{"id":18624,"date":"2024-08-07T06:53:59","date_gmt":"2024-08-07T04:53:59","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18624"},"modified":"2024-08-11T07:52:26","modified_gmt":"2024-08-11T05:52:26","slug":"le-barman-du-ritz-philippe-collin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=18624","title":{"rendered":"Le Barman du Ritz      &#8211; Philippe COLLIN"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-18632\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/IMG_0541-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Albin Michel, 395 pages, avril 2024<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>J&rsquo;\u00e9coute tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement les podcasts de Phillipe Collin, et je vous conseille ceux sur C\u00e9line, et L\u00e9on Blum en particulier mais ils sont tous int\u00e9ressants. Je savais que je lirai son roman, et j&rsquo;ai bien aim\u00e9 mais sans retrouver le plaisir d\u2019\u00e9coute des podcasts.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par le barman du Ritz, qui est d&rsquo;origine juive et qui l&rsquo; a cach\u00e9 pendant toute la guerre alors qu&rsquo;il servait tous les jours les plus hauts grad\u00e9s de la Wehrmacht. Le roman a trois centres d&rsquo;int\u00e9r\u00eat&#160;: le Ritz, ses clients et le parcours de Franck Meier le barman.<\/p>\n<p>Le Ritz, cet h\u00f4tel de luxe appartient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la guerre \u00e0 Madame Ritz, une femme peu sympathique qui veut avant tout que les clients prestigieux soient bien servis, peu importe la couleur de leur uniforme. Il est dirig\u00e9 par Monsieur Auzello qui est l&rsquo;\u00e9poux de Blanche une tr\u00e8s belle femme am\u00e9ricaine juive. Je ne sais pas si le fait est exact, mais le barman l&rsquo;aurait aid\u00e9e \u00e0 avoir des papiers lui cr\u00e9ant une nouvelle identit\u00e9 chr\u00e9tienne am\u00e9ricaine. L&rsquo;important dans cet h\u00f4tel, c&rsquo;est le luxe, le luxe des plats, des boissons, des meubles le tout servi par un personnel de grande classe.<\/p>\n<p>Les clients, nous sommes donc avec les grad\u00e9s de la Wehrmacht certains ont une certaine classe, d&rsquo;autres sont de v\u00e9ritables porcs comme Goering qui passe son temps \u00e0 se droguer et \u00e0 piller les tr\u00e9sors culturels fran\u00e7ais. Je ne sais pas non plus si c&rsquo;est exact, c&rsquo;est au Ritz qu&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 foment\u00e9 le dernier attentat contre Hitler. Le roman se termine sur le retour d&rsquo;un client qui avait fait la r\u00e9putation du Ritz&#160;: Hemingway .<\/p>\n<p>Franck Meier, c&rsquo;est bien lui le personnage principal , sa naissance aurait d\u00fb lui couter la vie&#160;: son p\u00e8re est un rescap\u00e9 de pogroms qui est venu vivre \u00e0 Vienne, il a rejet\u00e9 la religion juive et n&rsquo;a pas voulu circoncire son fils. Pour fuir la mis\u00e8re, Franck part aux \u00c9tats-Unis et se forme \u00e0 la fabrication de cocktails, il est attir\u00e9 en France dans les ann\u00e9es 1900 et commence au Ritz fr\u00e9quent\u00e9 alors par des \u00e9crivains am\u00e9ricains, Fitzgerald, Hemingway. Quand la guerre 14\/18 \u00e9clate, Franck s&rsquo;engage dans la l\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re , il deviendra fran\u00e7ais et sa carri\u00e8re continue. Il ne dira \u00e0 personne qu&rsquo;il est d&rsquo;origine juive mais certainemant cela l&#8217;emp\u00eachera d&rsquo;adh\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie nazie, l&rsquo;\u00e9crivain nous le fait conna\u00eetre gr\u00e2ce aux extraits de son journal, on apprend sa vie personnelle. Il est tr\u00e8s sensible \u00e0 la beaut\u00e9 de Blanche Auzello qui ne se remettra jamais des tortures qu&rsquo;elle a subies dans les caves de la Gestapo . On d\u00e9couvre aussi son mariage et l&rsquo;existence de son fils auquel il semble moins attach\u00e9 qu\u2019\u00e0 un jeune juif d&rsquo;origine italienne qu&rsquo;il a aid\u00e9 \u00e0 fuir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;ambiance est tr\u00e8s bien rendue, \u00e0 la fois les ann\u00e9es de luxe de la collaboration et les personnages qui s&rsquo;affichent sans aucune vergogne au bar avec les Allemands , Coco Chanel, Arletty, Sacha Guitry, Jean Cocteau, tous ces gens profitent aussi d&rsquo;une nourriture abondante et de l&rsquo;alcool qui coule \u00e0 flot. Pendant ce temps l\u00e0 les juifs sont rafl\u00e9s, pill\u00e9s et les fran\u00e7ais ont faim. Et quand la victoire des Am\u00e9ricains s&rsquo;annoncent les rats quittent le navire et les vestes se retournent. J&rsquo;avoue que ce monde l\u00e0 m&rsquo;int\u00e9resse assez peu et parfois m\u00eame il me d\u00e9go\u00fbte cela fait partie de mes r\u00e9serves .