{"id":14985,"date":"2022-06-03T06:01:32","date_gmt":"2022-06-03T04:01:32","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=14985"},"modified":"2022-05-26T16:02:40","modified_gmt":"2022-05-26T14:02:40","slug":"noone-ou-le-marin-sans-memoire-yann-verdo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=14985","title":{"rendered":"Noone ou le marin sans m\u00e9moire    &#8211; Yann VERDO"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-14991\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/5E33C1E4-D0E3-4FB6-B582-6170DF161A18-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00c9dition du Rocher<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-724 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Curieuse co\u00efncidence ce roman dont le sujet est l\u2019amn\u00e9sie est chez moi depuis un certain temps et j\u2019ai compl\u00e8tement oubli\u00e9 comment il y est arriv\u00e9.<br \/>\nWilliam Noone est un pauvre h\u00e8re, il est recueilli dans un hospice pour indigents \u00e0 Londres en 1889. Le\u00a0m\u00e9decin qui s\u2019occupe de lui, Oscar Klives, comprend peu \u00e0 peu que cet homme souffre d\u2019une amn\u00e9sie \u00e9trange. D\u2019abord, il se croit toujours en 1847 et ne peut expliquer pourquoi il a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 sur les quais de Londres. Et de plus sa m\u00e9moire est si d\u00e9faillante qu\u2019il ne peut la faire fonctionner que par tranche de quatre minutes. Puis tout s\u2019efface, et il repart \u00e0 z\u00e9ro. En revanche tout ce qui s\u2019est pass\u00e9 avant 1847 est tr\u00e8s pr\u00e9cis dans sa m\u00e9moire. Le m\u00e9decin qui le recueille est fascin\u00e9 par ce cas si \u00e9trange . Lui-m\u00eame a une personnalit\u00e9 que nous d\u00e9couvrirons peu \u00e0 peu&#160;: son amour (h\u00e9las non partag\u00e9&#160;!) pour une infirmi\u00e8re plus humaine que la moyenne de celles qui s\u2019occupent des indigents de cet hospice, ainsi que les raisons qui l\u2019ont amen\u00e9 \u00e0 suivre cette carri\u00e8re moins glorieuse que celle \u00e0 laquelle ses brillants \u00e9tudes le destinaient.<\/p>\n<p>Il comprend assez vite que le myst\u00e8re de cette m\u00e9moire d\u00e9faillante doit venir de traumatismes subis en 1847, date \u00e0 laquelle tout s\u2019est subitement effac\u00e9 pour William Noone.<br \/>\nIl va donc partir au Canada pour pouvoir r\u00e9\u00e9crire la vie de quelqu\u2019un qui n\u2019en a aucun souvenirs.<\/p>\n<p>Ce roman permet de d\u00e9couvrir la vraie mis\u00e8re des gens sans ressource \u00e0 la fin du 19\u00b0 si\u00e8cle en Angleterre ( cela ne doit gu\u00e8re \u00eatre mieux ailleurs&#160;!). On voit aussi la dure condition des marins, mais le sujet principal c\u2019est la souffrance apport\u00e9e par l\u2019amn\u00e9sie. Jamais le malade qui en est atteint ne peut prendre sa vie en main et \u00e0 l\u2019\u00e9poque, comme la m\u00e9decine commen\u00e7ait tout juste \u00e0 essayer de comprendre ce genre de ph\u00e9nom\u00e8ne le patient est consid\u00e9r\u00e9 comme responsable de ses actes et il finit le plus souvent en prison.<br \/>\nLe roman m\u2019a int\u00e9ress\u00e9e sans me passionner. La forme peut-\u00eatre&#160;? Nous d\u00e9couvrons cette histoire gr\u00e2ce au cahier personnel du m\u00e9decin qui distille peu \u00e0 peu ses confidences, sur son amour, le personnel de l\u2019hospice, le marin amn\u00e9sique, et enfin son incroyable recherche vers les trente ann\u00e9es qui ont disparu de la m\u00e9moire de Willam Noone. Tr\u00e8s vite le lecteur comprend qu\u2019il n\u2019y aura pas de solution pour ce pauvre h\u00e8re et que, finalement, il a une certaine chance d\u2019avoir oubli\u00e9 certains aspects de sa vie. Alors pourquoi en faire un roman&#160;? Peut-\u00eatre pour nous faire d\u00e9couvrir cette \u00e9poque et ceux qui ont \u00e9t\u00e9 broy\u00e9s par l\u2019\u00e8re industrielle. Sans doute, mais j\u2019ai lu des textes plus prenants sur le sujet, tout en lisant attentivement ce roman je m\u2019y suis ennuy\u00e9e il manquait un souffle, ma lecture \u00e9tait plus appliqu\u00e9e qu\u2019interess\u00e9e.<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3>Les hospices anglais en 1880.<\/h3>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Chaque matin, ce sont plusieurs nouveaux sp\u00e9cimens de cette triste race qui attendent en silence, le regard \u00e9teint, sur le banc du couloir reliant mon cabinet \u00e0 celui d&rsquo;Irvin Owen, mon adjoint. et qu&rsquo;attendent-ils&#160;?