{"id":12371,"date":"2020-09-14T06:52:13","date_gmt":"2020-09-14T04:52:13","guid":{"rendered":"https:\/\/luocine.fr\/?p=12371"},"modified":"2020-09-14T09:20:58","modified_gmt":"2020-09-14T07:20:58","slug":"de-sang-et-dencre-rachel-kadish","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luocine.fr\/?p=12371","title":{"rendered":"De sang et d&rsquo;encre    &#8211; Rachel KADISH"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/desang-e1599490612397.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12372\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/desang-e1599490612397.jpg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/desang-e1599490612397.jpg 1080w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/desang-e1599490612397-300x225.jpg 300w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/desang-e1599490612397-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/desang-e1599490612397-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Traduit de l&rsquo;anglais (\u00c9tats-Unis) par Claude et Jean Demanuelli. \u00c9dition Cherche midi.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_1567\" style=\"width: 220px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/massecritique.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1567\" class=\"size-full wp-image-1567\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/massecritique.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"66\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1567\" class=\"wp-caption-text\">Livre critiqu\u00e9 dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio<\/p><\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-723 alignleft\" src=\"https:\/\/luocine.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/2.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"58\" \/><\/a>Ouf&#160;! j&rsquo;ai termin\u00e9 cet \u00e9norme pav\u00e9 de 560 pages&#160;! \u00c9norme&#160;: car je n&rsquo;ai absolument pas appr\u00e9ci\u00e9 cette lecture que je m&rsquo;\u00e9tais engag\u00e9e \u00e0 lire dans le cadre d&rsquo;une masse critique de Babelio. Le sujet m\u2019int\u00e9ressait, j&rsquo;avais compris que c\u2019\u00e9tait un roman historique et qui devait me permettre de revivre la peste de Londres au XVII \u00b0 si\u00e8cle &#8211; en p\u00e9riode de pand\u00e9mie cela me semblait une bonne id\u00e9e que de se plonger dans des \u00e9pid\u00e9mies meurtri\u00e8res du pass\u00e9. Le roman se situe dans le milieu juif qui commen\u00e7ait tout juste \u00e0 se r\u00e9installer en Angleterre apr\u00e8s les horreurs de l&rsquo;inquisition en Espagne et au Portugal. Mais ce n&rsquo;est pas du tout le th\u00e8me le plus important du roman. L&rsquo;auteure a voulu cerner ce qui aurait pu se passer \u00e0 cette \u00e9poque si une femme avait voulu se m\u00ealer d&rsquo;\u00e9criture et de philosophie. Il s\u2019agit donc d&rsquo;une oeuvre d&rsquo;une f\u00e9ministe qui veut faire comprendre la condition de la femme. D&rsquo;ailleurs elle le dit clairement dans son interview que l&rsquo;on peut lire \u00e0 la fin du livre&#160;:<\/p>\n<div id=\"yiv4438495814yMail_cursorElementTracker_1599473435144\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv4438495814yMail_cursorElementTracker_1599473435314\"><em>Question&#160;: Comment vous est venue l&rsquo;id\u00e9e de ce roman&#160;?\u00a0<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4438495814yMail_cursorElementTracker_1599473532984\"><em>R\u00e9ponse&#160;: Dans une chambre \u00e0 soi, Virginia Woolf pose la question suivante&#160;: si William Shakespeare avait eu une s\u0153ur aussi dou\u00e9e que lui, quelle aurait \u00e9t\u00e9 son sort&#160;?