{"id":14971,"date":"2022-05-30T06:56:03","date_gmt":"2022-05-30T04:56:03","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=14971"},"modified":"2022-05-30T09:50:13","modified_gmt":"2022-05-30T07:50:13","slug":"hamnet-maggie-ofarrell","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=14971","title":{"rendered":"Hamnet     Maggie O&rsquo;FARRELL"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-14975\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-scaled.jpeg 2560w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-300x225.jpeg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-768x576.jpeg 768w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/5C0DC5F2-E8D1-40F6-8818-C34849C985E1-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em><br \/>\n\u00c9dition Belfond<\/em><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;anglais (Irlande) par Sarah Tardy<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-726 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/5.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Quel merveilleux roman, comme je comprends le coup de c\u0153ur unanime du lecteur et des lectrices de mon club de lecture&#160;! Cette plong\u00e9e dans l&rsquo;Angleterre de la fin du XVI\u00b0 si\u00e8cle est absolument captivante.<br \/>\nNous sommes \u00e0 Stratford avec un petit gar\u00e7on Hamnet qui part \u00e0 la recherche de sa m\u00e8re Agnes car sa s\u0153ur jumelle Judith est subitement tr\u00e8s malade. Petit \u00e0 petit nous allons conna\u00eetre toute la famille et comprendre vers le milieu du roman que le p\u00e8re de ce petit gar\u00e7on est William Shakespeare. L&rsquo;auteure a redonn\u00e9 vie \u00e0 la famille de ce g\u00e9nie, en particulier \u00e0 son \u00e9pouse. On se soucie assez peu de savoir si la v\u00e9rit\u00e9 historique est respect\u00e9e, car si tout n&rsquo;est pas vrai tout est vraisemblable. Nous vivrons donc avec une femme qui sait soigner avec des plantes mais qui ne pourra rien quand son adorable petit gar\u00e7on sera pris par la terrible peste qui va ravager Londres et ses environs. L&rsquo;auteur raconte une fa\u00e7on tr\u00e8s plausible l&rsquo;arriv\u00e9e de cette terrible maladie en Angleterre. De la m\u00eame fa\u00e7on, l&rsquo;auteure nous plonge dans une vie de village agricole avec ses tensions et ses rivalit\u00e9s, la duret\u00e9 de la condition des femmes le peu de chance de survie des nouveaux n\u00e9s. Et le grand Shakespeare dans tout cela&#160;? Il fuira une vie trop \u00e9triqu\u00e9e \u00e0 Stratford sous la f\u00e9rule d&rsquo;un p\u00e8re violent et malhonn\u00eate, pour monter des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Londres. Mais est- ce un hasard si sa pi\u00e8ce la plus c\u00e9l\u00e8bre s&rsquo;appelle Hamlet&#160;?<\/p>\n<p>En tout cas, c&rsquo;est cette tombe de Stratford portant l&rsquo;indication d&rsquo;un tr\u00e8s jeune enfant (Hamnet) qui a inspir\u00e9 ce roman \u00e0 Maggie O&rsquo;Farrell et ce qui m&rsquo;a le plus \u00e9tonn\u00e9e \u00e0 la lecture de ce roman que je ne peux que vous conseiller c&rsquo;est \u00e0 quel point je n&rsquo;avais nulle envie de v\u00e9rifier si cela correspondait du peu que l&rsquo;on sait sur la vie de William Shakespeare. Je suis partie pour quelques jours en Angleterre, au XVII\u00b0 si\u00e8cle, et j&rsquo;ai partag\u00e9 avec cette femme la douleur de perdre un enfant tant aim\u00e9 .<\/p>\n<p>Cette auteure irlandaise a visiblement un talent tr\u00e8s \u00e9tendu , il y a, cependant, un fil conducteur entre les trois romans que j&rsquo;ai lus&#160;: la condition de la femme en 1666 pour \u00ab&#160;Hamnet&#160;\u00bb, une femme recluse dans un asile pour ali\u00e9n\u00e9es au d\u00e9but du XX\u00b0 si\u00e8cle pour <a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=1578\">L&rsquo;\u00e9trange disparition d&rsquo;Esme Lennox<\/a> , la vie d\u2019une femme face \u00e0 la maladie dans \u00ab&#160;<a href=\"https:\/\/luocine.fr\/?p=10647\">I Am I Am<\/a>&#160;\u00bb .<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<h3 id=\"yiv8265122718\">Le p\u00e8re violent.