{"id":16520,"date":"2023-07-24T06:35:05","date_gmt":"2023-07-24T04:35:05","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=16520"},"modified":"2023-07-24T08:14:26","modified_gmt":"2023-07-24T06:14:26","slug":"les-cloches-jumelles-lars-mytting","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=16520","title":{"rendered":"Les cloches jumelles   &#8211; Lars MYTTING"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-16532\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-2048x1536.jpeg 2048w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/1215234A-5F46-4C1E-B85B-028DFFBFF12F-1320x990.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><br \/>\n\u00c9dition Babel Acte Sud . Traduit du Norv\u00e9gien par Fran\u00e7oise Heide<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>C&rsquo;est ma soeur qui m&rsquo;a pr\u00eat\u00e9 ce roman et ce livre m&rsquo;a procur\u00e9 un grand plaisir de lecture. Cela fait longtemps que je ne suis pas partie gr\u00e2ce \u00e0 un livre, dans une r\u00e9gion lointaine, si hostile et dans le pass\u00e9. Connaissez vous les \u00e9glises que les fran\u00e7ais appelle \u00ab&#160;\u00e9glise au bois debout&#160;\u00bb ou \u00ab&#160;starkike&#160;\u00bb en danois ou \u00ab&#160;Starkyrkje&#160;\u00bb en norv\u00e9gien&#160;?<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter\" src=\"https:\/\/souvenirs.vincent.voyage\/wp-content\/uploads\/IllustrationsArticles\/Norvege\/DSC06098-3.jpg\" width=\"751\" height=\"499\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lars Mytting d\u00e9crit avec une grande minutie, la construction de ces \u00e9glises aux environs du XI\u00b0 si\u00e8cle et leur sort \u00e0 la fin du XIX\u00b0 si\u00e8cle. Elles ont failli compl\u00e8tement dispara\u00eetre car elles \u00e9taient sombres et pas assez grandes pour accueillir les nombreux fid\u00e8les. Mais surtout ce qui ne se disait qu&rsquo;\u00e0 demi-mot, c&rsquo;est qu&rsquo;elles avaient \u00e9t\u00e9 construites au d\u00e9but de la christianisation de la Norv\u00e8ge. Les habitants avaient fait un m\u00e9lange des forces qu&rsquo;ils imploraient traditionnellement, les dieux qui les avaient toujours prot\u00e9g\u00e9s et ce nouveau venu le Christ. C&rsquo;est pourquoi ses \u00e9glises sont d\u00e9cor\u00e9s de serpents monstrueux et de dragons crachant du feu.<\/p>\n<p>Son roman est consacr\u00e9 \u00e0 une de ces \u00e9glise, un jeune pasteur \u00e9nergique a le projet de la vendre aux Allemands qui veulent la reconstruire \u00e0 Dresde. L&rsquo;architecte allemand qui vient dessiner cette \u00e9glise tombera sous le charme de cette incroyable exploit des b\u00e2tisseurs du Moyen-\u00e2ge et ne sera pas insensible \u00e0 celui de la jeune Astrid&#8230; L&rsquo;\u00e9glise de la paroisse de Butagen, endroit tr\u00e8s isol\u00e9 de la Norv\u00e8ge, a de plus un charme particulier, li\u00e9e \u00e0 une histoire tragique&#160;: lors de sa construction, des s\u0153urs siamoises reli\u00e9es par le bassin ont v\u00e9cu dans ce village, tout le monde les aimait et \u00e0 leur mort, leur p\u00e8re d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 fera fondre deux cloches (d&rsquo;o\u00f9 le titre du roman) en y ajoutant tout l&rsquo;argent de la maison, ce qui leur conf\u00e9rera un son tr\u00e8s particulier.<\/p>\n<p>Les descendants de cette histoire habitent toujours le village et dans la ferme des Hekne, en 1880, les gens ne sont pas riches mais sont consid\u00e9r\u00e9s dans le village. La jeune Astrid, la jeune fille de la ferme, mettra toutes ses forces et son intelligence dans la bataille pour garder son \u00e9glise ou au moins les deux cloches. C&rsquo;est une p\u00e9riode tr\u00e8s pauvre pour la Norv\u00e8ge et l&rsquo;hiver tout le monde, est \u00e0 la limite de la survie, on assistera \u00e0 la mort de froid d&rsquo;une vieille femme lors de la messe du nouvel an. Une messe trop longue du jeune pasteur, ce qui le confortera dans son id\u00e9e qu&rsquo;il faut d\u00e9molir cette b\u00e2tisse et construire une \u00e9glise