&#8230; Leur tour de passer la visite m\u00e9dicale avant d&rsquo;\u00eatre conduit aux douches comme du b\u00e9tail \u00e0 l&rsquo;abattoir&#160;; le moment de se laisser d\u00e9pouiller de leurs hardes et du peu qu&rsquo;il leur reste, en \u00e9change de cet uniforme de pensionnaires qui sera la livr\u00e9e de leur indignit\u00e9. \u00c0 vrai dire, ils n&rsquo;attendent plus rien\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Observation logique est elle vraie&#160;?<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>J&rsquo;en suis pour ma part venu \u00e0 la conclusion que la folie na\u00eet et se fortifie de son propre d\u00e9ni&#160;; que ce chancre de l&rsquo;\u00e2me se nourrit principalement de l&rsquo;horreur qu&rsquo;il inspire&#160;; ou, pour le dire autrement, que le fou ne devient (vraiment) fou que parce que l&rsquo;impossibilit\u00e9 psychologique dans laquelle il se trouve de s&rsquo;avouer qu&rsquo;il d\u00e9raisonne l&rsquo;accule \u00e0 sacrifier des pans toujours plus larges de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 sa lubie initiale, exactement comme le menteur apr\u00e8s un premier mensonges est contraint d&rsquo;en inventer d&rsquo;autres, toujours plus emberlificot\u00e9s.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<h3>M\u00e9moire et imagination.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Sir Herbert insiste longuement sur les rapports \u00e9troits qu&rsquo;entretiennent ces deux facult\u00e9s de l&rsquo;esprit humain, traditionnellement tenues pour distante par la philosophie classique, que sont la M\u00e9moire et l&rsquo;Imagination. Il y a une part d&rsquo;imagination dans tout ce qui nous vient de notre m\u00e9moire, comme une part de m\u00e9moire dans tout ce que cr\u00e9e notre imagination, \u00e9crit-il. Et, pour suit-il, ces apports respectifs sont si bien m\u00e9lang\u00e9s dans notre esprit que la question de savoir laquelle de ces deux facult\u00e9 s&rsquo;exerce en nous \u00e0 un moment donn\u00e9 et bien moins \u00e9vidente qu&rsquo;on ne poyrrair le penser au premier abord.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>Les riches anglais.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Ce gentleman se trouvant n\u00e9anmoins fort occup\u00e9 par les pr\u00e9paratifs de son prochain voyage -fort occup\u00e9 comme tous ceux que leur naissance et leur patrimoine dispensent de travailler&#160;: \u00e0 croire que l&rsquo;oisivet\u00e9 est la plus apparente des conditions.\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Le Canada.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Comme toute cette grande et forte nature n&rsquo;a que peu \u00e0 voir avec celle si famili\u00e8re et domestiqu\u00e9 de mon cher Devon&#160;! C&rsquo;est ici le royaume des sapins et des \u00e9pinettes, des bises sifflant dans les cimes, des eaux glac\u00e9es m\u00eame en \u00e9t\u00e9. C&rsquo;est ici le royaume des saumons remontant \u00e0 toute force les torrents pour frayer &#8230; et des industrieux castor&#8230; et des paisibles \u00e9lans. C&rsquo;est ici le royaume des innombrables oiseaux de la cr\u00e9ation&#160;: fous blancs planant dans le ciel bleu, autours qui hantent les for\u00eats, tant d&rsquo;autres dont je ne sais pas les noms&#160;! Malgr\u00e9 leurs trains et leurs gares, malgr\u00e9 leurs pauvres petites villes diss\u00e9min\u00e9es de loin en loin, on sent bien que les hommes ne sont point ici chez eux. Du moins pas les hommes que je connais, ceux qui portent des montres dans leurs goussets et qui ont depuis longtemps perdu l&rsquo;habitude de se r\u00e9gler sur le lever et le coucher du soleil, ceux qui n&rsquo;ont jamais eu besoin d&rsquo;attraper ou de faire sortir de terre ce qu&rsquo;ils mangent mais toujours de tromper leur ennui au club, au th\u00e9\u00e2tre, au cabaret.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;oubli.<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Quand les vivants qui ont connu les morts meurent \u00e0 leur tour, quand plus aucun d&rsquo;entre-eux n&rsquo;est l\u00e0 pour entretenir leurs tombes et honorer leur m\u00e9moire, ces morts du temps pass\u00e9 meurent une seconde et derni\u00e8re fois. Peu de temps s\u00e9pare la mort organique de cette seconde mort d\u00e9finitive qui est la vrai et dont le nom est l&rsquo;Oubli &#8211; une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 peine , l&rsquo;homme est si peu de choses\u00a0<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9dition du Rocher &nbsp; Curieuse co\u00efncidence ce roman dont le sujet est l\u2019amn\u00e9sie est chez moi depuis un certain temps et j\u2019ai compl\u00e8tement oubli\u00e9 comment il y est arriv\u00e9. William Noone est un pauvre h\u00e8re, il est recueilli dans un hospice pour indigents \u00e0 Londres en 1889. 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