{"id":13820,"date":"2021-10-04T06:40:02","date_gmt":"2021-10-04T04:40:02","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=13820"},"modified":"2021-10-08T12:14:44","modified_gmt":"2021-10-08T10:14:44","slug":"chers-voisins-lanchester-john","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=13820","title":{"rendered":"Chers Voisins      &#8211; Lanchester John"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/lanchester.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-13821\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/lanchester.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/lanchester.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/lanchester-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/lanchester-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/lanchester-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>\u00c9dition Plon Feux Crois\u00e9s . Traduit de l&rsquo;anglaispar Anouk Neuhoff avec la collaboration de Suzy Borello<\/em><\/p>\n<p><em>Lu dans le cadre du club de lecture de<a href=\"https:\/\/mediatheques.cote-emeraude.fr\/l-ourse\"> la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard\u00a0<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voici ma premi\u00e8re lecture dans le cadre du club de lecture qui a donc repris du service pour ma plus grande joie.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-725 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Le th\u00e8me du mois \u00e9tait&#160;: \u00ab&#160;Les voisins&#160;\u00bb , ce roman de John Lanchester paru en France en 2013 , raconte la vie des habitants de Pepys Road. Cette rue bord\u00e9e de maisons particuli\u00e8res a connu le sort de beaucoup de quartiers de Londres, d&rsquo;abord construites pour la classe moyenne, les maisons sont peu \u00e0 peu rachet\u00e9es par de tr\u00e8s riches londoniens qui passent leur temps \u00e0 faire des transformations plus couteuses les unes que les autres, il leur faut \u00eatre \u00e0 la pointe de la mode et montrer que rien n\u2019est assez beau pour eux. Nous sommes en 2007 et la City fait couler l&rsquo;argent \u00e0 flots continus. Ce roman tout en se focalisant sur un quartier de Londres donne une photo assez pr\u00e9cise de l\u2019ensemble de la ville. Plus que les gens qui seront les acteurs de ce roman, c\u2019est la mainmise de la puissance financi\u00e8re qui est analys\u00e9e aussi bien du c\u00f4t\u00e9 des vainqueurs que des exclus.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des vainqueurs (en tout cas au d\u00e9but) on trouve Roger et Arabella Yount , leur seule motivation c&rsquo;est l&rsquo;argent, en gagner beaucoup et le d\u00e9penser au plus vite . Le roman s&rsquo;ouvre sur l&rsquo;inqui\u00e9tude de Roger aura-t-il droit \u00e0 sa prime d&rsquo;un million de livres dont il aurait cruellement besoin pour \u00e9cluser toutes ses sorties d&rsquo;argent&#160;? Nous suivrons pendant un an cette famille et leurs deux gar\u00e7ons qui auront, eux, bien besoin de baby-sitter pour qu&rsquo;un adulte s&rsquo;occupe enfin un peu d&rsquo;eux. Je dois avouer que c&rsquo;est un aspect qui me surprend beaucoup dans la litt\u00e9rature anglaise (je ne sais pas si c&rsquo;est en partie r\u00e9el) mais les enfants ont toujours l&rsquo;air d&rsquo;\u00e9puiser leurs parents qui n&rsquo;attendent qu&rsquo;une chose les mettre au plus vite en pension.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de ceux qui doivent travailler dur pour profiter un peu de cet argent, un ouvrier polonais et nous d\u00e9couvrirons gr\u00e2ce \u00e0 lui le monde des travailleurs pour qui l&rsquo;argent ne coule pas \u00e0 flots. Il aura des amours compliqu\u00e9s et devra r\u00e9soudre un probl\u00e8me de conscience \u00e0 propos, encore une fois, de l&rsquo;argent&#160;: il trouve dans la maison qu&rsquo;il r\u00e9nove une valise remplie de billets, que va-t-il en faire&#160;?