{"id":19149,"date":"2024-11-22T06:07:08","date_gmt":"2024-11-22T05:07:08","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19149"},"modified":"2024-11-21T11:56:50","modified_gmt":"2024-11-21T10:56:50","slug":"la-lumiere-vacillante-nino-haratischwili","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19149","title":{"rendered":"La lumi\u00e8re vacillante   &#8211; Nino HARATISCHWILI"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19153\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0588-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em><br \/>\n\u00c9dition Gallimard, 709 pages, Juin 2024<\/em><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;allemand par Babara Fontaine<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/logo-feuilles-allemandes.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-14051\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/logo-feuilles-allemandes.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"135\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<div style=\"text-align: left;\">\u00a0<strong><em>Ce qu&rsquo;il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter, c&rsquo;est d&rsquo;apprendre \u00e0 s&rsquo;aimer gr\u00e2ce aux regards des hommes. C&rsquo;est l&rsquo;erreur que font la plupart des femmes&#8230;<\/em><\/strong><\/div>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;avais beaucoup aim\u00e9 \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=14526\">le chat le g\u00e9n\u00e9ral, et la corneill<\/a>e&#160;\u00bb, je suis donc ravie de pouvoir participer au mois des feuilles allemandes avec ce titre. Cette autrice a adopt\u00e9 l&rsquo;Allemagne comme pays d&rsquo;exil, elle s&rsquo;exprime \u00e0 travers des romans cons\u00e9quents en nombre de pages&#160;! Si 700 pages tr\u00e8s denses ne vous font pas peur, partez avec elle pour d\u00e9couvrir ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 en G\u00e9orgie \u00e0 la chute de l&#8217;empire sovi\u00e9tique. La lecture de Wikip\u00e9dia, vous en apprendra autant sur les soubresauts de ce pays depuis cette p\u00e9riode. Mais ce genre de phrases qu&rsquo;on lit dans l&rsquo; article de Wikip\u00e9dia&#160;: \u00ab&#160;Mais Tbilissi se heurta \u00e0 une opposition arm\u00e9e et soutenue logistiquement par la Russie. En un peu plus d&rsquo;une ann\u00e9e, la guerre fut gagn\u00e9e par les s\u00e9paratistes qui d\u00e9clar\u00e8rent \u00e0 leur tour leur ind\u00e9pendance et se livr\u00e8rent \u00e0 un nettoyage ethnique des G\u00e9orgiens pr\u00e9sents sur ce territoire&#160;\u00bb, permet-elle de r\u00e9aliser le nombre de gens qui ont tout perdu, de femmes viol\u00e9es, de jeunes qui sont morts ou gravement handicap\u00e9s\u00a0&#160;? C&rsquo;est ce d\u00e9sespoir que cette autrice veut rendre palpable \u00e0 travers son livre. Une autre raison de lire ce roman, c&rsquo;est de ne pas \u00eatre \u00e9tonn\u00e9e des r\u00e9sultats des r\u00e9centes \u00e9lections en G\u00e9orgie.<\/p>\n<p>Le roman suit le parcours de quatre amies du lyc\u00e9e, Keito, la narratrice, Dina, celle qui ose tout, Nene, la s\u00e9ductrice, et Ira, la premi\u00e8re de la classe. Pour donner corps au r\u00e9cit, le roman se situe, vingt ans apr\u00e8s les faits qui ont d\u00e9chir\u00e9 leur pays et fait \u00e9clater leur groupe. Dina est devenue une photographe reconnue, on sait tout de suite qu&rsquo;elle est morte et on apprendra tr\u00e8s tard comment. Anano , sa petite s\u0153ur a organis\u00e9 une exposition r\u00e9capitulant son \u0153uvre. Les trois amies se retrouvent, donc, devant des clich\u00e9s qui, au del\u00e0 de leur beaut\u00e9 admir\u00e9e dans le monde entier, repr\u00e9sentent aussi des moments forts et le plus souvent tragiques de leur vie.