{"id":16551,"date":"2023-07-27T06:54:00","date_gmt":"2023-07-27T04:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=16551"},"modified":"2023-07-28T07:17:19","modified_gmt":"2023-07-28T05:17:19","slug":"les-guerres-precieuses-perrine-tripier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=16551","title":{"rendered":"Les guerres pr\u00e9cieuses   &#8211; Perrine TRIPIER"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-16557\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/4A288C73-EA4B-4608-80FF-8219B2BE8850-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>\u00c9dition l\u2019avant sc\u00e8ne Gallimard NRF\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\">m\u00e9diath\u00e8que de Dinard<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Un premier roman d&rsquo;une jeune auteure de vingt quatre ans qui se met dans la peau d&rsquo;une femme tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e en maison de retraite. Ce roman est surprenant et a su souvent retenir mon attention, sans pour autant \u00eatre un coup de coeur.<\/p>\n<p>Les quatre saisons vont permettre \u00e0 Isadora Abberfletch, cette vieille femme en fin de vie de faire revivre sa Maison. Chaque saison lui a apport\u00e9 son lot de joie et de souffrances. la Maison avec ce M majuscule est le personnage central du roman. Isadora, croit lors de sa jeunesse que cet endroit est indispensable \u00e0 sa propre vie. Elle ne peut s&rsquo;en d\u00e9tacher , elle y a toujours v\u00e9cu, avec sa famille puis qu&rsquo;avec son p\u00e8re et enfin seule jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle comprenne, enfin, que sa Maison la tuera si elle y reste encore un an de plus.. Elle y a connu les moments les plus heureux de son enfance avec sa petite soeur Harriet et son fr\u00e8re Klaus. Les rapports avec Louisa, la soeur a\u00een\u00e9e de la narratrice sont plus compliqu\u00e9s on comprendra pourquoi lors de la sc\u00e8ne importante du printemps. Chaque saison, m\u00eame si elles ont \u00e9t\u00e9 des moments heureux de sa vie se terminent par une catastrophe, l&rsquo;\u00e9t\u00e9 verra la mort de sa m\u00e8re, l&rsquo;automne celui de la mort d&rsquo;Harriet sa petite soeur, l&rsquo;hiver celui o\u00f9 elle se d\u00e9cide \u00e0 partir en maison de retraite et le printemps celui o\u00f9 Louisa lui montrera l&rsquo;envers du d\u00e9cord qu&rsquo;elle ne voulait pas voir.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9 la description de l&rsquo;attachement \u00e0 la maison d&rsquo;enfance, l&rsquo;autrice sait exactement de quoi elle parle car elle encore proche de sa propre maison d&rsquo;enfance , en revanche son personnage d&rsquo;Isadora est peu incarn\u00e9e et on a beaucoup de mal \u00e0 l&rsquo;imaginer mais Perrine Tripier a beaucoup de talent , elle vieillira, elle aussi et saura peut-\u00eatre mieux comprendre le d\u00e9tachement progressif aux biens de ce monde qui sont l&rsquo;apanage de la vieillesse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Les romans qui d\u00e9butent par la m\u00e9t\u00e9o m&rsquo;agacent peu.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Pluie fra\u00eeche sur pelouse bleue. Herbes d&rsquo;\u00e9t\u00e9 humide, relents de terre noire. Toujours ces averses d&rsquo;ao\u00fbt sur les tiges rases, br\u00fbl\u00e9es d&rsquo;or.les lourdes gouttes ruissellent sur la vitre, situent, serpentent, et s&rsquo;entrelacent en longs rubans de lumi\u00e8re liquide.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Le but de sa vie.<\/h3>\n<blockquote><p><em>J&rsquo;avais compris que le pass\u00e9 \u00e9tait la seule chose qui valait la peine que ma vie soit v\u00e9cue. Moi, la Maison et nos souvenir, nous ferions de grandes de choses car les choses famili\u00e8res ne sauraient mourir.\u00a0<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;\u00e9t\u00e9 .<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>La libert\u00e9 absolue des jours d&rsquo;\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est cela qui distinguait cette saison du reste de l&rsquo;ann\u00e9e. Quel d\u00e9lice ces soirs bleus o\u00f9 nous mangions dehors, sous le grand c\u00e8dre. La tabl\u00e9e se trouvait baign\u00e9e par les effluves de r\u00e9sine.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Vieillir.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>Vieillir n&rsquo;est ce pas troquer son \u00eatre vivant pour un \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 mourir&#160;? \u00c9changer le fluide vital, les id\u00e9es folles, l&rsquo;ivresse du monde contre une douce langueur, un cocon de morphine salutaire et l\u00e9nifiant.