<\/p>\n<p>P\u00e9tunia Howe est la personne la plus touchante de ce r\u00e9cit , elle est \u00e2g\u00e9e et a v\u00e9cu une grande partie de sa vie avec son mari Albert qui \u00e9tait un horrible radin grincheux. Surtout ne croyez pas la quatri\u00e8me de couverture, elle n\u2019est pas oblig\u00e9e de vendre sa maison pour se soigner. Elle est est atteinte d&rsquo;une tumeur au cerveau, sa fille Mary viendra l\u2019accompagner pendant sa fin de vie et nous permettra de conna\u00eetre son fils Smitty qui est un performeur en art contemporain. Cette famille se situe dans la classe moyenne et elle est plus sympathique. Le fils permet quelques passages assez classiques sur l\u2019absurdit\u00e9 des prix en art mais il reste un homme capable de sentiment pour sa famille, Ce roman donne une assez bonne vision de la soci\u00e9t\u00e9 britannique avec ceux qui ne peuvent pas y p\u00e9n\u00e9trer comme Quentina qui a fui le Zimbabwe et qui n&rsquo;a aucun papier. Elle arrive \u00e0 travailler sous une fausse identit\u00e9 et est employ\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 de surveillance du stationnement \u00e0 Londres. \u00c9tant donn\u00e9 la complication des r\u00e8gles de stationnement, il semble particuli\u00e8rement difficile de ne pas avoir de contravention.<\/p>\n<p>La famille pakistanaise est riche en personnalit\u00e9s diverses , l&rsquo;int\u00e9grisme musulman frappe \u00e0 leur porte , en travaillant comme des fous ils arrivent \u00e0 un niveau de vie correct.<br \/>\nIl reste un pan de la soci\u00e9t\u00e9&#160;: les joueurs de foot gr\u00e2ce \u00e0 Freddy Kamo nous d\u00e9couvrons que l\u00e0 aussi l&rsquo;argent peut ruisseler mais il est quand m\u00eame soumis \u00e0 la sant\u00e9 physique du jeune joueur, une mauvaise fracture et voil\u00e0 le r\u00eave qui s&rsquo;\u00e9croule.<\/p>\n<p>Le lien entre tous ces personnages, c\u2019est qu\u2019ils sont tous voisins ou travaillent pour des gens de Pepys Road.<\/p>\n<p>Chaque personnage repr\u00e9sente un prototype de Londoniens et l&rsquo;auteur d\u00e9crit ainsi une ville qui va mal car elle est trop centr\u00e9e sur l&rsquo;argent et la consommation. Il arrive \u00e0 tenir l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du lecteur car les trajectoires des personnages font craindre une chute ce qui arrivera pour certains d&rsquo;entre eux. Et puis, il y a ces cartes que tous les habitants de la rue re\u00e7oivent avec cette inscription \u00ab&#160;Nous voulons ce que vous avez&#160;\u00bb. Qui se cache derri\u00e8re ces messages anonymes&#160;? Nous avons donc droit \u00e0 une enqu\u00eate polici\u00e8re et \u00e0 un inspecteur tr\u00e8s britannique sorti des \u00e9coles qui font de lui un homme un peu trop chic pour sa fonction.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai aim\u00e9 cette lecture car elle donne une bonne id\u00e9e de ce qui va mal dans la soci\u00e9t\u00e9 britannique, m\u00eame si les personnages sont parfois caricaturaux et les situations un peu convenues, il faut aussi dire que ce livre a vingt ans et que beaucoup de ce qu&rsquo;il d\u00e9nonce nous semble des lieux communs aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Citations<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Construction de la rue<\/h3>\n<blockquote><p><em>La rue en question s&rsquo;appelait Pepys Road. Elle n&rsquo;avait rien d&rsquo;extraordinaire pour une rue de ce quartier. La plupart de ses maisons dataient de la m\u00eame \u00e9poque. Elles avaient \u00e9t\u00e9 construites par un entrepreneur \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, pendant le boom immobilier cons\u00e9cutif \u00e0 l&rsquo;abolition de l&rsquo;imp\u00f4t sur les briques.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>La famille pakistanaise<\/h3>\n<blockquote><p><em>Soit Usman traversait bel et bien une phase religieuse, soit -de l&rsquo;avis d&rsquo;Ahmed- il jouait la com\u00e9die. Dans un cas comme dans l&rsquo;autre, il faisait tout un foin de sa r\u00e9pugnance \u00e0 vendre de l&rsquo;alcool et des magazines avec des femmes nues en couverture. Les musulmans ne devaient pas&#8230;, et patati, et patata. Comme si l&rsquo;ensemble de la famille n&rsquo;avait pas conscience de cela&#8230; Mais la famille avait \u00e9galement conscience des imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques en jeu.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Madame Kamal m\u00e8re<\/h3>\n<blockquote><p><em>Elle engueulerait tellement Usman qu&rsquo;il y avait de fortes chances qu&rsquo;il n&rsquo;en sorte pas vivant. Le monde se rendrait compte que le Pakistan n&rsquo;avait pas r\u00e9ellement besoin de la force nucl\u00e9aire puisque le pays disposait d\u00e9j\u00e0 de Madame Kamal m\u00e8re.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>L&rsquo;ouvrier polonais<\/h3>\n<blockquote><p><em>La pose des \u00e9tag\u00e8res \u00e9tait assur\u00e9e par son Polonais. Bogdan le ma\u00e7on qu&rsquo;elle avait tout d&rsquo;abord employ\u00e9 sur la recommandation d&rsquo;une amie, et avait d\u00e9sormais adopt\u00e9. Il travaillait deux fois plus dur qu&rsquo;un ouvrier anglais, \u00e9tait deux fois plus fiable et co\u00fbtait deux fois moins cher.