<\/h3>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv8265122718\">\u00a0<em>Depuis toujours, il vit avec l&rsquo;impression de sentir sa main calleuse se refermer sur le haut de son bras, l\u00e0 o\u00f9 la chair est tendre, cette force in\u00e9luctable qui le cloue et permet \u00e0 son p\u00e8re de faire pleuvoir les coups de son autre main, encore plus puissante. La sensation d&rsquo;une claque qui vous sonne, arrivant d&rsquo;en haut, impr\u00e9visible et cinglante&#160;; la br\u00fblure de l&rsquo;outil en bois qui d\u00e9chire la peau derri\u00e8re les jambes. L&rsquo;incroyable duret\u00e9 des os de la main adulte, l&rsquo;extr\u00eame souplesse et douceur de la chaire de l&rsquo;enfant, la facilit\u00e9 avec laquelle ploient, se contraignent ces jeunes os inachev\u00e9s. Et la fureur \u00e0 sec, en veilleuse, ce sentiment d&rsquo;impuissance dans l&rsquo;humiliation qui impr\u00e8gne ces longues minutes d&rsquo;acharnement.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>L&rsquo;autre sujet du livre&#160;: la peste.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Puis son regard tombe sur un gonflement, \u00e0 la hauteur de son cou. De la taille d&rsquo;un \u0153uf de poule fraichement pondu. Doucement, elle pose ses doigts dessus. La boule est moite, semble gorg\u00e9e d&rsquo;eau, comme de la terre d\u00e9tremp\u00e9e. Elle dessert le col de sa robe, d\u00e9fait ses boutons. D&rsquo;autres \u0153ufs se sont form\u00e9es par des aisselles, certains petits, d&rsquo;autres plus gros, hideux, comme des bulbes qui lui tirent la peau.\u00a0<\/em><\/div>\n<div><em>Cette image, Agn\u00e8s l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 vue, rares sont ceux en ville, ou m\u00eame dans le pays, \u00e0 ignorer \u00e0 quoi ressemblent ces choses. Elles sont ce que les gens redoutent plus ce qu&rsquo;ils esp\u00e8rent ne jamais voir, ni sur leurs propres corps ni sur celui des autres qu&rsquo;ils ch\u00e9rissent. Si grande est leur place dans les peurs collectives qu&rsquo;Agn\u00e8s peine \u00e0 croire ce qui se trouve sous ses yeux, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas une hallucination, d&rsquo;un tour que lui joue son imagination<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>Joli passage sur les jardins.<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div><em>Les jardins sont des lieux intranquilles&#160;; une dynamique les anime toujours. Les pommiers tendent leurs branches jusqu&rsquo;\u00e0 les faire d\u00e9passer du mur. Les poiriers donnent la premi\u00e8re ann\u00e9e et la troisi\u00e8me, mais pas la deuxi\u00e8me. Les soucis d\u00e9ploient leurs p\u00e9tales vifs, infailliblement, chaque ann\u00e9e, et les abeilles quittent leurs cloches pour flotter au dessus du tapis de fleurs et plonger dans les corolles. Les bosquets de lavande dans le parterre, finissent par s&#8217;emm\u00ealer, par donner du bois\u00a0&#160;; Agn\u00e8s les taille et conserve des tiges, les mains impr\u00e9gn\u00e9es de leur parfum capiteux.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<h3>La mort d&rsquo;enfants .<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div>\u00a0<em>Ce qui est donn\u00e9 peut \u00eatre repris, \u00e0 n&rsquo;importe quel moment. La cruaut\u00e9 et la d\u00e9vastation vous guettent, tapies dans les coffres, derri\u00e8re les portes, elles peuvent vous sauter dessus \u00e0 tout moment, comme une bande de brigands. La seule parade est de ne jamais baisser la garde. Ne jamais se croire \u00e0 l&rsquo;abri. Ne jamais tenir pour acquis que le c\u0153ur de vos enfants bat, qu&rsquo;ils boivent leur lait, respirent, marchent, parlent, sourient, et se chamaillent, jouent. Ne jamais, pas m\u00eame un instant, oublier qu&rsquo;ils peuvent partir, vous \u00eatre enlev\u00e9s, comme \u00e7a, \u00eatre emport\u00e9s par le vent tel le duvet des chardons..<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Belfond Traduit de l&rsquo;anglais (Irlande) par Sarah Tardy &nbsp; Quel merveilleux roman, comme je comprends le coup de c\u0153ur unanime du lecteur et des lectrices de mon club de lecture&#160;! Cette plong\u00e9e dans l&rsquo;Angleterre de la fin du XVI\u00b0 si\u00e8cle est absolument captivante. 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