{"id":18960,"date":"2024-09-16T06:04:26","date_gmt":"2024-09-16T04:04:26","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18960"},"modified":"2024-09-15T19:25:28","modified_gmt":"2024-09-15T17:25:28","slug":"ceux-que-je-suis-olivier-dorchamps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18960","title":{"rendered":"Ceux que je suis    &#8211; Olivier DORCHAMPS"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-18970\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_0571-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Pocket, 252 pages, d\u00e9cembre 2023<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Voici un roman pour lequel je n&rsquo;ai aucune r\u00e9serve, il m&rsquo;a permis de retrouver mon envie de transporter un livre partout avec moi, de grapiller tous les moments pour retrouver ma lecture l\u00e0 o\u00f9, quelques instants auparavant, une activit\u00e9 quelconque m&rsquo;avait oblig\u00e9e de le laisser.<br \/>\nVoici le fil narratif&#160;: Marwan est le fr\u00e8re jumeau d&rsquo;Ali, les deux ain\u00e9s de Foued. Ces trois gar\u00e7ons sont \u00e9lev\u00e9s par un couple de Marocains vivant \u00e0 Clichy, leur p\u00e8re, Tarek, a un petit garage qui marche bien, et leur m\u00e8re, qui sait \u00e0 peine lire et \u00e9crire a r\u00e9ussi pourtant \u00e0 avoir un petit emploi en France. Leurs parents \u00e9l\u00e8vent bien leurs enfants et tous les trois r\u00e9ussissent leurs \u00e9tudes. Ali est avocat, Marwan agr\u00e9g\u00e9 d&rsquo;histoire et Foued encore \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9.<\/p>\n<p>Tarek meurt de crise cardiaque au premier chapitre, l&rsquo;histoire peut commencer, \u00e0 la grande surprise des enfants, leurs parents ont pris une assurance pour \u00eatre enterr\u00e9s au Maroc, eux qui se croyaient 100 pour cent arabe-fran\u00e7ais , ils vont devoir se d\u00e9couvrir fran\u00e7ais-marocain. Rien n&rsquo;est gratuit dans l&rsquo;intrigue, leur p\u00e8re avait tout pr\u00e9vu, ce n&rsquo;est pas par hasard qu&rsquo;il a choisi Marwan pour accompagner son cercueil en avion. Ses deux fr\u00e8res accompagneront leur m\u00e8re en voiture. cela donne trois jours \u00e0 Marwan, pour interroger Kabic qui l&rsquo;accompagne car il est, le plus proche ami de la famille et visiblement, il sait tout sur le pass\u00e9 de son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Marwan vient de se faire larguer par Capucine, et cette rupture accompagne ce voyage dans le pass\u00e9 de sa famille. Marwan ne se souvient que d&rsquo;une col\u00e8re de son p\u00e8re, un jour Ali traitera son fr\u00e8re jumeau de \u00ab&#160;batard&#160;\u00bb , leur p\u00e8re, si doux d&rsquo;habitude, laissera \u00e9clater une col\u00e8re que seule sa femme r\u00e9ussira \u00e0 calmer. Lorsque l&rsquo;on referme ce livre , on comprend bien le pourquoi de cette \u00e9norme fureur.<\/p>\n<p>Toute la trag\u00e9die, mais aussi la pulsion de vie de cette famille vient de la grand-m\u00e8re, Mi Lalla. Tout le monde r\u00e9p\u00e8te, qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de sa famille berb\u00e8re d&rsquo;une pauvret\u00e9 extr\u00eame pour se retrouver \u00e0 Casa, \u00e9lev\u00e9e dans la famille de Kabic. La v\u00e9rit\u00e9 est autrement plus tragique.<\/p>\n<p>Finalement, \u00e0 la fin du roman Marwan comme ses deux fr\u00e8res, seront plus riches de leurs deux cultures, le Maroc leur a donn\u00e9 des racines et la force des liens familiaux , et la France la libert\u00e9 d&rsquo;\u00eatre eux-m\u00eames loin des carcans qui emprisonnent les femmes et les rejettent quand elles ont le malheur d&rsquo;\u00eatre pauvres et viol\u00e9es par des hommes intouchables parce que tr\u00e8s riches.<\/p>\n<p>On d\u00e9couvre plusieurs aspects du Maroc, la pr\u00e9sence des berb\u00e8res avec leur langue et surtout la pauvret\u00e9 dans laquelle les conditions climatiques r\u00e9duisent ces populations nomades. La pratique chez la Marocains ais\u00e9s d&rsquo;avoir une fillette analphab\u00e8te comme bonne \u00e0 tout faire chez eux sans la payer, on n&rsquo;est pas tr\u00e8s loin d&rsquo;une condition d&rsquo;esclave, et la solidarit\u00e9 dans les quartiers pauvres entre populations de m\u00eames origines, et bien s\u00fbr la musique et la cuisine qui sont si caract\u00e9ristiques du Maroc.