{"id":18776,"date":"2024-08-30T06:52:16","date_gmt":"2024-08-30T04:52:16","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18776"},"modified":"2024-08-30T11:19:09","modified_gmt":"2024-08-30T09:19:09","slug":"avec-toi-je-ne-crains-rien-alexandre-duyck","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18776","title":{"rendered":"Avec toi je ne crains rien  &#8211; Alexandre DUYCK"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-18785\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0553-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Acte Sud, 196 pages, Avril 2024<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Apr\u00e8s &lsquo;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=10319\">Augustin<\/a>&#160;\u00bb qui m&rsquo;avait tant plu, je retrouve cet auteur avec grand plaisir. L\u2019\u00e9criture de ce roman s\u2019inspire d&rsquo;un fait divers tragique&#160;: un couple a disparu en montagne en tombant dans une crevasse d&rsquo;un glacier dans les Alpes Suisse, en 1942, le glacier rendra leurs deux corps en 1972. Pendant ce temps leurs enfants grandiront sans la chaleur d&rsquo;un foyer.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9crivain construit son roman, en imaginant un couple heureux, joyeux et amoureux. Lui, Joseph, est une force de la nature, cordonnier de son \u00e9tat, il chante tout le temps et rend tous les services qu&rsquo;il peut \u00e0 sa famille et aux gens de son village. Elle, Louise, l&rsquo;institutrice est une femme remarquable, qui a eu le malheur d&rsquo;\u00eatre la fille d&rsquo;une femme tr\u00e8s originale, partie en Am\u00e9rique, elle en est revenue avec un peu d&rsquo;argent et une petite fille qu&rsquo;elle a confi\u00e9e \u00e0 une cousine. Celle-ci a \u00e9t\u00e9 assez bien \u00e9lev\u00e9e pour devenir institutrice, et se mariera assez tard avec cet homme d&rsquo;une autre vall\u00e9e, Joseph.<\/p>\n<p>Ensemble, ils ont quatre enfants, et une fois par mois, Joseph monte dans les estives pour s&rsquo;occuper de leurs quatre vaches, les traire et faire du fromage. C&rsquo;est une maison tr\u00e8s harmonieuse, o\u00f9 l\u2019on chante car Joseph a une superbe voix, les enfants sont heureux et promis \u00e0 une belle vie.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, Louise veut absolument, au moins une fois, monter dans les estives avec Joseph. Elle veut, elle aussi, voir cette montagne que son mari aime tant. La mont\u00e9e sera difficile, l\u2019\u00e9crivain d\u00e9ploie tout son talent pour nous faire vivre cette ascension, et soudain le temps s\u2019en m\u00eale pour rendre la travers\u00e9e du glacier impossible.<br \/>\nJoseph et Louise ne redescendront jamais de la montagne, laissant quatre orphelins dans un deuil impossible car les corps de leurs parents sont introuvables.<br \/>\nLes enfants seront en but aux rumeurs les plus folles sur la disparition de leurs parents, toute la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qu\u2019ils avaient montr\u00e9e pour les gens du village se retournera contre leurs enfants&#160;: ils \u00e9taient trop bien, trop heureux, ces gens, pour ne pas \u00eatre jalous\u00e9s, \u00ab&#160;ils ont d\u00fb s\u2019enfuir pour profiter de leur argent.&#160;\u00bb , Voil\u00e0 ce que les enfants entendront toute leur vie.<\/p>\n<p>Un jour le glacier rendra les corps, mais ce sera une bien pi\u00e8tre consolation pour des enfants qui, devenus vieux, ont construit une vie sans eux.<\/p>\n<p>Un tr\u00e8s beau roman qui se lit facilement, qui rend bien compte de la vie rurale dans un petit village Suisse au d\u00e9but du XX\u00b0 Si\u00e8cle, j\u2019ai une petite r\u00e9serve sur l\u2019aspect pas assez incarn\u00e9 des deux personnages principaux, ils ressemblent plus \u00e0 des types de personnages qu\u2019\u00e0 des gens r\u00e9els.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Joseph a pr\u00e9venu Louise, \u00ab&#160;L\u00e0 o\u00f9 je t&#8217;emm\u00e8ne, il se peut qu&rsquo;on ne t&rsquo;aime pas&#160;\u00bb, elle a r\u00e9pondu qu&rsquo;elle s&rsquo;en moquait pas mal, \u00ab&#160;on verra bien&#160;\u00bb, et cette seule r\u00e9ponse l&rsquo;a convaincu qu&rsquo;elle serait la femme de sa vie. Il est all\u00e9 la chercher en 1929 au loin, dans un autre village, plus fou encore, dans une autre vall\u00e9e. Ce sont des choses qui ne se font pas. Plut\u00f4t \u00e9pouser sa cousine qu&rsquo;une fille d&rsquo;ailleurs.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>La ru\u00e9e vers l&rsquo;or.