va arriver existe d\u00e9j\u00e0. Et ce qui a exist\u00e9 nous arrivera. On peut pr\u00e9dire aujourd&rsquo;hui la survenue de maladie gr\u00e2ce \u00e0 notre ADN, car nos corps ne sont que des recombinaisons g\u00e9n\u00e9tique des corps qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s. De m\u00eame pour nos \u00e2mes. Elles sont un amalgame &#8211; diff\u00e9rent pour chacun- d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui ont d\u00e9j\u00e0 exist\u00e9 chez nos anc\u00eatres. Nos \u00e2mes nous pr\u00e9c\u00e8dent en quelque sorte. Et pourtant elle nous demeurent inconnues. Voil\u00e0 le voyage auquel chacun dans une vie est appel\u00e9.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9dition Albin Michel, 328 pages, mai 2024. &nbsp; &nbsp; Les fils sont l\u00e0 pour continuer les p\u00e8res. Le p\u00e8re de Thibault de Montaigu va mourir et son fils lui offre ce roman, l&rsquo;\u00e9crivain va le faire revivre pour ses lecteurs. Son p\u00e8re est un personnage odieux, brillant mais odieux. 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