{"id":16869,"date":"2023-08-28T06:12:22","date_gmt":"2023-08-28T04:12:22","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=16869"},"modified":"2023-05-27T12:56:25","modified_gmt":"2023-05-27T10:56:25","slug":"le","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=16869","title":{"rendered":"Le Paquebot  &#8211; Pierre ASSOULINE"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/8425A270-5526-49C9-AA2E-A8160D8D570C-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-16882\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/8425A270-5526-49C9-AA2E-A8160D8D570C-300x225.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/8425A270-5526-49C9-AA2E-A8160D8D570C-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/8425A270-5526-49C9-AA2E-A8160D8D570C-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/8425A270-5526-49C9-AA2E-A8160D8D570C-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/8425A270-5526-49C9-AA2E-A8160D8D570C-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/8425A270-5526-49C9-AA2E-A8160D8D570C-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00c9dition Gallimard . Lu dans le cadre du club de lecture de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"http:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Apr\u00e8s <a href=\"http:\/\/luocine.fr\/?p=1997\">Les invit\u00e9s<\/a> et <a href=\"http:\/\/luocine.fr\/?p=1994\">Le portrait<\/a> voici ma troisi\u00e8me lecture de Pierre Assouline. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un roman de 400 pages qui se passe sur la Paquebot \u00ab&#160;Georges Philppar&#160;\u00bb connu pour avoir \u00e9t\u00e9 celui o\u00f9 Albert Londres a perdu la vie en revenant de Chines en 1932.<\/p>\n<p>Pierre Assouline conna\u00eet bien Albert Londres, puisqu&rsquo;il lui a consacr\u00e9 une biographie que je n&rsquo;ai pas lue. Mais ce grand journaliste n&rsquo;arrivera dans ce livre qu&rsquo;\u00e0 la page 300. Tout le roman est construit autour d&rsquo;un personnage collectionneur de livres rares qui est venu sur ce bateau pour vendre et acheter \u00e0 l&rsquo;escale de Shanga\u00ef des raret\u00e9s tr\u00e8s tr\u00e8s chers, mais aussi pour rencontrer Alber Londres. Comme on ne conna\u00eet que tardivement les raisons de cette volont\u00e9 je ne la d\u00e9voilerai pas, m\u00eame si je la trouve sans aucun int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Donc pendant 300 pages nous suivons les r\u00e9flexions, les descriptions des passagers et les penchants amoureux du narrateur, c&rsquo;est parfois int\u00e9ressant et souvent tr\u00e8s ennuyeux. C&rsquo;est certain que lors d&rsquo;une croisi\u00e8re de plusieurs mois, confin\u00e9s dans un espace assez r\u00e9duits les gens s&rsquo;ennuient et ce n&rsquo;est pas toujours le meilleur d&rsquo;eux m\u00eame qui appara\u00eet au grand jour. Les passages les plus int\u00e9ressants racontent la mont\u00e9e du National Socialisme en Allemagne et la fa\u00e7on dont des grands industriels allemands voient en Hitler un pantin qu&rsquo;ils sauront dominer. On retrouve dans ce huis clos toutes les peurs et les discussions qui ont animer les salons d&rsquo;avant la guerre et cela rappelle les discussions autour du danger de la Russie et de Poutine avant 2014.<\/p>\n<p>Sinon, chacun le sait, Pierre Assouline est tr\u00e8s cultiv\u00e9 et peut citer un nombre d&rsquo;auteurs absolument stup\u00e9fiant, bien s\u00fbr ce n&rsquo;est pas lui qui parle mais son personnage , mais cette \u00e9rudition \u00e0 toutes les pages ou presque est tr\u00e8s pesante. Le livre fonctionne comme une mise en ab\u00eeme de tous les livres qu&rsquo;il a lus (l&rsquo;auteur ou son narrateur). Je ne peux pas toutes les citer sans appara\u00eetre moi m\u00eame p\u00e9dante et en oublier certains ce qui montrerait mon inculture&#160;! Mais cela m&rsquo;a agac\u00e9e autant que le plaisir des traits d&rsquo;esprit qui me semble un plaisir assez vain.<\/p>\n<p>Et Albert Londres dans tout \u00e7a\u00a0&#160;? il semble bien loin de ce monde l\u00e0, lui qui toute sa vie a ouvert les yeux sur la vraie vie&#160;: Les bagnards \u00e0 Cayenne, les malades dans les asiles psychiatriques, la mis\u00e8re absolue dans la Russie sovi\u00e9tique&#8230; On ne saura jamais ce qu&rsquo;il voulait \u00e9crire sur le communisme en Chine car son article a disparu avec lui et ses amis morts dans un crash d&rsquo;avion. De l\u00e0, \u00e0 imaginer un complot pour le faire taire d\u00e9finitivement &#8230; mais ce n&rsquo;est visiblement pas ce que pense l&rsquo;auteur &#8230;<\/p>\n<p>Il y a aussi un autre aspect qui m&rsquo;a bien plu&#160;: les paquebots \u00e9taient tr\u00e8s dangereux en particulier pour les risques d&rsquo;incendies. La s\u00e9curit\u00e9 passait apr\u00e8s le d\u00e9sir de construire un superbe d\u00e9cor, le plus important c&rsquo;\u00e9tait de faire appel aux plus c\u00e9l\u00e8bres d\u00e9corateurs, tant pis pour les risques que l\u2019on faisait courir aux passagers. Ainsi, sur ce bateau, les fils \u00e9lectriques, tr\u00e8s mal isol\u00e9s, couraient derri\u00e8res des lambris de bois vernis qui se sont enflamm\u00e9s comme une bo\u00eete d&rsquo;allumette. La raison du d\u00e9part de l&rsquo;incendie est plus complexe, sans doute l&rsquo;utilisation du courant continue alors que l&rsquo;installation ne le supportait pas bien.