<\/p>\n<p>Le roman d\u00e9voile peu \u00e0 peu les secrets qui leur p\u00e8sent si fort \u00e0 toutes les trois. Le m\u00e9lange de la guerre, et des clans de mafieux qui dominaient la G\u00e9orgie \u00e0 cette p\u00e9riode ont fait de leur jeunesse un br\u00fblot&#160;: elles ont perdu toute leur na\u00efvet\u00e9 , mais, en m\u00eame temps c&rsquo;est l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 on tombe amoureux et peut-\u00eatre que cette p\u00e9riode de dangers a rendu ce sentiment encore plus fort. De photos en photos, Keito revoit se d\u00e9rouler son pass\u00e9, l&rsquo;enfance o\u00f9 les personnalit\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 se dessiner. Keito est \u00e9lev\u00e9e par un p\u00e8re scientifique, elle a perdu sa m\u00e8re qui avait quitt\u00e9 son p\u00e8re, son fr\u00e8re Rati, veut devenir chef de bande dans le quartier, et il s&rsquo;oppose pour cela \u00e0 la famille de Nene. Elle est l&rsquo;amie de c\u0153ur de Dina, qui est \u00e9lev\u00e9e par une m\u00e8re artiste et peu conventionnelle, Dina n&rsquo;accepte aucune contrainte si elle l&rsquo;estime injuste et a un courage peu banal, Nene a un charme fou qui attire tous les hommes mais elle est, aussi, membre d&rsquo;une famille de ca\u00efds mafieux qui fera son malheur, enfin Ira la premi\u00e8re de la classe qui apprend tout sans effort apparent, jouera le premier r\u00f4le dans la fin tragique de leur amiti\u00e9 .<\/p>\n<p>La trag\u00e9die de la destruction de la G\u00e9orgie, va lib\u00e9rer les forces malfaisantes des groupes politiques, et comme l&rsquo;\u00e9tat n&rsquo;existe plus ce sont les mafieux qui feront la loi. Le fr\u00e8re de Keito , Rati est amoureux de Dina, mais en jouant les chefs de bande, il contrarie des gens tellement plus puissants que lui. Il est jet\u00e9 en prison et il faut que sa famille r\u00e9unisse une grosse somme d&rsquo;argent en dollars pour le faire sortir, car bien s\u00fbr tout s&rsquo;ach\u00e8te&#160;! Le drame va se nouer l\u00e0, car Keito et Dina trouveront bien l&rsquo;argent mais pour sauver un jeune gar\u00e7on attaqu\u00e9 par des bandits pr\u00eats \u00e0 le tuer, elles lui sauvent la vie en donnant aux malfrats l&rsquo;argent pr\u00e9vu pour sortir Rati de prison. Dina qui est une fille superbe , va utiliser ses charmes avec l&rsquo;ennemi jur\u00e9 de Rati pour obtenir quand m\u00eame sa lib\u00e9ration. Cet homme est l&rsquo;oncle mafieux de Nene.<br \/>\nNon, je ne d\u00e9voile pas tout le roman, je veux simplement vous expliquer le terrible engrenage dans lequel ces quatre jeunes filles ont \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9es sans pouvoir s&rsquo;en sortir&#160;: leur situation personnelle est tr\u00e8s compliqu\u00e9e, le monde ext\u00e9rieur les pi\u00e8ge sans cesse. Il y a parfois des moments harmonieux, comme les relations de Keito avec l&rsquo;homme qui la formera en restauration de tableaux, mais m\u00eame ces moments l\u00e0 sont g\u00e2ch\u00e9s par la violence ext\u00e9rieure. Et puis, il y a entre elles quatre, ce pacte d&rsquo;amiti\u00e9 qui les oblige \u00e0 toujours \u00eatre l\u00e0 pour les autres. Chacune \u00e0 sa fa\u00e7on tire les ficelles qui, comme des cordes autour de leur cou, les \u00e9trangleront. Et celle qui porte le plus lourd dans cette trag\u00e9die c&rsquo;est Ira, la premi\u00e8re de la classe qui par amour pour Nene fomentera une vengeance implacable qui fera d\u00e9finitivement exploser leur amiti\u00e9 en mille morceaux .Vingt ans apr\u00e8s, pourront-elles de nouveau se parler devant les photos de Dina&#160;?<\/p>\n<p>Les all\u00e9es et retour entre l&rsquo;exposition de photos dans un cadre si agr\u00e9able et apais\u00e9 de Bruxelles au milieu des gens raffin\u00e9s et cultiv\u00e9s et la violence de la vie de ces jeunes filles \u00e0 l&rsquo;image de tout un peuple sert admirablement ce roman. Malgr\u00e9 ses 700 pages, je ne l&rsquo;ai pas trouv\u00e9 trop long mais &#8230; terriblement d\u00e9sesp\u00e9rant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>D\u00e9but<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Po\u00e8me mis en exergue qui donne le ton du roman<\/h3>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Je me suis tant habitu\u00e9 \u00e0 la mort<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Cela me surprend d&rsquo;\u00eatre encore en vie.