{"id":18713,"date":"2024-08-19T06:22:18","date_gmt":"2024-08-19T04:22:18","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18713"},"modified":"2024-08-18T21:05:10","modified_gmt":"2024-08-18T19:05:10","slug":"ton-absence-nest-que-tenebres-jon-kalman-steffansson","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18713","title":{"rendered":"Ton absence n&rsquo;est que t\u00e9n\u00e8bres   &#8211; Jon Kalman STEFFANSSON"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-18723\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0549-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Grasset, 594 pages, janvier 2022.<\/em><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;islandais par Eric Boury<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Ma s\u0153ur aime beaucoup les atmosph\u00e8res des pays du grand nord, et en me pr\u00eatant ce livre, elle m&rsquo;a confi\u00e9 qu&rsquo;elle avait aim\u00e9 passer du temps avec tous les habitants des Fjords de l&rsquo;Ouest en Islande. J&rsquo;ai partag\u00e9 ce plaisir m\u00eame s&rsquo;il faut vraiment prendre son temps pour aimer et comprendre tous les aspects du roman et se retrouver dans toutes les histoires de chaque personnage. C&rsquo;est un gros pav\u00e9 et on peut se perdre dans la construction romanesque, d&rsquo;ailleurs le narrateur dit lui m\u00eame qu&rsquo;il ne sait pas trop o\u00f9 il va. Le Narrateur est un homme qui a perdu la m\u00e9moire et qui est le scribe de tous les t\u00e9moignages des gens qui vont se r\u00e9unir pour une f\u00eate o\u00f9 tout le monde est convi\u00e9.<\/p>\n<p>Pour une fois je suis all\u00e9e voir sur Babelio les avis des lecteurs, et je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 surprise de voir que certains (peu nombreux) avaient d\u00e9test\u00e9 ce roman, en particulier tous ceux qui s&rsquo;attendaient \u00e0 ce que le personnage retrouve la m\u00e9moire. J&rsquo;ai lu, aussi une critique injuste, \u00e0 mon avis, un lecteur a vu dans ce livre des le\u00e7ons de vie un peu \u00e0 la mani\u00e8re de Paolo Coelho, qui a tant plu aux lecteurs il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es (ou plus&#160;!) , je ne suis pas du tout d&rsquo;accord&#160;: il n&rsquo;y a aucun message dans ce roman. Et certains avis sont tr\u00e8s enthousiaste, un peu comme moi.<\/p>\n<p>On peut se perdre dans le nombre de personnages qui sont \u00e9voqu\u00e9s et toutes les histoires d&rsquo;amour qui sont racont\u00e9es. Et puis, ce narrateur qui se confie \u00e0 un pasteur chauffeur de car, qui est-il vraiment&#160;? Comme l&rsquo;auteur rassemble les vivants et les morts, je me suis souvent demand\u00e9 o\u00f9 il se situait . L&rsquo;auteur qui s&rsquo;appelle Jon comme l&rsquo;enfant d&rsquo;un amour adult\u00e9rin entre le pasteur et une femme mari\u00e9e Gudridur qui a d\u00fb partir au Canada pour r\u00e9sister \u00e0 cet amour qui aurait d\u00e9truit son couple, est-il lui aussi le r\u00e9sultat de toutes ses histoires. En tout cas ce qui est certain, c&rsquo;est qu&rsquo;il est le passeur entre nous et la civilisation islandaise. Il nous confie aussi ses doutes sur ses efforts de m\u00e9moire et en discutant avec \u00ab&#160;le pasteur&#160;\u00bb ou le \u00ab&#160;diable&#160;\u00bb, il en arrive m\u00eame \u00e0 changer le sens de son r\u00e9cit et \u00e0 faire revivre un personnage qu&rsquo;il avait tu\u00e9 quelques pages auparavant. \u00c0 la fin du roman de presque 600 pages, j&rsquo;ai souri quand le Narrateur dit qu&rsquo;il ne nous a pas encore tout racont\u00e9 &#8211; l&rsquo;auteur pouvait donc rajouter quelques centaines de pages&#160;!-, car il est vrai que nous ne savons pas ce qu&rsquo;il devient de la m\u00e8re d\u2019Eirikur, ni si celui-ci fera de la prison pour avoir tir\u00e9 sur des camions. C&rsquo;est \u00e9trange cette fa\u00e7on que l&rsquo;auteur a de r\u00e9fl\u00e9chir sur la cr\u00e9ation m\u00eame de son roman.