{"id":17484,"date":"2024-01-22T06:52:29","date_gmt":"2024-01-22T05:52:29","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=17484"},"modified":"2023-11-17T14:08:07","modified_gmt":"2023-11-17T13:08:07","slug":"chambre-noire-anne-marie-garat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=17484","title":{"rendered":"Chambre Noire   &#8211; Anne-Marie GARAT"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-17499\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/IMG_0417-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a>\u00c9dition Babel Acte Sud<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\">m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Ce mois de janvier 2024,le th\u00e8me du club de lecture, autour des photos, permet \u00e0 la biblioth\u00e9caire de ressortir des romans peu lus et pourtant int\u00e9ressants. Cette \u00e9crivaine Anne-Marie Garat, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e par des prix litt\u00e9raires et a connu un succ\u00e8s certain mais pas tellement pour ce roman. Sp\u00e9cialiste de l&rsquo;image, elle rend hommage aux artistes de la photographie et dans ce roman, elle cherche \u00e0 faire comprendre le poids de la photo pour celui qui la prend comme pour celui qui la regarde. \u00c9videmment, en 1990, quand elle \u00e9crit ce roman, on en est au d\u00e9but du num\u00e9rique, la photo d&rsquo;art aujourd&rsquo;hui existe-t-elle encore&#160;? De toute fa\u00e7on la photographe professionnelle qui est d\u00e9crite vit en 1986, elle prend donc des photos avec des pellicules et les tire elle-m\u00eame avec les proc\u00e9d\u00e9s argentique. Tout le roman tourne autour d&rsquo;une famille de la r\u00e9gion de Blois, qui poss\u00e8de une belle propri\u00e9t\u00e9, et le personnage important c&rsquo;est une certaine Constance, m\u00e8re de Madeleine (qui f\u00eate ses 96 an en 1986), et de Romain qui mourra en 1914, victime de la guerre alors qu&rsquo;il n&rsquo;a pas combattu&#160;: il est tomb\u00e9 et ne s&rsquo;est jamais relev\u00e9&#160;!.<br \/>\nTout est vraiment bizarre dans cette famille, Constance avait 14 ans en 1885 quand un juge lui a parl\u00e9 gentiment. Elle d\u00e9clare qu&rsquo;il va l&rsquo;\u00e9pouser. \u00c0 partir de l\u00e0 tout va d\u00e9railler, elle n&rsquo;\u00e9pousera pas le juge mais elle fera tout pour que son fils le devienne (juge&#160;!). Elle aura deux filles dont elle ne s&rsquo;occupe absolument pas, trouvera une technique pour avorter de tous les b\u00e9b\u00e9s que son mari lui fera \u00e0 chaque retour de voyage sauf de ce petit gar\u00e7on qu&rsquo;elle aimera d&rsquo;un amour fusionnel. Celui-ci a une passion prendre des photos de sa maison au m\u00eame endroit tous les ans. Constance a deux s\u0153urs et Madeleine la plus jeune \u00e9l\u00e8vera son petit neveu Jorge qui est amoureux de Milena la photographe professionnelle. Elle m\u00eame vient d&rsquo;un pays communiste et ses parents ne veulent pas lui raconter leur fuite. Fuite qui l&rsquo;a beaucoup marqu\u00e9e. Ses parents ont \u00e9t\u00e9 des ouvriers exploit\u00e9s, sa m\u00e8re en usine et elle mourra d&rsquo;une infection caus\u00e9e par un outil de l&rsquo;usine, son p\u00e8re n&rsquo;a pratiquement pas de retraite car il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 correctement. Jorge est le fils de Th\u00e9r\u00e8se, la petite fille de Constance, et elle a sauv\u00e9 un enfant juif pendants la guerre. Toutes les histoires se m\u00ealent car l&rsquo;auteure ne respecte pas la chronologie et il y a de quoi se perdre. Je trouve que l&rsquo;auteur a voulu parler de tous les faits de soci\u00e9t\u00e9 qui sont importants pour elle, et l\u2019ont r\u00e9volt\u00e9e mais c&rsquo;est trop touffu&#160;: la condition des femmes du d\u00e9but du si\u00e8cle, la guerre de 14\/18, la femme bourgeoisie qui s&rsquo;ennuie en province, les enfants juifs cach\u00e9s, l&rsquo;exploitation des ouvriers, la condition sociale des \u00e9migr\u00e9s, et la cr\u00e9ation artistique \u00e0 travers la photographie. (et j&rsquo;en oublie)<\/p>\n<p>Le livre tient surtout pour son style, Anne-Marie Garat aime faire ressentir l&rsquo;angoisse et les situations tendues \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, elle a un style tr\u00e8s recherch\u00e9 parfois trop, et, m\u00eame dans ses phrases, on peut se perdre.