plus confortable. Le froid et la faim sont le quotidien des villageois et les id\u00e9es nouvelles du pasteur ne sont pas les bienvenues, m\u00eame si c\u2019est pour leur \u00ab&#160;bien&#160;\u00bb. Il souhaite que chaque paroissien puisse \u00eatre enterr\u00e9, en ayant le droit \u00e0 une messe, mais que faire des cadavres quand on ne peut pas creuser la terre. Il lutte aussi contre les superstitions mais contre le malheur qui s&rsquo;abat si souvent sur eux les Norv\u00e9giens pr\u00e9f\u00e8rent se prot\u00e9ger avec les deux croyances celle de la religion chr\u00e9tienne et celle des dieux de leurs anc\u00eatres. Tout le roman nous permet de d\u00e9couvrir les m\u0153urs des Norv\u00e9giens de cette contr\u00e9e \u00e0 la fin du XIX\u00b0 si\u00e8cle. C&rsquo;est passionnant et m\u00eame si leur vie est dure le roman ne tombe pas dans la tristesse, c&rsquo;est une lecture qui curieusement reste gaie alors que la r\u00e9alit\u00e9 est sombre et souvent tragique<\/p>\n<p>Astrid sera aim\u00e9e par les deux hommes apportant (peut-\u00eatre) le progr\u00e8s&#160;: le pasteur et l&rsquo;architecte allemand. \u00c9videmment, ce ne sera pas sans cons\u00e9quence sur son destin.<\/p>\n<p>Le personnage principal de ce roman reste cette \u00e9glise qui doit \u00eatre d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 Dresde en Allemagne. Je ne sais pas si c&rsquo;est historique, mais ce que j&rsquo;ai pens\u00e9 tout au long de cette lecture, c&rsquo;est que je regrettais qu&rsquo;aucun \u00e9crivain fran\u00e7ais, ayant le talent de conteur et d&rsquo;historien de Lars Mytting , ne se soit pench\u00e9 sur ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque en Bretagne&#160;: combien de petites \u00e9glises romanes ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9molies pour laisser place \u00e0 de grandes \u00e9glises triomphantes qui sont compl\u00e8tement vides aujourd&rsquo;hui. Les rares chapelles anciennes qui ont r\u00e9sist\u00e9 au renouveau de la foi, apr\u00e8s la r\u00e9volution fran\u00e7aise, sont si jolies et attirent les touristes contrairement \u00e0 ces \u00e9normes b\u00e2tissent sans aucun charme .<\/p>\n<p>Un excellent roman dont j&rsquo;ai recopi\u00e9 tant de passages pour essayer de ne pas oublier cette lecture qui m&rsquo;a enchant\u00e9e, et j&rsquo;esp\u00e8re que vous appr\u00e9cierez l&rsquo;humour particulier de cet auteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Les \u00e9glises traditionnelles.<\/h3>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Pour les pi\u00e9droits et la charpente, on avait utilis\u00e9 les immenses pins qui poussaient alors dans le Gudbrandsdal, et comme le voulait la coutume dans tout le pays, on avait abondamment d\u00e9cor\u00e9 l&rsquo;\u00e9difice de motifs l\u00e9gu\u00e9s par les vieilles croyances pa\u00efennes, ce qui donnait une sorte de christianisme repeint, fa\u00e7on demeure de chefs vikings. Il avait fallu aux menuisiers un \u00e9t\u00e9 entier pour sculpter les serpents de mer, et autres enjolivures qui avaient fait leurs preuves depuis l&rsquo;\u00e9poque norroise. L&rsquo;ext\u00e9rieur du porche \u00e9tait agr\u00e9ment\u00e9 sur toute sa hauteur de figures l\u00e9onines aux longs cous et un \u00e9norme reptile se contorsionnait autour de la porte d&rsquo;entr\u00e9e. De chaque c\u00f4t\u00e9 du retable se dressaient des colonnes de bois dont les chapiteaux avaient pris la forme de masque barbus, effigies de vieilles divinit\u00e9s qui roulaient des yeux sans pupilles. Tout ceci avait pour but de d\u00e9fendre la paroisse contre les forces du mal, telles que les Norv\u00e9giens les avaient combattus depuis des centaines d&rsquo;ann\u00e9es. Les artisans avaient pris soin d&rsquo;int\u00e9grer tous les dieux \u00e0 leur \u0153uvre et de leur rendre justice \u00e0 \u00e9galit\u00e9, pour le cas o\u00f9 Thor et Odin auraient pu conserver quelques pouvoirs <\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;id\u00e9al f\u00e9minin norv\u00e9gien .