<br \/>\nLa vie dans ce pays est tr\u00e8s rude, la subsistance des hommes est due \u00e0 l&rsquo;\u00e9levage des moutons et pour certains \u00e0 la p\u00eache. Pendant six mois, le pays est dans l&rsquo;obscurit\u00e9, le froid et la pluie ou la neige, pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 les jours sont longs mais il faut sans cesse travailler aupr\u00e8s des brebis et des agneaux. L&rsquo;alcool permet souvent de supporter cette vie sans lumi\u00e8re , mais on conna\u00eet aussi les ravages de l&rsquo;alcool. La communaut\u00e9 du Fjord ne s&rsquo;arr\u00eate pas aux vivants, chacun porte en lui la lign\u00e9e des morts qui a rendu sa vie possible<\/p>\n<p>Ce roman est aussi un roman d&rsquo;amour, des amours tr\u00e8s forts et d\u00e9crits avec un r\u00e9alisme qui m&rsquo;a \u00e9tonn\u00e9e. De ces amours vont na\u00eetre des enfants adult\u00e9rins dont le destin sera compliqu\u00e9, \u00e9videmment. Et puis deux personnages importants Halldor et son fils Eirikur sont des musiciens l&rsquo;auteur pars\u00e8me son r\u00e9cit de grands classiques de la chanson surtout am\u00e9ricaine et anglaise mais pas que . C&rsquo;est \u00e9tonnant aussi de voir des \u00e9v\u00e9nements hors de leur fronti\u00e8re prendre de l&rsquo;importance dans cette r\u00e9gion recul\u00e9e&#160;: la condamnation de Zola, par exemple. En revanche aucune allusion aux guerres du XX\u00b0 si\u00e8cle. Le r\u00e9cit n&rsquo;est jamais lin\u00e9aire, on commence avec un personnage, on le laisse puis on revient vers lui, il faut vraiment accepter de se promener au gr\u00e9 de la m\u00e9moire d\u00e9faillante du narrateur . Certaines histoires sont \u00e9tonnantes, comme celle de Gudrigur qui a \u00e9crit un article remarquable sur &#8230; le vers de terre&#160;! La premi\u00e8re histoire d&rsquo;amour entre Haraldur et Aldis la jeune fille de la ville (Reykjavik), est superbe et en m\u00eame temps un peu comme \u00e0 l&rsquo;image de toutes les histoires d&rsquo;amour de ce roman, le coup de foudre du premier regard me laisse toujours un peu septique, mais je ne suis pas Islandaise&#160;! Il y a aussi un r\u00e9cit d&rsquo;amour homosexuel mais si tragique, le monde rural, quel que soit le pays, bien du mal \u00e0 accepter ces amours l\u00e0.<\/p>\n<p>On sent dans tout le roman que tous les personnages ont soif d&rsquo;apprendre et de lire. Aujourd&rsquo;hui tous les Islandais doivent pouvoir satisfaire ce besoin.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai aim\u00e9 me perdre dans tous les m\u00e9andres de ces histoires, m\u00eame si je me suis souvent \u00e9gar\u00e9e&#160;: je ne savais plus avec qui j&rsquo;\u00e9tais, et puis je retrouvais les personnages que je connaissais un peu. Un livre \u00e0 lire si vous avez du temps et de la patience. S&rsquo;il n&rsquo;a pas 5 coquillages, c&rsquo;est que certains aspects ne m&rsquo;ont pas convaincue&#160;: les histoires d&rsquo;amour au premier regard, et surtout les all\u00e9es et retour avec des personnages, on peut s&rsquo;y perdre vraiment.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3 dir=\"ltr\">D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div dir=\"ltr\"><em>Titre du chapitre&#160;: IL SE TROUVE TOUJOURS UNE CONSOLATION<\/em><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><em>C\u2019est sans doute un r\u00eave&#160;:<\/em><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><em>Je suis assis au premier dans une \u00e9glise de campagne, il fait froid&#160;: une profonde qui\u00e9tude r\u00e8gne \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, \u00e0 peine troubl\u00e9e par les b\u00ealements des moutons et les cris lointains des sternes, les vitre du b\u00e2timent encadrent le bleu du ciel, la mer, une bande d\u2019herbe verte et une montagne presque nue.