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Je me suis tant habitu\u00e9 aux fant\u00f4mes<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Que je reconnais leur trace dans la neige.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Je me suis tant habitu\u00e9 \u00e0 la douleur<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Que je noie mes po\u00e8mes dans les larmes.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Je me suis habitu\u00e9e aux t\u00e9n\u00e8bres<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Que la lumi\u00e8re me serait une torture.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Je me suis tant habitu\u00e9 \u00e0 la mort<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Cela me surprend d&rsquo;\u00eatre encore en vie.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>Terenti Graneli<\/div>\n<div>\u00c9l\u00e9gie du nouvel an<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Thiblissi 1987<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0La lumi\u00e8re du soir se prenait dans ses cheveux. Elle allait y arriver, elle allait surmonter cet obstacle aussi, appuyer de toutes ses forces son corps contre le grillage, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il ne puisse plus opposer \u00e0 son poids qu&rsquo;une faible r\u00e9sistance, g\u00e9misse \u00e0 peine et finisse par c\u00e9der. Et elle ne forcerait pas cet obstacle que pour elle, mais aussi pour nous trois, afin d&rsquo;ouvrir la voie de l&rsquo;aventure \u00e0 ses ins\u00e9parables compagnes<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Un gar\u00e7on de G\u00e9orgie.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il \u00e9tait fou de musique et ne se contentait pas d&rsquo;aimer la musique classique, il s&rsquo;y connaissait aussi \u00e9tonnamment bien. Contrairement \u00e0 moi, il avait manifestement tir\u00e9 profit des longs apr\u00e8s-midi chez oncle Guivi que sa m\u00e8re lui avait \u00e9galement impos\u00e9s. Il avait une vraie sympathie pour l&rsquo;art, mais \u00e0 la diff\u00e9rence de son fr\u00e8re il n&rsquo;avouait pas franchement se penchant un parce qu&rsquo;il ne voulait pas sortir de son r\u00f4le de voyou dur et in\u00e9branlable En tout cas, il cherchait quelqu&rsquo;un avec qui partager cet aspect plus doux de sa personne. Parfois, je me demandais ce qui m&#8217;emp\u00eachait de traverser la cour pour lui rendre visite et continuer nos conversations dans le calme n\u00e9cessaire, mais quelque chose en moi sentait qu&rsquo;en franchissant ce pas je mettais un p\u00e9ril notre fragile et prudent proximit\u00e9, et donc je m&rsquo;abstenais.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les deux grands m\u00e8res<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Les baboubas se ressemblaient en autant de points qu&rsquo;elles se distinguaient par ailleurs. L&rsquo;heure friction permanente g\u00e9n\u00e9rerait une \u00e9nergie qui les maintenait en vie. Les ann\u00e9es passant, elles semblaient devenir de plus en plus d\u00e9pendantes de cette source d&rsquo;\u00e9nergie et quand il n&rsquo;y avait pas de sujet de dispute actuel, quand aucun conflit ext\u00e9rieur ne se pr\u00e9sentait, elles invoquaient une divergence d&rsquo;opinions, provoquaient une querelle. Leurs disputes semblaient les stimuler, les pousser \u00e0 donner le meilleur d&rsquo;elles-m\u00eames, c&rsquo;\u00e9tait le moyen pour elles de garder leur esprit alerte, comme les gens qui pratiquent une activit\u00e9 physique tous les jours pour rester en forme.