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Nul n&rsquo;est pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 la violence indicible de la ru\u00e9e vers l&rsquo;or, personne ne l&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9, personne ne le pouvait. On l&rsquo;est encore moins quand on d\u00e9barque d&rsquo;un alpage et qu&rsquo;on est une femme. Ernestine cumule les risques, les provoque presque, elle cherche les ennuis. Peut-\u00eatre fallait-il \u00eatre Ernestine pour en r\u00e9chapper, pour ne pas dispara\u00eetre au fond d&rsquo;un ravin, d\u00e9valis\u00e9e, d\u00e9shabill\u00e9e et viol\u00e9 aux confins du Colorado et de l&rsquo;Idaho, pr\u00e8s de North Fork, le long de la rivi\u00e8re de C\u0153ur d&rsquo;Alene, o\u00f9 son errance va la conduire en train, parce qu&rsquo;il y a bien longtemps que l&rsquo;or s&rsquo;est \u00e9vapor\u00e9 en Californie, le journal leur avait menti. Peut-\u00eatre le savait-elle, en embarquant au Havre que ce voyage serait bien plus difficile que celui vant\u00e9 par la publicit\u00e9 mais qu&rsquo;elle y parviendrait, qu&rsquo;elle ne coulerait pas, qu&rsquo;elle reviendrait, pas forc\u00e9ment riche \u00e0 millions mais en tout cas bien plus qu&rsquo;au d\u00e9part.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le couple.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>La vie de tous les jours les rattrape. La promesse qu&rsquo;il a faite de lui fabriquer une nouvelle valise en cuir. Joseph l&rsquo;a tenue. La valise tr\u00f4ne au grenier, non, elle ne tr\u00f4ne pas, elle moisit, elle prend l&rsquo;humidit\u00e9, elle ne sert \u00e0 rien. Une princesse, Louise, vraiment&#160;? Une princesse qui jamais ne sort du village, voit les m\u00eames t\u00eates tous les jours, les m\u00eames gamines \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, ne va jamais \u00e0 la ville, se tue \u00e0 la t\u00e2che aux champs quand elle n&rsquo;enseigne pas. \u00c0 quoi cela sert-il de poss\u00e9der une valise si grande, neuve, si on ne voyage jamais, quand on sait qu&rsquo;on ne voyagera jamais&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Ao\u00fbt.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Nous sommes au mitan du mois d&rsquo;ao\u00fbt, celui qui sert \u00e0 pr\u00e9parer la guerre contre l&rsquo;hiver. C&rsquo;est le mois de la constitution du stock de bois, le moment o\u00f9 la commune attribue \u00e0 chaque famille son lot de sapins d\u00e9racin\u00e9s par les avalanches ou frapp\u00e9s par la foudre. Ao\u00fbt sert \u00e0 faucher les regains, fabriquer d&rsquo;autres souliers, r\u00e9parer les attelages, pr\u00e9parer la maison pour l&rsquo;hiver, retaper et consolider les portes les fen\u00eatres, r\u00e9parer les tables qui vacillent<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le mauvais temps sur le glacier un 15 ao\u00fbt 1942.<\/h3>\n<div><\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Puis tout va trop vite. Il fait sombre en quelques minutes, nous sommes le 15 ao\u00fbt, il est \u00e0 peine dix sept heures quinze mais il fait nuit, une nuit blanche. Le brouillard a tout envahi, tout camoufl\u00e9. Plus rapide qu&rsquo;un cheval au galop, il a surgi de la vall\u00e9e en quelques secondes. Ils sont \u00e0 quelques m\u00e8tres l&rsquo;un de l&rsquo;autre, tenus par la corde et pourtant ne se voient plus. Il ne reste que la parole, la voix, les cris, les hurlements. \u00ab&#160;Tu es o\u00f9&#160;?&#160;\u00bb \u00ab&#160;Je ne te vois plus&#160;!&#160;\u00bb. Elle s&rsquo;agite \u00e0 l&rsquo;autre bout de la corde, voudrait aller dans un autre sens, n&rsquo;importe o\u00f9, elle veut fuir, Joseph lui dit \u00ab&#160;Ne bouge pas&#160;!&#160;\u00bb, \u00ab&#160;Mon Dieu mais tu es o\u00f9&#160;?&#160;\u00bb, r\u00e9p\u00e8te \u00ab&#160;Ne bouge pas&#160;!&#160;\u00bb hurle encore. Elle pleure. Elle hurle. Un voile blanc \u00e9pais comme un drap qui recouvre tout en l&rsquo;espace de quelques secondes m\u00eame pas le temps d&rsquo;attraper le bras de son mari mais il y a la corde, leur vie qui ne tient vraiment qu&rsquo;\u00e0 ce fil.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Acte Sud, 196 pages, Avril 2024 Apr\u00e8s &lsquo;Augustin&#160;\u00bb qui m&rsquo;avait tant plu, je retrouve cet auteur avec grand plaisir. L\u2019\u00e9criture de ce roman s\u2019inspire d&rsquo;un fait divers tragique&#160;: un couple a disparu en montagne en tombant dans une crevasse d&rsquo;un glacier dans les Alpes Suisse, en 1942, le glacier rendra leurs deux corps en <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=18776\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":822092,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45,133,191,24,202,122,49,1],"tags":[],"class_list":["post-18776","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-4-coquillages","category-amour-et-couple","category-civilisation-traditionnelle","category-france","category-montagne","category-mort","category-roman","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18776","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/822092"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=18776"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18776\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18909,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18776\/revisions\/18909"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=18776"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=18776"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luocine.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=18776"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}