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;oncle alcoolique .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00ab&#160;Ne touche pas \u00e0 l&rsquo;alcool en revanche&#160;\u00bb, disait Petit P\u00e8re en coulant un regard appuy\u00e9 vers Bertie et ses joues incarnadines, quand il remontait de la cave o\u00f9 il \u00e9tait all\u00e9 \u00ab&#160;v\u00e9rifier les stocks&#160;\u00bb. Nous savions tous que Bertie avait un probl\u00e8me, mais cela faisait partie du personnage, de bon vivant, le trublion, Le grand d\u00e9voreurs de chair. Nous le laissions tranquille, sans doute \u00e0 tort, n&rsquo;est-ce pas, les ogres ne font jamais de vieux os, ils font bien rire tout le monde repas de famille et puis ils disparaissent, et personne n&rsquo;est surpris, mais le rire manque cruellement.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Les photos.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Les morts n&rsquo;ont aucune humilit\u00e9, ils s&rsquo;affichent l\u00e0, fig\u00e9s \u00e0 jamais sur du papier glac\u00e9, et sont \u00e0 jamais chez eux dans les lieux qu&rsquo;ils ont habit\u00e9s On a peur de les d\u00e9ranger, on refuse de jeter le service d&rsquo;assiettes de la vieille L\u00e9odagathe, parce qu&rsquo;elle l&rsquo;aimait beaucoup, la sainte femme&#160;; pourtant ce service enquiquine tout le monde, et il est \u00e9br\u00e9ch\u00e9 et de mauvais go\u00fbt, mais \u00e7a personne ne le dit, parce que la veille L\u00e9odagathe, dont les os reposent quelque part, entass\u00e9s dans le cimeti\u00e8re du village, rong\u00e9s par la vermine \u00e9tait, avant tout, \u00ab&#160;une sainte femme&#160;\u00bb.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Jolie formule&#160;!<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Klaus et Louise ne m&rsquo;ont jamais sembl\u00e9 avoir du mal \u00e0 partir, au contraire&#160;; ils ont la valise ais\u00e9e, la route facile. Ils partent et reviennent sans douleur, la Maison leur est toujours ouverte et toujours douce, jamais violente comme l&rsquo;amour et immod\u00e9r\u00e9 que je lui porte et qui me rend folle loin d&rsquo;elle, comme une amante jalouse.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Les d\u00e9m\u00e9nagements.<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>On s&rsquo;attarde moins sur des lieux qu&rsquo;on doit quitter souvent, parce qu&rsquo;on se force sans doute \u00e0 moins s&rsquo;y attacher, comme pour att\u00e9nuer la rupture que chaque d\u00e9m\u00e9nagement provoque. Les d\u00e9m\u00e9nagements nous brisent. On fiche dans les murs des morceaux de soi partout o\u00f9 l&rsquo;on passe, et l&rsquo;on se d\u00e9sagr\u00e8ge en partant. Mon fr\u00e8re s&rsquo;est d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9 au fil du temps, c&rsquo;est sans doute pour \u00e7a qu&rsquo;il n&rsquo;est heureux nulle part\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>L&rsquo;autre version de la Maison.<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Elle murmura que j&rsquo;\u00e9tais malsaine, accroch\u00e9e au pass\u00e9, accroch\u00e9e \u00e0 une enfance que j&rsquo;avais id\u00e9alis\u00e9e. Elle ne s&rsquo;arr\u00eatait plus de vomir des horreurs, elle disait que Petite M\u00e8re n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 heureuse avec Petit P\u00e8re, que cette Maison avait \u00e9t\u00e9 un calvaire pour elle, une charge \u00e9crasante. Je pensais qu&rsquo;elle avait fini mais Louisa se mit \u00e0 cracher de nouveau \u00ab&#160;Petite M\u00e8re n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;initiales brod\u00e9es sur son linge, elle&#160;; elle avait les serviettes blanches des \u00e9pouses. La maison lui pesait comme la dalle d&rsquo;un tombeau, elle suffoquait sous l&rsquo;effroyable pression qui lui appuyait sur le ventre, l\u00e0, un ventre o\u00f9 se tordait l&rsquo;angoisse de la ruine, l&rsquo;angoisse de la mort.&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition l\u2019avant sc\u00e8ne Gallimard NRF\u00a0 Lu dans le cadre du club de lecture de la\u00a0m\u00e9diath\u00e8que de Dinard &nbsp; Un premier roman d&rsquo;une jeune auteure de vingt quatre ans qui se met dans la peau d&rsquo;une femme tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e en maison de retraite. 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