<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Astrid, elle, \u00e9tait longiligne, osseuse de corps et de visages, avec des cheveux bruns et fris\u00e9s. Dans une autre contr\u00e9e, elle e\u00fbt pu passer pour jolie. \u00ab&#160;Belle&#160;\u00bb, dirait peut-\u00eatre celui qu&rsquo;il lui fallait, qui saurait appr\u00e9cier l&rsquo;inclinaison singuli\u00e8re de ses sourcils, sa fa\u00e7on de relever le menton, la couleur dor\u00e9e dont se teintaient ses bras au soleil. Mais apr\u00e8s ses deux refus, l&rsquo;a\u00een\u00e9 des Hekne n&rsquo;\u00e9tait plus dans la rumeur publique qu&rsquo;une jeunesse t\u00eatue et ingouvernable. La sagesse matrimoniale favorisait les filles aux mains grossi\u00e8res qui se taisaient en ployant sous la besogne, mettaient des enfants au monde sans mani\u00e8res, et retournaient droit \u00e0 l&rsquo;\u00e9table en laissant derri\u00e8re elle le d\u00e9livre encore fumant.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Une r\u00e9gion en retard.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Les temps nouveaux faisaient lentement leur chemin. Butangen \u00e9tait en retard de vingt ans sur les bourgs avoisinants, eux-m\u00eames en retard de trente sur les villes de Norv\u00e8ge, laquelle marchait cinquante ans en arri\u00e8re sur les traces du reste de l&rsquo;Europe.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3><\/h3>\n<h3>Diff\u00e9rence entre les ports et la campagne.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0Les choses ne se passaient pas comme sur la c\u00f4te, ou la placidit\u00e9 des m\u0153urs souffrait de dilution. La faute en revenait aux marins des bords de la M\u00e9diterran\u00e9e, d\u00e9barqu\u00e9s pour cause d&rsquo;avaries, et qui quittaient\u00a0le port o\u00f9 ils s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s en laissant, dans le ventre des jeunes filles, de menus cadeaux d&rsquo;o\u00f9 sortiraient des gamins col\u00e9reux \u00e0 la chevelure de jais. La vie d&rsquo;ici se passait dans le p\u00e9rim\u00e8tre des enclos, au fil de la paisible et r\u00e9guli\u00e8re valse des saisons.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>La sonorit\u00e9 des cloches.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>La sonorit\u00e9 des cloches jumelles \u00e9veillait ni m\u00e9lancolie ni angoisse. Dans chaque battement palpitait un c\u0153ur vivant, la promesse d&rsquo;un printemps meilleur, une r\u00e9sonance teint\u00e9e de longues et noble vibrations. Leurs notes p\u00e9n\u00e9traient les \u00e2mes, emplissaient les t\u00eates de chim\u00e8res, attendrissaient les plus endurcis des hommes. Pour peu que le sonneur fut habile, il pouvait transformer les sceptiques en fid\u00e8le paroissiens, et si le timbre de ses cloches avait tant de pouvoir, c&rsquo;est qu&rsquo;elles \u00e9taient \u00ab&#160;de bon aloi&#160;\u00bb. Cette expression d\u00e9signait alors une coutume dispendieuse, qui consistait \u00e0 ajouter de l&rsquo;argent \u00e0 l&rsquo;alliage au moment de le couler. Plus on mettait du pr\u00e9cieux m\u00e9tal plus le son serait beau.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>\n<h3>Bavardages norv\u00e9giens&#160;!<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Malgr\u00e9 son terrain accident\u00e9 et ses petites proportions, la vall\u00e9e \u00e9tait abrit\u00e9e et lumineuse, et ceux qui y s\u00e9journaient, s&rsquo;ils poussaient un peu plus loin vers le nord, pouvaient \u00e0 l&rsquo;occasion avoir quelques commerces avec les gens de Brekkom et d&rsquo;Imsdal, sous la forme d&rsquo;un signe de t\u00eate ou d&rsquo;un salut de la main, \u00e0 bonne distance.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>La m\u00e8re du Pasteur .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Sa m\u00e8re, cette ma\u00eetresse femme, la plus v\u00eatue de noir de toutes les veuves qu&rsquo;on e\u00fbt jamais vu dans les r\u00e9ceptions de No\u00ebl, lui avait inculqu\u00e9 depuis sa plus tendre enfance l&rsquo;importance d&rsquo;une \u00ab&#160;vie r\u00e9ussie&#160;\u00bb.