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div><\/div>\n<h3>On lit souvent ce genre d&rsquo;angoisse annonc\u00e9e depuis le d\u00e9but du roman, l\u00e0 nous sommes pas 219<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>C&rsquo;\u00e9tait sans doute la derni\u00e8re journ\u00e9e o\u00f9 tout avait encore lieu selon un ordre ancien et familier, le dernier jour avant que tout commence \u00e0 s&rsquo;effondrer autour de moi comme dans une chor\u00e9graphie apocalyptique particuli\u00e8rement cruelle, qui se d\u00e9roulait au ralenti. Mais c&rsquo;\u00e9tait aussi un des derniers jours o\u00f9 ma ville se ressemblait encore, avant qu&rsquo;elle aussi ne rev\u00eate un autre habit, ensanglant\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<div>\n<h3>Mis\u00e8re de la G\u00e9orgie<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Continuellement, nous formions des files interminables dans l&rsquo;espoir d&rsquo;obtenir du pain de mie dur et insipide, dans l&rsquo;espoir d&rsquo;une vie meilleure, dans l&rsquo;espoir de recevoir des aliments qui nous \u00e9taient envoy\u00e9s des \u00c9tats-Unis sous forme d&rsquo;aide humanitaire et se revendaient sous le manteau \u00e0 des prix exorbitants. Nous faisions la queue dans l&rsquo;espoir de r\u00e9colter un peu de mis\u00e9ricorde. Nous faisions la queue en entendant les derniers potins, les files d&rsquo;attente \u00e9taient une nouvelle esp\u00e8ce d&rsquo;agence de presse qui fonctionnaient m\u00eame sans \u00e9lectricit\u00e9. Nous faisions aussi la queue parce que le temps passait plus agr\u00e9ablement \u00e0 attendre et avoir froid ensemble. Nous allions devant les magasins d\u00e9valis\u00e9s, aux volets ferm\u00e9s pour nous assurer une place dans la file d&rsquo;attente plusieurs heures avant la livraison attendue, pour du pain, du bois, des haricots du lait en poudre am\u00e9ricain.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<h3>Vision de pays plus favoris\u00e9s que la G\u00e9orgie<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Ce nouveau monde lumineux m&rsquo;effrayait autant que celui qui m&rsquo;\u00e9tait familier. Je ne connaissais pas ses lois, je ne connaissais ni l&rsquo;ordre paisible, ni les r\u00e8gles d&rsquo;une conversation raffin\u00e9e, ni les restaurants chics proposant des plats originaux. C&rsquo;\u00e9taient des contes de f\u00e9es \u00e9trangers tir\u00e9s de livres ou de films dans lesquels on se traitait avec respect et fl\u00e2nait pieds nus dans des parcs verdoyants dans lesquels on ne rendait visite \u00e0 ses parents que les jours f\u00e9ri\u00e9s et passait ses vacances dans des pays ensoleill\u00e9s dans lesquels on conduisait de belles voitures o\u00f9 pendouillaient des arbres magiques et o\u00f9 on conservait entre ses quatre murs gr\u00e2ce aux magnets coll\u00e9s sur le frigidaire, tous les lieux qu&rsquo;on avait visit\u00e9s -des livres ou des films dans lesquels on achetait \u00e0 prix d&rsquo;or des bouquets de fleurs savamment compos\u00e9s, pour le plaisir des yeux, sans occasion particuli\u00e8re pour mettre dans des appartements meubl\u00e9s avec \u00e9l\u00e9gance. C&rsquo;\u00e9tait des contes de f\u00e9es d&rsquo;un monde o\u00f9 les jeunes gens pouvaient rester jeunes longtemps, dans lequel ils avaient le luxe de se chercher eux-m\u00eames et de se trouver.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La drogue<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Depuis l&rsquo;invasion sovi\u00e9tique en Afghanistan, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne coulait \u00e0 flots en Russie et dans les anciennes r\u00e9publiques sovi\u00e9tiques. La chute du grand empire et les nouvelles fronti\u00e8res qui en r\u00e9sultaient, qui n&rsquo;\u00e9taient ni s\u00e9curis\u00e9s ni m\u00eame marqu\u00e9es avaient ouvert la porte au commerce ill\u00e9gal. Le trafic de l&rsquo;opium brut, sa transformation en morphine base puis en h\u00e9ro\u00efne, \u00e9tait une mine d&rsquo;or qui g\u00e9n\u00e9rait encore plus de rackets, de vols, de prostitution et de jeu de hasard, et appelait des structures organis\u00e9es.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Gallimard, 709 pages, Juin 2024 Traduit de l&rsquo;allemand par Babara Fontaine &nbsp; \u00a0Ce qu&rsquo;il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter, c&rsquo;est d&rsquo;apprendre \u00e0 s&rsquo;aimer gr\u00e2ce aux regards des hommes. 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