<\/em><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<\/blockquote>\n<div dir=\"ltr\">\n<h3>Le r\u00e9cit est ponctu\u00e9 de chansons&#160;:<\/h3>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<blockquote>\n<div><em>Je roule lentement heureux d&rsquo;entendre The Train Song de Nick Cave qui a pris le relais de Damien Rice sur l&rsquo;autoradio. Nickel Cave est n\u00e9 en Australie en 1957, il entame donc la seconde partie de sa vie, parce que toute chose vieillir et que, pour finir, tous ceux qui sont aujourd&rsquo;hui de ce monde sont condamn\u00e9s \u00e0 dispara\u00eetre. Y compris les enfant. La mort est l&rsquo;impeccable immobile, pourtant elle ne s&rsquo;arr\u00eate jamais lit-on quelque part. Elle balaie des humains, les arbres, les empires, les pr\u00e9sidents, les montagnes et les aveux les plus incandescents. Elle ne s&rsquo;arr\u00eate jamais sauf peut-\u00eatre l&rsquo;espace de quelques chansons et de quelques po\u00e8mes&#160;:<\/em><\/div>\n<div><em>Tell me how long&rsquo;s th\u00e9 train bien gone&#160;? (&#8230;) And was she there&#160;?<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00a0Difficile de faire plus simple comme texte quelques apostrophes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini.<\/em><\/div>\n<div><em>Dites-moi depuis combien de temps le train est-il parti&#160;? Et ce qu&rsquo;elle \u00e9tait l\u00e0 -est-ce qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e0 bord&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Une autre chanson&#160;:<\/h3>\n<div>\n<div>\n<div><\/div>\n<blockquote>\n<div><em>Son tee-shirt est noir est \u00e0 l&rsquo;effigie d&rsquo;\u00c9dith Piaf, chanteuse de la douleur, n\u00e9e au pied d&rsquo;un r\u00e9verb\u00e8re au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, qui vomissait du sang sur sc\u00e8ne, pas plus grande qu&rsquo;une bouteille de vin rouge, mais dot\u00e9e d&rsquo;une voix plus vaste que la mort laquelle venait d&rsquo;ajouter \u00e0 l&rsquo;instant le morceau &#160;\u00bb Non je ne regrette rien&#160;\u00bb \u00e0 sa compilation. La chanteuse regardait droit devant elle, l&rsquo;air habit\u00e9 comme si elle venait d&rsquo;entonner&#160;: &#160;\u00bb Avec mes souvenirs, j&rsquo;ai allum\u00e9 le feu, mes chagrins, mes plaisirs, balay\u00e9 mes amours, ni le bien, ni le mal, car ma vie, aujourd&rsquo;hui \u00e7a commence -avec toi&#160;!<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Non&#160;! je ne regrette rien, je ne regrette rien &#8230;<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le personnage principal, narrateur.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir oubli\u00e9 tout ce qui se rapporte \u00e0 ma personne, j&rsquo;ignore quelle profession j&rsquo;exerce, je ne sais rien de mes aptitudes, je ne sais pas s&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un qui m&rsquo;aime, je ne sais pas si j&rsquo;ai des enfants &#8211; comment oublier tout \u00e7a&#160;? Mes souvenirs ont disparu sans laisser de traces, il ne reste que cette douloureuse nostalgie. J&rsquo;ai l&rsquo;impression&#8230; qu&rsquo;on avait effac\u00e9 mon identit\u00e9 et que quelqu&rsquo;un a combl\u00e9 le vide ainsi laiss\u00e9 avec le monde, son histoire, ses agacements, sa nostalgie, son d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9quilibre &#8230; une question se pose dans quel but&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>J&rsquo;aime ce genre de description sans savoir expliquer pourquoi, les chiens d&rsquo;Eirikur.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Les chiens d&rsquo;Eirikur appr\u00e9cient plus que tout d&rsquo;\u00eatre assis dans la jeep aux c\u00f4t\u00e9s de celui qu&rsquo;ils aiment et qui a leur confiance, c&rsquo;est une exp\u00e9rience fascinante de se tenir immobile tandis que le paysage qui jamais ne bouge et qui est la chose la plus statique de toutes, d\u00e9file sous vos yeux \u00e0 grande vitesse. C&rsquo;est l\u00e0 un prodige dont ils ne se lassent pas.