<\/p>\n<p>Ma r\u00e9serve principale vient du parti-pris de l&rsquo;auteur de centrer tout son roman sur Franck Meier dont l&rsquo;auteur ne sait pas grand chose \u00e0 part qu&rsquo;il soit d&rsquo;origine juive , donc on ne sait jamais si c&rsquo;est vrai ou romanc\u00e9. Cela n&#8217;emp\u00eache pas que ce livre se lit tr\u00e8s facilement et qu&rsquo;on passe un bon moment au Ritz dont je ne pourrai jamais m&rsquo;offrir que la vue de la fa\u00e7ade .<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but du prologue<\/h3>\n<blockquote><p><em style=\"font-size: 16px;\">Demain, les troupes allemandes entreront dans Paris. La France est dissoute comme un morceau de sucre dans un verre d&rsquo;absinthe.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>D\u00e9but du roman.<\/h3>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>14 juin 1940<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>\u00ab&#160;Me voil\u00e0 coinc\u00e9 dans le nid des Boches.&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Six heures et demie du soir, et les Allemands se font toujours attendre.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Ce matin, ils ont d\u00e9fil\u00e9 sur l&rsquo;avenue Foch.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0D\u00e9sormais ils sont l\u00e0 dans les murs dans l&rsquo;enceinte du Ritz.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0Tous les palaces parisiens sont r\u00e9quisitionn\u00e9s par l&rsquo;arm\u00e9e allemande afin d&rsquo;y installer des bureaux&#160;; le Ritz, lui, accueillera une centaine d&rsquo;officiers sup\u00e9rieurs &#8211; la cr\u00e8me de la Wehrmacht &#8211; et devient \u00ab&#160;la r\u00e9sidence du gouverneur militaire en France&#160;\u00bb&#160;: si ce titre ne rappelait pas la cruelle humiliation que vient de subir l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise, il serait presque prestigieux.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Exil\u00a0&#160;: l&rsquo;ambivalence des sentiments.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0L&rsquo;\u00e9quipage a largu\u00e9 les amarres, la sir\u00e8ne du paquebot a retentit. Et j&rsquo;ai soudain \u00e9t\u00e9 pris d&rsquo;une immense tristesse en pensant \u00e0 ma petite m\u00e8re, l&rsquo;exil social se paye d&rsquo;une tristesse \u00e9ternelle.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Il est vrai que les gens se r\u00e9v\u00e8lent dans des moments tragiques.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Elmiger a le sourire modeste, il se cale dans le si\u00e8ge passager. Franck le regarde \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e en tournant boulevard Pasteur. Le directeur lui fait penser \u00e0 ces hommes qui sur le front des Ardennes se r\u00e9v\u00e9laient \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du feu. Au d\u00e9part, ils \u00e9taient fr\u00eales, discrets, tourment\u00e9s. Souvent instituteurs ou clercs de notaire, ils avaient des larmes pleins les yeux et voulaient rentrer chez eux. La trouille au ventre, le casque trop grand sur la t\u00eate. Le genre de sous-officier trouillard que tous les soldats fuyaient, persuad\u00e9s qu&rsquo;ils portaient la poisse. Puis, contre toute attente, la prudence de leur temp\u00e9rament leur a permis de survivre. Au fil de la mitraille, une force morale s&rsquo;est forg\u00e9e en eux. Ils se sont redress\u00e9s, ont rajust\u00e9 la lani\u00e8re de leur cerveli\u00e8re, ont domestiqu\u00e9 leur peur. Chaque jour qui passait sous les pluies d&rsquo;obus, ces hommes qu&rsquo;on avait jug\u00e9 trop vite se parvient de ce charisme rare qui rassure les autres, jusqu&rsquo;\u00e0 conduire les gars au moment de l&rsquo;assaut.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9dition Albin Michel, 395 pages, avril 2024 &nbsp; J&rsquo;\u00e9coute tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement les podcasts de Phillipe Collin, et je vous conseille ceux sur C\u00e9line, et L\u00e9on Blum en particulier mais ils sont tous int\u00e9ressants. 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