<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4438495814yMail_cursorElementTracker_1599473566577\"><em>Elle apporte elle-m\u00eame une r\u00e9ponse succincte \u00e0 la question. \u00ab&#160;Elle mourut jeune &#8230; H\u00e9las, elle n&rsquo;\u00e9crivit jamais une ligne. \u00ab&#160;<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv4438495814yMail_cursorElementTracker_1599473601695\"><em>Woolf a raison bien s\u00fbr. C&rsquo;\u00e9tait le sort le plus vraisemblable qui pouvait \u00e9choir \u00e0 une femme de cette p\u00e9riode dou\u00e9e d&rsquo;un esprit d\u00e9velopp\u00e9. Les conditions dans lesquelles vivaient alors les femmes leur rendaient virtuellement impossible toute expression artistique ou intellectuelle.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<div>La fiction romanesque commence par une d\u00e9couverte de manuscrits datant des ann\u00e9es 1660, dans une tr\u00e8s belle demeure du XVII\u00b0 \u00e0 Londres. Ensuite les chapitres se succ\u00e8dent soit \u00e0 Londres avec Esther au service d&rsquo;un rabbin rendu aveugle par les tortures de l&rsquo;inquisition, soit \u00e0 Londres du XXI\u00b0 si\u00e8cle avec Helen Watt et son jeune assistant Aaron Levy. Les deux destin\u00e9es sont construites en parall\u00e8les&#160;: Esther doit cacher \u00e0 sa communaut\u00e9 qu&rsquo;elle lit et \u00e9crit et m\u00eame trahira son rabbin tant respect\u00e9 pour pouvoir dialoguer avec Spinoza. Helen Watt est oblig\u00e9e de cacher ses d\u00e9couvertes le plus longtemps possible car personne, aujourd\u2019hui encore, n&rsquo;est pr\u00eat \u00e0 admettre qu&rsquo;une femme puisse atteindre un tel degr\u00e9 en mati\u00e8re philosophique. Toutes les deux sont dans l&rsquo;urgence de la maladie, la peste pour Esther et la maladie de Parkinson qui ronge le cerveau d&rsquo;Helen. Enfin les deux ont connu un v\u00e9ritable amour qui a boulevers\u00e9 leurs certitudes. Ce roman d\u00e9crit aussi l&rsquo;ivresse de la d\u00e9couverte de vieux documents par des historiens et les rivalit\u00e9s du monde universitaire. Il d\u00e9crit aussi les diff\u00e9rences entre la froideur britannique et l&rsquo;enthousiasme d\u00e9plac\u00e9 des am\u00e9ricains.<\/div>\n<div>Tout cela aurait pu m&rsquo;int\u00e9resser mais je n&rsquo;ai jamais accroch\u00e9 \u00e0 cette lecture qui a pourtant re\u00e7u toutes les louanges de la presse am\u00e9ricaine. La \u00ab&#160;construction \u00e9tourdissante&#160;\u00bb dont parle la quatri\u00e8me de couverture m&rsquo;a sembl\u00e9 d&rsquo;une lourdeur incroyable. Je vais peut-\u00eatre me mettre \u00e0 dos les f\u00e9ministes am\u00e9ricaines mais je trouve le projet malhonn\u00eate. Certes, les femmes du XVII\u00b0 \u00e9taient interdites de cr\u00e9ations litt\u00e9raires et artistiques et on peut supposer qu&rsquo;une jeune fille de religion juive avait encore moins d&rsquo;opportunit\u00e9s de se lib\u00e9rer des carcans de la tradition pour se permettre de philosopher avec Spinoza. Autant un exemple pris dans la r\u00e9alit\u00e9 m&rsquo;aurait int\u00e9ress\u00e9e mais inventer un tel personnage me semble vouloir faire correspondre l&rsquo;id\u00e9ologie de l&rsquo;auteure \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 historique.<\/div>\n<div>Quant-\u00e0 la partie XXI\u00b0 si\u00e8cle, l&rsquo;auteure met ses personnages dans des tensions qui rappellent celle des juifs ayant connu l&rsquo;inquisition et la peste de Londres, et je n&rsquo;y ai pas cru non plus, \u00e9videmment&#160;!<\/div>\n<div>Et comme l&rsquo;auteure essaie d&rsquo;\u00eatre dans la pr\u00e9cision historique et psychologique la plus proche de ce qu\u2019elle croit \u00eatre la r\u00e9alit\u00e9, il lui faut presque six cent pages pour ne me convaincre ni dans l&rsquo;histoire ancienne ni dans les conflits universitaires britanniques actuels . \u00c0 ce roman trop bavard, je pr\u00e9f\u00e8re et de loin la r\u00e9ponse lapidaire de Virginia Woolf.