<\/p>\n<h1>Extraits<\/h1>\n<h3>D\u00e9but.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Constance a rencontr\u00e9 le juge un dimanche de juin dans le parc de Mme Seuvert. Elle a quinze ans \u00e0 peine et remplit sans effort apparent, avec l&rsquo;indolence charmante, un peu froide avec la complaisance appliqu\u00e9e des jeunes filles d&rsquo;alors son r\u00f4le de figurante dans les visites de voisinage.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<h3>Un portrait (et un peu d&rsquo;humour , c&rsquo;est rare).<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Et puis maigre, tr\u00e8s propre, toute lustr\u00e9e de deuil soyeux, et le front encore jeune et perdu sous sa mantille de dentelle noire arm\u00e9e par coquetterie de la canne \u00e0 pommeau de feu Seuvert&#160;; la figure fra\u00eeche, rose de joue, l&rsquo;\u0153il comme un grand caf\u00e9 et l&rsquo;oreille tr\u00e8s fine, affectant un air de complaisance d\u00e9tach\u00e9e, d&rsquo;indulgente ignorance pour les liens et les plans qui se trament chez elle.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>La vieille dame de 96 ans.<\/h3>\n<div>\n<div>\u00a0<em>\u00ab&#160;Alors tu es venue juste pour me souhaiter mon anniversaire. Tu fais bien, c&rsquo;est le dernier. Je dis \u00e7a tous les ans, remarque. Je finirai par avoir raison.&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>J&rsquo;ai du mal avec ce genre de phrases po\u00e9tiques (sans doute) mais que je ne comprends pas&#160;!<\/h3>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Elle a froid , elle a mal au ventre, l\u00e0 o\u00f9 sont entr\u00e9es les photographies, comme d&rsquo;une d\u00e9chirure froide. Elle a mal des images qui se fixent lentement dans sa chambre noire.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Les ronces.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Le roncier semble inerte, cependant il est m\u00fb d&rsquo;une puissance de guerre souveraine qui arme les rameaux d&rsquo;\u00e9pines redoutables, les allonge et les d\u00e9ploie en tous sens, hors de toute logique, dans une ignorance insultante de son d\u00e9sir enfantin. Plant\u00e9 l\u00e0, le roncier pousse. Il puise dans la terre noire sa force vitale, sa m\u00e9chancet\u00e9 native. Il dresse devant l&rsquo;enfant le mur de sauvagerie incompr\u00e9hensible, la v\u00e9sanie* hostile, insens\u00e9e des choses qui existent. Ind\u00e9pendantes, naturelles. Indestructibles, insensibles, qui le rejettent \u00e0 sa solitude impuissante.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>(v\u00e9sanie* veut dire folie)<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>L&rsquo;importance du titre.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Rendue \u00e0 ce seuil, elle se souvient d&rsquo;une image de porte noire ouverte sur les cris, l&rsquo;indicible souffrance. Celle dont ni le p\u00e8re ni la m\u00e8re ne r\u00e9v\u00e8lent ce qu&rsquo;on trouve au del\u00e0. Parce que chacun a sa chambre noire. Apprends \u00e0 y entrer, jusqu&rsquo;au plus profond de son obscurit\u00e9. Dans une totale solitude \u00e0 en admettre l&rsquo;obscurit\u00e9. \u00c0 y survivre.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Babel Acte Sud Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0m\u00e9diath\u00e8que de Dinard &nbsp; Ce mois de janvier 2024,le th\u00e8me du club de lecture, autour des photos, permet \u00e0 la biblioth\u00e9caire de ressortir des romans peu lus et pourtant int\u00e9ressants. 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