{"id":19082,"date":"2024-11-25T06:47:23","date_gmt":"2024-11-25T05:47:23","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19082"},"modified":"2024-10-23T11:04:19","modified_gmt":"2024-10-23T09:04:19","slug":"nord-sentinelle-jerome-ferrari","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=19082","title":{"rendered":"Nord Sentinelle    &#8211; J\u00e9r\u00f4me FERRARI"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-19091\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/IMG_0581-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Acte Sud, 139 pages, ao\u00fbt 2024&#160;;<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/club-de-lecture-de-dinard\">club de lecture<\/a>\u00a0de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard.<\/em><\/p>\n<p>Apr\u00e8s \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=192\">Le sermon sur la chute de Rome<\/a>&#160;\u00bb voici ma deuxi\u00e8me rencontre avec cet auteur, dont j&rsquo;aime tant le style et la fa\u00e7on de raconter.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Deux th\u00e8mes s&rsquo;entrem\u00ealent dans ce roman, (encore) la Corse et ses violences si particuli\u00e8res&#160;: laver son honneur dans le sang , et le tourisme qui peu \u00e0 peu ravage la plan\u00e8te. Comme dans le pr\u00e9c\u00e9dent roman J\u00e9r\u00f4me Ferrari ancre son r\u00e9cit dans le pass\u00e9 historique. Cette fois il raconte la proph\u00e9tie de la ville sainte d&rsquo;Harar \u00e0 qui on avait promis le d\u00e9clin si un chr\u00e9tien en ressortait vivant. L&rsquo;explorateur britannique Richard Francis Burton a r\u00e9ussi cet exploit et la proph\u00e9tie se r\u00e9alisera. \u00c0 l&rsquo;image de cette proph\u00e9tie, J\u00e9r\u00f4me Ferrari d\u00e9crit les invasions touristiques de tous les plus beaux lieux de la plan\u00e8te , son message&#160;: ne laissez aucun touriste revenir d&rsquo;un lieu que vous voulez garder secret sinon il sera peu \u00e0 peu envahi et d\u00e9natur\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;actuelle arriv\u00e9e dans des navires de croisi\u00e8res transportant des milliers de touristes qui se d\u00e9versent sur les c\u00f4tes ( regardez bien la couverture du livre&#160;!)<\/p>\n<p>La Corse, donc Le narrateur y est professeur et il y compte aussi ses amis d&rsquo;enfance , il conna\u00eet bien les Corses en particulier Philippe qui s&rsquo;est enrichi gr\u00e2ce au tourisme sans beaucoup travailler. Son propre fils un bon \u00e0 rien qui trouvera que son honneur est bafou\u00e9 et pour une bouteille d e vin , il tentera de tuer un homme qui l&rsquo;a d\u00e9shonor\u00e9 &#8211; on met son honneur o\u00f9 on peu t&#160;!<\/p>\n<p>Tout le plaisir de ce roman vient de l&rsquo;\u00e9criture \u00e0 la fois pr\u00e9cise et souvent dr\u00f4le , la charge anti-touristes est un peu forte surtout \u00e0 la fin, car cela monte en puissance, mais qui n&rsquo;a pas vu ces \u00e9normes navires d\u00e9barquer leurs flots de touristes en continue en submergeant les villes dans lesquelles on aime se promener ne peut sans doute pas lui pardonner son outrance.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai cherch\u00e9 d&rsquo;o\u00f9 venait le titre du roman, il est inspir\u00e9 par l\u2019\u00eele de North Sentinel dans le golfe du Bengale, dont la tribu autochtone a tu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui tous ceux qui ont essay\u00e9 de s\u2019y rendre, y compris un missionnaire en 2018.