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>L&rsquo;amour et le couple.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>Mais cela n&rsquo;expliquait pas pourquoi l&rsquo;amour qu&rsquo;il portait \u00e0 son \u00e9pouse avec commenc\u00e9 \u00e0 faiblir en lui.. \u00e0 faiblir si lentement que, pendant longtemps, il ne s&rsquo;en \u00e9tait pas rendu compte, qu&rsquo;il n&rsquo;en avait rien soup\u00e7onn\u00e9. Et quand enfin, il en avait pris conscience, il avait d&rsquo;abord cru que c&rsquo;\u00e9tait de la simple lassitude, peut-\u00eatre parce que la vie \u00e0 Copenhague lui manquait tout comme les opportunit\u00e9s qu&rsquo;offrait la grande ville, peut-\u00eatre que la monotonie de la campagne lui pesait ou peut-\u00eatre qu&rsquo;il vieillissait et se d\u00e9solait de n&rsquo;avoir pas encore r\u00e9ussi \u00e0 accomplir ses r\u00eaves de jeunesse.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Duret\u00e9 de la vie.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Il suffit que le printemps soit tardif et capricieux, que g\u00e8le l&rsquo;herbe neuve et fragile, pour qu&rsquo;ils soient forc\u00e9s de nourrir le troupeau de foin y compris pendant l&rsquo;agnelage et que leur subsistance ne tienne qu&rsquo;\u00e0 un fil. Et l\u00e0, on compte jusqu&rsquo;au moindre brin de fourrage. Et leur nombre d\u00e9pend enti\u00e8rement impitoyablement, du travail acharn\u00e9 qu&rsquo;on a fourni l&rsquo;\u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dent, sans jamais se perdre dans ses r\u00eaveries, quitte \u00e0 se priver de sommeil et \u00e0 tout d\u00e9laisser en dehors de sa t\u00e2che elle-m\u00eame. Il n&rsquo;y a alors pas de place pour la lecture. Pas de place pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qui se trouve loin d&rsquo;ici. Parce que si le printemps est tardif et capricieux, on a besoin de foin bien plus que de pens\u00e9es profondes.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>L&rsquo;ailleurs.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>Elle savait que Bj\u00f6rg serait tellement contente et impatiente qu&rsquo;elle risquait d&rsquo;en perdre le sommeil. Mais elle savait aussi que si sa fille acceptait, elle la perdrait. Parce que celui qui quitte une ferme pauvre et isol\u00e9e a deux pas de la lande pour faire des \u00e9tudes, n&rsquo;y revient jamais sauf en tant qu&rsquo;invit\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Le message du miroir.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Elle se revoit devant ce miroir avec son p\u00e8re, elle presque nue, et Eirikur tout habill\u00e9, souriant le nez fin, les cheveux bruns et \u00e9pais, le regard bouillonnant et chaleureux, qui l&rsquo;encourageait \u00e0 s&rsquo;admirer, \u00e0 explorer son corps, parce que le corps humain \u00e9tait une merveille, \u00e0 la fois simple et complexe, et parce qu&rsquo;il nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 pour nous rappeler que nous ne sommes pas des dieux. Nous rappeler que nous supportons mal le passage du temps et que nous avons donc le devoir d&rsquo;en faire bon usage.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>La mort d&rsquo;\u00eatre cher.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Tu sais jeune homme reprend Elias en balayant le fjord du regard, on ne voit aucune trace de vie sur Terre depuis la Lune, quant \u00e0 la plupart d&rsquo;entre nous, nous sommes des ph\u00e9nom\u00e8nes tellement \u00e9ph\u00e9m\u00e8res par rapport \u00e0 l&rsquo;histoire g\u00e9ologique que dans une centaine d&rsquo;ann\u00e9es, plus personne ne se souviendra de nous et que toutes nos traces auront disparu. Malgr\u00e9 \u00e7a, l&rsquo;existences est parfois difficile, extr\u00eamement difficile. Tu sais \u00e0 quel point il me manque&#160;?<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Grasset, 594 pages, janvier 2022. 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