<\/p>\n<p>Un roman, que toutes les lectrices et tous les lecteurs, qui aiment cet auteur liront avec plus de passion que moi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Premi\u00e8re phrase<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>On peut adorer s&rsquo;en aller. Ivresse du d\u00e9part, volupt\u00e9 de l&rsquo;arriv\u00e9e&#160;; encore faut-il revenir.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Les privil\u00e9gi\u00e9s.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Un certain nombre de passagers des cat\u00e9gories de luxe sont des invit\u00e9s de la compagnie. Ceux-l\u00e0 vivront le voyage comme une pure vill\u00e9giature. Certains parmi ces heureux du monde se connaissent, d&rsquo;autres se reconnaissent. Tout dans leur attitude insouciante refl\u00e8te le seul tourment d&rsquo;avoir \u00e0 se laisser vivre. Ils se comportent comme des invit\u00e9s permanents de la soci\u00e9t\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Je ne sais pas si c&rsquo;est vrai&#160;?<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Si tout paquebot est une ville flottante, et le n\u00f4tre poss\u00e9dait m\u00eame une cellule, une salle de quarantaine et une cabine capitonn\u00e9 pour ali\u00e9n\u00e9s, son pont promenade en est le boulevard \u00e0 ragots.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Un portrait cruel<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Notre c\u00e9libataire de l&rsquo;art, ce bell\u00e2tre italien \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence entretenue par la compagne hors d&rsquo;\u00e2ge appuy\u00e9e d&rsquo;ordinaire \u00e0 son bras (on le sait depuis la belle Ot\u00e9ro, la fortune vient en dormant, mais pas en dormant seul) se faisait appeler Luigi Caetani et laissait croire \u00e0 qui voulait l&rsquo;entendre une parent\u00e9 avec l&rsquo;illustre famille de cardinaux. Tout en lui suintait l&rsquo;arrivisme, jusqu&rsquo;\u00e0 son eau de toilette&#160;; son ambition avait quelque chose de pestilentiel.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Encore un portrait cruel.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>La crainte de para\u00eetre goujat inciter sa petite cour brillante au bar de la piscine, \u00e0 la contempler comme l&rsquo;\u00e9bouissant vestige d&rsquo;un r\u00e9volu&#160;; \u00e0 force de fr\u00e9quenter son mobilier, son visage en \u00e9tait devenu Art d\u00e9co&#160;; son corps, un temple autrefois beaucoup visit\u00e9, conservait ses adorateurs bien que des racines en eussent remplac\u00e9s les piliers, un peu comme \u00e0 Ankor&#160;; en v\u00e9rit\u00e9 c&rsquo;\u00e9tait une ruine.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Mot d&rsquo;esprit.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Le genre de type qui devait porter sa rosette de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur jusque sur le revers de sa veste de pyjama.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Un fran\u00e7ais attir\u00e9 par les th\u00e8ses nazies.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Je monte r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 cheval au bois de Boulogne et j&rsquo;ai constat\u00e9 une chose&#160;: \u00e0 peine est-on en selle que, de l\u00e0-haut, on se sent d\u00e9j\u00e0 moins r\u00e9publicain ..<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>L&rsquo;horrible Modet-Delacourt.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>\u00ab&#160;Non vraiment, n&rsquo;insistez pas, vous comprenez les bourgognes, les vins de la Loire, tout ce que vous nous proposez, \u00e7a ne vaut m\u00eame pas d&rsquo;\u00eatre piss\u00e9&#160;\u00bb, ce qui contrasta brutalement avec l&rsquo;ar\u00f4me de violette qui m\u00fbrit puis s&rsquo;\u00e9panouit en un go\u00fbt de p\u00e9tales de roses \u00e0 peine fan\u00e9e que le sommelier venait d&rsquo;\u00e9voquer. Il aurait pu r\u00e9ussir \u00e0 \u00eatre blessant sans se montrer grossier, mais non, pas son genre. C&rsquo;est aussi \u00e0 cela que l&rsquo;on juge une \u00e9ducation :cette facult\u00e9 d&rsquo;humilier<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0publiquement le personnel, lequel n&rsquo;en peut mais, par d\u00e9finition.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Citation et trait d&rsquo;esprit.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Elle me paraissait incarner la femme telle que Beaumarchais la d\u00e9finissait&#160;: une \u00e2me active dans un corps inoccup\u00e9.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<h3>Genre de remarque qui truffe ce roman et le rend p\u00e9dant.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Milk n&rsquo;en fit m\u00eame pas cas, tous occup\u00e9 \u00e0 discuter des vertus de l&rsquo;odontomettre pour mesurer la dentelure des timbres ou \u00e0 plus de plaider, une fois de plus, la cause de l&rsquo;adoption du n\u00e9ologisme \u00ab&#160;timbrologie&#160;\u00bb en lieu et place de \u00ab&#160;philat\u00e9lie&#160;\u00bb au motif que si l&rsquo;on avait vraiment voulu s&rsquo;en tenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9tymologie grecque, c&rsquo;est de \u00ab&#160;philot\u00e9lie&#160;\u00bb qu&rsquo;on devrait parler.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Gallimard . 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