<\/p>\n<p>Est-ce qu&rsquo;il aurait fallu le faire en Corse pour \u00e9viter le tourisme actuel&#160;? Les corses avaient des dons pour la violence, mais ils aiment aussi l&rsquo;argent sans trop se fatiguer&#160;! (D&rsquo;apr\u00e8s ce roman &#8230; pas selon mon exp\u00e9rience, je me m\u00e9fie de la vengeance possible des autochtones&#160;! )<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0On raconte encore que, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi du 3 janvier 1855, malgr\u00e9 la v\u00e9n\u00e9rable proph\u00e9tie annon\u00e7ant la ruine de la ville sainte peu de temps apr\u00e8s qu&rsquo;un infid\u00e8le l&rsquo;aurait impun\u00e9ment souill\u00e9e de sa pr\u00e9sence le sultan Ahmad ibn Abu Bakr consentit \u00e0 ce que le capitaine Richard Francis Burton franchit les portes inviol\u00e9es de la cit\u00e9 de Harar. Il lui accorda une hospitalit\u00e9 soup\u00e7onneuse de dix jours avant de le laisser repartir saint et sauf, privil\u00e8ge dont aucun Europ\u00e9en n&rsquo;avait joui jusqu&rsquo;alors. S&rsquo;il avait pu savoir que Harard tomberait en 1875, alors que lui-m\u00eame \u00e9tait mort de consommation dix-neuf ans plus t\u00f4t dans l&rsquo;amertume et le regret Ahmad ibn Abu Bakr n&rsquo;aurait sans doute pas commis l&rsquo;erreur fatale d&rsquo;\u00e9pargner le capitaine Burton et il aurait eu raison.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Pr\u00e9tention et humour<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Le fait d\u00e9solant que leur premier-n\u00e9 m\u00e2le re\u00e7oivent syst\u00e9matiquement des pr\u00e9noms de rois, d&#8217;empereurs ou de h\u00e9ros antiques est sans doute un sympt\u00f4me particuli\u00e8rement transparent de leur m\u00e9galomanie comme de leur absence totale de sens du ridicule&#160;: les Romani portant haut, et qui plus est fi\u00e8rement, l&rsquo;\u00e9tendard de l&rsquo;inculture, ils ignoraient \u00e9videmment tout de l&rsquo;origine exacte des personnages historiques ou l\u00e9gendaires qui rendirent ces noms illustres et ils ne leur parurent jamais \u00e9trange comme l&rsquo;atteste leur grotesque g\u00e9n\u00e9alogie, qu&rsquo;un Hector put engendrer un Achille, ou qu&rsquo;un Hamilcar f\u00fbt le grand-p\u00e8re de Scipion &#8211; ce qui me permet d&rsquo;affirmer, sans crainte d&rsquo;un d\u00e9menti, que l&rsquo;heureuse s\u00e9quence Philippe-Alexandre ne peut \u00eatre que le fruit du hasard ou le r\u00e9sultat d&rsquo;une intervention de Catalina.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La Corse et le tourisme<\/h3>\n<div>\n<blockquote><p>\u00a0<em>Contre toute attente, alors que les personnes sens\u00e9es avec toujours fui en \u00e9t\u00e9 le bord de mer caniculaires et malsain, une folie collective poussait d\u00e9sormais \u00e0 s&rsquo;amasser sur les plages des foules de plus en plus compactes d&rsquo;abrutis extatiques qui venaient ici cultiver leurs futurs m\u00e9lanomes en s&rsquo;enduisant de mono\u00ef et de graisse \u00e0 traire sous le soleil br\u00fblant, se faire piquer par les moustiques et les gu\u00eapes insatiables, partageaient leurs miasmes et leurs mycoses dans la ti\u00e8de infusion de la M\u00e9diterran\u00e9e et qui, de surcro\u00eet, \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 payer pour le faire. Les Romani poss\u00e9daient \u00e9videmment une bonne partie du littoral, et ces \u00e9tendues st\u00e9riles de roches et de sable dont personne n&rsquo;aurait voulu quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t valaient maintenant une fortune.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3>En1933 , une journaliste vient interroger Pierre-Marie Romani&#160;: naissance d&rsquo;une l\u00e9gende.