&#160;:<\/div>\n<div style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab&#160;Elle mourut jeune &#8230; H\u00e9las, elle n&rsquo;\u00e9crivit jamais une ligne. \u00ab&#160;<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<h1>\u00a0Citation<\/h1>\n<div>\n<h3>Les femmes juives au XVII\u00b0 si\u00e8cle<\/h3>\n<div id=\"yiv3520064898yMail_cursorElementTracker_1599129549652\"><\/div>\n<div id=\"yiv3520064898yMail_cursorElementTracker_1599129549840\"><\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv3520064898yMail_cursorElementTracker_1599129554093\"><em>Je comprends tr\u00e8s bien ton d\u00e9sir de l&rsquo;\u00e9tude, mais tu dois r\u00e9fl\u00e9chir au choix qui se pr\u00e9sente \u00e0 toi. Je ne peux pas faire comme si Dieu t&rsquo;avait cr\u00e9\u00e9e homme, et par cons\u00e9quent capable de vivre de son esprit et de son savoir. Dieu a mis en nous des d\u00e9sirs innombrables. Mais nous les contr\u00f4lons pour pouvoir vivre. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9, pour ma part, de ma\u00eetriser mes propres d\u00e9sirs quand la perte de ma vue m&rsquo;a interdit de devenir le savant que je voulais \u00eatre, ou de fonder une famille. Je regrette vraiment, dit-il en baissant encore la voix, de t&rsquo;avoir induite \u00e0 croire que tu pourrais \u00eatre une \u00e9rudite. Tu en avais l&rsquo;\u00e9toffe, cependant.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<h3>La fuite du Portugal , parole de la m\u00e8re juive rebelle.<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv3010737672yMail_cursorElementTracker_1598803946788\"><em>\u00ab&#160;Quand ma m\u00e8re et moi nous sommes enfuies de Lisbonne, c&rsquo;\u00e9tait pour sauver nos vies. Pas nos vies de juive. Nos vies, tout court. Nous nous sommes enfuies parce que m\u00eame si nous ne r\u00e9citions jamais une pri\u00e8re, m\u00eame si ma m\u00e8re et mes tantes allaient danser apr\u00e8s leur festin du vendredi, m\u00eame ainsi, les pr\u00eatres voulaient nous tra\u00eener dans leur chambre de torture.&#160;\u00bb<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3>Dialogue en Isra\u00ebl au XX\u00b0 si\u00e8cle<\/h3>\n<div>\n<blockquote>\n<div id=\"yiv5228684412yMail_cursorElementTracker_1598864607970\"><em>\u00ab&#160;Donne-moi le nom d&rsquo;un pays, n&rsquo;importe lequel, et je te parlerai de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 il ne pensait qu&rsquo;\u00e0 tuer les Juifs. Sais-tu que des nazis allaient recruter des paysans locaux en Russie pour les aider \u00e0 noyer les Juifs, avant qu&rsquo;ils aient trouv\u00e9 des m\u00e9thodes d&rsquo;extermination plus efficaces&#160;? Trente mille morts en deux jours \u00e0 Babi Yar.&#160;\u00bb Un silence.\u00a0<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5228684412yMail_cursorElementTracker_1598864751114\"><em>&#160;\u00bb Par noyade.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5228684412yMail_cursorElementTracker_1598864772168\"><em>&#8211; Dror arr\u00eate.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5228684412yMail_cursorElementTracker_1598864948666\"><em>-Je veux que tu essaies d&rsquo;imaginer \u00e7a.\u00a0<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5228684412yMail_cursorElementTracker_1598864796718\"><em>Elle le regarda effar\u00e9e.<\/em><\/div>\n<div id=\"yiv5228684412yMail_cursorElementTracker_1598864805175\"><em>&#160;\u00bb Moi, je l&rsquo;imagine. On ne peut pas noyer les gens en masse tu vois, il faut proc\u00e9der individuellement. Peux-tu imaginer ce que c&rsquo;est que de forcer un enfant, une femme, un homme \u00e0 garder la t\u00eate sous l&rsquo;eau&#160;? Et pas juste une seconde comme si tu agissais par r\u00e9flexe avant d&rsquo;avoir eu le temps de r\u00e9fl\u00e9chir. Noyer quelqu&rsquo;un suppose que tu le maintiennes &#8230; Il faut que tu continues jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extinction de toute vie&#160;\u00bb conclut-il d&rsquo;une voix bris\u00e9e.<\/em><\/div>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit de l&rsquo;anglais (\u00c9tats-Unis) par Claude et Jean Demanuelli. \u00c9dition Cherche midi. &nbsp; Ouf&#160;! j&rsquo;ai termin\u00e9 cet \u00e9norme pav\u00e9 de 560 pages&#160;! \u00c9norme&#160;: car je n&rsquo;ai absolument pas appr\u00e9ci\u00e9 cette lecture que je m&rsquo;\u00e9tais engag\u00e9e \u00e0 lire dans le cadre d&rsquo;une masse critique de Babelio. 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