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Tout se sait au village.<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Kai Schweigaard ne mesurait pas jusqu&rsquo;o\u00f9 pouvait fouiner l&rsquo;indiscr\u00e9tion des gens du village. La rumeur s&#8217;emparait avec la rapidit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9clair de tout ce qui sortait du rang, observait, soupesait avec autant d&rsquo;ardeur que s&rsquo;il se f\u00fbt agi de trouver l&rsquo;issue la plus s\u00fbre pour fuir un incendie.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Question int\u00e9ressante&#160;!<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Il s&rsquo;\u00e9tait parfois pos\u00e9 une question inavouablement d\u00e9plaisante&#160;: comment il se faisait qu&rsquo;il p\u00fbt trouver int\u00e9ressantes les odeurs s\u00e9cr\u00e9t\u00e9es par son propre corps &#8211; sueur, pets mati\u00e8re f\u00e9cale-, ou du moins ne pas en \u00eatre d\u00e9go\u00fbt\u00e9 sur le coup, quand les miasmes d&rsquo;autrui le faisait reculer.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Bien vu&#8230;&#160;!<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Astrid, il le savait n&rsquo;\u00e9tait pas faite pour devenir \u00e9pouse de pasteur. Trop spontan\u00e9e, trop f\u00e9minine, trop exigeante. Il lui manquait la qualit\u00e9 principale qu&rsquo;on attendait d&rsquo;une femme de t\u00eate&#160;: savoir obtenir ce qu&rsquo;elle voulait en faisant croire aux homme que l&rsquo;initiative venait d&rsquo;eux .<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Les enfants sans p\u00e8re .<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>\u00ab&#160;Eh bien tu nous as mis dans de beaux draps&#160;\u00bb, s&rsquo;exclama la m\u00e8re et elle eut tout dit. Les enfants sans p\u00e8re \u00e9tait mal venus, mais les gens du commun parmi tous les maux du monde, y voyait un accident moins grave que si le cheval f\u00fbt mort de coliques.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Amusant.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>On avait r\u00e9uni les attelages pr\u00e8s de la grange. Des hommes en paletot de fourrure se mettaient au travail. La plupart affichait la marque universelle de la comp\u00e9tence chez les transporteurs au long cours&#160;: une barbe fournie.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>La tristesse.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>\u00a0\u00ab&#160;Tout ira bien, lui dit-il. S&rsquo;il arrive quelque chose, la sage-femme ou moi, nous prendrons des d\u00e9cisions pour vous. Nous vous d\u00e9livrerons et de la mort et des souffrances.<\/em><\/div>\n<div><em>&#8211; Mais pas du chagrin.<\/em><\/div>\n<div><em>\u00a0&#8211; Non. Contre le chagrin, nous ne gagnons jamais, nous ne pouvons m\u00eame rien contre lui.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Les paroles de son grand p\u00e8re .<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Demande toi quelle remembrance tu aimerais laisser de toi Astrid. Quand on conte la vie de quelqu&rsquo;un et que les ans ont pass\u00e9, la place manque pour en dire long. De moi, je ne crois pas qu&rsquo;on se ressouvienne. Sauf pour m&rsquo;\u00eatre efforc\u00e9 d&rsquo;avoir bon c\u0153ur, peut-\u00eatre, mais \u00e7a ne donnera gu\u00e8re une histoire. Ce que les gens gardent en m\u00e9moire est coul\u00e9 dans le m\u00e9tal ou fabriqu\u00e9 en bois, ou bien tiss\u00e9 ou peintur\u00e9, ou bien \u00e9crit. La mauvaiset\u00e9 et la sottise aussi peuvent rester, quand on les \u00e9tale en grand.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Babel Acte Sud . Traduit du Norv\u00e9gien par Fran\u00e7oise Heide C&rsquo;est ma soeur qui m&rsquo;a pr\u00eat\u00e9 ce roman et ce livre m&rsquo;a procur\u00e9 un grand plaisir de lecture. Cela fait longtemps que je ne suis pas partie gr\u00e2ce \u00e0 un livre, dans une r\u00e9gion lointaine, si hostile et dans le pass\u00e9. 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