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0D\u00e9sormais, il lui fallait seulement, avec l&rsquo;aide active d&rsquo;une population qui le v\u00e9n\u00e9rait, \u00e9viter les gendarmes r\u00eavant de le conduire \u00e0 la guillotine et supporter les mis\u00e8res d&rsquo;une vie de r\u00e9prouve, la solitude des nuits dans la campagne, avec pour seule satisfaction la certitude de n&rsquo;avoir pas failli. C&rsquo;est derniers points \u00e9taient tr\u00e8s exag\u00e9r\u00e9s&#160;: pour l&rsquo;heure, les gendarmes ne se souciaient gu\u00e8re de lui et, la plupart du temps, il dormait chez ses parents dans la chambre de son enfance. Le reste \u00e9tait enti\u00e8rement faux. Mais Pierre-Marie savourant la joie d&rsquo;\u00eatre devenu, par la seule force de son r\u00e9cit mensonger, celui qu&rsquo;il aurait tant voulu \u00eatre.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<h3><\/h3>\n<h3>Changement des comportements touristiques.<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<div><em>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre exclusivement consacr\u00e9s au bronzage sur les plages, ils commenc\u00e8rent \u00e0 penser &#8211; ou plus probablement quelqu&rsquo;un pensa pour eux- qu&rsquo;il serait bon de diversifier leurs activit\u00e9s, de se rapprocher de la nature et de s&rsquo;int\u00e9resser aux cultures indig\u00e8nes et ils d\u00e9cid\u00e8rent de partir en qu\u00eate de l&rsquo;authenticit\u00e9 que nous \u00e9tions bien s\u00fbr tout dispos\u00e9s \u00e0 leur vendre.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Ils se mirent donc \u00e0 arpenter en masse les chemins de randonn\u00e9e, troquant avantageusement leur coup de soleil, piq\u00fbres d&rsquo;oursin et hydrocution pour des ampoules, des morsures de punaises de lit, des entorses et des chutes mortelles au fond de ravins oubli\u00e9s.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Ils exig\u00e8rent de manger local. D&rsquo;\u00e9couter de la musique locale. Ils tenaient absolument \u00e0 ce que leurs vacances aient du sens.<\/em><\/div>\n<div><em>Nos avant et arri\u00e8re saison jusqu&rsquo;ici \u00e9pargn\u00e9es, virent d\u00e9barquer des troupes de retrait\u00e9s lubriques, de sportifs de l&rsquo;extr\u00eame et de jeunes actifs que ne contraignait pas encore le calendrier scolaire.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>L&rsquo;explication d&rsquo;un crime pour la polici\u00e8re en charge du crime.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Dans sa longue et \u00e9puisante fr\u00e9quentation du crime, S\u00e9vrine Boghossian n&rsquo;a jamais cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre sid\u00e9r\u00e9e face \u00e0 la disproportion presque syst\u00e9matique entre les actes dont elle \u00e9tait le t\u00e9moin et les raisons qui les avaient fait advenir, comme si la chute virevoltante d&rsquo;une feuille d&rsquo;automne creusait dans le sol un crat\u00e8re, une disproportion si incommensurable que S\u00e9verine Boghossian a toujours eu le sentiment, en d\u00e9couvrant un mobile, non d&rsquo;avoir obtenu une explication propre \u00e0 satisfaire aux exigences de la raison mais, bien au contraire d&rsquo;\u00eatre \u00e0 nouveau plong\u00e9e tout enti\u00e8re au c\u0153ur d&rsquo;une \u00e9nigme qui revenait la submerger et la faisait suffoquer et qu&rsquo;elle ne r\u00e9soudrait jamais<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9dition Acte Sud, 139 pages, ao\u00fbt 2024&#160;; Lu dans le cadre du\u00a0club de lecture\u00a0de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard. 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