<\/p>\n<p>Un tr\u00e8s beau roman qui fait d\u00e9couvrir le Maroc loin des images touristiques habituelles. Je me suis demand\u00e9 comment les Marocains avaient re\u00e7u ce r\u00e9cit \u00e9crit par un \u00ab&#160;non marocain&#160;\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>Il a souvent fait \u00e7a&#160;: rentrer tard sans pr\u00e9venir. Oh, il ne buvait pas et ma m\u00e8re avait confiance, il travaillait. Il travaillait depuis trente ans, sans vacances et souvent sans dimanches. Au d\u00e9but c&rsquo;\u00e9tait pour les raisons habituelles&#160;: un toit pour sa famille et du pain sur la table, puis apr\u00e8s qu&rsquo;Ali et moi avions quitt\u00e9 la maison, c&rsquo;\u00e9tait pour ma m\u00e8re et lui&#160;; pour qu&rsquo;ils puissent se le payer enfin ces vacances.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>L&rsquo;humour<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00c0 nous, les gosses, l&rsquo;A\u00efd paraissait bien sanglant par rapport aux f\u00eates fran\u00e7aises&#160;; celles que Sainte La\u00efcit\u00e9 \u00e0 transform\u00e9 en dessert &#8211; la galette des Rous, les cr\u00eapes de la chandeleur, les \u0153ufs de p\u00e2ques, la b\u00fbche de No\u00ebl. Avec un r\u00e9gime pareil, comment aurions-nous pu nous sentir marocains&#160;? La gourmandise est le plus grand des baptiseurs.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Une vision id\u00e9alis\u00e9e (par le souvenir) ,de la mis\u00e8re.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>\u00ab&#160;On avait rien et quand on a rien, on joue au football \u00e0 coups de pied dans une conserve vide et sous les cris de joie des copains. Une joie qu&rsquo;on entendait jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an.&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La honte de l&rsquo;origine de son p\u00e8re.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Pourquoi ne l&rsquo;ai-je jamais questionn\u00e9 sur son pays&#160;? Je ne sais pas. J&rsquo;avais honte&#160;; de cette honte qui donne honte d&rsquo;avoir honte. Comme lorsque je disais \u00e0 mes camarades que ma m\u00e8re \u00e9tait caissi\u00e8re alors qu&rsquo;elle empilage des bo\u00eetes de conserve au supermarch\u00e9. Mensonges minables de ceux qui ont vraiment honte.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les femmes et la virginit\u00e9.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un fils est toujours f\u00eat\u00e9e et celle d&rsquo;une fille est maudite, la virginit\u00e9 exerce une dictature \u00e0 laquelle les femmes n&rsquo;ont d&rsquo;autre choix que de se soumettre. La tradition a la vie dure, et si le Coran recommande \u00e0 tous l&rsquo;abstinence jusqu&rsquo;au mariage, celle-ci n&rsquo;est impos\u00e9e qu&rsquo;aux femmes. Dans une paradoxale ironie, rester pure permet aux jeunes filles de manipuler le joug des hommes et de s&rsquo;\u00e9lever socialement m\u00eame si, la plupart du temps leur p\u00e8re ou leur fr\u00e8re se chargeront de n\u00e9gocier leur virginit\u00e9 aux plus offrants. C&rsquo;est la seule richesse qui ne se pr\u00e9occupe ni de la naissance, ni de la fortune de celle qui la poss\u00e8de.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La piti\u00e9 vue par des rescap\u00e9s d&rsquo;Auschwitz.<\/h3>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div> <em>Ils savaient tous les deux que l&rsquo;horreur dont ils sortaient \u00e0 peine serait le ciment de leur r\u00e9surrection. Qui d&rsquo;autre pourrait comprendre ce qu&rsquo;ils avaient travers\u00e9 sans cet apitoiement dont ils ne voulaient surtout pas&#160;? Et l&rsquo;apitoiement a souvent vite fait de se transformer en justification pour minimiser la souffrance \u00e0 coups de bien-s\u00fbr-c&rsquo;est-effroyable-mais-ils-n&rsquo;\u00e9taient-pas-les-seuls. Oh, pas pour att\u00e9nuer l&rsquo;insupportable, non, mais pour excuser les hommes et avec eux, notre propre humanit\u00e9, pour occulter l&rsquo;effroyable doute que, dans d&rsquo;identiques circonstances, nous aurions nous aussi peut-\u00eatre choisis le camp des tortionnaires.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Pocket, 252 pages, d\u00e9cembre 2023 Voici un roman pour lequel je n&rsquo;ai aucune r\u00e9serve, il m&rsquo;a permis de retrouver mon envie de transporter un livre partout avec moi, de grapiller tous les moments pour retrouver ma lecture l\u00e0 o\u00f9, quelques instants auparavant, une activit\u00e9 quelconque m&rsquo;avait oblig\u00e9e de le laisser. 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