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Se loger \u00e0 Londres<\/h3>\n<blockquote><p><em>Zbigniev, Piotr et quatre amis habitaient un trois pi\u00e8ces \u00e0 Croydon. Ils le sous-louaient \u00e0 un Italien, qui lui-m\u00eame le sous-louait \u00e0 un Anglais qui le louait \u00e0 la ville, et le loyer \u00e9tait de 200 livres par semaine. Ils devaient faire attention pour le bruit, car si les autres r\u00e9sidents les d\u00e9non\u00e7aient ils seraient flanqu\u00e9s dehors. En r\u00e9alit\u00e9 ces jeunes gaillards bien \u00e9lev\u00e9s \u00e9taient des locataires appr\u00e9ci\u00e9s dans l&rsquo;immeuble, dont les autres occupants \u00e9taient \u00e2g\u00e9s et blancs. Comme l&rsquo;un d&rsquo;eux l&rsquo;avait un jour gliss\u00e9 \u00e0 Znigniev dans le hall, ils s&rsquo;estimaient heureux.&#160;: \u00ab&#160;Au moins vous n&rsquo;\u00eates pas des Pakis&#160;\u00bb.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Manie de riches<\/h3>\n<blockquote><p><em>Roger avait une manie donc il voulait se d\u00e9barrasser mais qu&rsquo;il avait bien conscience de ne pas avoir encore corrig\u00e9e&#160;: il avait tendance \u00e0 acheter plein de mat\u00e9riel hors de prix d\u00e8s qu&rsquo;il envisageait de se mettre \u00e0 un hobby. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 avec la photographie, quand il avait achet\u00e9 un appareil immens\u00e9ment sophistiqu\u00e9 et inutilisable, assorti d&rsquo;une batterie compl\u00e8te d&rsquo;objectif, puis pris une dizaine de photos avant de se lasser de sa complexit\u00e9. Il s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 la gym et avais achet\u00e9 un v\u00e9lo, un tapis de jogging et une machine multifonctions, puis une carte pour un \u00ab&#160;country club&#160;\u00bb londonien donc il ne se servait quasiment jamais temps il \u00e9tait laborieux d&rsquo;y aller. Il s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 l&rsquo;oenologie, il y avait install\u00e9 un un frigo-cave \u00e0 vin dans le sous-sol r\u00e9am\u00e9nag\u00e9 qu&rsquo;il avait rempli de bouteilles co\u00fbteuses achet\u00e9es sur recommandation, mais l&rsquo;ennui c&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;on \u00e9tait pas cens\u00e9 boire ces fichues bouteilles avant des ann\u00e9es. Il avait achet\u00e9 en multipropri\u00e9t\u00e9 un bateau \u00e0 Cowes, donc ils s&rsquo;\u00e9taient servis une fois&#8230;.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Les riches \u00e0 Duba\u00ef<\/h3>\n<blockquote><p><em>Ils devaient descendre dans des h\u00f4tels hors de prix pour faire ce que faisaient les gens dans ces cas-l\u00e0 et dans ces endroits-l\u00e0&#160;: l\u00e9zarder au bord de la piscine en sirotant des boissons hors de prix, manger de la nourriture hors de prix, discuter des futurs vacances hors de prix qu&rsquo;ils pouvaient prendre et du d\u00e9lice que c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;avoir autant d&rsquo;argent .<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>L&rsquo;argent \u00e0 Londres<\/h3>\n<blockquote><p><em>\u00c0 Londres l&rsquo;argent \u00e9tait partout, dans les voitures, les v\u00eatements, les boutiques, les conversations, jusque dans l&rsquo;air lui-m\u00eame. Les gens en avaient, le d\u00e9pensaient, y pensaient et en parlaient en permanence. Tout cet argent avait un c\u00f4t\u00e9 insolent, \u00e9pouvantable, vulgaire, mais \u00e9galement excitant, stimulant, insolent, nouveau, bref, diff\u00e9rent de Kecskem\u00e9t en Hongrie, qui lui avait sembl\u00e9, comme toujours les lieux o\u00f9 on grandit, intemporel et immuable. Pourtant, ces torrents d&rsquo;argent qui inondaient Londres, elle n&rsquo;en profitait pas. Des choses arrivaient, mais pas \u00e0 elle. La ville \u00e9tait une immense vitrine de magasin, et elle \u00e9tait dehors sur le trottoir \u00e0 admirer l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9dition Plon Feux Crois\u00e9s . Traduit de l&rsquo;anglaispar Anouk Neuhoff avec la collaboration de Suzy Borello Lu dans le cadre du club de lecture de la m\u00e9diath\u00e8que de Dinard\u00a0 &nbsp; Voici ma premi\u00e8re lecture dans le cadre du club de lecture qui a donc repris du service pour ma plus grande joie. 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